N.B. : Les chiffres placés entre parenthèses (…) désignent une citation coranique, dont le premier chiffre, suivi d’un point, indique le numéro de la sourate et le suivant, celui du verset. Lorsque le premier chiffre est précédé d’une abréviation lexicale, la citation est tirée de la Bible, et lorsqu’il est précédé d’un seule lettre majuscule, il indique un article d’un des vingt six chapitres de cette série “Réponses aux musulmans”.

— 1 Puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu, alors nous avons le même. Après tout, nos différences ne peuvent être que secondaires à côté de l’essentiel qui est de reconnaître l’existence et l’unicité de Dieu (Cf. 14.52). Tel est le discours que l’on retrouve même dans la bouche de chrétiens. Un tel propos est typique de la croyance musulmane (29.46), qui réduit la Révélation chrétienne à la seule affirmation de l’existence et de l’unicité de Dieu. Ce qui n’est pas Foi, mais savoir. En effet, que Dieu existe et qu’il soit unique est une vérité accessible à la raison humaine (Rm 1.18-20 ; voir B 2), tandis que Le connaître ne l’est pas : Dieu seul connaît Dieu (Mt 11.27). Et si Dieu a parlé, c’est justement pour Se faire connaître… par la foi en Sa Parole. Or l’islam enseigne que Dieu est inconnaissable (2.255 ; 6.50,103 ; 7.188 ; 11.31 ; 20.110 ; 27.65 ; 72.26), ce qui revient à dire que le Coran n’est pas la parole de Dieu. Si connaître Dieu implique de croire en Sa parole, chrétiens et musulmans n’écoutant pas la même Parole, n’ont donc pas non plus la même connaissance de Dieu, ni n’adorent en conséquence le même Dieu. La vertu de religion n’est pas celle de la Foi. L’expression de la religiosité naturelle n’est pas nécessairement motivée par la Foi, laquelle naît de la prédication et la prédication se fait par la Parole du Christ (Rm 10.17). Autrement dit, la Foi est chrétienne ou elle n’est pas. La Foi n’est ni philosophie ni croyance. Se contenter d’affirmer que Dieu existe et qu’Il est unique — ce qui est le tout de la théologie musulmane — ne suffit pas à dire la connaissance qu’un chrétien a de Dieu. Si la bouche parle de l’abondance du cœur (Lc 6.45) ― raison pour laquelle nul ne peut juger quelqu’un avant de l’avoir entendu (Jn 7.51) ―, l’unique et vrai Dieu aurait-Il deux paroles, comme les pécheurs (Ps 12.3), ou bien une seule, comme les gens d’honneur (Mt 5.37) ?

— 2 Chrétiens et musulmans adorent un seul Dieu, créateur, providence, rémunérateur de ceux qui Le cherchent, juge des pécheurs, mais n’adorent pourtant pas le même et unique Dieu. Allah est un être solitaire. Parce qu’Allah est, et qu’il est un, il est donc seul à être… raison pour laquelle il n’entretient de relation avec personne. Allah est aussi impersonnel qu’inconnaissable (2.255 ; 6.50,103 ; 7.188 ; 11.31 ; 20.110 ; 27.65 ; 72.26). Ce n’est pas sans raison que le mot personne n’existe pas dans la langue de la révélation coranique venue nier la foi en l’incarnation de la deuxième personne de la Sainte Trinité. En islam il n’y a que des individus, pas des personnes, images du Dieu personnel. Le rejet de la personne s’exprime dans l’interdiction de la figuration, et dans celle de montrer son visage, reflet de l’âme… Le Dieu chrétien est au contraire un être de relation, comme déjà Il l’avait signifié dans l’Ancien Testament en Se nommant le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob (Ex 3.6,15,16 ; 4.5 ; 1 R 18.36 ; 1 Ch 29.18 ; 2 Ch 30.6 ; Mt 22.32), et comme la foi en la Sainte Trinité le dit explicitement. Le Dieu chrétien est en Lui-même relations : le Père n’est Père qu’en relation avec le Fils, avec qui Il est le même et unique Dieu, et ainsi pour chaque personne qui ne se distingue des deux autres que par sa relation avec elles, étant ensemble et chacune l’essence divine elle-même (Voir H 6,13). Dans le christianisme, Dieu est Un parce qu’Il est Communion de Personnes, Famille, Trinité, Amour. Seul l’amour unit, unifie, rend un ceux qui s’aiment. C’est pourquoi le Dieu Un et Trine attend de nous vis-à-vis de Lui et entre nous, un amour total (Dt 6.5) en écho à notre création et à notre rédemption. Pourrait-il y avoir un Dieu plus vrai que celui-là ?

— 3 Les chrétiens, en recevant le don de l’Esprit-Saint, l’Esprit de Dieu, participent à la connaissance que Dieu a de Lui-même, et ont donc la vie éternelle (Jn 10.28 ; Ga 6.8 ; 1 Jn 5.13). Toutes choses m’ont été données par mon Père ; personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père et personne ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils a voulu le révéler (Mt 11.27). À l’inverse, pour l’islam : les êtres des cieux et de la terre ne connaissent pas l’insondable mais Allah seul le connaît (27.65). Tout ce que les musulmans savent d’Allah, c’est qu’ils ne le connaîtront jamais (6.59). Dès lors, pourquoi s’intéresser à lui ?

— 4 Parce qu’Allah restera à jamais inconnaissable (2.255 ; 6.50 ; 7.188 ; 11.31 ; 20.110 ; 27.65 ; 72.26), le musulman doit renoncer à l’usage de sa raison devant la révélation coranique. Le Dieu chrétien, au contraire, bien que restant toujours au-delà de tout, a néanmoins daigné Se révéler jusqu’à Se rendre visible en Jésus. Aussi, l’homme peut-il, à sa mesure, et avec l’aide de l’Esprit-Saint, réellement participer à la connaissance que Dieu a de Lui-même (Jn 14.7). Le mystère est pour le chrétien non pas quelque chose d’impénétrable, mais quelque chose d’infiniment pénétrable. Alors que le musulman reste hors du Mystère, le chrétien y pénètre, et ne cessera jamais, émerveillé, de le découvrir (Jn 14.6 ; Mt 11.27). Pourquoi le fait que Dieu soit grand, comme le soulignent les musulmans, ou plutôt qu’Il soit ce qu’Il est, devrait-il L’empêcher de Se donner à connaître ? Y a-t-il quelque chose d’impossible à Dieu (Lc 1.37) ?

— 5 Allah ne veut pas que tous les hommes croient (10.99) et soient donc sauvés, à la différence du Dieu chrétien, qui, Lui, veut que tous les hommes parviennent à la connaissance de la vérité et soient sauvés (1 Tm 2.4). Si Allah le voulait, les chrétiens ne seraient pas associateurs ! (6.107 ; voir C). Alors que dans le christianisme, Dieu laisse les hommes libres de L’adorer ou non, de se sauver ou de se damner, Allah a créé des hommes pécheurs, pour être en conséquence maudits par lui (9.30,111 ; 48.6). Nous avons créé beaucoup de djins* et d’humains pour l’Enfer. (7.179,186) ; Certes, si nous l’avions voulu, nous aurions mis chaque âme dans la bonne direction. Mais ma décision de remplir l’Enfer de djins et d’hommes ensemble doit s’accomplir. (32.13) ; C’est pour cela qu’il les a créés. La parole de ton Seigneur s’accomplit : “Je remplirai l’Enfer de tous les djins et les humains.” (11.119) ; Puisse l’homme périr ! (80.17). Dis : “Qui vous protègera d’Allah, s’il vous veut du mal ? (33.17). Comment vivre avec un dieu qui veut le malheur de ses créatures, qui vous a peut-être créé pour aller rôtir en Enfer ? Peut-on aimer un tel dieu ?

— 6 Dis : “Qui pourrait quelque chose contre Allah s’il voulait détruire le Messie, fils de Marie, ainsi que sa mère et tous ceux qui sont sur la terre ?” (5.17). Qui parle dans ce verset où s’exprime si bien la haine pharisaïque ayant mis Jésus en Croix et au défi d’y donner la preuve de Sa divinité (Mt 27.39-44) ? Tuer le Messie, Sa Mère, et toute l’humanité, est-ce une idée digne du Dieu créateur et sauveur révélé par la Bible ?

— 7 Allah fait [si bien] ce qu’Il veut ! (14.27) qu’il est sans lien avec la rationalité, la vérité ou le bien : Il châtie qui Il veut et pardonne à qui Il veut (5.40). Il n’est pas même tenu de respecter sa propre parole par laquelle il demande d’être musulman : Nous avons enjolivé [aux yeux] de chaque communauté sa propre action. Ensuite, à leur retour vers leur Seigneur, nous les informerons de ce qu’ils faisaient (6.108). Allah trompe les hommes pour ensuite leur révéler leur erreur… Quel est l’intérêt d’agir ainsi ? Et comment la soumission à l’arbitraire pourrait-elle s’accorder à la dignité des créatures raisonnables ? L’islam exige une soumission totalement aveugle (40.35), où l’examen critique est regardé comme attentatoire à l’inviolabilité du Mystère divin, fauteur de dissension (3.7), en sorte que ses auteurs méritent d’être châtiés (5.32-33). Tandis que Jésus nous donne Son Esprit pour qu’Il nous introduise dans la Vérité tout entière (Jn 15.15 ; 16.13), Allah assujettit le musulman à l’ignorance : Ô vous qui avez cru ! Ne posez pas de questions sur certains sujets, cela pourrait vous causer du tort (5.101). Dans le christianisme, ceux qui vont en Enfer (Lc 13.24) ne peuvent pas accuser Dieu de leur malheur, mais uniquement eux-mêmes de n’avoir pas voulu ouvrir leur cœur à l’amour de la vérité qui les eût sauvés (2 Th 2.10). Seront sauvés ceux qui auront accueilli le Sauveur et reçu le baptême, et seront logiquement damnés ceux qui auront refusé de croire à la Bonne Nouvelle de leur salut (Mc 16.16 ; Jn 3.18). Quant à ceux qui meurent sans avoir connu le Christ et n’auront donc pas pu se déterminer par rapport à Lui, ils seront jugés d’après la fidélité de leur conscience à la Vérité telle qu’ils la connaissaient (Rm 2.14-15. Cf. 1 Co 10.1-4). Trouve-t-on ailleurs une telle reconnaissance de la grandeur de l’homme à qui Dieu a donné la liberté ?

— 8 Le Dieu du christianisme, même s’Il est infiniment au-delà de ce que peut en comprendre l’entendement humain, est cependant reconnu parfaitement juste et donc également logique, rationnel, raisonnable. C’est cette foi dans le Logos (la raison) du Dieu-Créateur qui a permis à la science de se développer en Occident. La raison, qui nous spécifie, vient de Lui, elle n’est donc pas sans lien avec ce qu’Il est et s’Il nous a donné de désirer connaître la vérité, ce n’est pas pour autre chose que pour que nous la connaissions ! Sinon, Dieu serait un mauvais génie qui se serait moqué de nous. En vérité, Dieu ne fait rien sans raison (Jr 9.24), Il n’agit pas comme un fou, mais Il a tout réglé avec nombre, poids et mesure (Sg 11.20). Si donc le monde n’est pas absurde ou incohérent, en sorte que la science peut y découvrir les raisons ou lois que Dieu y a mises, qui le régissent et le rendent intelligible, serait-il possible que Dieu ne nous veuille pas à son image : raisonnables (1 Tm 2.2) ?

— 9 Allah est dit miséricordieux, c’est-à-dire condescendant, puisqu’à la différence du Dieu chrétien devenu homme, il ne peut traiter d’égal à égal. Sa miséricorde se révèle n’être en fait que complaisance pour les péchés des musulmans (8.58 ; 33.3-38 ; 66.1-5). Alors que le Dieu chrétien lave nos péchés dans Son sang (1 P 1.2 ; Ap 1.5), et que l’Esprit-Saint renouvelle nos âmes en Sa grâce (Jn 20.22-23), Allah commande aux musulmans de se sanctifier en tuant sans relâche les chrétiens (3.152)… Le Dieu chrétien pardonne tout à qui se repent sincèrement (Mt 18.21-22), et s’Il ne pardonne pas le blasphème contre l’Esprit-Saint (Lc 12.10), c’est parce que ce péché est celui de qui ne veut pas être pardonné. Dans le christianisme, Dieu laisse les pécheurs en vie pour qu’ils se convertissent (Ez 18.23 ; Mc 1.15 ; 2 Tm 2.25 ; 2 P 3.9), mais Allah pour que s’accroisse leur châtiment éternel (3.178). Si Allah doit s’imposer d’être miséricordieux (6.12), n’est-ce pas alors que cette qualité lui est étrangère ?.

— 10 Une autre preuve que musulmans et chrétiens n’ont pas le même Dieu est que seuls ces derniers adorent Jésus-Christ, acte parfait d’idolâtrie pour les musulmans (5.31).[1] Ces derniers ne se rendent pas compte qu’en considérant l’Incarnation indigne de Dieu, non seulement ils insultent le Créateur, qui devrait avoir honte de Sa création, mais que ce faisant, ils se jugent eux-mêmes indignes de Dieu, se vouant ainsi au malheur éternel ! Eh bien, non ! ce que Dieu a fait est très beau (cf. Gn 1.31) et Il n’en rougit pas ! L’Église sait bien que Dieu est en Lui-même absolument transcendant et donc incommunicable, mais elle croit aussi qu’Il nous aime au point, après nous avoir tout donné de ce que nous sommes et de ce que nous avons, de mettre le comble à Son Amour en Se donnant Lui-même ! Ce qu’Il a fait en et par Jésus, Sa Parole incarnée, l’image du Dieu invisible (Col 1.15). Pourrait-il exister quelque chose de plus beau ? Pourquoi ne pas croire que Dieu puisse faire ce qu’il y a de plus beau ? Et non seulement nous accueillons Dieu en aimant Jésus (Mt 10.40), mais nous aimons Jésus en nous accueillant les uns les autres (Mc 9.37 ; Mt 18.5). Pourrait-on trouver un Dieu meilleur que celui-là ?

— 11 Il est courant d’entendre dire que judaïsme, christianisme et islam auraient ceci de commun d’être monothéistes. D’après cette conception, le dogme de la Trinité se rajouterait à celui de l’Unicité divine. Or, il ne se rajoute pas à celui de l’Unicité divine mais en exprime l’essence ! La trinité des personnes, comme chacune d’elles, EST l’essence divine elle-même, et les relations qui distinguent les personnes n’ajoutent rien à l’essence. La foi en la Trinité n’altère pas la reconnaissance de l’unité divine, mais en manifeste l’inconcevable profondeur. En Dieu, chaque personne est en chaque personne et toutes en chacune et chacune en toutes et toutes en toutes et toutes ne sont qu’un seul être (Saint Augustin, De Trinitate). Comment l’islam peut-il reprocher au christianisme de n’être pas monothéiste (112.1-4 ; 10.105 ; 109.1-6) ?

— 12 Jurer, c’est appeler un témoin digne de confiance à confirmer la vérité que l’on dit. Le serment est d’autant plus sacré que ce par qui ou par quoi l’on jure est plus grand. Or, Allah jure… par les anges (37.1), les vents (51.1), la mer agitée (52.6), l’étoile du matin (53.1), la plume (68.1), le soleil (91.1), le figuier et l’olivier (95.1), etc. Allah jure ! Non seulement Il appelle à témoin des créatures muettes sorties de ses mains à qui Il peut faire dire ce qu’Il veut, mais encore, si Dieu est Un et s’Il est vérité, n’étant que vérité, Il ne peut mentir. Or, si Allah peut mentir, qui pourrait ne pas le faire ? Le mensonge est-il encore un péché ? Certes, dans la Bible Dieu jure, mais ce n’est jamais par ce qui Lui est inférieur (He 6.13), par une créature muette ou menteuse, mais c’est par Lui-même (Is 45.23 ; Jr 22.5), par Sa vie (Ez 17.16,19), Son Nom (Jr 44.26), Sa Gloire (Ez 17.16 ; Is 45.23), qui est aussi celle de Jacob (Am 8.7). En utilisant cette convention, Il affirme en un langage qui nous soit compréhensible, le caractère irrévocable de ses promesses et l’immuabilité de Sa volonté (He 6.17). Si Jésus demande de ne pas jurer (Mt 5.34-37), n’est-ce pas pour imiter le vrai Dieu ? 

— 13 La confession de la seule unicité de Dieu a logiquement conduit l’islam à déclarer qu’il n’y a pas de principe en dehors de Lui, ni donc de distinction possible entre la cause première (la Volonté de Dieu) et les causes secondes (les volontés créées et les effets des causes). En conséquence, il est impossible en islam de reconnaître aux hommes autonomie et liberté. Ton Seigneur crée et choisit ce qu’il souhaite. Ils n’ont pas le choix (28.68). L’engrenage totalitaire propre à toute société se voulant musulmane vient de cette conception totalitaire de Dieu. La référence au Dieu trine, incluant en Lui-même l’altérité, permet au contraire de fonder la vie sociale dans le respect de la liberté humaine (Jr 18.7-10) et l’harmonie des légitimes différences (voir H 5,11). Peut-il y avoir un meilleur fondement à l’unité de la société que l’amour du Dieu Trinité ?

— 14 Puisqu’en islam l’homme ne peut connaître Dieu (2.255 ; 6.50 ; 7.188 ; 11.31 ; 20.110 ; 27.65 ; 42.4), comment pourrait-il y jouir du bonheur de voir Dieu (Jn 17.3 ; 1 Jn 3.2) ? Il ne peut y avoir de Paradis que pour des créatures intelligentes, vivant en communion avec Dieu, qui est Esprit et Vérité (Jn 4.23). Et puisque le musulman ne peut pas connaître Dieu, il ne peut pas non plus Le servir, ni donc mériter le Paradis ! Dans le christianisme, Se donnant à connaître (Ga 5.6 ; Mt 22.34-40), Dieu donne la vie éternelle, qui est de Vous connaître, Vous, le seul vrai Dieu, et Celui que Vous avez envoyé, Jésus-Christ. (Jn 17.3 ; cf. 1 Jn 3.2). Comment mieux dire l’antagonisme entre christianisme et islam : tandis que l’un par la connaissance de Dieu donne la vie éternelle, l’autre en interdit l’accès ?

— 15 Pour tenter de rivaliser avec l’amour de communion propre au christianisme (Jn 17.21), certains musulmans avancent ce verset coranique : Nous avons créé l’humain, nous savons ce que son âme lui susurre et nous sommes plus proches de lui que sa veine jugulaire (50.16), comme si dans l’univers mental musulman, ce qui peut être proche de la veine jugulaire pouvait être autre chose que… la lame d’un couteau ! L’approche du garde-chiourme le rend-il aimable ? La proximité n’est pas la communion… D’ailleurs, désirer une communion avec Allah est blasphématoire pour l’islam (2.217) qui s’imagine défendre ainsi l’absolue transcendance divine. Comment prétendre vivre en communion avec Dieu et rejeter Son incarnation ?

— 16 Parce que l’islam se présente comme l’acte divin lui-même, niant la participation humaine dans la transmission de la révélation divine, aucune des disciplines telles que la philosophie, la mystique, la dogmatique ou la métaphysique n’ont d’utilité pour penser le Dieu de l’islam, qui n’est pas pensable. Le procédé de l’analogie s’appuyant sur la notion d’être — s’appliquant aussi bien à Dieu qu’à tout ce qui participe de Lui — est refusé au nom de la différence absolue de Dieu. Le raisonnement par analogie utilisé en islam ne consiste qu’à transférer une règle stipulée dans ses textes à propos d’un élément particulier, à un autre élément particulier, dont les textes n’ont encore rien dit, et ce parce que ce dernier est semblable au premier dans la mesure où il contient lui aussi ce qui justifiait la règle… En aucun cas il ne permet de réfléchir au mystère de Dieu et de ses œuvres. Parce qu’Allah n’a rien de commun avec nous, il n’a pas non plus l’être… L’islam ne peut pas penser Dieu… ou alors il doit renier que l’homme soit. C’est là une différence abyssale d’avec le christianisme, qui a accepté depuis toujours que le Dieu de Jésus-Christ et Sa Parole soient objets de pensée. Le christianisme a ainsi développé une réelle science théologique nécessitant le concours critique de la raison à laquelle il a donné, en retour, des perspectives de réflexion jusqu’alors inconnues et illimitées. Que la science occidentale soit née de la rencontre entre la foi chrétienne et la raison, n’est-ce pas une preuve de la bonté et donc de la vérité de la foi chrétienne ?[2]

— 17 À cause du refus de l’analogie de l’être[3], l’islam ne connaît ni le vrai nom de Dieu, YHWH, IL EST (Ex 3.14), revendiqué par Jésus (Jn 8.24,28,58 ; 13.19)[4], ni ne dispose d’un lien entre Allah et le monde lui permettant de penser l’un ET l’autre. Puisque le dieu musulman est, et qu’il est unique, il monopolise la totalité de l’être. Il est donc seul à être. Et le monde ne peut logiquement pas exister. L’altérité est impensable, elle ne peut qu’être une anomalie incompréhensible, le mal. L’existence du non-musulman est en soi un non-sens absolu, le mal, qui doit être éliminé (voir S 2). En contradiction avec la Genèse (cf. Gn 1.27), l’homme ET la femme n’ont pas été créés à l’image de Dieu, et n’ont donc aucun rapport ontologique avec Lui d’où ils tireraient leur dignité. Les individus n’ont de droits que selon la loi coranique. Chaque être, et le monde, sont imaginés par l’islam comme créés à chaque instant, sans lien avec l’instant précédent, de crainte que la reconnaissance de l’existence d’un être en dehors d’Allah ne menace l’être et la liberté de celui-ci. L’univers n’ayant pas d’être, de stabilité dans l’être, pas d’essence, il n’a pas non plus de droits (voir W 22). En dehors de la parole d’Allah, la Création est néant… Parce que Dieu seul est en un sens absolu, alors aucune chose n’est vraiment. Plutôt rien que quelque chose ! n’est-ce pas le cri de rage de tous les antichrists ?

— 18 À la différence du Dieu chrétien, Allah révèle seulement sa volonté, pas son être. Il n’engendre pas et il n’est pas engendré (112.3), c’est pourquoi ni il se veut, ni il se connaît, ni il s’aime. Le Coran ne répond pas à la question métaphysique sur l’être de Dieu. N’ayant en lui ni relations, ni personnes, ni identité, sa pauvreté métaphysique ne lui permet pas d’action en lui-même. N’ayant pas d’actes réflexifs, il ne peut se penser, ni se dire, ni donc être esprit. Allah n’existe qu’en tant que commandement, discrimination entre musulmans et non-musulmans assimilés au mal (2.190-193 ; 3.32 ; 8.22,55 ; 9.5,28,29,123 ; 22.38 ; 30.45 ; 42.40 ; 98.6), et comme Allah ne peut rien, pas même détruire le mal, ce sont ses esclaves qui doivent le faire pour lui. C’est alors qu’ils seront justifiés. Ici se révèle la faiblesse d’Allah que doit cacher l’aveuglante obéissance des musulmans. La soumission au Coran est la réalisation d’Allah : sans obéissance au Coran, qui est et que fait Allah ?

— 19 Le Dieu du Coran porte en lui l’empreinte du gnosticisme pour lequel le monde est une réalité mauvaise. Si pour le gnosticisme le mal est identifié à la matière, pour l’islam le mal est identifié au non-musulman, qu’il faut éliminer par le djihad (voir U 3). Comme le gnosticisme refuse la Révélation hébréo-chrétienne, exotérique, pour lui préférer la sienne, ésotérique (2 Jn 9), l’islam supprime les économies bibliques qui l’ont précédé (voir I 2). Tous deux se posent comme les détenteurs exclusifs des révélations antérieures. De même que le Jésus gnostique et le Jésus coranique ne sont pas le Jésus chrétien, de même celui qui est appelé Dieu dans le Coran n’est pas le Dieu de la Bible. Que lui manque-t-il pour qu’il le soit ? Il lui manque l’amour, dont la vertu propre est d’unir, et de sauver, en distinguant le pécheur du péché. Mais le dieu du Coran hait les pécheurs (2.276), au premier rang desquels se trouvent les chrétiens (9.28,30), les vaniteux (16.23 ; 28.76), les traîtres (8.58 ; 22.38), les corrupteurs (5.64 ; 28.77), les transgresseurs (2.190), les semeurs de désordres (2.205), les infidèles (3.32 ; 30.45), les orgueilleux (31.18), les injustes (3.57,140), les agresseurs (42.40), les arrogants (4.36 ; 28.76), les audacieux (5.87), les ingrats (22.38), les présomptueux (31.18), les vaniteux (57.23), les mécréants (2.276), etc. La haine d’Allah, le très miséricordieux, remplit le Coran de versets tels que celui-ci : Combattez-les à mort ! Allah, par vos mains, les châtiera et les couvrira d’ignominie ! (9.14). A la différence du Bon Pasteur qui donne Sa vie pour ses brebis (Jn 10.11), non seulement Allah a créé des hommes pour l’Enfer (7.179,186), mais ceux qu’il aime sont ceux qui vont jusqu’à tuer pour lui (61.4 ; 9.111) ! C’est pourquoi, selon une rescapée de l’attentat perpétré à l’université de Garissa (Kenya) le 2 avril 2015, après avoir séparé les étudiants musulmans des chrétiens, les Shabab crièrent : Nous sommes venus pour tuer et nous faire tuer. (RFI, 4/4/2015), ils massacrèrent alors cent quarante-huit chrétiens et en blessèrent soixante-dix-neuf autres. Allah ne demande pas l’amour des hommes, mais seulement leur absolue soumission sous l’empire de la terreur : Allah est venu à eux par où ils ne s’y attendaient pas et il a lancé la terreur dans leurs cœurs (59.2). Allah fulmine : Craignez Allah et sachez qu’Allah est fort en punition ! (2.196), et Mahomet menace : Ô mes gens ! Adorez Allah. […] sinon vous serez terriblement châtiés ! (7.73). Peut-on vraiment dire que le Coran reprend l’enseignement de Jésus : Venez à Moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et Je vous soulagerai. Prenez sur vous Mon joug et recevez Mes leçons, car Je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez le repos de vos âmes (Mt 11.28-29) ?

— 20 La connaissance, réalité unique en son genre, est assimilation de l’objet connu par le sujet connaissant, lequel naît alors avec ce qu’il connaît (co-nait). C’est ainsi que la connaissance est au cœur du christianisme : La vie éternelle, c’est de Te connaître, Toi, le seul vrai Dieu et Celui que Tu as envoyé, Jésus-Christ. (Jn 17.3 ; cf. 5.24 ; 6.40 ; 10.10). La Foi, cette connaissance spécifique, est ainsi la garantie des choses que l’on espère, la preuve des réalités que l’on ne voit pas (He 11.1). Mais en islam il n’y a aucune assimilation (association) entre Allah et le musulman. Ce qui est connu d’Allah, c’est seulement le Coran, dont seul Allah cependant connaît l’interprétation (3.7)… Aussi, puisque le musulman ne participe pas à la nature divine (Cf. 2 P.14), quelle autre élévation peut-il connaître, sinon celle de l’orgueil ?

— 21 Pour Allah, aimer (11.90 ; 19.96 ; 85.14) ne signifie pas se donner, mais dominer (38.65 ; 39.4 ; 40.16). Aussi le musulman ne peut-il admettre que des relations de dominant/dominé. Parce que l’amour ne peut se développer qu’entre égaux, et que l’islam rejette la Révélation de Dieu qui S’humilie jusqu’à devenir l’un de nous, il rejette aussi l’amour. Comment prétendre en effet aimer, et même respecter, ce que l’on veut dominer ?

— 22 Allah n’établit pas de relation personnelle avec l’homme, qu’il laisse seul face à son destin inconnu et inconnaissable. Par contre, le Dieu biblique a créé l’homme à Son image et à Sa ressemblance (Gn 1.26), intelligent et libre, pour entretenir avec Lui une relation personnelle de connaissance et d’amour, dont la fin ne peut être que le partage du même bonheur éternel. C’est donc en vertu de sa capacité à connaître et aimer Dieu que l’homme est convié à la réalisation de son destin, et non pas en vertu de sa soumission au sacré primordial ou à une divinité mythique, incarnée par le pouvoir politique ! Le Dieu chrétien va même jusqu’à S’incarner pour S’unir à l’humanité de la façon la plus intime qui soit. Il confère ainsi à l’humanité une perfection hors de tout ce à quoi elle aurait pu prétendre. Le don gracieux que Dieu fait de Lui-même à l’humanité, n’est-il pas de nature à susciter en elle un amour nouveau ?

Poids en diorite dédié à Nanna/Sîn, Musée du Louvre.

— 23 Dans l’Antiquité, à Babylone et dans tout le Moyen-Orient, le dieu principal était le dieu de la lune, représenté par un taureau, symbole de force et de fécondité et plus simplement parfois par ses seules puissantes cornes en forme de croissant de lune[5]. 

C’est ainsi que l’on peut voir encore (échappé à la destruction systématique faite par l’islam de toute culture l’ayant précédé, afin de ne pas laisser voir par comparaison ce qu’il est, c’est-à-dire : vide et néant), au Musée d’Alep (Syrie), le dieu de la Lune, Sîn, protecteur d’Ur, symbolisé par des hampes surmontées d’un croissant lunaire. Or l’islam utilise le calendrier lunaire, dont la durée des cycles rappelle celle des cycles menstruels féminins ; le ramadan se déroule le neuvième mois, marquant le terme d’une grossesse ; il commence au premier croissant visible après la nouvelle lune, et au cours de ce mois les musulmans adultes jeûnent et s’abstiennent de relations sexuelles tant que la lune n’est pas visible afin de faire ces choses en sa présence, tout comme le faisaient les adorateurs de Baal… La fête de la fin du ramadan ne célébrait-elle pas à l’origine la naissance de la divinité lunaire (Voir Z 3) ? 

Pièce de monnaie de Caracalla (211-217) avec Hou Baal et sa fille

 
— 24 Sous ses différents noms, le dieu de la lune fut très tôt adoré en Mésopotamie comme le Père des dieux, l’équivalent de Zeus pour les Grecs ou de Jupiter pour les Romains. Les Arabes païens adoraient eux aussi ce dieu de la lune appelé Hou Baal (le Seigneur) (41.37).[6] Hou Baal avait trois filles : Al-Lât, la déesse du soleil, symbolisée par une pierre blanche dans son sanctuaire de la vallée de Wadjdi, près de Ta’if ; Manat, la déesse du destin et de la mort, représentée par une pierre noire, à Koudaïd, près de la Mecque ; et Al-Uzza, l’étoile Vénus, déesse de la fertilité et de la beauté (Jr 7.18), toutes trois priées (Cf. So 1.5) par Mahomet, un temps distrait, dans les fameux versets sataniques (53.19-20).La Bible, qui garde mémoire d’un culte lié à la lune (2 R 23.5 ; 1 Ch 23.31 ; Jr 8.2), stigmatisait ce super-dieu représenté par un taureau (2 Ch 11.15 ; 13.8 ; 2 R 10.29 ; 12.28), souvent avide de sang humain, appelé Baal[7] (Nb 25.3 ; Dt 4.3 ; Jg 2.13 ; 1 Ro 16.31 ; Ps 106/105.19-20 ; Jr 2.8 ; 7.9 ; 19.5 ; Os 2.10, 8.5-6 ; So 1.4), comme étant le faux dieu par excellence (Ex 32 2 ; 2 Ch 17.3, 24.7 ; 33.3 ; 34.4 ; Jr 11.13 ; So 1.4). Par souci de cohésion et de légitimité pour leur entreprise, les nazaréens[8]* (voir Z 12+) — ces faux frères comme les appelait saint Paul (Ga 2.4 ; 2 Co 11.13-15,26 ; Ph 3.2) ―, venus chercher auprès des tribus arabes du renfort pour reprendre Jérusalem, firent passer Hou-Baal, du rang de plus puissant de leurs dieux, à celui de seul Dieu, celui des Patriarches hébreux. L’adoration du dieu suprême de leur peuple (hénothéisme) se transforma ainsi en monothéisme, adoration du Dieu unique et universel (21.58). Et de même que les Romains disaient : Ô Deus ! (Ô Dieu !) pour s’adresser à Jupiter, de même chaque tribu arabe s’adressait à son dieu propre (Mi 4.5) en le nommant Le Dieu, Al-lâh, ce qui par contraction a donné Allah.[9] Le verset suivant du Coran garde mémoire de cet événement : A-t-il fait des divinités, une divinité unique ?

 En vérité, c’est là certes, une chose admirable (38.5) ! D’où la traditionnelle invocation révélant le caractère foncièrement polémique de l’islam, opposant Allah à des concurrents : Allahou akbar ! Allah est [le] plus grand ! (Le plus grand que qui ? Que les autres dieux ! Cf. 20.73) C’est ainsi qu’aujourd’hui encore Hou-Baal continue à couler des jours heureux, toujours représenté sur les drapeaux musulmans ou le toit des mosquées… accompagné souvent de sa fille et déesse Al -Uzzah, La forte, symbolisée par une étoile, la planète Vénus (cf. 2 Ch 33.3), de préférence à ses sœurs Al-Lât (féminin de Allah, la déesse du soleil) et Manât (la déesse du destin). Contrairement donc à ce que veut nous faire croire l’islam, Allah n’est pas le Dieu biblique, même s’il est vrai qu’il n’y a qu’un seul Dieu, mais il est le produit 

de la rencontre entre l’idolâtrie de Hou-Baal, le dieu lunaire, le plus grand des dieux du panthéon arabe, et l’affirmation de l’unicité divine typique du judaïsme. L’islam est-il autre chose qu’une idolâtrie du Dieu juif ?

— 25 Le fait d’invoquer Allah serait pour les musulmans une preuve qu’ils invoquent bien l’unique et vrai Dieu déjà invoqué par les chrétiens arabes… comme si n’importe quel démon n’était pas capable de se faire appeler Dieu ! Comment, en effet, Allah serait-il le Dieu unique et vrai, alors que la Révélation hébréo-chrétienne a été accomplie par le Messie (Mt 11.27 ; 24.4,11,24 ; Ga 1.9 ; 2 Co 11.4 ; 1 Jn 2.22-27 ; 4.2-3 ; 2 Jn 7) et que les Écritures chrétiennes qui en rendent compte ont été closes six siècles avant la venue de l’islam (Ap 22.18-20) ? Le Dieu unique se serait-Il trompé, ou bien Satan se cache-t-il sous le mot Allah pour prendre sa place dans le cœur des hommes (Lc 4.7) ?

— 26 Le Coran reconnaît lui-même qu’être musulman c’est être haineux, puisqu’il annonce qu’en son Paradis Allah enlèvera la haine du cœur des musulmans (7.43-44 ; voir U 4). En régime chrétien il n’y a pas de Paradis pour qui est haineux, pour celui qui ne pardonne à son frère du fond du cœur (Mt 18.35 ; 5.22). Celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne saurait aimer le Dieu qu’il ne voit pas. (1 Jn 4.20 ; 3.14-15). Pourquoi Allah n’enlève-t-il pas la haine du cœur des musulmans maintenant ? Ce qui arrangerait beaucoup de monde… Mais comment Allah pourrait-il enlever la haine du cœur des musulmans (15.47), puisque c’est lui-même qui l’y met (5.64) ? Et si la haine vient de Satan (5.91), qui est Allah ? 

— 27 Certes, Allah et ses anges prient sur le Prophète (33.56,41-43). Non seulement ce verset montre Allah et ses anges sujets de la même action, associés (shirk), et donc coupables du pire des péchés (4.48), mais encore Allah prie… Sachant que le verbe salla, qui se traduit par prier, ne signifie pas aussi bénir, comme certains adeptes de la takia osent le dire, comment Allah peut-il pratiquer l’associationnisme, et qui peut-il prier ?  

— 28 Les musulmans rejettent la Révélation du Dieu trinitaire en prétendant s’appuyer sur Dt 13 qui commande de ne pas suivre un prophète invitant à adorer un Dieu que ni toi ni tes pères n’ont connu. La preuve que le Dieu chrétien ne serait pas le vrai Dieu serait le fait que les Juifs n’ont jamais adoré la Trinité, en sorte que les chrétiens feraient de Jésus un faux-prophète en Lui prêtant la prédication de la Trinité. Or, si toute nouvelle révélation devait être rejetée comme étant nécessairement celle d’un faux-prophète, alors seraient des faux-prophètes Moïse, qui a révélé le Nom divin Je suis (Ex 3.14), Isaïe, qui présente Dieu comme l’Époux de son peuple (Is 54.5), ou Jérémie, qui annonce une nouvelle alliance (Jr 31.31)… Cet argument pèche donc en occultant le fait que la Révélation de Dieu s’est faite progressivement, au gré des différentes alliances (Adam, Noé, Abraham, Moïse…), et que d’autre part les chrétiens n’ont jamais prétendu que la Sainte Trinité était un autre Dieu que Celui d’Israël. Comment penser que l’on puisse connaître quelqu’un, et a fortiori Dieu, directement, en une seule fois ? Le vrai Dieu S’est révélé ― et risqué ! ―, dans une histoire. Dès lors, pourquoi Dieu Se contredirait-Il en commençant par affirmer l’unicité de Sa nature pour ensuite révéler la trinité de Ses personnes (Cf. Gn 18) ? Les chrétiens ont-ils jamais nié que Dieu soit unique ?

— 29 M. Dalil Boubakeur, Président du Conseil Français du Culte Musulman, a plaidé pour que soit allouées au culte musulman les églises désaffectées de France au motif que c’est le même Dieu et que nous pratiquerions des rites voisins, fraternels (Entretien avec Jean-Pierre Elkabbach, Europe 1, 15.06.2015). Or, l’islam fonde son existence sur le rejet de la foi chrétienne, et la récitation du Coran n’a rien à voir avec l’offrande du sacrifice du Christ… Dans l’ouvrage Chrétiens et musulmans ont-ils le même Dieu ? (Salvator, 2009), le même homme prétend prouver la véracité de l’islam par l’éternité de sa doctrine qui se retrouverait dans des doctrines antérieures au VIIe siècle, tels le docétisme et l’arianisme. Or, s’il est vrai que pour l’islam la mort de Jésus fut une illusion (4.157-158), et que la vie humaine de Jésus fut elle-même une illusion pour le docétisme, celui-ci confesse cependant la divinité de Jésus, ce à quoi se refuse l’islam. Et si le Coran, comme l’arianisme, ne voit en Jésus qu’un homme (3.59), l’arianisme cependant ne nie pas la mort de Jésus… Les tentatives de justification de l’islam peuvent-elles tourner autrement qu’à sa confusion ?

— 30 Si Allah est le meilleur de ceux qui rusent (3.54 ; 8.18,30 ; 10.21)[10], les musulmans ne feraient-ils pas bien de s’en méfier ?

— 31 Si nous avons le même Dieu et si l’islam est une religion de paix et d’amour, pourquoi les musulmans doivent-ils imposer l’islam (2.193 ; 9.33 ; 48.28), et maudire chrétiens et Juifs dix-sept fois par jour en récitant la Fatiha* ?

— 32 Le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui, professant avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, juge des hommes au dernier jour (Concile Vatican II, Lumen Gentium, 16). Pour faire pièce à l’opinion de ceux qui tirent argument de ce texte du Concile Vatican II et du suivant, pour donner quelque titre de gloire à l’islam, il faut bien noter que ces textes ne parlent justement pas de l’islam, mais des musulmans, et que ce qui en est dit ne l’est qu’en fonction de ce qu’ils professent avoir la foi d’Abraham. Or, une chose est de professer avoir la foi d’Abraham, et autre chose est de l’avoir. Si donc l’Église regarde avec estime les musulmans qui adorent le Dieu un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes (Nostra Aetate, n°3), elle ne le fait que dans l’imitation de Jésus disant aux hérétiques : Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons (Jn 4.22). Lorsque Jean-Paul II dit aux jeunes musulmans à Casablanca le 19 août 1985 : Nous avons le même Dieu, cela signifie : Nous avons le même Dieu parce qu’il n’y en a qu’un, mais cela ne signifie pas : Nous adorons le même Dieu, aussi vrai que les musulmans n’adorent pas la Sainte Trinité. Que saint Jean-Paul II dise : C’est en pensant au vaste monde islamique que j’exprime à nouveau aujourd’hui l’estime de l’Église catholique pour les valeurs religieuses de la religion musulmane… (Ankara, 30 novembre 1979), ou qu’il embrasse un Coran à lui offert par le grand Mufti* de Bagdad lors de la visite au Vatican d’une délégation irakienne le 14 mai 1999, peut à juste titre nous scandaliser, notamment au souvenir de tous nos frères et sœurs martyrisés pour avoir refusé de poser le même geste. Toutefois, n’oublions pas que :

a)     Le Pape n’est infaillible que lorsqu’il engage son autorité de pasteur suprême de l’Église, pour proclamer, par un acte définitif, un point de doctrine touchant la foi et les mœurs, ou lorsqu’il rappelle la doctrine catholique. Mais il n’est pas infaillible en ses actes personnels ;[11]

b)     Le premier Pape a lui-même succombé à pareille faiblesse (Ga 2.11-14), et déjà sous la pression des proto-musulmans, ces juifs qui voulaient bien de Jésus comme Messie en raison de ses étonnants pouvoirs, mais refusaient son enseignement spirituel (Mt 11.25-17 ; Mc 10.15), Lui préférant l’autojustification que donnerait la pratique de la Loi (Lc 18.9-14 ; Ga 3.1-6 ; Col 2.16-23). Dans son livre d’entretiens avec Vitorrio Messori, Entrez dans l’espérance, saint Jean-Paul II n’était pourtant pas dupe : Quiconque lit le Coran, en connaissant déjà bien l’Ancien et le Nouveau Testament, percevra clairement le processus de réduction dont la Révélation divine y est l’objet. Il est impossible de ne pas être frappé par l’incompréhension qui s’y manifeste de ce que Dieu a dit de Lui-même, d’abord dans l’Ancien Testament par les Prophètes, ensuite de façon définitive dans le Nouveau Testament par son Fils. Toute cette richesse de l’autorévélation de Dieu, qui constitue le patrimoine de l’Ancien et du Nouveau Testament, a été, en fait, laissée de côté dans l’islam. Le Dieu du Coran est un Dieu qui reste étranger au monde. Un Dieu qui est seulement Majesté et jamais Emmanuel, Dieu-avec-nous. L’islam n’est pas une religion de rédemption. […] C’est pourquoi non seulement la théologie mais encore l’anthropologie de l’islam sont très éloignées de celles du christianisme (Plon, 1994, p.152).

c)     Le Catéchisme de l’Église catholique, promulgué par saint Jean-Paul II, affirme sans ambiguïté : L’Économie chrétienne, étant l’Alliance Nouvelle et définitive, ne passera jamais, et aucune nouvelle révélation publique n’est donc à attendre avant la manifestation glorieuse de Notre Seigneur Jésus-Christ. (n°66), ce qui exclut la révélation du Coran.

En vérité, quels que soient la faiblesse et les péchés de ses serviteurs, l’Église ne saurait pas plus renoncer à évangéliser qui que ce soit que cesser de voir en l’islam une manifestation de l’Antichrist (18.4-5 ; Mt 24.4,11,24 ; 1 Co 15.1-2 ; 2 Co 11.4 ; Ga 1.9 ; 2 P 2.1-3 ; 1 Jn 2.22-27 ; 4.2-3 ; 2 Jn 9-11), de la Bête et du faux prophète (Ap 20.10), à moins de se renier elle-même en tant que l’unique et vraie religion (Dignitatis humanae n°1), donnée à l’humanité une fois pour toutes (Is 55.3 ; Ep 2.7 ; He 10.10 ; 1 P 3.18 ; Jude 3). Ne devons-nous pas aider les musulmans à comprendre que la vérité n’appartient qu’à Dieu et que leur religion n’est que mensonge (28.75) ?

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[1] C’est pourquoi d’ailleurs je propose que les chrétiens n’utilisent plus le vocable Allah (utilisé par exemple dans l’expression Inch’Allah) QUE pour désigner le dieu musulman, afin de bien manifester qu’Allah n’est pas leur Dieu, l’unique et vrai Dieu (cf. Josué 23.7), et s’opposer ainsi à l’islamisation de leur culture, même s’il est vrai qu’Allah n’étant pas un nom propre, ne signifie rien d’autre en arabe que le Dieu, le dieu unique et indéfini, sans visage, et donc… personne (voir A 2). Les Arabes chrétiens, pour dire Dieu, ont aussi à leur disposition le mot Rab, Rabi (Mon Dieu), Rabbana (Notre Dieu) et prient Abana (Notre Père). Il ne faut pas oublier que l’usage du mot Allah par les chrétiens arabophones a été imposé par l’islamisation, qui vit, par exemple, en 1009, le calife Al-Hâkim non seulement détruire toutes les églises d’Égypte et de Palestine, mais encore couper la langue de tous les chrétiens surpris à parler une autre langue que l’arabe… Dieu se dit τε en copte. De plus, ma proposition s’accorde avec la fatwa émise par le Sultan de l’État malaisien de Selangor, Sharafuddin Idris Shah, qui a interdit aux non-musulmans d’utiliser le terme Allah, affirmant qu’il s’agit d’un mot sacré, exclusivement réservé aux musulmans…
[2] Cf. le si beau discours de Benoît XVI aux Bernardins, le 12 septembre 2008.
[3] L’Être, pas plus que les noms de Père, Sauveur, Amour, Rédempteur… ne fait pas partie de la litanie des 99 beaux noms d’Allah, composant le chapelet musulman. Celui-ci comprend en français des expressions embarrassées telles que Le Très fort pour traduire Celui qui domine avec violence, ou bien Celui qui témoigne de sa propre véridicité pour traduire l’Orgueilleux (59.23), Celui dont la domination s’étend sur toutes les créatures pour Celui qui asservit, mais encore : le Comploteur (3.54 ; 7.183 ; cf. Ps 91.16), l’Arrogant, l’Écraseur, l’Humiliant, le Terrible, le Tueur, le Séditieux, le Condescendant, le Vengeur, le Nuisible, le Perfide…
[4] Sur l’importance de ces quatre JE SUIS, voir l’audience de Jean-Paul II du 26 août 1987. Il y a un lien symbolique très fort entre le serpent et la lune. Le serpent, animal à sang froid (froid comme la lune), a des mues rappelant les néoménies de l’astre des nuits au parcours sinusoïdal, et qui dévore parfois l’astre du jour lors des éclipses solaires. Aussi Notre Dame a-t-elle les pieds sur la lune (à Guadalupe, Mexique, 1531) et sur le serpent (comme à la rue du Bac, 1830). A La Salette (1846) elle annonça que l’Église allait être éclipsée (cf. Jean-Marie Mathieu, Les Bergers du Soleil, Outre-Part, 1998, p.188, Fig.43).
[5] Au Musée du Louvre est conservé un poids du Temple du Dieu-Lune d’Ur. Il pèse 248 gr. et porte le croissant lunaire, emblème du dieu (Antiquités orientales, Mésopotamie, ± 2350 à 2000 avant J.-C., Salle 2, poids AO 22187). Dans la Bible, le signe du croissant de lune est associé aux Philistins et aux Madianites (Jg 8.26 ; Is 3.18), c’est-à-dire à des peuples païens et idolâtres. D’après le lexique arabe de Lane de 1893, al-Ilah fait référence au grand serpent. Or, s’il est graphiquement facile de passer d’un croissant de lune à un serpent, il est non moins traditionnel d’identifier le serpent et Satan…
[6] Certains auteurs arabes modernes estiment que son nom vient de Baal, appellation des dieux cananéens et phéniciens, précédé de hou, article défini dans un dialecte cananéen. Il n’est pas inintéressant de noter qu’en arabe -comme en allemand- et contrairement au français (et au monde gréco-latin), le soleil est féminin (al-chams) et la lune masculine (al-qamar), ce qui induit une certaine vision du monde…
[7]  Ils [les adorateurs de Baal] crièrent à haute voix et ils se firent, selon leur coutume, des incisions avec des épées et avec des lances, jusqu’à ce que le sang coulât sur eux (1 R 18.28) ; cela nous rappelle la fête chiite annuelle de l’Achoura qui voit les participants mâles se taillader jusqu’à en ruisseler de sang, imposant jusqu’aux petits enfants pareilles plaies…
[8] Nous utiliserons le terme nazaréen aussi bien pour nazaréen que pour Judéo-nazaréen et Judéo-chrétien.
[9] La plupart des lexiques étymologiques arabes reconnaissent que le mot Allah tire son origine de al-Ilâh par contraction. Dans ilâh, âh est un suffixe. Le terme originel Il correspond dans la Bible au mot El désignant la divinité (Gn 17.1 ; 28.3 ; 33.20 ; 46.3).
[10] Voir dans le lexique : Takyia. Pour les chrétiens il n’y a pas de ruse en Dieu (Ps 91/92.16).
[11] Nous devons nous rappeler cela lorsque le pape François écrit : Entre chrétiens et musulmans, ce que nous sommes appelés à respecter c’est la religion de l’autre, ses enseignements, ses symboles et ses valeurs (Message aux musulmans pour la fin du ramadan 2013), ou : Le véritable islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence (Evangelii gaudium, n°253)…