Savoir mourir 1/2


Le CHRIST JESUS est venu donner sa Vie en rançon pour la multitude (Mt 20.28). JESUS est allé librement au devant de la mort, la preuve en est qu’Il l’a anticipée la veille en instituant l’Eucharistie, le rite par lequel Il continue à donner sa vie…

Jésus est allé librement au devant de la mort, et Il l’a vaincue ! Il l’a vaincue en l’obligeant à servir Son dessein de révéler la victoire de l’Amour. Il en a fait le moyen de donner sa vie, c’est à dire d’aimer jusqu’au bout, en acte et en vérité ! «Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour qui l’on aime. » Jésus a ainsi amené l’Amour à la victoire ! Depuis la mort du Christ, la mort n’est plus la fin de tout, mais elle est devenue, pour le chrétien, l’occasion d’offrir notre vie à DIEU ! Et qui, plus que Dieu, est digne de la recevoir ? Et c’est même le seul moyen de sauver sa vie que de la donner à Dieu, car Dieu seul est capable de nous la garder pour l’éternité ! Tout ce qui n’est pas offert à Dieu sera perdu…

Aussi tout chrétien digne de ce nom devrait “savoir mourir”. Mais, chose curieuse, on s’imagine communément que l’on saura mourir sans l’avoir jamais appris… Combien même fuient la pensée de la mort ? C’est pourtant la seule chose dont nous pouvons être certains qu’elle arrivera, mais encore, de l’acceptation de la mort dépend pour l’âme fidèle l’éloignement des vanités, et le sérieux de la vie intérieure… et même, la capacité de goûter, déjà, aux joies du Paradis ! Ce qui conduisait S. Paul à s’écrier : «Mourir est pour moi un gain. » (Ph. 1.21).

La mort n’est pas l’horrible chose que l’on imagine. Quand on n’y voit qu’atrocité : la maladie, les contractions, le visage hideux, les râles, les affres de l’agonie… c’est vrai que c’est répugnant et que c’est effrayant. Mais c’est parce qu’on regarde la mort à l’envers ! Un disciple du Christ la regarde à l’endroit. Il y voit : la fin de l’exil, la fin de toute possibilité de pécher –et pour qui aime Dieu, quelle consolation !, les bras du Christ ouverts, et… Son sourire ! Voilà qui est beau, enviable, enthousiasmant !

Pour celui qui aime vraiment Jésus, la mort est devenue le plus beau jour de la vie… C’est l’heure où il va enfin voir Dieu, Lui, la Source et la Plénitude de notre vie et de toute joie, de tout bien, le moment où il va recevoir enfin la révélation de ce que son existence avait de caché dans le Christ. La nature divine, dont il est devenu participant au jour de son baptême, et qui l’a envahi de plus en plus à chaque messe, à chaque communion, à chaque vraie prière ou acte de vertu, va alors apparaître dans toute sa splendeur.

C’est parce que les hommes ne pensent pas à la vie éternelle que leur vie d’ici-bas est misérable ou triste, et qu’ils finissent par la perdre ! Mais pour qui va rejoindre Le Seigneur, Lui qui nous a aimés jusqu’à en mourir, quel bonheur ! Nous qui professons à chaque Credo : «Je crois à la vie éternelle», prenons cette parole au sérieux, et regardons la mort pour ce qu’elle est : la naissance à la vie éternelle. De même un petit enfant, lorsqu’il nait à la vie de ce monde, et meurt à sa vie intra-utérine, de même lorsque nous mourrons à cette vie du temps, nous naîtrons à la vraie vie, celle qui ne passe pas, la vie éternelle et c’est pourquoi Saint Paul nous demande de ne pas être tristes devant la mort comme ceux qui n’ont pas d’espérance (1.Tes:4,13).

Il y en a cependant qui repoussent l’idée de la mort comme étant désagréable et décourageante et s’imaginent qu’il leur suffira d’y réfléchir le moment venu et qu’à cette heure là ils auront lumière et grâce pour s’y disposer. Ainsi ils se préparent une bien amère désillusion car on n’improvise pas sa mort, on meurt comme on a vécu. L’arbre tombe du côté où il penche. De tous les actes que nous avons à faire, mourir demande la préparation la plus soignée. Quelle liberté d’esprit aurons-nous au moment de notre mort ? Aurons-nous le temps de penser ou de nous rappeler les grandes vérités de notre foi concernant notre union au Christ ? Si nous n’avons pas acquis par une longue habitude de regarder la mort comme un grand bienfait surnaturelle, ce ne sera pas notre foi qui réagira, devant le fait toujours brutal de notre fin  mais notre nature qui manifestera violemment ses répugnances et nous ferons alors une mort banale, sans vertu, sans énergie, sans acceptation généreuse et nous perdrons la joie éternelle de nous être offerts à Dieu, ce don de nous-mêmes que nous aurions eu tant de joie à offrir si nous nous  y étions bien préparés.

Veillez et priez sans cesse, disait Jésus, car vous ne savez ni le jour ni l’heure (Mat:25.13)

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