N.B. : Les chiffres placés entre parenthèses (…) désignent une citation coranique, dont le premier chiffre, suivi d’un point, indique le numéro de la sourate et le suivant, celui du verset. Lorsque le premier chiffre est précédé d’une abréviation lexicale, la citation est tirée de la Bible, et lorsqu’il est précédé d’un seule lettre majuscule, il indique un article d’un des vingt six chapitres de cette série “Réponses aux musulmans”.

— 1 « Puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu, alors nous avons tous le même. Après tout, nos différences ne peuvent être que secondaires à côté de l’essentiel qui est de reconnaître l’existence et l’unicité de Dieu (Cf. 14.52) ». Tel est le discours que l’on retrouve même dans la bouche de certains chrétiens. Ce propos est typique de la croyance musulmane (29.46), qui réduit la Révélation divine à la seule affirmation de l’existence et de l’unicité de Dieu. Or, nul besoin d’une révélation divine pour comprendre que Dieu existe et qu’Il est unique : la raison humaine y suffit (Rm 1.18-20 ; voir B 2). Par contre, ce à quoi la raison humaine ne peut atteindre par ses propres forces est à la connaissance que Dieu a de Lui-même, et de Sa volonté. Aussi vrai que « la bouche parle de l’abondance du cœur (Lc 6.45) », raison pour laquelle on ne peut juger quelqu’un avant de l’avoir entendu (Jn 7.51), Dieu a parlé pour Se faire connaître… par la foi en Sa Parole. La Foi n’est ni philosophie, ni croyance, mais écoute, confiance et obéissance à la Parole de Dieu. Or, puisque chrétiens et musulmans ne se réfèrent pas à la même révélation, comment auraient-ils le même Dieu ? Le même Dieu aurait-Il deux paroles, comme les pécheurs (Ps 12.3), ou bien une seule, comme les gens d’honneur (Mt 5.37) ?

— 2 Si connaître Dieu implique de croire en Sa parole, chrétiens et musulmans, n’écoutant pas la même Parole, n’ont donc pas non plus la même connaissance de Dieu, ni n’adorent en conséquence le même Dieu. La vertu de religion n’est pas celle de la Foi. L’expression de la religiosité naturelle n’est pas nécessairement motivée, informée par la Foi, laquelle « naît de la prédication, et la prédication est celle de la Parole du Christ (Rm 10.17) ». Autrement dit, la Foi, peut-elle être autrement que chrétienne ?

— 3 Chrétiens et musulmans adorent Dieu, créateur, providence, rémunérateur de ceux qui Le cherchent, juge des pécheurs, mais n’adorent pourtant pas le même et unique Dieu. Allah est en effet un être solitaire. Parce qu’Allah est, et qu’il est un, il monopolise la totalité de l’être : il est donc seul à être… raison pour laquelle il n’entretient de relation avec personne. Allah est aussi impersonnel qu’inconnaissable (2.255 ; 6.50,103 ; 7.188 ; 11.31 ; 20.110 ; 27.65 ; 72.26). Ce n’est pas sans raison que le mot personne n’existe pas dans la langue de la révélation coranique venue nier la foi en l’incarnation de la deuxième personne de la Sainte Trinité. En islam, comme dans une fourmilière ou une société socialiste où les gens n’ont pas de valeur en eux-mêmes, mais seulement au bénéfice du groupe, il n’y a que des individus, pas des personnes, images du Dieu personnel. Le rejet de la personne s’exprime en islam dans l’interdiction de la figuration, mais aussi pour les femmes dans celle de montrer leur visage, reflet de leur âme… ce que savent aussi très bien cacher les bandits et autres racailles. A la différence d’Allah, le Dieu chrétien est un être de relation, comme déjà Il l’avait signifié dans l’Ancien Testament en Se nommant le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob (Ex 3.6,15,16 ; 4.5 ; 1 R 18.36 ; 1 Ch 29.18 ; 2 Ch 30.6 ; Mt 22.32), et comme la foi en la Sainte Trinité le dit explicitement. Le Dieu chrétien est en Lui-même relations : le Père n’est Père qu’en relation avec le Fils, avec qui Il est le même et unique Dieu, et ainsi pour chaque personne qui ne se distingue des deux autres que par sa relation avec elles, étant ensemble et chacune l’essence divine elle-même (Voir H 6,13). Dans le christianisme, Dieu est Un parce qu’Il est Communion de Personnes, Famille, Trinité, Amour, et que seul l’amour unit, unifie, rend un ceux qui s’aiment… C’est pourquoi le Dieu Unique et Trine attend de nous vis-à-vis de Lui et entre nous, un amour total (Dt 6.5) en écho à notre création et à notre rédemption. Pourrait-il y avoir un Dieu plus vrai que celui-là ?

— 4 Les chrétiens, en recevant le don de l’Esprit-Saint, l’Esprit de Dieu, participent à la connaissance que Dieu a de Lui-même, et ont ainsi la vie éternelle (Jn 10.28 ; 14.17,26 ; 15.26 ; 16.13 ; Ac 2.33 ; Rm 8.2,9,13,14,16,26 ; 1 Co 2.10-14 ;12.3 ; Ga 6.8 ; Tt 3.5 ; 1 P 1.2 ; 1 Jn 5.13,20). Toutes choses m’ont été données par mon Père ; personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père et personne ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils a voulu le révéler (Mt 11.27). À l’inverse, pour l’islam, les êtres des cieux et de la terre ne connaissent pas l’insondable mais Allah seul le connaît (27.65). Tout ce que les musulmans savent d’Allah, c’est qu’ils ne le connaîtront jamais (6.59). Dès lors, pourquoi s’intéresser à lui ?

— 5 Parce qu’Allah restera à jamais inconnaissable (2.255 ; 6.50 ; 7.188 ; 11.31 ; 20.110 ; 27.65 ; 72.26), le musulman doit renoncer à l’usage de sa raison devant la révélation coranique. Le Dieu chrétien, au contraire, bien que restant toujours au-delà de tout, a néanmoins daigné Se révéler jusqu’à Se rendre visible en Jésus. Aussi, l’homme peut-il, à sa mesure, et avec l’aide de l’Esprit-Saint, réellement participer à la connaissance que Dieu a de Lui-même (Jn 14.7 ; 17.3,22,24,26). Le mystère est pour le chrétien non pas quelque chose d’impénétrable, mais quelque chose d’infiniment pénétrable. Alors que le musulman reste hors du Mystère, le chrétien y pénètre, et ne cessera jamais, émerveillé, de le découvrir (Jn 14.6 ; Mt 11.27). Pourquoi le fait que Dieu soit grand, comme le soulignent les musulmans, ou plutôt qu’Il soit ce qu’Il est, devrait-il L’empêcher de Se donner à connaître ? Y aurait-il quelque chose d’impossible à Dieu (Lc 1.37) ?

— 6 Allah ne veut pas que tous les hommes croient (10.99) et soient donc sauvés, à la différence du Dieu chrétien, qui, Lui, « veut que tous les hommes parviennent à la connaissance de la vérité et puissent ainsi être sauvés (1 Tm 2.4) ». « Si Allah le voulait, les chrétiens ne seraient pas associateurs ! (6.107 ; voir C) ». Alors que dans le christianisme, Dieu laisse les hommes libres de L’adorer ou non, de se sauver ou de se damner, Allah a créé des hommes pécheurs pour pouvoir les maudire et les jeter en enfer (9.30,111 ; 48.6). Le vrai Dieu peut-il créer pour l’Enfer ? Quel sens cela aurait-il pour lui ? « Nous avons créé beaucoup de djins* et d’humains pour l’Enfer (7.179,186 ») ; « Certes, si nous l’avions voulu, nous aurions mis chaque âme dans la bonne direction. Mais ma décision de remplir l’Enfer de djins et d’hommes ensemble doit s’accomplir (32.13) » ; « C’est pour cela qu’il les a créés. La parole de ton Seigneur s’accomplit : “Je remplirai l’Enfer de tous les djins et les humains” (11.119) » ; « Puisse l’homme périr ! (80.17) » ; « Dis : “Qui vous protégera d’Allah, s’il vous veut du mal ?’’ (33.17) ». Comment vivre avec un dieu qui vous a peut-être créé, vous, pour aller rôtir en Enfer ? Peut-on aimer un tel dieu ?

— 7 ‘Dis : “Qui pourrait quelque chose contre Allah s’il voulait tuer le Messie*, fils de Marie, ainsi que sa mère et tous ceux qui sont sur la terre ?” (5.17)’. Qui parle dans ce verset où s’exprime si bien la haine pharisaïque ayant mis Jésus en Croix et au défi d’y donner la preuve de Sa divinité (Mt 27.39-44) ? Tuer le Messie, Sa Mère, et toute l’humanité, est-ce une idée conforme à celle du Dieu créateur et sauveur révélé par la Bible ?

— 8 « Allah fait ce qu’il veut ! (14.27) » si bien qu’il est sans lien avec la rationalité, la vérité ou le bien : il châtie qui il veut et pardonne à qui il veut (5.40). Il n’est pas même tenu de respecter sa propre parole par laquelle il demande d’être musulman (3.19,80,85 ; 27.91 ; 39.12) : « Nous avons enjolivé [aux yeux] de chaque communauté sa propre action. Ensuite, à leur retour vers leur Seigneur, nous les informerons de ce qu’ils faisaient (6.108) ». Allah trompe les hommes pour ensuite leur révéler leur erreur… Quel sens cela peut-il y avoir, même pour un dieu, d’agir ainsi ? Et comment la soumission à l’arbitraire pourrait-elle s’accorder à la dignité des créatures raisonnables ? L’islam exige une soumission totalement aveugle (40.35), où l’examen critique est regardé comme attentatoire à l’inviolabilité du Mystère divin, fauteur de dissension (3.7), en sorte que ses auteurs doivent être châtiés (5.32-33). Tandis que Jésus nous donne Son Esprit pour qu’Il nous introduise dans la Vérité tout entière (Jn 15.15 ; 16.13), Allah assujettit le musulman à l’ignorance : « Ô vous qui avez cru ! Ne posez pas de questions sur certains sujets, cela pourrait vous causer du tort (5.101) ». Dans le christianisme, ceux qui vont en Enfer (Lc 13.24) ne peuvent pas accuser Dieu de leur malheur, mais uniquement eux-mêmes de n’avoir pas voulu ouvrir « leur cœur à l’amour de la vérité qui les eût sauvés (2 Th 2.10) ». Seront sauvés ceux qui auront accueilli le Sauveur et reçu le baptême, et seront logiquement damnés ceux qui auront refusé de croire à la Bonne Nouvelle de leur salut (Mc 16.16 ; Jn 3.18). Quant à ceux qui meurent sans avoir connu le Christ et n’auront donc pas pu se déterminer par rapport à Lui, ils seront jugés d’après la fidélité de leur conscience à la Vérité telle qu’ils pouvaient la connaître (Mt 25.31+, Rm 2.14-15. Cf. 1 Co 10.1-4). Trouve-t-on ailleurs une telle reconnaissance de la grandeur de l’homme à qui Dieu a donné la liberté ?

— 9 Le Dieu du christianisme, même s’Il est infiniment au-delà de ce que peut en comprendre l’entendement humain, est cependant reconnu parfaitement juste et donc logique, rationnel, raisonnable. C’est cette foi dans le Logos (la raison) du Dieu-Créateur qui a permis à la science de se développer en Occident. La raison, qui nous spécifie, vient de Lui, elle n’est donc pas sans lien avec ce qu’Il est et s’Il nous a donné de désirer connaître la vérité, ce n’est pas pour autre chose que pour que nous la connaissions ! Sinon, Dieu serait un mauvais génie qui se serait moqué de nous. En vérité, Dieu ne fait rien sans raison (Jr 9.24), Il n’agit pas comme un fou, mais Il a « tout réglé avec nombre, poids et mesure (Sg 11.20) ». Si donc le monde n’est pas absurde ou incohérent, en sorte que la science peut y découvrir les raisons ou lois que Dieu y a mises, qui le régissent et le rendent intelligible, serait-il possible que Dieu ne nous veuille pas à son image : raisonnables et capables de connaître la vérité (1 Tm 2.2), y compris sur Lui-même (1 Jn 5.20) ? Pourrait-Il avoir donné à sa créature, que nous sommes, une raison d’être plus désirable que celle de vivre en communion avec Lui ?

— 10 Allah est dit miséricordieux. Or, Allah ne peut être que condescendant, puisqu’à la différence du Dieu chrétien devenu homme, il ne peut traiter d’égal à égal, ressentir de la commisération pour les ignorants et les égarés (He 5.2). Sa miséricorde se révèle n’être en fait que complaisance pour les péchés des musulmans (8.58 ; 33.3-38 ; 66.1-5), à commencer par ceux de Mahomet (Voir Q 39). Alors que le Dieu chrétien lave nos péchés dans Son sang (Mt 26.28 ; Rm 3.25 ; Ep 1.7 ; Col 1.20 ; He 9.12,22 ; 13.12,20 ; 1 P 1.2,19 ; 1 Jn 1.7 ; Ap 1.5 ; 7.14), et nous vivifie par le don de Son Esprit (Lc 11.13 ; Jn 3.5 ; 4.24 ; 6.63 ; 7.39 ; 16.13 ; 20.22-23 ; Ac 1.8 ; 2.38 ; Rm 5.5), celui des musulmans leur commande de verser le sang des chrétiens sans relâche (3.152) … Le Dieu chrétien pardonne tout à qui se repent sincèrement (Mt 18.21-22), et s’Il ne pardonne pas le blasphème contre l’Esprit-Saint (Lc 12.10), c’est parce que ce péché est précisément celui de qui refuse d’être pardonné. Dans le christianisme, Dieu laisse les pécheurs en vie pour qu’ils se convertissent (Ez 18.23 ; Mc 1.15 ; Lc 13.6-9 ; 2 Tm 2.25 ; 2 P 3.9), mais Allah ne les laisse en vie que pour que s’accroisse leur châtiment éternel (3.178). Si Allah doit s’imposer d’être miséricordieux (6.12), n’est-ce pas alors que cette qualité lui est étrangère ?

— 11 Pour les musulmans, adorer Jésus-Christ est un acte parfait d’idolâtrie (3.59-62 ; 4.171 ; 5.116 ; 43.59). En considérant l’Incarnation indigne de Dieu, non seulement ils insultent le Créateur, qui devrait donc, selon eux, avoir honte de Sa création, mais encore, se jugeant ainsi eux-mêmes indignes de Dieu, ils se vouent au malheur éternel… Or, ce que Dieu a fait est très beau (cf. Gn 1.31), et Il n’en rougit pas ! L’Église sait bien que Dieu est en Lui-même absolument transcendant et donc incommunicable, mais elle croit aussi qu’Il nous aime au point, après nous avoir tout donné de ce que nous sommes et de ce que nous avons, de mettre le comble à Son Amour en Se donnant Lui-même ! Ce qu’Il a fait en et par Jésus, Sa Parole incarnée, l’image du Dieu invisible (Col 1.15). Dieu pourrait-Il faire quelque chose de plus beau ? Pourquoi ne pas croire que Dieu puisse faire ce qu’il y a de plus beau, et nous inviter à faire nous-aussi ce qu’il y a de plus beau, en aimant comme Jésus a aimé ? Nous aimons Dieu en aimant Jésus (Mt 10.40), et nous aimons Jésus en nous aimant les uns les autres (Mc 9.37 ; Mt 18.5 ; Jn 13.34 ; 15.12 ; Ep 4.32-5.8 ; 1 Jn 4.7,8,20,21). Pourrait-il y avoir un Dieu meilleur que celui-là ?

— 12 Il est courant d’entendre dire que judaïsme, christianisme et islam auraient ceci de commun d’être monothéistes. D’après cette conception, le dogme de la Trinité se rajouterait à celui de l’Unicité divine. Or, il ne se rajoute pas à celui de l’unicité divine mais en exprime l’essence ! En effet, la trinité des personnes et chacune d’entre elles sont l’Essence divine elle-même. La foi en la Trinité n’altère pas la reconnaissance de l’unité divine, mais en manifeste l’inconcevable profondeur et richesse, la vie, qui est communion. Pourquoi l’unicité serait-elle solitude, et non pas plénitude ? En Dieu, chaque personne est en chaque personne et toutes en chacune et chacune en toutes et toutes en toutes et toutes ne sont qu’un seul et même être (Saint Augustin, De Trinitate). Mystère de Dieu qui est Amour (1 Jn 4.8,16). Si l’islam reproche au christianisme de n’être pas monothéiste (112.1-4 ; 10.105 ; 109.1-6), n’est-ce pas parce qu’il refuse la révélation en Jésus de Dieu qui Amour ?

— 13 Jurer, c’est appeler un témoin digne de confiance à confirmer la vérité que l’on dit. Le serment est d’autant plus sacré que ce par qui ou par quoi l’on jure est plus grand. Or, Allah jure… par les anges (37.1), les vents (51.1), la mer agitée (52.6), l’étoile du matin (53.1), la plume (68.1), le soleil (91.1), le figuier et l’olivier (95.1), etc. Allah jure ! Non seulement il appelle à témoin des créatures muettes sorties de ses mains à qui il peut donc faire dire ce qu’il veut, mais encore, si Dieu est Un et s’Il est vérité, n’étant que vérité, Il ne peut mentir. Or si Allah peut mentir, quel musulman pourrait ne pas le faire ? Le mensonge peut-il être encore un péché en islam ? Manifestement non puisqu’Allah commande même de se parjurer (2.225 ; 66.2) … Certes, dans la Bible Dieu jure, mais ce n’est jamais par ce qui Lui est inférieur (He 6.13), par une créature muette ou menteuse. Lorsqu’au commencement de la Révélation Il appelle à témoin les cieux et la terre (Dt 4.26 ; 30.19), l’ensemble de la Création, c’est pour Se désigner comme Le Créateur et Maître de tout. Sa Révélation progressant Il va jurer encore plus explicitement par Lui-même (Is 45.23 ; Jr 22.5), par Sa vie (Ez 17.16,19), par Son Nom (Jr 44.26), par Sa Gloire (Ez 17.16 ; Is 45.23) ― qui est aussi celle de Jacob (Am 8.7), tant Il est vrai qu’Il veut Se donner (Jn 17.21-22). En utilisant cette convention juridique, Dieu affirme en un langage qui nous soit compréhensible, le caractère irrévocable de ses promesses et l’immuabilité de Sa volonté (He 6.17). Finalement, lorsqu’à rebours de toute règle de droit (Jn 8.13), Jésus Se désigne comme Son propre témoin, n’est-ce pas pour affirmer Sa divinité (Jn 8.14,18,24) ? Et lorsqu’Il nous commande de ne pas jurer (Mt 5.34-37), n’est-ce pas pour imiter le vrai Dieu, qui n’a pas besoin de jurer ?

— 14 La confession de la seule unicité de Dieu a logiquement conduit l’islam à déclarer qu’il n’y a pas d’autre principe qu’Allah, ni donc de distinction possible entre la cause première (la Volonté de Dieu) et les causes secondes (les volontés créées et les effets de toutes sortes de causes). De là vient pour l’islam l’impossibilité de reconnaître aux hommes autonomie et liberté. « Ton Seigneur crée et choisit ce qu’il souhaite. Ils n’ont pas le choix (28.68) ». L’engrenage totalitaire propre à toute société se voulant musulmane vient de cette conception totalitaire de Dieu. Seule la référence au Dieu qui est à la fois le même ET différent, unique et trine, est capable de fonder la vie sociale sur le respect à la fois de la liberté individuelle (Jr 18.7-10 ; Jc 2.12 ; 1 P 2.16) et des légitimes différences (voir H 5,11). Pourrait-il y avoir un meilleur fondement à l’unité, et donc à la paix et à la prospérité d’une société, que l’amour de la Sainte Trinité ? ≠

— 15 Il ne peut y avoir de Paradis que pour des créatures intelligentes, c’est-à-dire capables de connaître et aimer Dieu, qui est Esprit et Vérité (Jn 4.23 ; 17.3 ; 1 Jn 3.2). La connaissance ― réalité unique en son genre ― est assimilation de l’objet connu par le sujet connaissant, lequel devient ce qu’il connaît (co-naît). Mais l’islam, refusant la révélation chrétienne par laquelle Dieu Se donne à connaître (Jn 1.18 ; 14.9), refuse aussi toute assimilation possible entre Allah et le musulman (4.48). Allah est trop grand pour que l’homme le connaisse (2.255 ; 6.50,59 ; 7.188 ; 10.20 ; 11.31 ; 20.110 ; 27.65 ; 42.4). Mais si l’homme ne peut connaître Dieu, comment pourrait-il Le servir, et s’il ne peut Le servir, comment peut-il mériter son paradis ? C’est pourquoi le salut ne dépend en islam que de l’arbitraire d’Allah (4.88,143 ; 7.186 ; 13.27 ; 17.97 ; 35.8), et que son paradis est fait de plaisirs sensibles. Dans le christianisme, au contraire, Dieu Se donne à connaître : « Qui Me voit, voit le Père dit Jésus (Jn 14.9) ; Le connaître, Lui, le seul vrai Dieu, et Celui qu’Il a envoyé, Jésus-Christ, c’est cela la vie éternelle (Jn 17.3 ; Cf. 1 Jn 3.2) ». Le christianisme, par la révélation de Dieu qu’il communique, donne ainsi la vraie vie éternelle (Jn 17.3 ; Cf. 5.24 ; 6.40 ; 10.10), tandis que l’islam en interdit l’accès. Comment mieux dire l’antagonisme qui existe entre eux ?

— 16 Parce que l’islam se présente comme l’acte divin lui-même, niant la participation humaine dans la transmission de la Révélation divine, aucune des disciplines telles que la philosophie, la mystique, la dogmatique ou la métaphysique n’ont d’utilité pour penser le Dieu de l’islam, qui n’est pas pensable. C’est là une différence abyssale d’avec le christianisme, qui a accepté depuis toujours que le Dieu de Jésus-Christ et Sa Parole soient objets de pensée. Le christianisme a de ce fait développé une réelle science théologique nécessitant le concours critique de la raison à laquelle il a donné, en retour, des perspectives de réflexion jusqu’alors inconnues et illimitées. Que la science soit née en Occident où s’est opérée la rencontre entre la foi chrétienne et la raison développée en Grèce, n’est-ce pas une preuve de la bonté et donc de la vérité de la foi chrétienne ?

— 17 Puisque le dieu musulman est, et qu’il est unique, il monopolise donc la totalité de l’être, il est nécessairement seul à être. Parce qu’Allah n’a rien de commun avec nous, il n’a pas non plus l’être , ou alors c’est nous et le monde qui ne l’avons pas… Le procédé de l’analogie s’appuyant sur la notion d’être — qui s’applique aussi bien à Dieu qu’à tout ce qui participe de Lui — est refusé au nom de la différence absolue d’Allah. Le raisonnement par analogie n’est utilisé en islam que dans le cadre défini de sa législation. Il ne consiste qu’à transférer une règle stipulée à propos d’un élément particulier à un autre élément particulier dont les textes n’ont encore rien dit, mais qui contient ce qui justifie la règle. En aucun cas il ne permet de réfléchir au mystère de Dieu et de ses œuvres. L’islam ne peut pas penser Dieu, dont il ne connaît pas même le nom, JE SUIS (YHWH, Ex 3.14), revendiqué par Jésus (Jn 8.24,28,58 ; 13.19). Parce qu’il lui manque le lien permettant de penser Dieu ET le monde, chaque être, et le monde, sont imaginés comme créés à chaque instant, sans lien avec l’instant précédent, de crainte que l’existence d’un autre être qu’Allah ne menace la sienne. C’est ainsi que la science, basée sur la stabilité des lois de la nature, n’a jamais pu se développer en Islam. L’homme ET la femme n’étant pas créés à l’image de Dieu (cf. Gn 1.27) n’ont aucun rapport ontologique avec Lui d’où ils tireraient leur dignité. N’ayant pas de stabilité dans l’être, ils n’ont pas non plus de droits (voir W 22). Les individus n’ont de droits que selon la loi coranique, le Coran s’identifiant à l’acte créateur. L’altérité est donc impensable, elle est une anomalie incompréhensible, le mal. Le non-musulman est un non-sens absolu qui doit être éliminé (voir S 2), comme la femme n’est qu’un mal nécessaire. Le cri de rage de tous les antichrists se fait entendre : Plutôt rien que quelque chose ! Mais le fait que nous existons, n’est-ce pas la preuve qu’Allah n’est pas le vrai Dieu ?

— 18 À la différence du Dieu chrétien, Allah révèle seulement sa volonté, pas son être. Il n’engendre pas et il n’est pas engendré (112.3), c’est pourquoi ni ne se veut, ni ne se connaît, ni il s’aime. N’ayant en lui ni relations, ni personnes, ni identité, il est d’une pauvreté métaphysique qui ne lui permet pas d’action en lui-même. N’ayant pas d’actes réflexifs, il ne peut ni se penser, ni se dire, ni donc être esprit. Allah n’existe qu’en tant que commandement. Il est essentiellement discrimination entre musulmans et non-musulmans, ces derniers étant assimilés au mal (2.190-193 ; 3.32 ; 8.22,55 ; 9.5,28,29,123 ; 22.38 ; 30.45 ; 42.40 ; 98.6). Et comme Allah n’ayant pas d’être ne peut non plus accomplir la volonté qu’on lui prête, pas même détruire le mal, il faut que ce soit ses esclaves qui le fassent pour lui. L’obéissance aveugle des musulmans a-t-elle une autre fonction que de cacher à leurs yeux l’inexistence d’Allah ?

— 19 Le Dieu du Coran porte en lui l’empreinte du gnosticisme pour lequel le monde est une réalité mauvaise. Si pour le gnosticisme le mal est identifié à la matière, pour l’islam le mal est identifié au non-musulman. Tous deux se posent en détenteurs exclusifs des révélations antérieures. De même que le Jésus gnostique et le Jésus coranique ne sont pas le Jésus chrétien, de même celui qui est appelé Dieu dans le Coran n’est pas le Dieu de la Bible. Que lui manque-t-il pour qu’il le soit ? Il lui manque l’amour, dont la vertu propre est d’unir, et de sauver, en distinguant le pécheur du péché. En effet, le dieu du Coran hait les pécheurs (2.276), au premier rang desquels se trouvent les chrétiens (9.28,30), les vaniteux (16.23 ; 28.76), les traîtres (8.58 ; 22.38), les corrupteurs (5.64 ; 28.77), les transgresseurs (2.190), les semeurs de désordres (2.205), les infidèles (3.32 ; 30.45), les orgueilleux (31.18), les injustes (3.57,140), les agresseurs (42.40), les arrogants (4.36 ; 28.76), les audacieux (5.87), les ingrats (22.38), les présomptueux (31.18), les vaniteux (57.23), les mécréants (2.276), etc. La haine d’Allah, le très miséricordieux, remplit le Coran de versets tels que celui-ci : Combattez-les à mort ! Allah, par vos mains, les châtiera et les couvrira d’ignominie ! (9.14). A la différence du Bon Pasteur qui donne Sa vie pour ses brebis (Jn 10.11), non seulement Allah a créé des hommes pour l’Enfer (7.179,186), mais ceux qu’il aime sont ceux qui vont jusqu’à tuer pour lui (61.4 ; 9.111) ! C’est pourquoi, selon une rescapée de l’attentat perpétré à l’université de Garissa (Kenya) le 2 avril 2015, après avoir séparé les étudiants musulmans des étudiants chrétiens, les Shabab crièrent : Nous sommes venus pour tuer et nous faire tuer (RFI, 4/4/2015), massacrèrent cent quarante-huit chrétiens et en blessèrent soixante-dix-neuf autres. Allah ne demande pas l’amour des hommes, mais seulement leur absolue soumission sous l’empire de la terreur : Allah est venu à eux par où ils ne s’y attendaient pas et il a lancé la terreur dans leurs cœurs (59.2). Allah fulmine : Craignez Allah et sachez qu’Allah est fort en punition ! (2.196). Mahomet a compris le procédé et l’utilise à son tour (à moins que ce ne soit l’inverse ?) : Adorez Allah ! Craignez-le et obéissez-moi ! (71.3)… Peut-on vraiment dire que le Coran reprend l’enseignement de Jésus : Venez à Moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et Je vous soulagerai. Prenez sur vous Mon joug et recevez Mes leçons, car Je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez le repos de vos âmes (Mt 11.28-29) ?

— 20 Parce qu’Allah est puissant, et un, il ne sait pas ce que signifie être faible. Incapable de partager la souffrance de l’aimé, il ne sait pas que l’amour rend vulnérable… Comment pourrait-il aimer (11.90 ; 19.96 ; 85.14), et même respecter, puisqu’il veut dominer (38.65 ; 39.4 ; 40.16) ? Aussi le musulman ne peut-il admettre que des relations dominant/dominé. Or, parce que l’amour ne peut se développer qu’entre égaux ― le vrai Dieu S’est incarné, S’est rendu semblable à nous en tout à l’exception du péché (He 4.15). Mais l’islam, imitant l’orgueil de Satan (2.34) rejette l’abaissement de Dieu, et l’amour lui-même. Cependant, pour tenter d’attribuer aussi à l’islam l’amour révélé par le christianisme (Jn 17.21), certains musulmans avancent ce verset coranique : Nous avons créé l’humain, nous savons ce que son âme lui susurre et nous sommes plus proches de lui que sa veine jugulaire (50.16). Comme si dans l’univers mental coranique, ce qui est proche de la veine jugulaire pouvait être autre chose que… la lame d’un couteau ! La proximité n’est pas l’amour. La proximité d’un tortionnaire le rend-il aimable ?

— 21 Allah n’établit pas de relation personnelle avec l’homme, qu’il laisse seul face à son destin inconnu et inconnaissable. Par contre, le Dieu biblique a créé l’homme à Son image et à Sa ressemblance (Gn 1.26), intelligent et libre, pour entretenir avec Lui une relation personnelle de connaissance et d’amour, dont la fin ne peut être que le partage du même bonheur éternel. C’est donc en vertu de sa capacité à connaître et aimer Dieu que l’homme est convié à la réalisation de son destin, et non pas en vertu de sa soumission au sacré primordial ou à une divinité mythique, incarnée par le pouvoir politique ! Le Dieu chrétien va même jusqu’à S’incarner pour S’unir à l’humanité de la façon la plus intime qui soit. Il confère ainsi à l’humanité une perfection hors de tout ce à quoi elle aurait pu prétendre. Le don gracieux que Dieu fait de Lui-même à l’humanité, n’est-il pas de nature à susciter en elle un amour nouveau pour Lui et ses créatures ?

— 22 Dans l’Antiquité, à Babylone, et dans tout le Moyen-Orient, le dieu principal était le dieu de la lune, représenté par un taureau, symbole de force et de fécondité, et plus simplement parfois par ses seules puissantes cornes en forme de croissant de lune. C’est ainsi que l’on peut voir encore au Musée d’Alep (Syrie), le dieu Sîn, protecteur d’Ur, symbolisé par des hampes surmontées d’un croissant lunaire, ce dieu Sîn qui est aussi invoqué au début de la sourate 36… Pourquoi l’islam utilise-t-il le calendrier lunaire, dont la durée des cycles rappelle celle des cycles menstruels féminins ? Pourquoi le ramadan se déroule-t-il le neuvième mois, marquant le terme d’une grossesse ? Pourquoi commence-t-il au premier croissant visible après la nouvelle lune ? Pourquoi au cours de ce mois les musulmans adultes jeûnent-ils et s’abstiennent-ils de relations sexuelles, tant qu’il fait jour, sinon pour faire ces choses en présence de la lune, tout comme le faisaient ses antiques adorateurs ? Est-ce que la fin du ramadan ne fêtait pas à l’origine l’anniversaire de la naissance de la divinité lunaire ?

Pièce de monnaie de Caracalla (211-217)

— 23 Sous ses différents noms, le dieu de la lune fut très tôt adoré en Mésopotamie comme le Père des dieux, l’équivalent de Zeus pour les Grecs, ou de Jupiter pour les Romains. Les Arabes païens adoraient eux aussi ce dieu de la lune (41.37) appelé Hou Baal (le Seigneur). Hou Baal avait trois filles : Al-Lât, la déesse de la fécondité et de la beauté (Jr 7.18), qu’Hérodote (480-425) identifie à Vénus (Histoires, livre 1,131), représentée parla lune montante ou le soleil, et par une pierre blanche dans son sanctuaire de la vallée de Wadjdi, près de Ta’if) ; Al-Manat, la déesse de la lune décroissante, du destin et de la mort (représentée par une pierre noire, à Koudaïd, près de la Mecque) ; et Al-Uzza, l’étoile du matin, déesse de la puissance. Elles appartenaient au panthéon arabe présent à Pétra, et furent toutes trois invoquées (cf. So 1.5) par Mahomet, un temps distrait, dans les fameux versets sataniques (53.19-20). La Bible, qui garde mémoire d’un culte rendu à la lune, avide de sang humain (2 R 23.5 ; 1 Ch 23.31 ; Jr 8.2), stigmatisait ce super-dieu représenté par un taureau (2 Ch 11.15 ; 13.8 ; 2 R 10.29 ; 12.28), appelé Baal (Ex 14.2 ; Nb 25.3 ; Dt 4.3 ; Jg 2.13 ; 1 Ro 16.31 ; Ps 106/105.19-20 ; Jr 2.8 ; 7.9 ; 19.5 ; Os 2.10, 8.5-6 ; So 1.4), comme étant le faux dieu par excellence (Ex 32 2 ; 2 Ch 17.3, 24.7 ; 33.3 ; 34.4 ; Jr 11.13 ; Os 11.7 ; So 1.4).

Les judéo-nazaréens * (voir Z 12+), ancêtres des musulmans, qui voulaient être chrétiens sans cesser de pratiquer le judaïsme — ces faux frères comme les appelait saint Paul (Ga 2.4 ; 2 Co 11.13-15,26 ; Ph 3.2) ―, au début du VIIe siècle, vinrent chercher du renfort auprès des tribus arabes pour reprendre Jérusalem. Par souci de cohésion et de légitimité pour leur entreprise, ils firent passer Hou-Baal, le plus puissant de leurs dieux, au rang de seul Dieu (38.5), celui des Patriarches hébreux. L’adoration du dieu suprême (hénothéisme) se transforma ainsi en monothéisme, adoration du Dieu unique et donc universel (21.58). Et de même que les Romains disaient : Ô Deus ! (Ô Dieu !) pour s’adresser à Jupiter, de même chaque tribu arabe s’adressait à son dieu (Mi 4.5) en le nommant Le Dieu, Al-lâh, ce qui par contraction a donné Allah. Le Coran garde mémoire de cet événement : A-t-il fait, des divinités, une divinité unique ? En vérité, c’est là certes, une chose admirable (38.5) ! D’où la traditionnelle invocation révélant le caractère foncièrement polémique de l’islam, opposant Allah à des concurrents : Allahou akbar ! (20.73). Allah est [le] plus grand ! Plus grand que qui ? Que les autres dieux !

C’est ainsi qu’aujourd’hui Hou-Baal continue à couler des jours heureux, toujours représenté sur les drapeaux musulmans ou le toit des mosquées… accompagné souvent de sa fille et déesse Al-Uzzah, La forte, symbolisée par une étoile, la planète Vénus (cf. 2 Ch 33.3), de préférence à ses sœurs Al-Lât et Al-Manât. Contrairement donc à ce que veut nous faire croire l’islam, Allah n’est pas le Dieu biblique, même s’il est vrai qu’il n’y a qu’un seul Dieu, mais il est le produit de la rencontre entre l’idolâtrie de Hou-Baal, le dieu lunaire, le plus grand des dieux du panthéon arabe, et l’affirmation de l’unicité divine typique du judaïsme. L’islam est-il autre chose qu’une idolâtrie du Dieu juif ?

— 24 La grande ruse du Démon dans l’islam a été de faire passer Allah pour le vrai Dieu, celui de la Révélation hébréo-chrétienne. Le fait d’invoquer Allah serait pour les musulmans une preuve qu’ils invoquent bien l’unique et vrai Dieu déjà invoqué par les chrétiens arabes… comme si n’importe quel démon n’était pas capable de se faire appeler Dieu ! Comment Allah serait-il le vrai Dieu puisque la Révélation hébréo-chrétienne a été accomplie par le Messie (Mt 11.27 ; 24.4,11,24 ; Ga 1.9 ; 2 Co 11.4 ; 1 Jn 2.22-27 ; 4.2-3 ; 2 Jn 7), une fois pour toutes (Rm 6.10 ; He 10.10 ; Jude 1.3 ; Ap 22.18-20) ? Le Dieu unique se serait-Il trompé, ou bien Satan se cache-t-il sous le mot Allah pour prendre la place du vrai Dieu dans le cœur des musulmans (Lc 4.7) ?

— 25 Le Coran reconnaît lui-même qu’être musulman c’est être haineux, puisqu’il annonce qu’en son Paradis Allah enlèvera la haine du cœur des musulmans (7.43-44). En régime chrétien, il n’y a pas de Paradis pour qui est haineux, pour celui qui ne pardonne pas à son frère du fond du cœur (Mt 18.35 ; 5.22). Celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne saurait aimer le Dieu qu’il ne voit pas. (1 Jn 4.20 ; 3.14-15). Pourquoi Allah n’enlève-t-il pas la haine du cœur des musulmans maintenant ? Cela arrangerait beaucoup de monde… Mais comment Allah pourrait-il enlever la haine du cœur des musulmans (15.47), puisque c’est lui-même qui l’y met (5.64) ? Et si la haine vient de Satan (5.91), qui est Allah ?

— 26 Certes, Allah et ses anges prient sur le Prophète (33.56,41-43) . Non seulement en ce verset, Allah et ses anges accomplissent la même action, sont associés (shirk), et sont donc coupables du pire des péchés, l’associationnisme (4.48), mais encore, Allah prie… Sachant que le verbe salla, qui signifie prier, ne signifie pas aussi bénir, comme cherchent à le faire croire certains adeptes de la taqiya que ce verset met mal à l’aise, qui Allah peut-il bien prier ?

— 27 Les musulmans rejettent parfois la Révélation du Dieu trinitaire en prétendant s’appuyer sur Dt 13, qui commande de ne pas suivre un prophète invitant à adorer un Dieu « que ni toi ni tes pères n’ont connu ». La preuve que le Dieu chrétien ne serait pas le vrai Dieu serait le fait que les Hébreux n’ont jamais adoré la Trinité, en sorte que les chrétiens feraient de Jésus un faux-prophète en Lui prêtant la prédication de la Trinité. Or, si toute nouvelle révélation devait être rejetée comme étant nécessairement celle d’un faux prophète, alors seraient des faux prophètes Moïse, qui a révélé le Nom divin Je suis (Ex 3.14), Isaïe, qui présente Dieu comme l’Époux de son peuple (Is 54.5), ou Jérémie, qui annonce une nouvelle alliance (Jr 31.31 ; Cf. G 41) … Cet argument pèche donc en occultant le fait que la Révélation de Dieu s’est faite progressivement, au gré des différentes alliances (Adam, Noé, Abraham, Moïse…), et que d’autre part les chrétiens n’ont jamais prétendu que la Sainte Trinité était un autre Dieu que Celui d’Israël. Comment penser que l’on puisse connaître quelqu’un, et a fortiori Dieu, directement, en une seule fois ? Le vrai Dieu S’est révélé ― et risqué ! ― dans une histoire. Dès lors, pourquoi Dieu Se contredirait-Il en commençant par affirmer l’unicité de Sa nature pour ensuite révéler la trinité de Ses personnes (cf. Gn 18) ? Les chrétiens ont-ils jamais nié que Dieu soit unique ?

— 28 Suite aux attentats qui ont fait cent trente morts et quatre cent treize blessés à Paris en 2015, le Président alors du Conseil Français du Culte Musulman, M. Dalil Boubakeur, a proposé pour lutter contre le terrorisme islamique que soient cédées au culte musulman les églises désaffectées de France. Où l’on voit l’alliance inaltérable des musulmans modérés et radicaux. Pour faciliter la chose, il a prétendu que c’est le même Dieu et que nous pratiquerions des rites voisins, fraternels (Entretien avec Jean-Pierre Elkabbach, Europe 1, 15.06.2015). Or, l’islam fonde son existence sur le rejet de la foi chrétienne, et la récitation du Coran n’a rien à voir avec l’offrande du sacrifice du Christ… Dans l’ouvrage Chrétiens et musulmans ont-ils le même Dieu ? (Salvator, 2009), le même homme prétend prouver la véracité de l’islam par l’éternité de sa doctrine, qui se retrouverait dans des doctrines antérieures au VIIe siècle, tels que le docétisme et l’arianisme. Or, s’il est vrai que pour l’islam la mort de Jésus fut une illusion (4.157-158), et que la vie humaine de Jésus fut elle-même une illusion pour le docétisme, celui-ci confesse cependant la divinité de Jésus, ce à quoi se refuse l’islam. Et si le Coran, comme l’arianisme, ne voit en Jésus qu’un homme (3.59), l’arianisme cependant ne nie pas la mort et la résurrection de Jésus… Les tentatives de justification de l’islam peuvent-elles tourner autrement qu’à sa confusion ?

— 29 Si Allah est le meilleur de ceux qui rusent (3.54 ; 8.30 ; 27.50) , les musulmans ne feraient-ils pas bien eux-mêmes de s’en méfier ?

— 30 Si chrétiens et musulmans ont le même Dieu (2.139 ; 29.46) et si l’islam est une religion de paix et d’amour, pourquoi les musulmans doivent-ils imposer l’islam (2.193 ; 9.33 ; 48.28), et maudire chrétiens et juifs dix-sept fois par jour en récitant la Fatiha* ?

— 31 Puisque chacun se révèle par sa parole, que révèle la différence des commandements de Jésus-Christ et d’Allah ? L’un commande « Aimez-vous les uns les autres comme Je vous ai aimés (Jn 13.34) » et ce jusqu’à l’amour des ennemis eux-mêmes et le devoir de leur faire du bien (Mt 5.48), l’autre commande la haine et le meurtre du non-musulman (voir U). Quel commandement assure le bonheur de la vie en société et la survie même de celle-ci, et lequel au contraire les détruit ? Est-ce que le vrai Dieu pourrait vouloir autre chose que le bien de sa création ?

— 32 « Le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui, professant avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, juge des hommes au dernier jour. (Concile Vatican II, Lumen Gentium, 16) » Certains tirent argument de ce texte et du suivant pour donner quelque titre de gloire à l’islam. Or, outre qu’ils ne parlent justement pas de l’islam, mais des musulmans, et que “professer avoir la foi d’Abraham” n’est pas nécessairement l’avoir, le Dieu qu’ils adorent avec nous n’est pas ici défini par le Coran ou quelque autre chose de faux, mais par des adjectifs concernant bien le vrai Dieu… Il faut donc comprendre que les musulmans peuvent adorer le vrai Dieu subjectivement, indépendamment de la fausseté de leur religion, comme saint Paul le disait aux Athéniens qu’il venait évangéliser : « Ce que vous adorez sans le connaître, je viens, moi, vous l’annoncer (Ac 17.23) »… Si donc l’Église regarde avec estime les musulmans qui adorent le Dieu un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes (Nostra Aetate, n°3), elle ne le fait que dans l’imitation de Jésus reconnaissant le bien qu’il peut y avoir même chez des hérétiques (Lc 10.30-37), ce qui ne doit pas l’empêcher de leur dire avec Lui : « Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons (Jn 4.22) ». Lorsque Jean-Paul II dit aux jeunes musulmans à Casablanca le 19 août 1985 : Nous avons le même Dieu, cela signifie : Il n’y a qu’un seul Dieu qui est le Même pour tous, mais cela ne signifie pas : Nous adorons le même Dieu, aussi vrai que les musulmans n’adorent pas la Sainte Trinité. Que saint Jean-Paul II dise : C’est en pensant au vaste monde islamique que j’exprime à nouveau aujourd’hui l’estime de l’Église catholique pour les valeurs religieuses de la religion musulmane… (Ankara, 30 novembre 1979), ou qu’il embrasse un Coran à lui offert par le grand Mufti de Bagdad lors de la visite au Vatican d’une délégation irakienne le 14 mai 1999, peut à juste titre nous scandaliser, notamment au souvenir de tous nos frères et sœurs martyrisés pour avoir refusé de poser le même geste. Toutefois, n’oublions pas que :
a) Le Pape n’est infaillible que lorsqu’il engage son autorité de pasteur suprême de l’Église, pour proclamer, par un acte définitif, un point de doctrine touchant la foi et les mœurs, ou lorsqu’il rappelle la doctrine catholique. Mais il n’est pas infaillible en ses actes personnels ;
b) Le premier Pape a lui-même succombé à pareille faiblesse (Ga 2.11-14), et déjà sous la pression des proto-musulmans, ces juifs qui voulaient bien de Jésus comme Messie en raison de ses étonnants pouvoirs, mais refusaient Son enseignement spirituel (Mt 11.25-17 ; Mc 10.15), Lui préférant l’autojustification que donnerait la pratique de la Loi (Lc 18.9-14 ; Ga 3.1-6 ; Col 2.16-23). Dans son livre d’entretiens avec Vitorrio Messori, Entrez dans l’espérance, saint Jean-Paul II n’était pourtant pas dupe : Quiconque lit le Coran, en connaissant déjà bien l’Ancien et le Nouveau Testament, percevra clairement le processus de réduction dont la Révélation divine y est l’objet. Il est impossible de ne pas être frappé par l’incompréhension qui s’y manifeste de ce que Dieu a dit de Lui-même, d’abord dans l’Ancien Testament par les Prophètes, ensuite de façon définitive dans le Nouveau Testament par son Fils. Toute cette richesse de l’autorévélation de Dieu, qui constitue le patrimoine de l’Ancien et du Nouveau Testament, a été, en fait, laissée de côté dans l’islam. Le Dieu du Coran est un Dieu qui reste étranger au monde. Un Dieu qui est seulement Majesté et jamais Emmanuel, Dieu-avec-nous. L’islam n’est pas une religion de rédemption. […] C’est pourquoi non seulement la théologie mais encore l’anthropologie de l’islam sont très éloignées de celles du christianisme (Plon, 1994, p.152).
c) Le Catéchisme de l’Église catholique, promulgué par saint Jean-Paul II, affirme sans ambiguïté : L’Économie chrétienne, étant l’Alliance Nouvelle et définitive, ne passera jamais, et aucune nouvelle révélation publique n’est donc à attendre avant la manifestation glorieuse de Notre Seigneur Jésus-Christ (n°66), ce qui exclut la révélation du Coran.

En vérité, quels que soient la faiblesse et les péchés de ses serviteurs, l’Église ne saurait pas plus renoncer à évangéliser qui que ce soit que cesser de voir en l’islam une manifestation de l’Antichrist (18.4-5 ; Mt 24.4,11,24 ; 1 Co 15.1-2 ; 2 Co 11.4 ; Ga 1.9 ; 2 P 2.1-3 ; 1 Jn 2.22-27 ; 4.2-3 ; 2 Jn 9-11), de la Bête et du faux prophète (Ap 20.10), à moins de se renier elle-même en tant que l’unique et vraie religion (Dignitatis Humanae n°1), donnée à l’humanité une fois pour toutes (Is 55.3 ; Ep 2.7 ; He 9.26 ; 10.10 ; 1 P 3.18 ; Jude 3). Ne devons-nous pas aider les musulmans à comprendre que la vérité n’appartient qu’à Dieu et que leur religion n’est que mensonge (28.75) ?