Afin de se donner une légitimité incontestable, parce que divine, l’islam se prétend héritier de la Révélation hébréo-chrétienne. Il serait la descendance d’Ismaël comme Israël serait la descendance d’Isaac, tous deux étant les fils d’Abraham, le père des croyants, avec qui Dieu fit alliance. Voyons ce que vaut cet argument, sachant que les textes de l’Ancien Testament ont un langage symbolique qui transcende leur vérité historique.

Abraham avait déjà atteint l’âge de cent ans (Gn 21.5) et sa femme Sarah, âgée de quatre-vingt-dix ans, était stérile (Gn 11.30). C’est dire si leur espoir de survie, consistant à se perpétuer grâce à leur descendance, était désespéré. Aussi la promesse que leur fit Dieu d’une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et les grains de sable au bord de la mer (Gn 12.2 ; 15.5 ; 17.4 ; 22.17 ; 26.4), était-elle aussi merveilleuse que naturellement incroyable, de sorte qu’Abraham, qui crut néanmoins à cette promesse, non seulement permit qu’elle se réalisât, mais acquit aux yeux de Dieu le mérite de la Foi (Gn 15.6) et devint le « père des croyants » (Gn 17.5). Mais avant cela, comme le temps passait, et pressait, parce que Sarah ne tombait pas enceinte, elle crut bien faire que d’inviter son mari à se donner une postérité — au moins lui ! — avec leur esclave Agar. Et c’est ainsi que fut conçu Ismaël, qui n’est donc le fruit de l’union d’Abraham et de Sarah, mais de leur doute au sujet de la promesse divine (Gn 12.2 ; 15.2-6 ; 16.2). Et même si la chose était acceptée à l’époque, Ismaël n’a pas été conçu dans la sainteté du mariage monogame, seul donné par Dieu à l’origine de l’humanité (Gn 16.2 ; Mt 19.1-9). Il représente en cela la descendance charnelle d’Abraham, et à ce titre, aussi les descendants d’Isaac qui refusent d’être engendrés à la vie de l’Esprit donné par la foi en Jésus, le Messie (Mt 11.16 ; 24.34 ; Jn 8.58 ; Ga 4.21-31 ; 2 P 2.12). Mais voilà que Dieu, qui tient toujours parole, donna à Sarah d’être enceinte. Son fils, Isaac (Gn 21.1-3), figure la descendance spirituelle d’Abraham, engendrée, comme lui, par la foi en la Promesse divine. Si Isaac et Ismaël sont issus d’unions différentes, ils partagent cependant personnellement la même humanité, soumise au péché et privée de la vie éternelle. La différence entre eux vient non seulement de ce que seul Isaac est le fruit d’un mariage légitime, et qu’Ismaël, né d’une esclave, porte en lui cette infamie, mais encore de ce que Issac est né miraculeusement. Or, que figurait cette conception miraculeuse d’Isaac, sinon la conception miraculeuse du Christ (Lc 1.26-38), qu’elle annonçait et préparait ainsi à reconnaître ? La naissance miraculeuse du Christ a permis celle des chrétiens, qui ne se rattachent ni à Isaac ni à Ismaël, mais à la foi d’Abraham (Gn 18.18 ; Jn 8.56 ; Ga 4.21-31). Ils sont sa vraie descendance (Gn 12.3 ; Lc 19.9 ; Mt 28.19), catholique, c’est-à-dire universelle, ouverte à l’ensemble de l’humanité, et non pas propre à une seule race, qu’elle soit hébraïque ou arabe, et parce qu’ils vivent de la vraie vie, la vie divine, éternelle, reçue par leur renaissance de l’eau et de l’Esprit, qu’est le baptême (Jn 3.5-8) !

 

I. L’identification de l’islam à Ismaël, ou à la nation arabe, (copie du rapport du judaïsme à Isaac) contredit la prétention à l’universalité plagiée du christianisme, aussi vrai que tous les musulmans ne sont pas arabes, ni tous les Arabes, musulmans.

 

Aussi, lorsque pour refuser la foi chrétienne, l’islam prétend que la promesse divine ne concernait pas Isaac, mais Ismaël, il ne se rend pas compte que sa rivalité mimétique avec le judaïsme le prive de l’héritage des vrais enfants d’Abraham, en lequel on entre non par une conception charnelle, mais par la renaissance à la vie de l’Esprit donné dans le baptême. « Nul, à moins de renaître de l’eau et de l’Esprit ne peut entrer dans le Royaume de Dieu, dit Jésus (Jn 1.12-13 ; 3.5) ». N’entrent au Paradis que ceux qui le veulent, non ceux qui sont nés ici ou là. Dieu nous a créés sans nous, mais Il ne veut pas nous sauver sans nous. Il y a une porte pour entrer au Paradis, et c’est le Christ (Jn 10.9), mort pour expier nos péchés et ressuscité pour nous ouvrir les portes de la vie éternelle. Celui qui passe par une autre voie n’y entrera pas (Jn 10.1 ;14.6). C’est ainsi que l’islam, représenté par Ismaël, est rayé de la descendance d’Abraham par Allah lui-même (6.84 ; 19.49), en écho à l’Écriture Sainte disant : « Chasse l’esclave et son fils, car le fils de l’esclave ne saurait hériter avec le fils de la femme libre. (Gn 21.10 ; Ga 4.30) » Le destin de l’islam, est donc le destin des vaincus (Jg 8.24 ; Ps 83.2,6). C’est pourquoi Dieu ne reconnaissait point d’autre fils à Abraham qu’Isaac : « ‘Prends ton fils, ton unique, que tu chéris, Isaac (Gn 22.2,12,16 ; Jos 24.3-4)’ ». Il ne reconnaît pas Ismaël (Gn 15.4) parce que c’est avec la descendance d’Isaac qu’Il a promis d’établir l’alliance perpétuelle (Gn 17.7-8,19-21 ; 21.9,12 ; Lv 26.42), et non avec celle d’Ismaël, et cette descendance, comme je l’ai dit, c’est le Christ, et en Lui, les chrétiens. C’est pourquoi les Ismaélites n’ont jamais eu de prophètes. En effet, le salut vient des Juifs, rappelle Jésus (Jn 4.22). Comment dès lors l’islam, voulant s’identifier au peuple arabe comme le judaïsme prétend s’identifier au peuple hébreu, comment l’islam peut-il prétendre succéder à Moïse, David, les Prophètes et Jésus (Coran 4.163 ; 61.6 ; 27.167-171), tous descendants de la lignée d’Isaac, et se trouver lui-même séparé de cette généalogie par sa descendance, revendiquée, d’Ismaël ? Sans compter que le père d’Abraham était chaldéen (Gn 11.28,31) et sa mère égyptienne (Gn 16.1), et n’étaient donc pas arabes. Les Ismaélites existaient bien avant la naissance d’Ismaël, loin de la péninsule arabique (Gn 37.25 ; Jg 8.24 ; Ps 83.6), en sorte qu’il n’y a jamais eu d’Arabes prétendant descendre d’Ismaël avant le VIIe siècle … Pourquoi les noms d’Abraham, d’Ismaël ou d’Agar n’ont-ils jamais été portés par les Arabes avant la venue de l’islam ? « II n’existe aucune trace de l’utilisation de ces noms bibliques avant l’islam dans l’onomastique. Par voie de conséquence, on peut en déduire que la société arabe n’avait, avant la prédication islamique, aucune conscience d’un rattachement quelconque à Abraham par Ismaël. (René Dagorn, La geste d’Ismaël d’après l’onomastique et la tradition arabes, Genève, Droz, 1981, p.44 & 49) » Le Coran n’établit pas l’ascendance des Arabes en Ismaël ; ce sont les sira qui l’ont fait quelques deux cents ans après la date présumée de la mort de Mahomet. Mais quand bien même les Arabes seraient-ils descendants d’Ismaël, que cette filiation devrait les embarrasser, car si le judaïsme se réclamant de la descendance charnelle d’Abraham s’en contente (oubliant au passage que ni l’ascendance de Moïse (Ex 2.22) ni celle de David (Rt 1+) ne sont juives), l’islam ne peut que voir sa prétention à l’universalité être contredite par son identification à une race … Cette généalogie pointe en fait une origine non arabe de l’islam, une origine judaïque. La rivalité mimétique, et la confusion entre race et religion qui s’en suit, servent-elles réellement à justifier l’existence de l’islam ?

 

II. L’identification de l’islam à Ismaël n’a rien de glorieux, puisqu’Ismaël, issu de la chair, symbolise la génération pécheresse d’Abraham opposée à la génération charnelle, mais miraculeuse, d’Isaac, prophétie de celle du Christ, en qui tous les hommes sont appelés à devenir enfants de Dieu …

 

Bien que l’Écriture présente l’Arabe comme l’embusqué près des chemins du désert (Jr 3.2), et compte les Ismaélites au nombre des ennemis de Dieu (Ps 83.6) les musulmans prétendent encore trouver l’annonce de l’islam dans la promesse que Dieu a faite à Ismaël d’être « une grande nation. (Gn 21.18) » Or cette promesse est d’ordre purement temporel, terrestre, et n’a rien de spirituel. Elle relève de la logique exprimée par Jésus lorsqu’Il annonce que tout sera donné par surcroît à celui qui cherche Dieu et sa justice (Mt 6.33). Ainsi, parce que Dieu a comblé Abraham de dons spirituels, Il lui donne aussi des biens naturels en surabondance et témoignage de ceux-ci. Mais vouloir être « une grande nation » ici-bas, qu’est-ce d’autre, sinon partager l’ambition des potentats et malfrats de ce monde ? Jésus dit explicitement à Pilate : « Mon royaume n’est pas de ce monde (Jn 18.36) », montrant bien par là qu’Il n’est pas venu donner des biens temporels. Mais l’islam veut régner en ce monde (Coran 2.191,193 ; 4.89,91 ;8.39 ; 6.45 ; 9.5,30,33,36,73,111,123 ; 33.60-62 ; 47.4 ; 66.9). Est-ce que ces mots de saint Jacques ne s’adressent pas aussi aux musulmans : « Si vous avez au cœur une amère jalousie et un esprit de chicane (Coran 60.4), ne vous vantez pas, ne mentez pas contre la vérité [en disant par exemple que vous êtes la meilleure communauté. (Coran 3.110)]. Pareille sagesse ne vient pas de Dieu : elle est terrestre, animale, démoniaque. Car, où il y a jalousie et chicane (Coran 2.193 ; 9.28-31 ; 60.4), il y a désordre et toutes sortes de mauvaises actions. Tandis que la sagesse d’en haut est tout d’abord pure, puis pacifique, indulgente, bienveillante, pleine de pitié et de bons fruits, sans partialité, sans hypocrisie. Un fruit de justice est semé dans la paix pour ceux qui produisent la paix. (Jc 3.14-18) » A quoi cela sert-il, disait encore Jésus, de gagner même le monde entier, si c’est au prix de son âme ? (Lc 9.25)

 

Reste que le livre de la Genèse a bien annoncé l’islam en décrivant Ismaël comme « un onagre d’homme, sa main contre tous et la main de tous contre lui (Gn 16.12) », c’est-à-dire comme un ennemi du genre humain, à la solde du Diable.

Qui peut venir en effet APRES le Christ, sinon l’Antichrist ? Ga 4.22-31.