J’ai souvent entendu dire que le prêtre ne pouvait refuser de déposer le Corps du Christ dans la main des personnes qui venaient la lui tendre pour Le recevoir. Or, que dit l’Église à ce sujet ?

L’Instruction de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des Sacrements, publiée en 2003, « Redemptionis Sacramentum » (que je recommande à tout catholique d’avoir lue), portant le sous-titre ‒ ô combien significatif ‒ : « Sur certaines choses à observer et à éviter concernant la très sainte Eucharistie » , répond ainsi : « S’il y a un risque de profanation, la sainte Communion ne doit pas être donnée dans la main des fidèles ». Or, de nos jours, il y a presque toujours un risque de profanation. La perte de petits fragments de l´hostie est ordinairement inévitable, d’où la demande au n° suivant de rétablir l’usage du plateau…

L’intérêt de notre article est opportunément appuyé par un texte de Benoît XVI, publié en avril 2019, qui, revenant sur le synode convoqué par François au mois de février 2019 pour traiter du scandale de la pédocriminalité dans l’Eglise, évoque, parmi ses causes, la façon dont est traité le Corps du Christ dans la Sainte Eucharistie… Et en effet, comment penser que celui qui traite irrespectueusement le Corps du Christ puisse traiter respectueusement le corps d’autrui ? Voici un extrait de ce texte : “Considérons cela par rapport à une question centrale, la célébration de la Sainte Eucharistie. La manière dont nous traitons l’Eucharistie ne peut que provoquer de la préoccupation. Le concile Vatican II était à juste titre centré sur la volonté de remettre ce sacrement de la présence du Corps et du Sang du Christ, de la présence de sa Personne, de sa Passion, de sa Mort et de sa Résurrection, au centre de la vie chrétienne et de l’existence même de l’Eglise. En partie, cela a effectivement été réalisé, et nous devons en être reconnaissants au Seigneur du fond du cœur. Et pourtant, c’est une attitude assez différente qui prévaut. Ce qui prédomine n’est pas une nouvelle révérence envers la présence de la mort et de la résurrection du Christ, mais une manière de Le traiter qui détruit la grandeur du mystère. Le déclin de la participation à la célébration dominicale de l’Eucharistie montre combien nous autres chrétiens d’aujourd’hui sommes devenus peu capables d’apprécier la grandeur du don que constitue sa Présence Réelle.” 

Je voudrais rappeler que la responsabilité de la distribution de l’Eucharistie appartient au prêtre célébrant, et que trois raisons peuvent justifier qu’il refuse de donner la communion dans la main  :

1)     La première raison est du côté de Jésus.

Jésus n’est pas un objet à la disposition de tout un chacun, mais une personne, en soi indisponible, en sorte que personne ne peut prendre Jésus. C’est Lui qui Se donne. « Ma vie nul ne La prend, mais c’est Moi qui la donne. » (Jn 10.18). On ne prend donc pas davantage l’Hostie, mais c’est le prêtre qui La donne, et qui La donne comme il en juge, eu égard à ce qui ne saurait être reçu comme n’importe quoi d’autre. C’est pourquoi je m’attriste de ces chrétiens courroucés de se voir proposer la réception de la Communion à genoux et sur la langue, et même la refuser pour ce motif, préférant la recevoir debout et dans la main, car ce faisant ils montrent que ce n’est pas Jésus qu’ils viennent recevoir, mais ce qui leur est dû, comme d’autres tendent la main pour recevoir leur paye… Que signifierait que le prêtre soit obligé de donner la communion dans la main, sinon que le fidèle aurait « droit » de se saisir du Christ ? Il faut lire à ce sujet le très beau livre de Mgr Schneider, Dominus est, ou celui de Mgr Laise, La communion dans la main[1]. Ne sait-on pas que pour exprimer leur refus de la foi en la Présence réelle, Calvin et Zwingli demandèrent à leurs disciples, ex-catholiques, de ne plus communier à genoux et sur la langue, mais debout et dans la main ?[2] Comment comprendre que l’on veuille aujourd’hui reprendre les rites promus par ces hérétiques ?! « Quoi de plus agréable à Dieu que les sacrements ? Pourtant, s’ils sont pratiqués ou administrés indignement, ils cessent tout à fait d’être agréés. Plus ils manquent du respect qui leur est dû, plus grave est la réprobation qu’ils encourent. » (Saint Bernard, De la considération, cerf, 1986, p.78). 

2)     La seconde raison est du côté du prêtre,

Le prêtre n’est pas un distributeur automatique d’hosties, un fonctionnaire sans âme, l’agent anonyme d’un système impersonnel, mais un homme  à qui le sacerdoce confère « une responsabilité personnelle »[3] à l’égard du Corps du Christ. Cette responsabilité s’exerce de façon éminente dans la façon dont il donne la Communion, car il lui appartient notamment d’éviter avec le plus grand soin de donner « aux chiens ce qui est sacré» (Mt 7.6). Les prêtres sont non seulement « les célébrants de ce très saint Mystère, mais aussi ses gardiens. »[4]. C’est ainsi que « le ministre de la distribution de la communion doit se refuser de donner la communion à qui en est publiquement indigne. » (Déclaration du Conseil Pontifical pour les textes législatifs, n°3, 24.06.2000)…

L’Instruction, prenant acte du fait que la communion dans la main s’est en certains endroits généralisée[5], précise : « il faut veiller attentivement dans ce cas à ce que l’hostie soit consommée aussitôt par le communiant devant le ministre, pour que personne ne s’éloigne avec les espèces eucharistiques dans la main. S’il y a un risque de profanation, la sainte Communion ne doit pas être donnée dans la main des fidèles. » (n°92). Or, quel prêtre donnant la communion dans la main n’est pas témoin de profanations continuelles ? Non pas certes toujours de profanations volontaires, mais involontaires ? En effet, si Notre Seigneur est présent en chaque infime miette du Pain consacré, comment tolérer qu’une miette puisse rester sur la main ou en tomber, Jésus être piétiné et envoyé aux ordures ? Même si quelques personnes dans une assemblée communiant dans la main s’appliquent de toute leur âme à conjurer ce risque, il est indéniable que ce n’est pas le cas de tous, et que ce seul fait suffit à légitimer le refus de donner la communion dans la main à tous. D’ailleurs, l’Instruction Redemptionis Sacramentum montre bien que telle est la volonté de l’Église puisque l’article suivant prescrit : « Il faut maintenir l’usage du plateau pour la Communion des fidèles, afin d’éviter que la sainte hostie, ou quelque fragment, ne tombe à terre. » (n°93). A quoi sert un plateau et comment s’en servir si l’on communie dans la main ? Aussi, où voit-on l’usage du plateau là où la communion est donnée dans la main ? Bref, le non-respect de ce précepte en une matière aussi importante que la distribution de l’Eucharistie, laquelle « contient tout le trésor spirituel de l’Église »[6], n’interpelle-t-il pas les évêques en tant que premiers responsables de la liturgie de l’Église en leur diocèse ? Et si eux-mêmes n’obéissent pas à ce que demande l’Église, comment peuvent-ils demander à leurs frères de lui obéir ? N’y a-t-il pas là une source première des désordres que nous déplorons tous ? La conversion à laquelle notre Pape nous appelle, ne devrait-elle pas commencer là d’où découle « la source de la vie chrétienne »[7] ?

Si le prêtre (ou l’évêque) doit éviter « d’introduire dans son ministère pastoral aussi bien des formes d’autoritarisme impromptu que des modalités de gestion démocratique étrangères à la réalité la plus profonde du ministère et qui ont pour conséquence la sécularisation du prêtre et la cléricalisation des laïcs. »[8] il est non moins vrai que le prêtre « ne doit pas craindre d’exercer son autorité dans les domaines pour lesquels il est tenu de le faire, car c’est à cette fin qu’il a été constitué dans l’autorité. […] Celui qui doit exercer l’autorité doit plutôt se garder de la tentation de s’exempter de cette responsabilité, car s’il ne l’exerce pas il se soustrait au service. »[9]. Accorder la Communion dans la main, sous les prétextes les plus divers, depuis la « demande » de Jésus à la Cène de « prendre » l’Eucharistie, jusqu’au caractère « adulte » des fidèles, n’y a-t-il pas derrière l’accueil de ces demandes « la peur d’assumer ses responsabilités, de se tromper, de n’être pas apprécié, de l’impopularité, d’aller à la rencontre de la croix, etc. ; au fond, il s’agit d’un obscurcissement de la racine authentique de l’identité sacerdotale : l’assimilation au Christ, Pasteur et Tête. »[10] ? C’est pourquoi « La nécessité s’impose d’aider tous les prêtres séculiers et religieux à assumer personnellement la tache pastorale prioritaire de la nouvelle évangélisation. »[11], ce qui implique qu’ils commencent par accomplir « un discernement attentif et sincère »[12] de leur comportement. Car, « derrière l’attitude consistant à ne ‘pas vouloir s’imposer’, etc., pourrait se cacher une méconnaissance de la substance théologique du ministère pastoral ou, peut-être, un manque de caractère qui se soustrait aux responsabilités. Il ne faut pas non plus sous-estimer d’éventuels attachements indus à des personnes ou à des charges ministérielles, ou un désir mal caché de popularité et des manques de rectitude d’intention. »[13]

Un autre comportement répréhensible manifestant probablement un de ces « attachements indus à des personnes » et sans aucun doute « un obscurcissement de la racine authentique de l’identité sacerdotale » est la distribution par les laïcs de la Communion au Corps du Christ. En effet, s’« Il revient au prêtre célébrant de donner la communion, avec, le cas échéant, l’aide des autres prêtres ou des diacres […] Les ministres extraordinaires peuvent aider le prêtre célébrant, selon les normes du droit, seulement en cas de nécessité. » (n°88). Or, c’est pratiquement chaque dimanche en bien des lieux que l’on demande à-qui-se-trouve-là d’aider à distribuer l’Eucharistie ! Cette pratique si courante contrevient au droit de l’Église qui a prévu pour exprimer « la foi en la Présence réelle du Seigneur sous les espèces eucharistiques »[14] le ministère institué de l’acolytat, par lequel l’évêque donne de façon stable à la communauté chrétienne un homme chargé d’aider le prêtre dans la distribution de la Communion.[15] Qui ne voit dans l’absence d’acolytes et l’appel très ordinaire de ministres extraordinaires, une banalisation de la Communion, un mépris pour le Droit de l’Eglise et donc pour l’Eglise elle-même et un manque de respect pour le Seigneur ? Le prêtre « est engagé par le Christ dans la plus importante des œuvres de transformation du monde, qui se réalise avec la puissance de l’Eucharistie. À ce rôle est liée également une autre tâche du prêtre, celle d’accueillir la présence eucharistique avec un regard contemplatif d’adoration, et avec des égards d’extrême délicatesse. »[16]

Certains avancent l’autorité de S. Ambroise, de S. Augustin, de S. Théodore de Mopsuète, ou de S. Cyrille de Jérusalem affirmant qu’ils auraient enseigné à communier dans la main, mais outre que ce n’est pas l’avis de quelques Pères qui fait autorité dans l’Eglise, mais leur unanimité, et que le texte avancé de Cyrille de Jérusaleme est un faux, rien n’empêche de comprendre que l’Eglise ait mieux compris au fil du temps avec quel respect on doit recevoir l’Eucharistie, de même que le sacrement de mariage ou celui de pénitence n’ont pas toujours été ce qu’ils sont aujourd’hui…

Bref, les prêtres, plus que quiconque, devraient mettre en œuvre la très antique maxime de vie ecclésiale : « Dans les choses obligatoires, l’unité, en celle qui ne le sont pas, la liberté, et en toutes, la charité. ». Car, la plupart du temps, c’est l’inverse qui se vérifie : Dans les choses obligatoires, nous trouvons le plus grand laisser-aller, au point que les enseignements les plus élémentaires de la foi ou de la morale sont relativisés, tandis que sévit un autoritarisme des plus féroces dans les choses laissées à la liberté de chacun ― et la Communion dans la main imposée aux prêtres en est un exemple ―, en sorte que la charité ayant fui la plupart de nos églises, les fidèles y sont devenus infidèles… 

3)     La troisième raison est du côté du fidèle lui-même.

L’Instruction stipule : « Il n’est pas permis aux fidèles de prendre eux-mêmes la sainte hostie ou le saint calice, encore moins de  se les transmettre de main en main. » (n°94) Si donc il n’est pas permis aux fidèles de prendre eux-mêmes la sainte hostie, que devraient-ils en faire une fois qu’elle serait dans leur main ? Si l’Eglise enseigne ainsi aujourd’hui qu’« Il n’est pas permis aux fidèles de prendre eux-mêmes la sainte hostie [….] », serait-ce parce qu’elle n’a pas oublié l’enseignement de saint Thomas d’Aquin pour qui la dispensation du Corps du Christ appartient au prêtre seul, et ce pour trois raisons, qui sont :

« 1. Parce que c’est lui qui consacre en tenant la place du Christ Lui-même, comme Il a consacré son Corps à la Cène qu’Il l’a donné aux autres à manger. Donc, de même que la Consécration du Corps du Christ appartient au prêtre, de même, c’est à lui qu’en appartient la dispensation.
2. Parce que le prêtre est établi intermédiaire entre Dieu et le peuple. Par conséquent, de même que c’est à lui qu’il appartient d’offrir à Dieu les dons du peuple, de même c’est à lui qu’il appartient de donner au peuple les dons sanctifiés par Dieu.
3. Parce que par respect pour ce Sacrement, il n’est touché par rien qui ne soit consacré.
C’est pourquoi le corporal et le calice sont consacrés et semblablement les mains du prêtre sont consacrées pour toucher ce Sacrement. Aussi, personne d’autre n’a le droit de le toucher sinon en cas de nécessité, par exemple si le Sacrement tombait à terre, ou dans un autre cas de nécessité. »
(Somme théologique, IIIa Pars)

Mère Thérésa recevant la communion

Mais pour justifier que les fidèles prennent eux-mêmes l’hostie dans la main, certains ― et même des prêtres ! ― avancent que Jésus lors de l’institution de l’Eucharistie a commandé : « Prenez, ceci est mon corps. » (Mc 14.22). « Prenez ! ».  Le mot grec λαμβανετε que nous traduisons par Prenez a le double sens de “prendre” et de “recevoir”, en sorte qu’il exprime de façon étonnamment efficace notre problématique, à savoir qu’avec ce seul mot Jésus dit aux Apôtres de prendre et aux fidèles de recevoir. Il ne faut pas oublier qu’à ce moment-là Jésus S’adressait alors, et seulement, à ses Apôtres, et qu’en ajoutant « Faites cela en mémoire de Moi. » (Lc 22.19), Il instituait le sacrement de l’Eucharistie et celui du sacerdoce ministériel, que tous les fidèles ne reçoivent pas. Fussent-ils prêtres, ceux donc qui avancent cette citation biblique pour justifier le fait que les fidèles pourraient prendre eux-mêmes le Corps du Christ, nient tout simplement l’identité du prêtre… La consécration des mains du prêtre et, il n’y a pas si longtemps, celles de la patène et du calice, et jusqu’à celle du corporal, manifestaient le respect du peuple chrétien pour le Corps de Dieu. Quel est aujourd’hui notre respect pour « le Pain vivant descendu du Ciel » (Jn 6.50) ?

La seule chose qui doit importer au fidèle au moment si solennel de la communion au Corps du Christ, « source et sommet de son existence », est de recevoir (non de prendre) Dieu avec tout l’amour, la foi, la joie, l’espérance, la reconnaissance et l’humilité dont il est capable. Et comment mieux exprimer ces dispositions que sur la langue et à genoux ? En effet, recevoir le Corps de Dieu sur la langue exprime de façon évidente que ce Pain n’est pas un pain ordinaire, et que d’autre part ce Pain se reçoit mais ne se prend pas. Ainsi est exprimé ce qui doit être vécu : entrer en communion avec Dieu suppose de redevenir comme de petits enfants (Mt 18.3) : pas plus qu’un petit enfant ne se nourrit lui-même, personne ne peut se donner à lui-même la vie ! Évidemment, cette façon de communier ne peut que déplaire au Démon, père de l’orgueil, et à ceux qui, prenant prétexte de Vatican II, s’étaient mis en devoir de plaire au monde (Jc 4.4 ; 1 Jn 2.15). Raison pour laquelle, selon Mère Térésa “La chose la plus horrible dans notre monde aujourd’hui, c’est la communion dans la main” (Mère Teresa, 23 mars 1989, in The Wanderer, Pakistan).     

Padre Pio Receiving Communion

Il est vain d’avancer qu’au début de l’Eglise les chrétiens n’auraient pas communié sur la langue mais dans la main pour présenter cette dernière façon de communier comme souhaitable puisque plus primitive. L’évocation du passé, dans la perspective de la Tradition vivante, a ses limites. En effet, qu’il suffise de rappeler qu’au début de l’Eglise, il n’y avait pas d’autre moyen de recevoir l’absolution de ses péchés que le baptême, comme l’atteste le Credo de Nicée-Constantinople. Devrions-nous donc renoncer au sacrement de la réconciliation au motif qu’au début de son histoire l’Eglise n’avait pas encore tiré de son trésor (Mt 13.52) ce sacrement ? La tradition juive demandait au père de famille de donner « le Pain du Messie » directement dans la bouche des gens de sa maison, raison pour laquelle on voit Jésus donner « la bouchée » à Judas (Jn 13.26). Cette tradition a naturellement été reprise par les Apôtres[17], puis enseignée tout au long des âges[18]. A ceux qui pour justifier la pratique actuelle de la communion dans la main, allèguent l’autorité de saint Justin (+165) expliquant comme présenter ses mains pour recevoir l’Eucharistie, Mgr Athanasius Schneider, dans son très beau livre Corpus Christi, rappelle qu’aux premiers siècles de notre ère, “la communion se pratiquait ainsi : le pain consacré était tout d’abord déposé dans la paume de la main droite du fidèle qui, ensuite, s’inclinait profondément (dans un geste analogue à la métanoia, pratiquée aujourd’hui dans le rite byzantin) avant de communier directement avec la langue sans toucher le pain consacré avec les doigts. Dans tous les cas, il s’agissait d’une communion dans la bouche, car à aucun moment le fidèle ne touchait le pain consacré avec les doigts. De plus, par son geste de la langue, le fidèle pouvait recueillir les éventuelles parcelles présentes sur la paume de sa main afin qu’aucune parcelle de pain consacré ne se perde.” [19] En fait, le rite actuel par lequel le fidèle, debout, se communie lui-même, a été inventé par l’hérésiarque Calvin (XVIIe s.) pour nier la Présence réelle en laquelle il ne croyait plus. Bref, à notre époque l’Église veut que « Que tout le monde se rappelle que la tradition séculaire est de recevoir l’Hostie dans la bouche. »[20]. Que l’Instruction Redemptionis Sacramentum doive rappeler que « Tout fidèle a toujours le droit de recevoir, selon son choix, la sainte communion dans la bouche. » (n°92) amène au grand jour le « martyre » vécu encore en bien des endroits par les fidèles voulant communier selon la façon indiquée par l’Église… Le sacrement de l’Ordre n’existe pas pour rien, mais, comme son nom l’indique, pour que tout se passe dans l’ordre (Ep 4.16 ; Col 2.19), et l’Ordre divin implique que Jésus-Eucharistie soit adoré, comme un don absolument immérité, avec un infini respect. C’est pourquoi « cette façon de distribuer la Sainte Communion doit être conservée, non seulement parce qu’elle a derrière elle une tradition multiséculaire, mais surtout parce qu’elle exprime le respect des fidèles envers l’Eucharistie. »[21]

Et ce respect s’exprime encore en la position physique typiquement chrétienne de l’adoration qui est la position à genoux (Ex 34.8 ; Ps 95.6 ; Mt 14.33, 28.17 ; Lc 22.41 ; Ac 7.60 ; 9.40 ; 20.36 ; 21.5 ; Ep 3.14…). Si l’Instruction commence par dire que « les ministres sacrés ne peuvent refuser les sacrements aux personnes qui les leur demandent opportunément, sont dûment disposées et ne sont pas empêchées par le droit de les recevoir », en sorte que : « Tout baptisé catholique, qui n’est pas empêché par le droit, doit être admis à recevoir la sainte Communion. », il est significatif qu’elle ne cherche pas à faire aussitôt valoir ce droit pour ceux qui désireraient communier dans la main… mais uniquement pour ceux qui désirent « recevoir l’Eucharistie à genoux ou debout. » (n°91). La station “Debout” est ici certainement évoquée pour désigner le cas de ceux qui ne pouvant se mettre à genoux, ne doivent pas pour ce motif être privés de la communion. Le texte suivant le prouve : « Ils s´agenouilleront pour la consécration, à moins que leur état de santé, l´exiguïté des lieux ou le grand nombre des participants ou d´autres justes raisons ne s´y opposent. Ceux qui ne s’agenouillent pas pour la consécration feront une inclination profonde pendant que le prêtre fait la génuflexion après la consécration. […] Là où il est de coutume que le peuple demeure à genoux depuis la fin du Sanctus jusqu’à la fin de la Prière eucharistique, et avant la communion quand le prêtre dit Ecce Agnus Dei (Voici l’Agneau de Dieu), il sera bon de conserver cette coutume. » [22] Ce texte nous conduit à déplorer encore qu’en de nombreux lieux de culte, après que bien souvent les curés eux-mêmes aient envoyé les agenouilloirs au feu, les fidèles ne se mettent même plus à genoux lors de la consécration… Comment assister à la desente de Dieu venant assumer les espèces du pain et du vin, et ne pas s’associer à son humiliation en s’agenouillant ?! Ce n’est donc pas sans raison, hélas, que l’Église est obligée de « rappeler le grave devoir de recevoir le Corps du Christ selon les conditions spirituelles et corporelles requises. »[23]…

Et à ce titre, on doit encore déplorer dans le saint lieu des tenues vestimentaires négligées, parfois même impudiques, mais aussi le silence des pasteurs à cet égard. Or, si « La nouvelle évangélisation implique de retrouver et de renforcer certaines pratiques pastorales qui manifestent la foi en la Présence réelle du Seigneur sous les espèces eucharistiques »[24], une tenue propre, belle, pudique, fait certainement partie de ces pratiques abandonnées à retrouver

Je termine ce propos en rappelant les prières de réparation enseignées aux Bienheureux enfants de Fatima par l’Ange du Portugal prosterné devant le Saint-Sacrement :

« Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime.
Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas,
qui n’adorent pas,
qui n’espèrent pas,
et qui ne Vous aiment pas. »

« Très sainte Trinité, Père, Fils et Saint Esprit,
je Vous adore profondément
et je Vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ,
présent dans tous les tabernacles de la terre,
en réparation
des outrages, sacrilèges et indifférences
par lesquels Il est Lui-même offensé.
Par les mérites infinis de son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie
je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs. »

Que la Vierge Marie nous aide tous à accueillir son Fils et notre Dieu, la Chair de sa chair, avec la délicatesse et l’amour de son Cœur immaculé…

Voici deux courtes vidéos sur ce sujet :

La distibution de la Communion à Rome, aujourd’hui…
Le respect de la Présence réelle…e
et recueil impressionnant de témoignages en faveur de la communion à genoux et sur la langue.

Statistiques sur la pédérastie dans l’Eglise.

Abbé Guy Pagès

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Le Cardinal Préfet du Culte Divin, Robert Sarah, vient de signer la préface d’un livre qui vient de sortir aujourd’hui en italien et qui dévoile les manigances et les subterfuges qui ont été mis en œuvre pour que la Communion dans la main soit autorisée. Et il adresse cette mise en garde : « Pourquoi nous obstiner à communier debout et dans la main ? C’est question importante sur laquelle l’Église d’aujourd’hui doit se pencher pour repenser complètement la manière de distribuer la Sainte Communion ». Comment ? A commencer par l’Ange de Fatima jusqu’à Mère Teresa en passant par Jean-Paul II qui tous la recevaient dans la bouche et à genoux.

Les bons docteurs et le Magistère de l’Église ont trouvé dans le mot « transsubstantiation » un bastion inexpugnable contre les hérésies et en même temps le terme le plus adapté pour décrire l’amour on ne peut plus réel qui est présent dans les Saintes Espèces, indépendamment des dispositions de l’homme et de sa pensée. Le principe d’immanence, c’est-à-dire l’erreur philosophique selon laquelle ce n’est plus la pensée qui doit s’adapter au réel mais que c’est le réel qui doit être encadré par la pensée, a cherché à infecter même la doctrine Eucharistique : la présence réelle objective (c’est-à-dire l’Amour sans condition) est donc relativisé en fonction de celui qui comprend le signe (transfinalisation) ou de celui qui en est nourri (transsignification).

Recevoir la Communion dans la main entraîne nécessairement une grande dispersion de fragments. Au contraire, l’attention aux plus petites miettes, le soin apporté à la purification des vases sacrés, le fait de ne pas toucher l’hostie avec les mains moites deviennent des professions de foi dans la présence réelle de Jésus qui est là même dans les plus petites parties des Espèces consacrées : si Jésus est la substance du pain Eucharistique, cela ne fait aucune différence si le morceau d’hostie est petit ou grand : la substance est la même, c’est Lui ! Au contraire le manque d’attention aux fragments fait perdre de vue le dogme et peu à peu la pensée qui prévaut c’est : « si même le curé ne fait pas attention aux fragments, s’il administre la Communion de façon à ce que les fragments puissent être dispersés, alors ça veut dire que Jésus n’est pas vraiment en eux, ou alors qu’il n’y est que jusqu’à un certain point ».

Je voudrais à ce sujet prendre l’exemple de deux grands saints de noter temps : Saint Jean-Paul II et Sainte Teresa de Calcutta. La vie entière de Karol Wojtyla a été marquée par un profond respect pour la Sainte Eucharistie. Il suffit de se rappeler des dernières années de son ministère pétrinien : un homme marqué dans son corps par la maladie qui l’a progressivement conduit de façon irréversible vers une dégradation physique presque totale. Mais malgré qu’il soit épuisé et sans force, Jean-Paul II ne se permettait jamais de s’asseoir face au Saint-Sacrement exposé. Qui ne se souvient avec émotion et affection de ces images du Pape Jean-Paul II, écrasé par la maladie, au bout du rouleau mais toujours à genoux devant le Saint-Sacrement pendant le parcours de la procession du Corpus Domini de Saint-Jean-de-Latran à la Basilique de Sainte Marie Majeure ? Même très malade, le Pape s’est toujours imposé de s’agenouiller devant le Saint-Sacrement. Il était incapable de s’agenouiller et de se lever seul. Il avait besoin d’aide pour plier les genoux et pour se relever. Jusqu’à ses derniers jours, il a ainsi voulu donner une grand témoignage de révérence envers le Saint-Sacrement. Pourquoi sommes-nous aussi orgueilleux et insensibles aux signes de Dieu lui-même nous offre pour notre croissance spirituelle et notre relation intime avec Lui ? Pourquoi ne pas nous agenouiller pour recevoir la Sainte Communion sur l’exemple des saints ? Est-ce vraiment tellement humiliant de se prosterner et de rester à genoux devant le Seigneur Jésus-Christ ? Et pourtant, « ayant la condition de Dieu, […] Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la Croix. » (Ph 2, 6-8).

Mère Teresa elle-même s’abstenait de toucher le Corps transsubstantié du Christ, elle l’adorait plutôt et le contemplait en silence, restant longuement à genoux prostrée devant Jésus Eucharistie. En outre, elle recevait la Sainte Communion en bouche, comme un petit enfant qui ne laissait humblement nourrir par son Dieu. La Sainte était très peinée quand elle voyait des chrétiens recevoir la Sainte Communion dans leurs mains.

Pourquoi nous obstiner à communier debout et sur la main ? Pourquoi cette attitude de manque de soumission aux signes de Dieu ? Qu’aucun prêtre n’ose prétendre imposer sa propre autorité sur cette question en refusant ou en maltraitant ceux qui désirent recevoir la Communion à genoux ou sur la langue : approchons-nous comme des enfants et recevons humblement à genoux et sur la langue le Corps du Christ Les saints nous montrer l’exemple. Ils sont les modèles à imiter que Dieu nous offre !

Extrait du livre : « La distribuzione della comunione sulla mano. Profili storici, giuridici et pastorali » publié chez Cantagalli et préfacé par le Préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements, le Cardinal Robert Sarah.

 

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“Par révérence envers ce Sacrement, rien ne Le touche excepté ce qui est consacré » 
(St. Thomas d’Aquin, Somme Théologique, III, Q. 82, a.3)

Ci-dessous, le président de Pologne, Andrzej Duda, ramasse une hostie consacrée tombée par terre. .. La chose serait-elle arrivée si la communion était donnée à genoux et sur la langue avec l’utilisation du plateau ?