Étant donné l’apostasie massive qui se répand du haut en bas de l’Église, sont bien compréhensibles le désarroi et la panique de nombre de sincères catholiques qui, pensant que le navire-Église n’a pas plus de pilote, se jettent par-dessus bord, et finissent noyés, ce que font les sédévacantistes. Comme si le pilote de l’Église n’était pas toujours Jésus ! La faute du sédévacantisme est de rejeter l’Église en sa réalité humaine, encore marquée par le péché, au nom de ce qu’elle est en train de devenir par la Miséricorde divine, et est déjà dans l’éternité. En un mot, le sédévacantisme ne voit que la première partie de cette promesse de Jésus à Pierre : “J’ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille pas (Lc 22.32)”, oubliant la suite :Quand tu seras revenu, affermis tes frères, suite qui montre que l’exaucement de la prière du Christ n’exclut pas l’égarement de Pierre … Le sédévacantisme n’arrive pas à tenir unis le pas encore et le déjà de la réalité de l’Église, qui est un objet de Foi, c’est à dire non accessible à la seule raison raisonnante. Il n’arrive pas à faire sien le regard de Dieu sur son épouse infidèle si bien décrit par le prophète Osée (2.4-3.5). Le sédévacantisme est tombé dans l’hérésie du libre examen professée par Calvin et Luther. A leur suite, un Adrien Aubazit, véritable pape du sédévacantisme, est flagrante, lorsqu’il rejette d’un revers de main l’argument de saint Paul reprenant publiquement saint Pierre (Ga 2.11) au motif qu’il ne le reprenait pas pour une question de foi ou de mœurs1 . Comme si, au risque d’offenser et diffamer le chef visible de l’Église, saint Paul s’était amusé à faire un scandale public pour des broutilles ! Comme si soi-même judaïser et y entraîner autrui par son exemple ne relevait pas de la Foi et des mœurs ! Comme si les Apôtres n’avaient pas reçu mille fois l’enseignement du Christ sur la nécessité de laisser les vieilles outres (Lc 5.37) ! Dans une réponse à cet article, Monsieur Aubazit nous reproche de contredire ainsi saint Alphonse de Liguori2 . Or, saint Alphonse présente le jugement des Pères à ce sujet comme étant seulement plus vraisemblable, non comme étant l’expression même de la vérité, ce qu’occulte totalement la réplique d’Adrien Aubazit. Citons ici l’enseignement de saint Thomas d’Aquin selon lequel « on ferait un péché mortel, si l’on observait maintenant les cérémonies que les Juifs observaient avec tant de zèle et de fidélité. (Somme Théologique, Ia-IIae, Q.103, a.4) », affirmation revêtue du sceau de l’infaillibilité du Concile de Florence (1431-1441) : « L’Eglise croit fermement, professe et enseigne que les prescriptions légales de l’Ancien Testament qui se divisent en cérémonies, saints sacrifices, sacrements, (…) après la promulgation de l’Évangile, (…) ne peuvent être respectées sans l’anéantissement du salut éternel. Donc elle dénonce comme étrangers à la foi du Christ tous ceux qui observent la circoncision, le sabbat et les autres prescriptions légales (…) . (Décret pour les Jacobites, DZ 1348) » Et lorsque Adrien Aubazit croit pouvoir s’appuyer sur le commentaire de saint Théophile dans La chaîne d’Or , il oublie d’y relever que la mission de Pierre est de “fortifier tous les fidèles qui se succéderont jusqu’à la fin du monde“, ce que la Tradition de l’Église a toujours compris comme se faisant par la succession des Papes … 

Le discours sédévacantiste repose sur l’absence actuelle d’un pape légitime, que ce soit en raison des hérésies professées ou de l’invalidité de son élection, avec toutes les conséquences qui en découleraient, dont l’invalidité des sacrements … Mais la façon dont les sédévacantistes entendent défendre la foi dans l’infaillibilité des Papes rend vaine leur entreprise puisque si les papes ne peuvent pas être hérétiques, alors on ne peut pas non plus se trouver dans la situation qui serait la nôtre, à savoir avec un pape hérétique … Et si cette situation découlait du fait qu’après la mort du dernier Pape catholique que serait Pie XII, la succession apostolique aurait trouvé son terme en étant remplacée par une succession de papes hérétiques, alors, ce serait la promesse de Jésus en l’incapacité des puissances démoniaques à vaincre l’Eglise (Mt 16.18-19) qui serait mise en défaut … C’est ainsi que, dans un cas comme dans l’autre, le sédévacantisme se contredit Or,

I. Il y a déjà eu des papes hérétiques !

Sans même évoquer la vie scandaleuse de certains papes, motifs de grands troublesplusieurs d’entre eux enseignèrent ou soutinrent notoirement des hérésies. Aussi humiliant que cela soit pour l’Église, certains se sont fourvoyés jusqu’à condamner les tenants de l’orthodoxie, et parfois même avec une certaine solennité. Ainsi de :

    • Libère est connu pour sa défaillance coupable de décembre 359, quand il accepta de signer, sous la contrainte de l’Empereur Constance II, qui le tenait prisonnier à Byzance, une profession de foi semi-arienne, qu’il renia après la mort de l’Empereur.
    • Honorius Ier est, de tous les papes hérétiques, le plus célèbre, et sans doute le plus gravement coupable, ce qui lui valut l’anathème du IIIe et VIe Concile de Constantinople, en 680, confirmé par le pape Léon II, et repris par tous les grands conciles œcuméniques jusqu’à l’époque moderne. Ce sont des faits. Mais si Honorius 1er n’a pas enseigné d’erreur, comme veulent le croire les sédévacantistes et autres partisans d’une infaillibilité mal comprise, ce sont alors deux papes et deux conciles œcuméniques qui l’ont fait … Sont-ils plus avancés ?
      Reste que si le Souverain Pontife peut être hérétique, il ne peut l’être dans la formulation ex-cathedra de la Foi, telle que définie par le concile Vatican I.
    • Jean XXII, en Avignon, le jour de la Toussaint 1331, comme les “orthodoxes” aujourd’hui, affirme que les morts n’entreront dans la vision béatifique qu’à la Résurrection, à la fin du monde !
    • Eugène IV, lors du Concile de Florence (1439), enseigna que la matière du sacrement de l’ordre était la porrection [la remise à l’ordinant] de la patène et du calice, ce que Pie XII a invalidé en affirmant de façon définitive que la matière du sacrement de l’ordre était l’imposition des mains.3  

Qu’un Pape professe une hérésie n’est donc pas chose nouvelle ! Une maxime dit très justement : “Trop de Pape, tue le Pape !” Autrement dit : trop attendre d’un pape conduit à en être déçu et en conséquence à rejeter la foi catholique. Il en va des papes comme du reste des hommes : il y en a des bons et des mauvais. Les uns comme les autres n’en sont pas moins papes.

II. Le successeur de Pierre peut-il être un Judas ?

Deux cas historiques sont éloquents, celui du Pape Libère et celui du pape saint Vitalien :

1) Le Pape Libère et la crise arienne (352-366)

Selon l’historienne Elisabeth Paoli, dans son article du Dictionnaire historique de la papauté, le rôle que Libère a eu dans la persécution de saint Athanase pour complaire à l’empereur arien Constance est accablant. Malgré les tentatives catholiques pour le dédouaner, on ne peut oublier que de grands Saints qui participaient à la lutte contre l’arianisme ont confirmé cette trahison, tels Hilaire, Athanase lui-même dans son Histoire des Ariens, saint Jérôme dans sa Chronique, alors qu’il était présent à Rome lors des faits. A contrario, il n’y a aucun témoignage de contemporains des faits qui dédouanent Libère …

Même si Libère a, par la suite, après la mort de Constance, été plus courageux, on ne peut oublier qu’au moment de la grande épreuve de la crise arienne il a excommunié l’un des derniers remparts de la foi catholique en la personne de saint Athanase.

2) Le pape saint Vitalien (657-672) et l’excommunication indirecte de saint Maxime

Saint Maxime et le pape saint Martin (649-653) ont été des confesseurs de la foi contre l’hérésie monothélite, ce qui valut au pape Martin d’être déporté par l’empereur Constant II en Crimée où il mourut de mauvais traitements (655). Or, pendant son exil, malgré les protestations de fidélité du clergé romain, et sous la pression impériale, sont élus papes Eugène, puis Vitalien. Ce dernier, par peur de l’Empereur, restaura la communion avec le patriarche monothélite de Constantinople, laissant saint Maxime seul lors de son procès. Transféré à Perbéris, saint Maxime resta six ans enfermé jusqu’à son nouveau procès, en 662, devant le Patriarche de Constantinople et son Synode. On lui demanda: « De quelle Église es-tu donc : de Constantinople ? de Rome ? d’Antioche ? d’Alexandrie ? de Jérusalem ? Car voici que toutes sont unies à nous … » Le Confesseur répondit : « L’Église catholique est la droite et salutaire confession de la foi dans le Dieu de l’univers. » Menacé de la peine capitale, il répliqua : « Que ce que Dieu a déterminé avant tous les siècles trouve en moi le terme qui lui rende la gloire qu’Il a avant tous les siècles ! » En refusant de communier avec un patriarche hérétique, Maxime posait un acte prophétique montrant qu’être catholique, c’est avant tout confesser la foi de Pierre, et non pas nécessairement être matériellement en communion avec le successeur de Pierre, comme le montre son impossibilité après chaque décès du Pape lors de la vacance du siège romain.

L’Église a survécu à ces épiphénomènes …

Il faut noter que l’hérésie, même externe, n’enlève pas automatiquement la juridiction. En effet, selon le Canon 2264, sont illicites, mais pas automatiquement invalides, les actes de juridiction posés par un excommunié : « Un acte de juridiction posé par une personne excommuniée, que ce soit au for interne ou au for interne, est illicite; cependant si une sentence condamnatoire a été prononcée, il devient invalide, sans porter préjudice aux prescriptions du Can. 2261 ; sinon il est valide. » Si donc le clerc hérétique ne perd pas automatiquement ses fonctions, mais doit être déposé en bonne et due forme par l’autorité légitime, il est bien difficile en ce qui concerne le Pape, de trouver pareille autorité … car :

Seul le Christ peut juger le Pape !

Si, théoriquement, un Pape devait être déposé pour fait d’hérésie, concrètement, cela ne se peut parce qu’il n’existe aucune instance ecclésiale possédant l’autorité nécessaire pour procéder à cette déposition. Nul, en effet, n’est habilité de son propre mouvement, de par sa décision personnelle, à déclarer déchu de sa charge et dépouillé de ses pouvoirs un membre quelconque de la hiérarchie catholique. Le Pape n’a pas de supérieur sur la terre !

De ce fait, si un Pape méritait de perdre son pontificat en raison d’une déclaration officielle d’hérésie, nul ne pourrait légalement exécuter cette sentence, car le Pape n’a pas de supérieur sur terre capable de le juger et démettre de sa fonction. De la sorte, même s’il tombe dans une hérésie notoire, ce qu’à Dieu ne plaise, le Pape ne perd jamais son pontificat.

III. Les fautes du sédévacantisme

Deux péchés graves condamnent le sédévacantisme :

  1. – Le subjectivisme, qui s’attribue la place du Christ pour juger et déposer le Pape, lequel n’a pourtant pas de supérieur sur cette terre.
  2. – Le conciliarisme, ou conclavisme, qui est une hérésie déjà condamnée par l’Église, nie la primauté du Pontife romain, et fait surgir à sa place autant de nouveaux papes qu’il peut plaire à des évêques ou pseudos évêques. La conséquence directe est l’éclatement de l’Église en d’innombrables factions ennemies, l’unité de l’Église se retrouvant brisée, morcelée, infectée irrémédiablement par l’esprit de secte.

La conséquence directe du sédévacantisme est donc l’éclatement de l’Église, une et sainte, en d’innombrables sectes. (( Mgr Ngô-Dinh-Thuc (1897-1984), excommunié pour la consécration de l’antipape Domínguez, est à l’origine de tous les sacres sédévacantistes et conclavistes, responsable d’une multitude de lignées épiscopales hérétiques ayant des liens étroits avec les Vieux Catholiques et avec toutes sortes de sectes et de sectaires, dont des sociétés maçonniques ! )) 

Le seul critère objectif requis par la théologie catholique pour la reconnaissance d’un vrai Pape, est la reconnaissance de l’élu par les cardinaux réunis en conclave, puis par les évêques et par toute l’Église. Mais dans le cerveau des sédévacantistes, ce critère, objectif, a disparu, remplacé par un jugement personnel et subjectif, même s’il est justifié à grand renfort de multiples citations, cherchant à le faire apparaître comme objectif.

IV. L’absence de Pape est impossible

Un autre problème important du sédévacantisme est son incapacité à expliquer comment l’Église pourrait continuer à exister d’une manière visible, mais sans tête … Le sédévacantisme est à ce titre prisonnier d’une erreur formelle indépassable, liée à une interprétation étroite de la bulle de Paul IV (voir cet article) : « Nul pape ne peut être hérétique, hors le pape soutenant Vatican II professe des hérésies, donc il n’est pas pape » ! Or, outre que :

1) Paul IV parle de l’élévation d’un hérétique au Souverain Pontificat et non d’une pape devenu hérétique ;

2) La vérité est une chose, et autre chose la vérité des arguments utilisés pour l’établir. 

3) L’Histoire nous apprend que des papes et  des conciles ont soutenu des thèses jugées ensuite fausses. Ainsi, le concile de Florence (1439) a enseigné que la matière du sacrement de l’ordre était la porrection [la remise à l’ordinant] de la patène et du calice, ce que Pie XII a invalidé en affirmant de façon définitive que la matière du sacrement de l’ordre était l’imposition des mains.  Le sédévacantisme est le pur produit d’un syllogisme, d’un hiatus intellectuel, d’une méthode argumentaire schizophrénique.

De plus, il ne faut jamais l’oublier, le jugement des fidèles constatant que les Papes soutiennent l’erreur, pour être éventuellement juste, ne peut cependant avoir force d’autorité canonique pour destituer ou déposer des Papes qui professent l’hérésie. Tout le problème est là. Les sédévacantistes excèdent par leur attitude leur capacité légale en tant que membres de l’Église et finalement, en s’écartant de la Rome conciliaire par leur jugement subjectif personnel, se font protestants en croyant demeurer catholiques. Il faut donc, d’obligation certaine, pour éviter cette situation schismatique, rejeter l’hérésie, mais reconnaître le Pape quel qu’il soit, tant qu’il n’est pas déposé, non dans ce qu’il enseigne d’évidemment hérétique, mais dans ce qu’il représente comme successeur légitime, même très indigne, de Pierre.

Ainsi donc, bien que le constat des sédévacantistes soit juste lorsqu’ils pointent du doigt les dégâts occasionnés par Vatican II, leur logique est cependant faussée et leur solution inexacte, car sortir de l’Église et s’en écarter en établissant des hiérarchies parallèles, en ne reconnaissant plus le Pape comme légitime successeur de Pierre, est une erreur absolue doublée d’une faute gravissime, car c’est abandonner l’épouse mystique du Christ aux brigands.

V. Sans la monarchie romaine, il n’y a plus d’Église

La monarchie romaine fonde, fait et établit l’Église, et nul ne peut de sa propre volonté, du haut d’un imaginaire tribunal surgi de son jugement subjectif de simple laïc, voire de prêtre, d’évêque ou même de cardinal, décider de son propre chef de ne plus reconnaître le Souverain Pontife. Rien ne dépasse en valeur la nécessité, par économie de suppléance vitale, de préserver absolument l’institution pontificale, et d’autant plus en temps de crise extrême telle que nous la connaissons aujourd’hui, car une cessation de la visibilité de la charge pétrinienne conduirait à un mal plus grand encore, facteur d’une destruction certaine de l’Église.

Or, une interrogation suit immédiatement ce que nous venons d’affirmer : cette monarchie, à la faveur du dernier concile, a-t-elle disparue, a-t-elle été abrogée, détruite, modifiée ? La réponse est NON ! Vatican II n’a pas touché à la Papauté. Dès lors, si la fonction est intacte, si rien n’a été modifié, perverti des éléments de la charge pontificale, œuvrons et prions pour que surgisse, à la faveur de la divine Providence, un bon Pape, qui luttera contre les hérésies et restaurera dans toute sa splendeur la Foi de l’Eglise !

Conclusion

Nous le voyons, l’affirmation hâtive de la thèse sédévacantiste ne permet pas de résoudre une interrogation majeure et centrale, celle de savoir comment l’Église pourrait continuer d’exister sans un pape à sa tête … Si l’on suit la conviction des partisans de la vacance du Saint-Siège, l’Église n’existerait plus. Mais dès lors qu’il y a l’Église, et Église il y a, il y bien un Pape qui la gouverne.

Il n’y a donc au fond qu’une seule question à poser aux sédévacantistes, qui est celle-ci :

Pensez-vous que le Christ soit un menteur, un fabulateur, ou un ignorant lorsqu’Il déclara que les Portes de l’Hadès ne prévaudront jamais contre l’Eglise (Mt 16.18) ?

On le constate ainsi avec effroi, l’implicite du sédévacantisme, c’est que Notre Seigneur Jésus-Christ nous aurait menti en déclarant que les Portes de l’Hadès ne prévaudront jamais contre l’Eglise … Ainsi, au fallacieux prétexte de défendre la Tradition, le sédévacantisme rejette la parole de Notre Seigneur, collabore à la destruction de la Chaire de l’Apôtre Pierre, et par elle à celle de l’Eglise, niant l’assistance permanente de Jésus-Christ auprès de son Épouse mystique «Voici que Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.»

Le sédévacantisme est donc un péché mortel !

Sur cette question, voir l’excellente réponse donnée par Mgr Athanasius Schneider : Sur la question d’un pape hérétique, et cet article dont nous nous sommes inspiré. 

 

  1. Voir ici, à la 14’14 []
  2. voir ici à partir de 1 h 31′ []
  3. Adrien Aubazit cite là-contre un extrait de Sacramentum ordinis en lequel le pape Pie XII affirme que l’imposition des mains a toujours fait partie du rite d’ordination des Grecs, sans apparemment se rendre compte que le Pape cite là un argument justifiant sa décision de rejeter l’enseignement précédent de l’Eglise, car “même si à un moment la porrection a été nécessaire pour la validité de par la volonté et le précepte de l’Eglise (…) Nous décidons et décrétons : la matière, et la seule, des ordres sacrés du diaconat, du presbytérat et de l’épiscopat est l’imposition des mains”, enseignement qui relève si peu de l’ordre pratique, comme veut le croire A. Aubazit, qu’il a suffi au Pape Léon XIII pour déclarer nulle la succession apostolique de la Communion anglicane !  []