L’esclavage en islam


L’esclavage en Islam

Le mouvement d’émancipation des esclaves n’aurait jamais pu trouver son origine dans l’Islam non seulement parce qu’Allah enseigne que les Musulmans sont des hommes supérieurs (Coran 3.139), mais parce qu’il interdit explicitement l’abolition de l’esclavage (Coran 16.71). L’islam légitime l’esclavage (Coran 4.3,24,25,36,92 ; 16.71,75,76 ; 30.28)

L’esclavage est encore pratiqué en nombre de pays musulmans[1] et de leurs ambassades en pays non-musulmans où il alimente notamment des harems à l’instar de celui de Mahomet. Mahomet lui-même s’est enrichi de cet abominable commerce (Coran 8.70 ; 16.71 ; 33.52) ; « Quand il fut en position de force, Mahomet tira l’essentiel de ses revenus de la traite d’esclaves, considérant comme butin les veuves et les orphelins qu’il capturait et qui furent vendus par dizaines ou par centaines à la fois. Il fut ainsi le plus grand esclavagiste d’Arabie, sinon du monde de son temps. »[2] Jusqu’à aujourd’hui, à la suite de Mahomet, « Modèle des Musulmans » (Coran 33.21), l’esclavage a toujours été pratiqué par les Musulmans. Le chef de Boko Aram qui a kidnappé en mai 2014 plus de deux cent jeunes filles au Nigéria, n’a-t-il pas annoncé qu’Allah lui avait demandé de les vendre ?

(Extrait de « Interroger l’Islam« , S 5, éditions DMM)

Des Chrétiennes irakiennes vendues par l’EI …

En Mauritanie, l’esclavage est une pratique courante. Ceux qui s’y opposent risquent la torture. Treize membres d’une ONG anti-esclavage que le gouvernement refuse de reconnaître ont été arrêtés en juillet 2016, dont leur porte-parole Hamady Lehbouss. emailing avent 2016 v3.inddLa moitié d’entre eux affirment avoir été torturés, mais cela n’intéresse pas la justice. En août, ils sont condamnés ! Les peines vont de 3 à 15 ans de prison.
Nouveau jugement en novembre : Hamady Lehbouss est libéré ainsi que huit autres. Mais trois militants anti-esclavages restent emprisonnés pour des peines de 6 mois et 3 ans dans des prisons inhumaines et insalubres.
Source

josephinebakhita Voir l’histoire de sainte Josephina Bakhita…

 


[1] Que l’Arabie Saoudite ait interdit la « vente publique » des esclaves en 1962 ne dit rien de leur « vente privée », ni de celle des eunuques, dans tout le golfe Persique, aujourd’hui. (Cf. Enyo, Anatomie d’un désastre, Denoël, 2009, p. 140.)

[2] Moussa ‘Abdallah-Yaacoub, Moi, Mahomet, F. X. de Guibert, 2008, p. 404.

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L’esclavage en terre d’islam, de 622 au XXIe siècle…

Après la mort du prophète Mahomet et la soumission de la péninsule arabe, les musulmans conquièrent les rives méridionales et orientales de la Méditerranée. Multipliant les prises de guerre, ils prolongent dans ces régions l’esclavage à la mode antique. Ils inaugurent aussi une longue et douloureuse traite négrière qui va saigner l’Afrique noire jusqu’à la fin du XIXe siècle.

L’esclavage en terre d’islam est hélas une réalité qui dure comme le montre l’anthropologue Malek Chebel.

Islam et esclavage

Le Coran, texte sacré de l’islam, entérine l’existence de l’esclavage (voir la sourate XVI, Les abeilles) tout comme d’ailleurs les textes bibliques. Notons que le premier muezzin désigné par le Prophète pour l’appel à la prière est un esclave noir du nom de Bilal originaire d’Éthiopie.

La loi islamique ou charia, qui s’appuie sur le Coran et les dits du prophète (hadiths), considère qu’en pays d’islam, seuls sont esclaves les enfants d’esclaves et les prisonniers de guerre. Elle autorise d’autre part la réduction en esclavage de quiconque provient d’un pays non musulman (si un esclave vient à se convertir, il n’est pas affranchi pour autant).

Très tôt, du fait de la rapidité même de leurs conquêtes, les Arabes se heurtent à une pénurie d’esclaves. Ils ne peuvent asservir les populations des pays soumis à leur loi et se voient donc dans l’obligation d’importer en nombre croissant des esclaves des pays tiers, qu’ils soient ou non en voie d’islamisation.

Comme les chrétiens du haut Moyen Âge, ils s’abstiennent de réduire en esclavage leurs coreligionnaires mais cette règle souffre de nombreuses transgressions et l’on ne rechigne pas à asservir des musulmans, notamment noirs, au prétexte que leur conversion est récente (*).

Une économie fondée sur l’esclavage

L’esclavage devient rapidement l’un des piliers de l’économie de l’empire abasside de Bagdad du fait de très nombreuses prises de guerre et de l’avènement d’une très riche bourgeoisie urbaine. Pour s’en convaincre, il n’est que de lire Les Mille et Une Nuits, un recueil de contes arabes censés se dérouler sous le règne du calife Haroun al-Rachid, contemporain de Charlemagne.

Les harems du calife et des notables de Bagdad se remplissent de Circassiennes. Il s’agit de femmes originaires du Caucase et réputées pour leur beauté ; ces belles esclaves ont continué jusqu’au XXe siècle d’alimenter les harems orientaux en concurrence avec les beautés noires originaires d’Éthiopie. Pour les tâches domestiques et les travaux des ateliers et des champs, les sujets du calife recourent à d’innombrables esclaves en provenance des pays slaves, de l’Europe méditerranéenne et surtout d’Afrique noire. Ces esclaves sont maltraités et souvent mutilés et castrés.

D’autres esclaves et eunuques sont employés comme soldats et chefs de guerre par les différentes dynasties musulmanes, du Maroc aux Indes. Ces esclaves-là accèdent parfois à des fonctions élevées et parfois au pouvoir suprême. Ainsi en est-il des fameux Mamelouks d’Égypte, que Bonaparte devra combattre en 1798.

Eunuques  et castrats

Inventée et développée à grande échelle par la Chine impériale, exportée dans les pays musulmans et jusqu’en Italie (les castrats), l’exploitation des eunuques (hommes castrés) est l’une des formes d’esclavage les plus inhumaines qui soient.

Elle poursuit deux objectifs principaux : empêcher que les esclaves étrangers ne fassent souche ; éviter les relations sexuelles entre les femmes des harems et leurs serviteurs. Les castrats sont aussi recherchés par les mélomanes pour leur voix très aigüe.

La castration consiste en l’ablation des parties génitales, soit totale, soit limitée aux testicules (pour empêcher la reproduction). Elle est le plus souvent pratiquée à la pré-adolescence et se solde par une mortalité effroyable.

Les esclaves mâles originaires d’Afrique noire sont généralement castrés en Égypte par des moines coptes pour le compte des traficants musulmans. À l’époque carolingienne, les captifs slaves destinés aux marchés orientaux sont quant à eux castrés à Verdun, principal marché d’étape de ce trafic.

Esclaves blancs en terre d’islam

Dans les premiers temps de l’islam, les notables de Bagdad s’approvisionnent en esclaves blancs auprès des tribus guerrières du Caucase mais aussi auprès des marchands vénitiens qui leur vendent des prisonniers en provenance des pays slaves, encore païens.

À la fin du Moyen Âge, comme le vivier slave s’épuise du fait de la christianisation de l’Europe orientale, les musulmans se tournent vers les pirates qui écument la Méditerranée. Ces derniers effectuent des razzias sur les villages côtiers des rivages européens, y compris même dans l’océan Atlantique jusqu’aux limites du cercle polaire. En 1627, des barbaresques algérois lancent un raid sur l’Islande et en ramènent 400 captifs. Le souvenir des combats livrés par les habitants à ces pirates perdure dans… la tête de prisonnier maure qui sert d’emblème à la Corse.

On évalue à plus d’un million le nombre d’habitants enlevés en Europe occidentale entre le XVIe et le XVIIIe siècle, au temps de François 1er, Louis XIV et Louis XV. Ces esclaves, surtout des hommes, sont exploités de la pire des façons dans les orangeraies, les carrières de pierres, les galères ou encore les chantiers d’Afrique du nord (*). Des organisations chrétiennes déploient beaucoup d’énergie dans le rachat de ces malheureux, tel Miguel de Cervantès ou plus tard Saint Vincent de Paul.

En Europe orientale et dans les Balkans, pendant la même période, les Ottomans prélèvent environ trois millions d’esclaves.

Jusqu’au début du XIXe siècle, les princes de la côte nord-africaine tirent eux-mêmes de grands profits de la piraterie en imposant de lourds tributs aux armateurs occidentaux en échange de la garantie que leurs navires ne seraient pas attaqués par les pirates. En 1805, le président américain Thomas Jefferson lance une expédition navale contre le dey de Tripoli, en Libye, pour l’obliger à renoncer à ce rackett. Le dey d’Alger le poursuivra quant à lui jusqu’à la conquête française en 1830.

Esclaves noirs en terre d’islam

Si la traite des esclaves blancs a rapidement buté sur la résistance des Européens, il n’en a pas été de même du trafic d’esclaves noirs en provenance du continent africain.

La traite arabe commence en 652, vingt ans après la mort de Mahomet, lorsque le général arabe Abdallah ben Sayd impose aux chrétiens de Nubie (les habitants de la vallée supérieure du Nil) la livraison de 360 esclaves par an. La convention, très formelle, se traduit par un traité (bakht) entre l’émir et le roi de Nubie Khalidurat.

La traite ne va cesser dès lors de s’amplifier. Les spécialistes évaluent de douze à dix-huit millions d’individus le nombre d’Africains victimes de la traite arabe au cours du dernier millénaire, du VIIe au XXe siècle. C’est à peu près autant que la traite européenne à travers l’océan Atlantique, du XVIe siècle au XIXe siècle.

Le trafic suit d’abord les routes transsahariennes. Des caravanes vendent, à Tombouctou par exemple, des chevaux, du sel et des produits manufacturés. Elles en repartent l’année suivante avec de l’or, de l’ivoire, de l’ébène et… des esclaves pour gagner le Maroc, l’Algérie, l’Égypte et, au-delà, le Moyen-Orient. Au XIXe siècle se développe aussi la traite maritime entre le port de Zanzibar (aujourd’hui en Tanzanie) et les côtes de la mer Rouge et du Golfe persique.

Le sort de ces esclaves, razziés par les chefs noirs à la solde des marchands arabes, est dramatique. Après l’éprouvant voyage à travers le désert, les hommes et les garçons sont systématiquement castrés avant leur mise sur le marché, au prix d’une mortalité effrayante, ce qui fait dire à l’anthropologue et économiste Tidiane N’Diyae : «Le douloureux chapitre de la déportation des Africains en terre d’Islam est comparable à un génocide. Cette déportation ne s’est pas seulement limitée à la privation de liberté et au travail forcé. Elle fut aussi – et dans une large mesure- une véritable entreprise programmée de ce que l’on pourrait qualifier d' »extinction ethnique par castration »» (*).

Les contes des Mille et Une Nuits, écrits au temps du calife Haroun al-Rachid (et de Charlemagne), témoignent des mauvais traitements infligés aux esclaves noirs et du mépris à leur égard (bien qu’ils fussent musulmans comme leurs maîtres).

Ce mépris a perduré au fil des siècles. Ainsi peut-on lire sous la plume de l’historien arabe Ibn Khaldoun (1332-1406) : «Il est vrai que la plupart des nègres s’habituent facilement à la servitude ; mais cette disposition résulte, ainsi que nous l’avons dit ailleurs, d’une infériorité d’organisation qui les rapproche des animaux brutes. D’autres hommes ont pu consentir à entrer dans un état de servitude, mais cela a été avec l’espoir d’atteindre aux honneurs, aux richesses et à la puissance» (Les Prolégomènes, IV). Ces propos précèdent de deux siècles la traite atlantique des Occidentaux.

Esclavage et décadence

Les contingents très importants de main-d’oeuvre servile ont contribué à la stagnation économique et sociale du monde musulman. Ils ont causé aussi de nombreux troubles. C’est ainsi qu’à la fin du IXe siècle, la terrible révolte des Zendj (ou Zenj, d’un mot arabe qui désigne les esclaves noirs), dans les marais du sud de l’Irak, a entraîné l’empire de Bagdad sur la voie de la ruine et de la décadence.

«Comparé à la traite des Noirs organisée par les Européens, le trafic d’esclaves du monde musulman a démarré plus tôt, a duré plus longtemps et, ce qui est plus important, a touché un plus grand nombre d’esclaves», écrit en résumé l’économiste Paul Bairoch (*). Cet auteur, ainsi que Tidiane N’Diaye, rappelle qu’il ne reste plus guère de trace des esclaves noirs en terre d’islam en raison de la généralisation de la castration, des mauvais traitements et d’une très forte mortalité, alors que leurs descendants sont au nombre d’environ 70 millions sur le continent américain.

Notons le parallèle avec les États arabes du Golfe Persique qui recourent massivement à des travailleurs étrangers tout en empêchant ceux-ci de faire souche sur place.

Alban Dignat

Publié ou mis à jour le : 2011-03-10 11:27:14 http://www.herodote.net/622_au_XXe_siecle-synthese-12.php

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Prix Carmignac du photojournalisme, le Mexicain, également prix Pulitzer, met  tout simplement en lumière une réalité sordide de la Libye d’aujourd’hui : un trafic d’êtres humains.

Les photos sont à la limite du supportable. Et dépasse l’inhumain. Regards hagards, visages apeurés et bras tendus par l’ouverture étroite d’une porte fermée pour quémander de l’air, de l’eau, de l’aide dans les centres de détention pour migrants en Libye. Et puis, ces corps désarticulés rejetés par la mer, face contre sable. Ces morts qui n’étonnent plus, semble-t-il, essaimés au milieu des varechs et des sacs de plastique. Un reportage qui dit l’abominable crise humanitaire et humaine que vivent les migrants, réfugiés, demandeurs d’asile victimes de passeurs, trafics dans une Libye où les milices et la guerre civile règnent. Entretien.

Le Point Afrique : Dans quelles conditions avez-vous réalisé cette enquête et quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Narciso Contreras : La Libye connaît une situation extrêmement critique. Différentes factions se combattent pour le contrôle du pays, avec également en toile de fond la confrontation entre le gouvernement de Tripoli et celui de Tobrouk. Sous leurs « parapluies », opèrent différentes milices. Ce travail a donc été réalisé dans ce contexte politique très instable. Le trafic des êtres humains n’est qu’une partie de cette crise politique. Dans un premier temps, il nous a fallu affronter des difficultés inhérentes au simple contexte politique instable, la priorité étant de prendre des mesures de sécurité. Ensuite, nous avons dû affronter d’autres problèmes liés à la corruption et la lourde bureaucratie. Le pays est totalement fermé, la Libye est comme une solide pierre, très difficile à pénétrer. Nous ne pouvions donc pas inscrire ce travail dans un temps trop long. Nous avons dû faire avec ces différents obstacles. Mais nous avons réussi à obtenir différents documents établissant ce trafic humain. Pas seulement des passeurs clandestins, pas seulement une crise des migrants mais réellement un trafic d’êtres humains.

 © Narciso Contreras pour la Fondation Carmignac

Le centre de détention de Zawiyah, Libye. © Narciso Contreras pour la Fondation Carmignac

Une fois que les migrants africains sont en Libye, que deviennent-ils ?

Il est important de poser une distinction. Nous entendons généralement parler de la Libye comme d’un point de passage des migrants vers l’Europe. Ils sont confrontés aux différentes milices qui combattent dans le pays et sont victimes de passeurs vers l’Europe. Mais là, nous nous sommes intéressés à une autre partie de ces migrants, ceux qui font l’objet d’un trafic. Ces migrants sont soit pris en charge par des passeurs vers l’Europe, soit font l’objet d’un véritable trafic. Nous comprenons la situation comme une crise totalement hors de contrôle où les migrants souffrent en raison de manque de ressources ou d’infrastructures. Mais cette vision change quand nous découvrons ce trafic d’êtres humains. Dans un second temps, quand on parle de passage clandestin il faut qu’on garde à l’esprit qu’à la base c’est un accord entre deux parties. Nous comprenons généralement la situation comme des passeurs qui font passer des migrants africains vers l’Europe. Là les migrants donnent leur accord, payent généralement. Mais nous ignorons la partie qui concerne le trafic de migrants. Les documents découverts à travers notre enquête ont démontré ce trafic où le migrant n’a pas son mot à dire, on les force à « passer ». Ils sont vendus et privés de leur liberté. Nous avons donc enquêté sur le trafic d’êtres humains et non sur les passeurs. Nous faisons bien la différence entre les migrants qui de leur plein grès veulent passer en Europe et ceux que l’on force.

Vous avez dit que la Libye est devenue un marché d’êtres humains. Qui trouve intérêt à ce trafic ?

Il y a environ 3 millions de migrants, réfugiés et demandeurs d’asile africains en Libye qui ne sont pas reconnus. Une fois qu’ils sont en Libye, tout devient flou, ils deviennent presque de l’argent liquide. Ils perdent tout droit, sont emprisonnés. Un véritable réseau très efficace s’est organisé entre certains pays africains et l’Europe. Cela ne concerne pas seulement la Libye, c’est plus large. Dans ce paysage libyen éclaté, différents groupes sont impliqués dans ce trafic, les passeurs, trafiquants ou milices libyens ne sont pas les seuls à tirer profit de cette situation, mais également des trafiquants européens et africains. Tous coopèrent et travaillent ensemble pour un business efficace. Tout passe par la Libye car c’est un pays clé dans les passages de migrants, c’est une plateforme migratoire, un hub. Un trafic sexuel se fait ainsi depuis le Nigeria, des femmes amenées comme prostituées dans les villes européennes. Ce n’est qu’une partie du spectre de ce trafic humain. J’ai ainsi des informations directes venant de dirigeants de milices des côtes libyennes selon lesquelles des trafiquants européens traquent les femmes migrantes sur les plages et les emmènent en Europe. Ils les embarquent sur des bateaux d’une capacité de 500 personnes. C’est vraiment une situation qui va au-delà de ce que nous entendons dans les médias qui présentent les choses comme une simple crise humanitaire mettant en jeu des migrants. Nous parlons de d’esclavage, j’insiste sur ce point encore une fois. Les acteurs principaux de ce trafic sont les milices qui ont essaimé après la guerre de 2011. Plus concrètement depuis 2014, lors de l’Opération Dignité (Libya Dawn), quand Tripoli est tombée entre les mains des Islamistes, ce marché a explosé.

 © Narciso Contreras pour la Fondation Carmignac

uman trafficking 19: Surman, June. © Narciso Contreras pour la Fondation Carmignac

Est-ce que ce trafic d’êtres humains est devenu un part d’une nouvelle économie de guerre ?

Parce qu’il n’y a plus aucune stabilité économique, politique du pays, aucun gouvernement unifié, aucune structure politique solide qui pourrait diriger le pays, de façon concrète le pays est écartelé de partout, ce qui prospère dès lors est le marché noir, parallèle. Et tout est objet de trafic. J’ai pu rassembler des informations sur des activités illégales telles que la contrebande de pétrole, gazoline, benzine, antiquités, armes etc…Le trafic d’êtres humains n’est qu’une partie de ce marché souterrain mais c’est l’un des principaux. Selon Human Right Watch en 2014 le marché des êtres humains était plus important que le trafic de pétrole par exemple.

Note-t-on une différence dans le traitement de cette situation entre les autorités de Tripoli et celles de Tobrouk ?

Je ne suis pas allé à Tobrouk pour enquêter sur cette partie du pays, je n’ai donc aucun élément qui me permettrait d’établir comment les autorités de l’Est gèrent ce problème. Ce que je peux dire est que les trois points principaux de ce trafic et de cette contrebande d’êtres humains sont les villes de  Koufra, au sud-est du pays, près des frontières du Tchad et du Niger ; au sud-ouest, la ville de Ghat. Ces deux points d’entrée convergent vers la ville, située au centre du pays, Sabha. Les routes de trafic et contrebandes partent alors de Sabha vers Tripoli, mais aussi vers Syrte, l’un des principaux bastions de l’Etat islamique. Aucune ne vont vers l’Est. Les principaux ports de passeurs vers l’Europe sont Zouara, Mellitah, Sabratah, Grabouli. Mais de ce que je sais jusqu’à présent, il n’y a pas de ville portuaire impliquée dans ce trafic au nord-est du pays. Il se peut qu’il y en ait, mais je n’ai pas d’information précise. Mais des enquêtes devraient être menées tellement le sujet est immense, les informations que nous avons recueillis sont infimes.

Est-ce que Daech a aussi un rôle dans ce trafic d’êtres humains ?

Au travers de différentes sources d’informations, nous avons établi que différents groupes avaient pris part à ce trafic, groupes liés à l’Etat islamique à Syrte et aux milices de Sabratah. Tous sont impliqués et opèrent de façon différente. Nous avons rencontré une des milices a Sabratah qui ‘commande’ à l’avance un nombre de migrants précis  qui seront emmenés de Sabha vers le Nord, à Syrte ou sont l’objet de contrebande à partir d’autres lieux. Des milices de Sabratah sont directement liées aussi à Daech à Syrte. Mais Daech n’est qu’un parmi les différentes entités opérant à ce trafic. Nous parlons des principales milices qui règnent dans le pays, celles qui opèrent sous le couvert des centres de détention officielles. Nous parlons donc d’un très haut niveau de corruption dans ce pays qui permet cette situation.

L’Union européenne se dit très attentive à la situation migratoire en Libye. Que fait-elle face à cette situation inhumaine ?

L’Europe n’est pas muette. Il me semble qu’elle devrait implanter différents programmes d’aide pour contrer cette situation. Le problème est que la Libye n’est pas une destination facile pour les agences ou ONG internationales. Les gens ne peuvent travailler de façon ouverte sur place car les risques sont élevés. Il n’y a aucune structure politique sûre et claire. Ce qui est certain est qu’il n’y a personne pour gérer concrètement cette situation puisqu’il n’y a pas gouvernement unifié. Même les autorités locales sont démunies et ne peuvent s’adresser à personne. C’est un contexte idéal pour que ce genre de trafic prospère. L’Union européenne suit le dossier de très près il me semble. Human Rights Watch, l’UNSCR, d’autres ONG encore ont une idée du problème, mais je ne suis pas certain qu’ils voient sa réelle étendue et profondeur. Etant donné que ceux qui gèrent le pays sont aussi ceux qui gèrent ce trafic, il n’est pas facile de contrer cela. Nous ne parlons pas seulement d’intérêts politiques, mais d’armées privées, de milices qui dirigent les institutions politiques. J’ignore pourquoi l’Europe n’agit pas de façon plus ferme afin de faire cesser cette situation car il s’agit d’aller au-delà des questions diplomatiques et atteindre cette folie, le non-sens de cette situation. Mais c’est une question fondamentale à poser aux hommes politiques européens, au Parlement européen car ce n’est en rien une situation inconnue, il y a de nombreux rapports qui établissent cette crise depuis des années.

 © Narciso Contreras pour la Fondation Carmignac

Human trafficking 18: Tajoura, May. © Narciso Contreras pour la Fondation Carmignac

Que vous ont dit les migrants qui ont pu vous parler ?

C’était à fendre le cœur car une fois qu’ils sont piégés dans le réseau de trafic, ils espèrent simplement survivre. La première chose qu’ils disent est « aidez-moi à fuir ; je ne veux pas aller en Europe, je ne veux aller nulle part, je veux simplement retourner chez moi. C’est l’enfer, l’enfer ». C’est la situation la plus horrible inimaginable qui a lieu là-bas. Ceux qui parviennent à atteindre l’Europe sont les survivants de cette situation. Ce qu’ils ont subi est un fort traumatisme, avec des viols, violence physique.

Retrouve-t-on là le racisme qui existait déjà en Libye avant 2011 vis-à-vis des Africains noirs ?

C’est un point important à souligner. Nous avons aussi essayé d’avoir une approche anthropologique du sujet en essayant de comprendre le contexte historique de cette crise. L’esclavage, au 21eme siècle, est inimaginable pour la pensée occidentale. Mais pour les Libyens, avoir un serviteur est considéré comme normal. En remontant ce sujet à travers différents canaux, des personnages centraux de cette enquête m’ont permis de rencontrer leurs serviteurs, leurs esclaves. Pour eux, il est normal d’avoir des gens à leur service, travaillant sans être payés. C’est donc là un contexte social et historique qui doit être compris pour avoir une vision plus claire de la situation. Ce qui est dramatique est la façon dont s’opère ce trafic, mais comprendre l’état d’esprit de ceux qui font ce trafic est important pour avoir tous les éléments en tête. Cela permet de ne pas simplifier, de ne pas tomber dans un vain manichéisme entre les bons et les mauvais. Tout est plus complexe que cela. L’approche anthropologique permet de mieux cerner donc de mieux combattre le trafic humain tel qu’il se fait en Afrique. Dès que nous parlons de migration, nous ne l’envisageons que sous l’angle des préoccupations occidentales. Mais nous ignorons le problème du point de vue du Sud, de l’Afrique.

Est-ce que les migrants africains sont aussi victimes de la guerre en Libye ?

Les premières victimes sont les Libyens eux-mêmes, car ils souffrent encore des conséquences. Les migrants existaient avant la guerre. Mais la situation a atteint un point extrême en Afrique car les migrants affluent plus que jamais. C’est comme une nouvelle étape dans cette question migratoire. Selon les officiels, la Libye souffre de cette crise. Mais il est vrai que les migrants sont la première cible dans cette crise.

Comment votre travail peut-il aider ?

Je suis un photoreporter. Je rapporte des faits, compile des éléments afin d’expliquer une situation historique ou en cours. Cela permet de construire des ponts, afin de commencer à parler, à essayer de trouver des solutions. J’espère que cela générera une plateforme de dialogues. Il ne s’agit pas de croire que nous ferons plus que ce que nous pouvons réellement faire. Mais cela demeure important de l’avoir fait afin que les institutions s’en saisissent autant que possible. Il s’agit aussi de faire œuvre de mémoire, pour se rappeler de ce que nous faisons ou laissons faire. Etre un témoin est important mais ce n’est qu’une partie du processus. Ce qui importe est de permettre une compréhension de la situation.

Source

Commentaires à propos de : L’esclavage en islam..


richard jones

Yacoub,
Avant d’insulter les gens , examinez vos propres textes islamiques.

Je rappelle que c’est le christianisme qui a aboli l’esclavage:
galates 3:28 : »Il n’y a plus, ni juif, ni grès, il n’y a plus , ni libre, NI ESCLAVE car,
vous etes tous un en Jésus-Christ ».

600 ans , plus tard, l’islam a rétabli l’esclavage

coran 4:25: » Ceux , parmi vous qui n’ont pas les moyens d’épouser des femmes croyantes libres, peuvent
épouser des femmes croyantes esclaves ».

hadith sahih rapporté par abu dawud n°2150 : » Il vous ai aussi interdit d’épouser des femmes déjà mariées, à moins qu’elles ne soient vos captives de guerre ».

sahih muslim n°349 : »Tout esclave qui quitte son maitre, sans sa permission, devient renié , par ma communauté ».

coran 33:52 « Il ne t’est plus permis de prendre d’autres femmes, ni de changer d’épouses, meme si leur beauté te plait, à l’exception des ESCLAVES QUE TU POSSEDES. allah observe toute chose ».

anthony fabre

Les arabo-musulmans, mais également les berbères islamisés sont responsables de 1438 ans d’esclavage sur les noirs africains.
C’est curieux, on n’en parle jamais dans les livres d’histoires ou dans les médias.
Environ 50 millions de noirs ont été réduits en esclavage sur 1500 ans par les musulmans arabes,
sans compter les centaines de milliers d’européens, capturés par les barbaresques ( pirates esclavagistes musulmans ).
Ces esclaves européens étaient surnommés « les mamelouks ».
Les femmes esclaves européennes servaient surtout d’esclaves sexuelles dans les harems des sultans.
Je tiens à préciser que , s’il y a si peu de présence noire dans les pays islamiques, malgré l’esclavage, c’est parce que 90% de ces esclaves noirs étaient castrés, et le taux de mortalité , suite à cette pratique avoisinait les 80%, donc incapables de se reproduire.

NOUMEA

Bravo Anthony, voilà une vérité qu’encore, une fois , nos livres scolaires d’Histoire n’enseignent pas aux élèves, de peur de « froisser » les « susceptibilités ».
Nous sommes gouvernés par des lâches et des hypocrites.
Et, de toute façon, au vu de ce pan d’Histoire, il est vain de penser, d’espérer convertir les suppôts de Satan, comme le souhaitent les « bons cathos » qui, soit n’ont toujours RIEN compris, soit se voilent la face.
Car, oui, Satan a ses suppôts sur terre depuis des siècles et nous ne cessons d’y être opposés.
Seulement voilà, à l’heure actuelle, on nous a trop bassiné l’esprit « de paix », « de respect », « de padamalgame », « de vivre ensemble », « de non-violence », « de liberté religieuse », etc… brandissant l’étendard que, s’il y a réplique de notre part, il y aura riposte de la leur et c’est cela qu’attendent les coraniques.
Or, les coraniques n’attendent pas la riposte (ils s’en fichent complètement) ou le conflit, ils jouent des manettes dans TOUS les domaines et ce, AVEC la bénédiction de l’UE et des chefs d’Etat apostats, athées, pleutres, arrivistes, cupides (et j’en passe).
Quand on lit attentivement l’Histoire des muz, on voit très nettement que cette secte a toujours, et à chaque siècle, tenté de s’imposer.
Elle y a réussi par endroits, en employant la violence dont elle est si coutumière.
Et encore maintenant, elle fait son entrée en Europe.
Et ce qu’il se passe est du jamais vu dans l’Histoire !, q
On est sur une pente raide, nous sommes en DANGER !
Mais qui va comprendre, parmi la grosse masse de léthargiques, qu’il faut se réveiller et se défendre, qu’il faille passer à l’action ?!
On a des prêtres, un clergé et un pape totalement apostats.
Le françois en question demande pardon au Rwanda, mais ne fait rien pour réveiller les chrétiens dans leur foi et dans leur espérance.
Le Vatican vend nos églises aux coraniques pour en faire des mosquées !
Alors, quand le berger ne s’occupe pas de son troupeau en danger, ce dernier se jette dans la gueule du loup, n’ayant aucun repère…

NOUMEA

Je complète mon commentaire par ceci : dans les années 1960, il existait encore des esclaves africains chez les arabes.
Et le signe distinctif : ils portaient un anneau à une oreille.
Ca aussi, c’est du véridique.
Et soyons certains que les razzias dont certains villages d’Afrique sont les victimes et qui passent sous silence, sont une façon de « s’approvisionner »…

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