ASSEZ ! !

J‘ai écrit l’article ci-dessous il y a plus de dix ans, et je l’ai depuis republié moult fois, en espérant être entendu, mais en vain. J’ai eu beau l’adresser à un évêque d’un diocèse particulièrement touché par la profanation du Saint Sacrement, que je n’ai pas même reçu un accusé de réception, tandis que les profanations continuent d’aller bon train dans son diocèse … Comment comprendre cette inertie épiscopale à mettre en œuvre le code de droit canonique obligeant à rendre inviolables les tabernacles (can. 938 §3) ? Qui sont dès lors les plus gravement responsables de ces sacrilèges, les malfrats ou les évêques ? Dieu peut-Il agréer les messes de réparation dans ces conditions ensuite célébrées ? Il me semble entendre le prophète Isaïe : « N’apportez plus d’oblation vaine : c’est pour moi une fumée insupportable ! Néoménie, sabbat, assemblée, je ne supporte pas fausseté et solennité. Vos néoménies, vos réunions, mon âme les hait ; elles me sont un fardeau que je suis las de porter. (Is 1.11-17) »


Ainsi, a-t-on pu déplorer que dans les diocèses d’Aire et Dax, et Bayonne, entre mai et septembre 2025, près de 27 à 30 églises ont vu leurs tabernacles fracturés, des ciboires et des ostensoirs être volés, des hosties subtilisées Le 16 janvier 2026, dans le diocèse de Rouen, à l’église Saint-Sever, des hosties ont été volées dans le tabernacle de la chapelle du Saint-Sacrement. Du 19-20 février 2026, les églises de Buchy et de Rouvray-Catillon avaient connu ce triste sort. En août 2025, c’était celui de l’église Saint-Loup de Thillois, dans le diocèse de Châlons-en-Champagne : Ciboire avec hosties consacrées volé après effraction de deux tabernacles. Et ce 13 mai 2026 (veille de l’Ascension), cela a été le tour de Notre-Dame de Val-de-Sos, dans le diocèse de Pamiers, Couserans et Mirepoix  …

Ce qui s’est passé le 4 octobre 2025 à Zurich lors d’une messe où le Corps du Christ a été donné à des chiens par leurs propriétaires symbolise bien ce qu’est devenue pour beaucoup l’Eucharistie. L’évêque du diocèse, Mgr Joseph Bonnemain, n’a pas estimé devoir sanctionner les auteurs de ces actes au motif que l’intention sacrilège n’était pas établie. Mais je n’ai vu nulle part qu’il leur ait été interdit désormais de communier, car s’ils sont innocents d’avoir donné la communion à leurs chiens, sont-ils dignes de la recevoir ? « Ne donnez pas ce qui est sacré aux chiens« , demande Jésus (Mt 7.6). Comprend-on encore ce que cela signifie ?

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ASSEZ ! !

J’en ai assez de lire des articles annonçant la profanation de nos églises ! Assez d’apprendre que Jésus présent au tabernacle de celles-ci a été une nouvelle fois l’objet de sacrilèges! Assez de lire les piteuses déconvenues des responsables de ces lieux, alors qu’ils sont en grande partie eux-mêmes responsables de ces attentats contre Jésus-Christ !

En effet, le Code de droit canonique leur fait un devoir de conserver le Saint-Sacrement dans un tabernacle « inamovible, fait d’un matériau solide non transparent et fermé de telle sorte que soit évité au maximum tout risque de profanation. (can. 938 §3) ». Mais qui se soucie encore de ce que demande le Code de Droit canonique ?! « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. (Mt 6.21) » A voir comment est gardé le Saint-Sacrement, on peut donc juger du trésor qu’il représente pour ceux qui sont chargés de sa garde … Que n’est-il pas traité avec au moins autant d’empressement que ne l’est généralement le produit de la quête dominicale, rapidement confié au coffre-fort de la sacristie ! La toute première chose que j’ai faite dans l’église dont j’ai été chargé, a été de sceller un petit coffre-fort dans son tabernacle.1 Qu’attendent donc nos curés pour faire la même chose et nos évêques pour le leur commander ?! Sont-ils excusables de continuer à conserver Jésus-Eucharistie dans des tabernacles que n’importe quel gamin est capable de forcer ?! Qui leur demandera des comptes pour leur négligence dans la conservation du « Trésor spirituel de l’Église » (CEC 1324), de notre Trésor ?!

Je dirais encore à ce sujet que ces profanations ne m’étonnent nullement, tant elles sont prévisibles à la lumière de la Parole du Christ annonçant que le sel dénaturé est voué à être piétiné par les gens (Mt 5.13). En effet, tant que l’on continuera à donner la communion dans la main, et donc à prendre le risque de voir Jésus-Eucharistie, sous l’espèce d’une miette du pain consacré, tomber à terre et être piétiné par les fidèles eux-mêmes, il n’y a pas de raison qu’Il ne soit pas aussi piétiné par ceux qui ne Le connaissent pas ― si tant est que les autres Le connaissent encore ! Honte donc aux Responsables de l’Église qui méprisent cet appel répété de l’Église :

« Que tout le monde se rappelle que la tradition séculaire est de recevoir l’Hostie dans la bouche. (Congrégation pour le Culte divin, Notitiae, mars 1999) » ;

«Il faut maintenir l’usage du plateau pour la communion des fidèles, afin d’éviter que la sainte Hostie, ou quelque fragment, ne tombe à terre. (Redemptionis Sacramentum, n°93, 2004) » !

Et que l’on ne vienne pas me dire que les prêtres sont tenus de donner la communion dans la main en vertu d’un prétendu droit que les fidèles auraient de la recevoir ainsi.

Jusqu’à quand, refuserons-nous de nous convertir tout en prétendant prêcher la conversion aux autres ?!

Abbé Guy Pagès


02 août 2018
Profanation d’hosties en Espagne : l’artiste sacrilège bientôt devant la CEDH ?
De Nicolas Bauer dans La Nef :

« Une association chrétienne espagnole a déposé une requête à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) avec l’aide de l’ECLJ, à la suite de la profanation d’hosties consacrées par l’« artiste » Abel Azcona. L’« œuvre d’art » litigieuse était composée de 242 hosties subtilisées au cours de plusieurs messes puis arrangées sur le sol pour former le mot « pederastia ». L’« artiste » s’est ensuite photographié nu avec son « œuvre » et a exposé les photos dans des locaux prêtés par la ville de Pampelune.

Cette affaire pose deux questions majeures. La première est de la compétence de la Cour de Strasbourg : les juridictions espagnoles ont-elles effectué une juste mise en balance entre le droit à la liberté d’expression de l’« artiste » et le « droit à la protection des sentiments religieux en tant que composante de la liberté religieuse » ? Pour en juger, nous pouvons espérer que la CEDH soit attentive à plusieurs aspects de l’affaire, qui pourraient jouer en la défaveur d’Abel Azcona.

En particulier, l’« artiste » a assumé avoir utilisé des hosties consacrées afin d’offenser les catholiques. Le juge espagnol qui a donné raison à Abel Azcona a également fait preuve d’une hostilité et d’un mépris évidents envers la foi chrétienne. Par ailleurs, l’exposition a été subventionnée par la mairie alors même que l’« artiste » a pu vendre sa création près de 300 000 euros. Si la CEDH accepte la requête, l’ECLJ lui présentera des observations afin de développer ces points.

La deuxième question est du ressort de l’Église. Pour voler 242 hosties consacrées, l’« artiste » a tout simplement communié dans la main, sans consommer les hosties. Si les exigences prévues par les textes en vigueur sur l’Eucharistie avaient été respectées, cela aurait dû permettre d’éviter une profanation aussi grave et massive. En pratique, cependant, le Christ semble avoir été réduit à un objet à la disposition de tous, que le prêtre donne tel un distributeur automatique et que les laïcs prennent tels des consommateurs.

Ce constat malheureux pourrait avoir un impact indirect sur le raisonnement juridique de la CEDH. La Cour juge légitime de protéger les croyances en cas de « haut degré de profanation », qui doit être établi à partir du degré de sacralité de l’objet profané. Or, celui-ci n’est pas évalué à partir du catéchisme et du droit canonique, mais des « croyances et convictions religieuses intimes des personnes ». La CEDH pourrait considérer, selon sa logique, que les catholiques espagnols ont une sensibilité religieuse attachant une importance faible à l’Eucharistie. Les juges minimiseraient alors, en s’appuyant sur le vécu subjectif des catholiques, le degré de sacralité des hosties consacrées et par conséquent le « degré de profanation » de l’acte sacrilège d’Abel Azcona.

Pour éviter ce relativisme, il est essentiel de témoigner en pratique du mystère de l’Eucharistie. Nous pouvons à ce titre nous réjouir des réactions fortes de l’Église espagnole, qui ont signifié l’offense grave subie par le Christ et ainsi la sacralité des hosties. L’archevêque de Pampelune, Mgr Francisco Perez, a célébré une messe de réparation le 25 novembre 2015 à laquelle plus de 4500 personnes ont participé. Il a rappelé à cette occasion que « l’Eucharistie constitue le sommet de l’action de salut de Dieu », par la présence réelle de Jésus. Il a fini son homélie par une prière : « Je demande à Marie du Tabernacle de nous aider à être des témoins vivants du Christ Eucharistie ».

De nombreux laïcs ont rendu un magnifique témoignage en priant agenouillés devant les photos d’hosties de l’exposition ou devant la porte du bâtiment où celle-ci a eu lieu. Des rosaires et manifestations publics ont également été organisés et une pétition a recueilli 115 000 signatures. Ces réactions sont un excellent moyen de montrer à la CEDH la force et la violence de l’atteinte portée aux sentiments religieux des catholiques.

Au-delà de ces actes de réparation, la profanation d’Abel Azcona pourrait être l’occasion de redécouvrir plus pleinement « l’expression de la foi et de l’amour que tous doivent avoir pour ce sublime Sacrement ». Les catholiques espagnols, en particulier la Conférence épiscopale d’Espagne, pourraient ainsi suivre l’impulsion initiée par le pape Benoît XVI et s’inspirer des nombreuses réflexions actuelles sur l’Eucharistie. Il est urgent, en Espagne et en Europe, de redonner à Jésus-Hostie l’adoration qui lui est due. »


Profanation à l’église Saint-Étienne de Tonnay-Charente (Charente-Maritime) le 9 novembre 2019 :

 

Profanation du Saint Sacrement

Faut-il recevoir la communion dans la main ?

eucharist-stomp

 

  1. Après, je n’en ai plus eu l’occasion : plus aucune autre église ne m’a été confiée, et celle-ci m’ayant d’ailleurs été fort rapidement retirée. []