« La Révolution française a fait plus de morts en un mois au nom de l’athéisme que l’Inquisition au nom de Dieu pendant tout le Moyen-Âge et dans toute l’Europe. (Pierre Chaunu, professeur émérite à la Sorbonne) »

Voici des extraits du communiqué de Monseigneur Bernard Podvin, porte-parole de la conférence des évêques de France, concernant le feuilleton estival ‘Inquisitio’ : « Inquisitio ? Tel est le titre d’une saga télévisée de l’été. Programmée, hélas, à heure de grande écoute. Plusieurs universitaires médiévistes, peu suspects de complaisance envers l’Eglise catholique, nous disent combien ils sont atterrés par cette série. Citons, entre autres points scandaleux, le traitement indigne réservé à la grande mystique Ste Catherine de Sienne. Parce que cette période historique est extrêmement difficile pour tous, elle requiert d’autant plus un service délicat et éminent de la vérité. Quand un tel parti-pris aimante une production, qu’a-t-elle encore de culturelle ? Je pleure et m’indigne de songer qu’à l’audimat, beaucoup risquent de se croire instruits par cette manière tendancieuse d’honorer l’histoire humaine et religieuse ».

Lu ici, ce point de vue historique inspiré de plusieurs œuvres de référence sur l’Inquisition : l’Inquisition est inintelligible à des esprits contemporains. Replaçons-nous dans le contexte médiéval. Contexte : au Moyen Age, et surtout dans la période qui va du 10ème à la fin du 13ème siècle, la société est chrétienne. Il est impensable de ne pas l’être. Le concept de liberté religieuse est incompréhensible, autant que le relativisme moral. On est chrétien parce qu’on est convaincu de la Vérité du Christianisme. Or, la Vérité est une et indivisible. Donc il n’y a pas, par définition, de place pour d’autres religions ou opinions. Etre athée au Moyen Age est aussi inconcevable qu’être raciste ou nazi à notre époque. C’est dans ce contexte que se développe la lutte contre les hérésies, notamment le catharisme.

Dès 1213, Innocent III affirme la nécessité de traquer l’hérésie non sur la base de rumeurs, mais d’une enquête, en latin inquisitio. Pour l’Eglise, le but premier reste la conversion des égarés. L’Inquisition n’est pas compétente pour juger les fidèles des autres religions, notamment les Juifs. Elle ne s’adresse qu’aux hérétiques chrétiens. En 1231, Grégoire 9 publie Excommunicamus, acte fondateur de l’Inquisition. Les inquisiteurs seront essentiellement les Dominicains et les Franciscains. Ce sont eux qui ont l’expérience des hérésies. Dès 1240, l’Inquisition se répand dans toute l’Europe sauf l’Angleterre. L’Inquisition est une institution religieuse parallèle et indépendante de la justice civile. Les inquisiteurs sont des théologiens qui ne dépendent que du Pape. Leur mission est ponctuelle. La procédure n’a pas été fixée par Excommunicamus. Elle est donc variable selon les régions.

Comment se déroule un procès ? 1 – L’inquisiteur commence par une prédication générale. 2 – L’inquisiteur publie l’édit de foi, qui oblige les fidèles à dénoncer les hérétiques de leur connaissance. Le nom des dénonciateurs est tenu secret pour éviter les représailles. Mais certains inquisiteurs préfèrent procéder à une confrontation contradictoire entre accusé et dénonciateur afin que l’accusé puisse démasquer un dénonciateur qui aurait intérêt à lui nuire. Rappelons qu’en cas de faux témoignage, le dénonciateur risque la peine encourue par l’accusé. 3 – L’inquisiteur publie l’édit de grâce, qui accorde un délai de 15 à 30 jours aux hérétiques pour se rétracter. Passé ce délai, l’hérétique présumé est justiciable du tribunal inquisitorial (suite).

Par ailleurs, le fait est que la ‘Révolution française’ a fait plus de morts en un mois au nom de l’athéisme que l’Inquisition au nom de Dieu pendant tout le Moyen-Âge et dans toute l’Europe. Ce fait a été démontré par un historien sérieux (et protestant), Pierre Chaunu. On en retrouve l’analyse dans le quatrième numéro hors-série de L’Homme Nouveau consacré à quelques mythes de l’histoire antichrétienne, dont l’Inquisition. Un ensemble d’extraits de cette analyse est ici. Des extraits également ci-après : « La création de l’Inquisition au XIIIe siècle marque de réels progrès en matière de justice. D’abord en confiant à un tribunal, c’est-à-dire une institution de justice, des hérétiques dont l’impopularité était telle qu’ils étaient l’objet de la violence aveugle des foules ou des autorités politiques : ils étaient ainsi soustraits au lynchage ».

« Ensuite cette institution de justice, même si elle n’offre pas aux prévenus toutes les garanties de nos procédures modernes et démocratiques, comporte bien des éléments originaux qui la diffèrent des justices ordinaires de l’époque : l’instruction est inquisitoire et secrète (recherche par voie d’enquêtes et de questionnements). Le tribunal de l’Inquisition cherche avant tout à établir la vérité au nom de l’intérêt de la société (comme le ministère public). Il s’écarte de la procédure accusatoire du droit romain où le juge arbitrait les litiges entre deux parties argumentant chacune en sa faveur. De plus le dénonciateur calomnieux subit la peine encourue par celui qu’il a dénoncé. Pour l’historien Bartolomé Bennassar, ‘l’Inquisition, par ses méthodes d’investigation et le fonctionnement de son tribunal, a contribué à inventer les règles d’une procédure nouvelle’, débouchant à terme sur le système juridique contemporain, à cette nuance près que l’accusé y était présumé coupable ».

« Les enquêtes scrupuleuses offrent cependant des garanties aux prévenus. L’accusé peut réfuter les accusations de l’inquisiteur et récuser certains témoins. Il peut aussi produire des documents ou exposer des faits tendant à prouver l’inanité des charges portées contre lui. Enfin cette institution est confiée à des professionnels dotés de manuels très codifiés et soucieux du droit. En 1246, le concile régional de Narbonne demande que la condamnation soit portée exclusivement après un aveu formel, ou au vu de preuves irréfutables. Mieux vaut, estime l’assemblée, relâcher un coupable que condamner un innocent. Pour obtenir cet aveu, la contrainte peut être utilisée : soit par la prolongation de l’emprisonnement, soit par la privation de nourriture, soit enfin par la torture. Le recours à la torture est rare et contesté. Longtemps l’Église y a été hostile. En 866, le pape Nicolas Ier déclare que ce moyen ‘n’était admis ni par les lois humaines ni par les lois divines, car l’aveu doit être spontané’ ».

Michel Garroté

Reproduction autorisée avec mention de www.dreuz.info

De Elisa Naibed L’inquisition, parlons-en ! Grâce aux historiens actuels, qui ont préféré [ré]éplucher les sources primaires, plutôt que de reprendre, inlassablement, les mensonges éculés des histrions anticléricaux de la IIIe république, on s’est rendu compte que l’inquisition papale a probablement sauvé bien plus de vies qu’elle n’en a détruites. L’inquisition papale fut une tentative d’imposer les mêmes règles d’instruction et a même façon de rendre la justice pour mettre fin aux innombrables excès de la justice des seigneurs, celle du droit dit coutumier, qui était souvent rendue n’importe comment. Avant ça, dans certains fiefs, il suffisait, pour se débarrasser de quelqu’un de prétendre avec quelques comparses qu’il ou elle exerçait la sorcellerie pour voir la personne traînée au bûcher! L’usage de “la question” (torture pour faire avouer par des moyens souvent inhumains) a également été réglementé pour qu’on ne fasse plus n’importe quoi, et si les inquisiteurs l’appliquaient encore, ce fut souvent avec bien plus de modération, et pas jusqu’à la mort comme c’était le cas auparavant. 

On a retrouvé des documents, des lettres de personnes poursuivies par le droit local, et demandant au pouvoir inquisitorial d’être jugée par celui-ci car ils craignaient bien d’avantage l’arbitraire de la “justice” coutumière! Ces documents montrent que les gens avaient souvent bien plus confiance dans la justice de l’inquisition que dans celle du Seigneur du lieu! Tout le monde a eu en tête le redoutable Torquemada, par exemple! Mais, d’une part, il s’agit de l’inquisition espagnole (qui n’était pas sous l’autorité du pape), et d’autre part, il faut séparer la légende (notamment celle de la littérature et du cinéma) de la réalité. Lui aussi eut à coeur d’instaurer des règles de procédures. Et ensuite, sur les quelques cent mille cas instruits, seulement 2.000 condamnations à mort furent prononcées, nous rapporte l’Encyclopædia Britannica! Soit, finalement, un petit pourcentage (2%) pour l’époque! Et infiniment moindre que ce qui se passait sous la justice coutumière en France! 

Certes, cette Inquisition a connu quelques dérives inexcusables, mais, dans l’ensemble, elle fut bien moins grave que l’exercice anarchique de la “justice” coutumière qui l’a précédée. Ce sont surtout les Français anticléricaux et ripoublicains, genre les Hussards Noirs de la République de Jules Ferret, qui sont à la base de toutes ces exagérations fantaisistes à l’égard de l’Inquisition! Cela répondait à deux motifs politiques: il fallait d’une part charger l’Église (détestée par la République) de tous les péchés et de toutes les horreurs possibles. Et il fallait surtout faire oublier les horreurs bien plus monstrueuses et bien plus réelles, celles-là! , de l’infâme et abjecte «Révolution Française»: meurtre du Roi, établissement du règne de la Terreur et d’un usage excessif de la guillotine, quasi-génocide en Vendée et meurtres de masse un peu partout, agression de toute l’Europe par les guerres napoléoniennes issue de cette Révolution, avant la raclée en Russie (600.000 personnes mortes ou disparue de la “Grande Armée), et la débâcle finale de Waterloo!!!). 

Vue de l’extérieur, cette (soi-disant) Révolution des «droits de l’homme» (avec cent ans exactement de retard sur la *vraie* révolution du Bill of Rights en Grande Bretagne (bonjour la prétention ridicule des Français à se prendre pour le nombril du monde! (1)) aura été une immonde et abjecte farce macabre (où, en moins de 18 ans, les Français trouveront le temps de raccourcir un Roi, et d’introniser un empereur d’opérette!!) , mais aussi un auto-génocide digne de Pol Pot, et une préfiguration gauchiste de l’horrible révolution bolchevique de 1917, comme l’avait bien vu Lénine!

(1) un autre exemple : *leurs* soi-disant philosophes des «drouwahs de l’homme!» . Les français incultes sont sans doute les seuls à ne pas savoir que les lumières prennent naissance en Ecosse, avant de s’étendre à l’Angleterre, et puis aux Etats-Unis (dont la révolution est également antérieure à celle des Français), et au reste du monde… dont la France! Le monde n’a, en effet, pas attendu les ratiocineurs français pédants et imbéciles, genre Voltaire, Montesquieu, ou Rousseau (qui était Suisse, soi dit en passant!) pour savoir ce que sont réellement les droits de l’homme, et théoriser là-dessus! Et les livres d’Histoire sérieux (notamment anglo-saxons) classent – assez logiquement – ces philosophes de la dernière heure, qui ont pourri la philosophie des droits de l’homme, sous la rubrique: «late enlightment». Ce qu’on pourrait traduire, ironiquement, par: «illumination tardive!» D’ailleurs, quand on regarde sans complaisance leur histoire chaotique, on constate que les Français sont bien plus souvent qu’à leur tour des «illuminés tardifs»! 

Pour en revenir à la RF, cet épisode monstrueux de l’histoire de France est pourtant commémoré partout en France, sous forme de places ou de rues de la République (ou même: de la Révolution Française). 

Voila ce qui se cache derrière cet anticléricalisme forcené des Français, outre leur besoin compulsif d’en découvre avec l’Eglise catholique (dont ils se sont pourtant gargarisé, précédemment – et abusivement! – , d’être la «Fille Ainée»): le besoin de cacher la réalité monstrueuse de ce dont ils se font encore une «gloire nationale» jusqu’à aujourd’hui !!!

Et je tiens à signaler que je ne suis absolument pas chrétienne ou de parti-pris!!! Mais mes ancêtres paternels, Ecossais et Irlandais, ont combattu cette infection “frönçaise” et participé à la raclée mémorable et finale qu’ont reçu ces prétentieux, pompeux et ridicules à Waterloo, et je connais mieux l’histoire de ceux qui restent, quelque part, des ennemis qu’eux-mêmes!!

—————————————–

Il faut surtout séparer l’Inquisition papale (qui connut, certes, des dérives condamnables dont l’Église s’est repentie), de la formidable légende malsaine , de cette soi-disant abomination que des histrions et des politiques, des littérateurs et d’autres artistes anticléricaux ont bâtie! 

Idem pour les Croisades, dont nous n’avons globalement pas à rougir, qui ont permis de mettre fin (provisoirement) à la terreur que les sarrasins faisaient régner sur la mer méditerranée et dans les lieux saints,! Et sans lesquelles, *surtout*, nous serions depuis longtemps sous la barbarie musulmane, dans laquelle aucun progrès matériel et spirituel n’était possible !!! Il n’est pas exagéré de dire que les croisades ont ouvert la porte vers le progrès de la civilisation de l’ère moderne! 

Idem encore pour les Cathares, dont on oublie toujours de préciser que ce furent d’abord des agresseurs, essentiellement des Seigneurs et des gens de pouvoir, qui martyrisaient leurs ouailles chrétiennes qui ne voulaient pas se soumettre à leur idéologie satanique, abjecte et perverse, et dont l’ «histoire» (avec un petit ‘h’) a fait des victimes lorsque l’Église, après avoir tenté vainement de les ramener à la raison par la parole, le rappel à son enseignement, a bien dû intervenir et les détruire pour protéger les chrétiens qu’ils martyrisaient! 

On pourrait encore parler des guerres de religion! Celles-ci furent certes une tache sanglante sur le christianisme dans son ensemble (et pas que sur les catholiques, les protestants, comme les cathares, furent souvent parmi les premiers agresseurs). Mais l’examen minutieux de ces guerres montre qu’elles furent aussi, bien souvent, amplifiées et exacerbées par de purs intérêts politiques, où les questions de religions n’avaient rien à voir!

Bref, toute l’histoire l’histoire du christianisme a été menée à charge (et souvent avec mauvaise foi), et pas à décharge
———————————–
Par ailleurs, il faut préciser que cette inquisition papale n’a *rien* à voir avec l’inquisition espagnole, qui fut certes plus dure, mais qui a aussi été exagérément grossie par des “historiens” malhonnêtes, comme le montre mon exemple de Torquemada!

 l’«inquisition» c’est d’abord et avant tout une enquête judiciaire, et avec des règles! bref, une *procédure d’inquisition*, quelque chose qui manquait cruellement à la justice coutumière moyenâgeuse, et que l’Église catholique a heureusement introduite! Soit une enquête judiciaire, une procédure d’instruction, comme on dirait aujourd’hui!

Voici une vidéo, que je ne connaissais pas, mais qu’on a porté à mon attention. Ecoutez-la soigneusement! L’inquisition papale ne fut *pas* une tentative idéologique de contrôle religieux des individus, comme vous le dites, et toute comparaison avec l’islam ou un autre totalitarisme idéologique est hors propos! Ce fut, au contraire, l’instauration, par l’Eglise, de faire une “inquisition” des faits, c’est-à-dire ce que nous appellerions aujourd’hui une *procédure d’instruction* (à charge et à décharge) pour mettre fin à la “justice” expéditive féodale, et empêcher les Seigneurs locaux de «juger» n’importe comment! Autrement dit, un pas important vers une justice moderne!!! et ce, indépendamment des dérives (certes réelles pour certaines, mais exagérées, voire carrément fantasmées pour d’autres!) que cette tentative, comme toute mesure nouvelle, a pu connaître !!! 

Quant à l’inquisition espagnole, elle était certes inspirée par des motifs plus marqués politiquement, dont une volonté d’assainir le pays après la Reconquista, qui avait expulsé les sarrasins (dont certains juifs venus avec eux d’Afrique du Nord, en étaient les complices, bien que soumis à la dhimmitude comme les chrétiens)! Mais là aussi, cette Inquisition (qui n’était pas sous l’autorité papale, je le rappelle) a été transformée en légende noire!

—————————————————

Il faut en finir avec ces mensonges anticléricaux de tous ceux – et ils sont nombreux! qui ont la haine de soi et du même, et ne cessent de dénigrer leur civilisation et de magnifier celle des autres! Dont la soi-disant “civilisation” musulmane, qui n’est qu’un bobard: tout ce que l’islam compte de civilisation lui vient de la période pré-islamique, une civilisation pré-islamique que l’islam, une fois bien installé, n’a eu de cesse de détruire! 

Votre assimilation de l’islam avec l’inquisition espagnole est tout simplement ridicule! D’abord, parce que le christianisme est – d’abord – une religion saine, pas une création satanique de califes pour instaurer une sorte de totalitarisme militaro-religieux! Ensuite, parce que, même dans sa verion espagnole, cette inquisition fut loin d’être cette espèce de “rouleau compresseur” que vous semblez y voir (ça, c’est bon pour l’islam. Il est exact que les juifs ont dû choisir entre se convertir au catholicisme ou partir! Mais on ne peut faire l’impasse sur le fait que la plupart d’entre eux sont venus d’Afrique avec les assaillants maures, et qu’ils étaient – pas toujours à raison, certes – souvent assimilés à des collabos!

Cette volonté d’écarter une source possible d’espionnage et de sédition en les obligeant de choisir: rester juifs et partir, ou devenir chrétiens et rester n’est pas du tout un racisme à leur égard, mais une conséquence historique logique de l’invasion musulmane à laquelle les juifs d’Afrique du Nord, avaient collaboré. Même si c’était en tant que sous-fifres (ils étaient soumis à une dhimmitude semblable à celle dont souffraient les chrétiens, bien que probablement allégée en Espagne vu que l’occupant avait besoin de leur collaboration) ils ont néanmoins contribué, d’une manière ou d’une autre, à celle-ci ! D’autant que, sauf rares exceptions, la population juive n’avaient pas contribué à la Reconquista! 

La volonté d’avoir une population chrétienne homogène vient aussi de là, et peut se comprendre, même si elle n’excuse pas les exactions qu’ont dû subir – parfois injustement (mais parfois pas!) – les Juifs!!!


Chasse aux sorcières et Inquisition : démêler le vrai du faux. Combien ? Quand ? Par qui ? Pourquoi ? par Marion Sigaut