Annonce de l’islam dans l’Evangile : 0’22”
Nous avons le même Dieu : 3′
Pourquoi chrétiens et musulmans n’ont pas le même Dieu ? : 4’20
L’essentiel doctrinal de l’islam : 5’33
Le péché des chrétiens : 5’50
Démonstration de l’existence et de l’unicité de Dieu : 6’15
Stratégie et définition de l’islam : 8’32
Le but de l’islam : 13’02
Trois monothéismes ? : 14’04
Bref exposé sur la Sainte Trinité : 15″50
Quel fondement pour le dialogue interreligieux ? 16’28
Islam et dialogue interreligieux : 17’05
Islam et New-Age : 17’50
Abraham, père de tous les hommes ? : 21’26
La descendance d’Ismaël : 23’42
Effacement de la révélation chrétienne au profit de l’islam via la religion primordiale : 25’23
Effacement de la révélation chrétienne au profit de l’islam via le progrès de la Révélation : 26’50
L’islam supplanterait le christianisme comme celui-ci aurait supplanté le judaïsme : 28’10
L’œuvre de Jésus : 32’20
Qui peut venir APRES le Christ, sinon l’Antichrist ? 33’51
La Messe ou la raison de la venue du Messie : 34’55
Nostra Aetate n°3 : 38’06’
Amalgame musulman/islam : 43’06
Est-ce que la division des chrétiens ne procède pas en réalité de manipulations politiques étrangères aux uns et aux autres ? 45’45
Quel est le but du dialogue interreligieux du côté de l’Eglise ? 48’15
Qui sauve, Dieu ou les chrétiens ? 49’08
Quel salut pour les non-chrétiens ? 52.40

(L’islam se présente comme ayant “le même Dieu”, comme étant “la suite historique du christianisme”, comme apportant “la religion” : quel regard chrétien sur ces affirmations ?)
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 « Cf. La parabole de l’ivraie dans le champ (Mt 13.23-43).
« Ces hommes-là sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres de Christ. Et cela n’est pas étonnant, puisque Satan lui-même se déguise en ange de lumière. Il n’est donc pas étrange que ses serviteurs aussi se déguisent en apôtres de justice. Leur fin sera selon leurs œuvres. (2 Co 11.13-15) »
Combien de jeunes Occidentaux, vaguement chrétiens, se convertissant à l’islam, avouent ne pas avoir vu de difficulté à le faire au regard de la foi chrétienne qu’ils avaient reçue : un seul Dieu (« Allah est notre Seigneur et le vôtre. (Coran 2.139) », la référence à la Révélation hébréo-chrétienne (« Nous croyons en ce qu’on a fait descendre vers nous et descendre vers vous, tandis que notre Dieu et votre Dieu est le même, et c’est à Lui que nous nous soumettons.(Coran 29.46) »), avec des personnages portant les mêmes noms (Abraham, Marie Mère de Jésus, Moïse, etc.), et l’islam venant après le christianisme, quoi de plus normal, de plus désirable même, qu’une dernière mise à jour ? « Puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu, alors nous avons tous le même. Après tout, nos différences ne peuvent être que secondaires à côté de l’essentiel, qui est de reconnaître l’existence et l’unicité de Dieu (Cf. Coran 14.52) ». Voilà le discours que l’on retrouve même dans la bouche de certains chrétiens.
Or, ce propos est typiquement musulman en ce qu’il réduit la Révélation divine à la seule affirmation de l’existence et de l’unicité de Dieu. « Dis: ‹Allah est témoin entre moi et vous que ce Coran m’a été révélé pour que je vous avertisse qu’il n’y a pas d’autres divinités qu’Allah. (…) Il n’y a qu’une Divinité Unique, et moi, je désavoue ce que vous Lui associez. (Coran 6.19 ; 2.163 ;16.22) » Comment ne pas entendre saint Jacques disant : « Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien ; les démons le croient aussi… et ils tremblent ! (Jc 2.19) » Et en effet, nul besoin d’une révélation divine pour comprendre que Dieu existe et qu’Il est unique : la raison humaine y suffit (Rm 1.18-20) ! [Preuves de l’existence de Dieu] Autrement dit, pour saint Jacques, il ne suffit pas d’être musulman pour être sauvé, mais être musulman revient à se trouver dans la situation des démons ! Les chrétiens, depuis 2000 ans, commencent leur Credo en disant « Je crois en un seul Dieu », tout comme les juifs. Dès lors, si l’islam, se faisant gloire d’enfoncer une porte ouverte, n’a pas autre chose à proclamer que ce que juifs et chrétiens, et d’autres avec eux, savaient déjà, est-il autre chose qu’une imposture de l’Antichrist ? Saint Jean, six siècles avant la venue de l’islam en donne la définition en donnant celle de l’Antichrist : « Qui est menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ? Celui-là est l’antéchrist, qui nie le Père et le Fils. ( 1 Jn 2.22) » / « Dis: ‹Il est Allah, Unique. (…) Il n’a jamais engendré, et n’a pas été engendré non plus.. (Coran 112.1-4) »

En fait, le but de l’islam est de prendre appui sur cette prétendue défense de l’unicité divine ― qui n’est pourtant remise en cause par personne !―, pour détruire la foi chrétienne : « Ô gens du Livre (Chrétiens), n’exagérez pas dans votre religion, et ne dites d’Allah que la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n’est qu’un Messager d’Allah (…) Croyez donc en Allah (…) Et ne dites pas ‹Trois›. Cessez! Ce sera meilleur pour vous. Allah n’est qu’un Dieu unique. Il est trop glorieux pour avoir un enfant. (4.171) » Pour l’islam, professer l’unicité divine, ce n’est pas tant affirmer l’unicité de l’essence divine qu’écarter formellement la notion de Trinité et donc celle de personne divine, et donc l’incarnation, et donc la Rédemption. L’opposé du monothéisme musulman est désigné par le mot arabe shirk, désignant le seul péché irrémissible qui consiste à donner des associés à Dieu, y compris l’idée même d’incarnation de Dieu (Coran 2.116 ; 3.64 ; 4.48,116,171 ; 5.17,73,75,116 ; 6.20-24,101 ; 9.30,31 ; 19.35 ; 31.13 ; 112.3…). Les chrétiens sont appelés moushrikoûn, associateurs, ou encore polythéistes (Coran 43.81). Le péché des chrétiens est pire même que l’idolâtrie, puisque Allah pardonne celui-ci (Coran 2.51), mais ne pardonne pas celui-là (Coran 4.48,116 ; 9.113 ; 3.90). « Allah ne pardonne pas qu’on lui associe [d’autres dieux] (Coran 4.48 ; 8,116 ; 9.113 ; 3.90) ». C’est pourquoi Allah châtie les chrétiens (Coran 33.73), qui ne sont qu’impureté (Coran 9.28) , les plus viles des bêtes (Coran 8.55) et les voue tous au feu de l’Enfer (Coran 5.72 ; 9.17 ; 48.6 ;98.6). Parce que l’associationnisme qui caractériserait la foi chrétienne (cf. Coran 3.64 ; 4.48,116,171 ; 5.73,116 ; 6.20-24,101 ; 9.31 ; 112.3…) est pire que le meurtre, et que la sanction du meurtre est la peine de mort, les chrétiens méritent donc plus que quiconque la mort (Coran 2.191 ; 9.30). C’est la raison pour laquelle Allah châtie les chrétiens (Coran 33.73) et que les musulmans doivent les tuer sans relâche (Coran 3.152). Voilà pourquoi le très médiatique anthropologue Malek Chebel n’avait pas honte d’écrire à propos de la Trinité : « Le Coran invite fermement à ne point y recourir, le trithéisme étant un associationnisme de fait. (Dictionnaire des symboles musulmans, Albin Michel, 2005, p.425) » Après deux mille ans pendant lesquels les chrétiens n’ont pas cessé de professer leur Credo commençant par : « Je crois en un seul Dieu (Mc 12.32) », et avec le niveau d’étude qui était le sien, comment cet auteur peut-il affirmer, sans mauvaise foi, que le christianisme est un trithéisme ? Ou comment être musulman sans condamner le christianisme, même à tort ?

Croire que le dogme de la Trinité se rajouterait à celui de l’Unicité divine est un rejet pur et simple de la Révélation que Dieu nous a faite de Lui-même. Car le dogme de la Trinité ne se rajoute pas à celui de l’unicité divine, mais en exprime l’essence ! En effet, la trinité des personnes, et chacune d’Elles en particulier, sont l’Essence divine elle-même. La foi en la Trinité n’altère pas la reconnaissance de l’unité divine, comme veulent le croire islam et judaïsme pour se justifier de la refuser, mais en manifeste l’inconcevable profondeur et richesse de Sa vie, qui est communion de personnes. « En Dieu, chaque personne est en chaque personne, et toutes en chacune, et chacune en toutes, et toutes en toutes, et toutes ne sont qu’un seul et même être. (Saint Augustin, De Trinitate) » Mystère de Dieu qui est Amour (1 Jn 4.8,16). Pourquoi l’unicité serait-elle solitude, et non pas plénitude ?
Comme je l’ai rappelé, savoir que Dieu existe est une vérité accessible à la raison naturelle, qui ne nécessite absolument aucune révélation surnaturelle, par contre, connaître qui est Dieu, et Le connaître comme Il Se connaît Lui-même, cela est autre chose, et n’est possible qu’à l’écoute de Sa parole. (« L’homme bon tire de bonnes choses du bon trésor de son cœur, et le méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor; car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle. (Lc 6.45) ») Si Dieu a parlé, c’est justement pour Se faire connaître. Mais chrétiens et musulmans ne se réfèrent pas à la même Parole de Dieu. Ils ne connaissent donc pas le même Dieu …

Néanmoins, pour se donner une légitimité, l’islam a réussi à faire croire à sa parenté avec le judaïsme et le christianisme en faisant croire qu’ils appartiendraient à la même Révélation hébréo-chrétienne, auraient en commun d’être monothéistes, que croire en un seul Dieu serait l’essentiel, ce en quoi consisterait la vraie religion. Cette conception est très prisée par le dialogue inter-religieux, cherchant un lieu commun permettant à toutes les religions de se reconnaître et de communiquer, le plus dénominateur commun étant le plus universel s’avère aussi finalement être l’élément le plus fondamental, celui qui transcendant toutes les confessions de foi donne accès à la substance même de la religion. Cette façon de voir est portée par le mouvement aujourd’hui très puissant qui informe toute la post-modernité, significativement appelé « Nouvel Âge » (New Age). Si vous ne l’avez pas déjà lu, je vous recommande la lecture du document « Jésus Christ, le Porteur d’eau vive », publié par Conseil Pontifical pour la Culture en 2003, qui présente ce mouvement en comparaison avec la foi chrétienne. C’est vraiment très instructif et passionnant. Le Nouvel Age, qui prétend apporter la paix à l’humanité par la réunification de toutes les religions en une seule, la religion primordiale, consonne très bien avec l’islam qui se prétend l’unique et vraie religion donnée à l’aube de l’humanité (Coran 30.30) … L’un et l’autre, à la différence du Christianisme, nient l’histoire. C’est ainsi qu’Islam et Nouvel Age voient la vérité chrétienne enfouie dans le Coran, tandis que l’islam serait la dernière mise à jour du christianisme. Ce mythe n’a cessé de montrer son nez au long de l’histoire. On le voit par exemple apparaître avec le cardinal Nicolas de Cues (1401-1464), qui promouvait lui-aussi en son temps l’unification des religions en une seule, et pour cela proposait « d’entrer dans les ténèbres que sont l’admission des contraires » par l’adoption du « principe de la coïncidence des opposés » … ou comment dire tout et son contraire en même temps ! Selon cette chimère, derrière la variété des rites, des pratiques, et même des doctrines, toutes les religions s’enracinent dans la seule et vraie religion, qui ne s’identifie évidemment pas avec le catholicisme. Que dire de la Déclaration sur la fraternité humaine selon laquelle Dieu voudrait la pluralité des religions, signée à Abou Dhabi par le Pape François en février 2019 ? Mais si Dieu veut la pluralité des religions, pourquoi évangéliser ? Pourquoi vouloir faire de toutes les nations des disciples par le baptême, si Dieu veut qu’ils ne soient pas catholiques ?

Plus récemment, en Irak, François déclarait : « juifs, chrétiens et musulmans, avec nos frères et sœurs d’autres religions, nous honorons notre père Abraham ». Or, Jésus a affirmé être la seule vraie descendance d’Abraham (Jn 8.56), en sorte que seuls ceux qui sont unis au Christ sont avec Lui la seule descendance d’Abraham. Je vous rappelle ce passage d’Evangile —jamais cité, bien sûr ! où Jésus dit cela : « Je dis ce que j’ai vu chez mon Père ; et vous, vous faites ce que vous avez entendu auprès de votre père. Les Juifs lui répondirent : Notre père, c’est Abraham. Jésus leur dit : Si vous étiez enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham. Or vous cherchez à Me tuer, Moi qui vous ai dit la vérité que J’ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l’a pas fait. Vous faites les œuvres de votre père. Ils lui dirent : Nous ne sommes pas des enfants illégitimes ; nous avons un seul Père, Dieu. Jésus leur dit : Si Dieu était votre Père, vous M’aimeriez, car c’est de Dieu que Je viens (…) Pourquoi ne comprenez-vous pas Mon langage ? C’est que vous (…) avez pour père le diable … (Jn 8.38-45 ; Lc 3.8) » Jésus dit clairement que ceux qui ne veulent pas croire en Sa divinité ne sont ni fils de Dieu ni fils d’Abraham … Non, chrétiens, « juifs, musulmans, et nos frères et sœurs d’autres religions » n’ont pas de parenté commune en Abraham. Alors que le musulman revendique la filiation charnelle d’Abraham, par Ismaël, pourtant figure du péché puisqu’issu du seul commerce charnel, et qui plus en dehors du mariage, filiation charnelle revendiquée aussi par le judaïsme (Ga 4.21-31 ; Jn 1.13 ; 8.39), le chrétien, lui, revendique la filiation spirituelle d’Abraham, issue de sa foi et figurée par la conception miraculeuse d’Isaac. Il y a donc entre musulmans, juifs et chrétiens, l’opposition irréductible qui existe entre le péché et la grâce, opposition figurée par les conceptions différentes d’Ismaël et d’Isaac (Ep 4.22-24 ; Ga 5.17 ; Col 3.9-10). Laisser entendre que nous partagerions avec les juifs et les musulmans un même monothéisme, une même filiation en Abraham, revient à rejeter la foi chrétienne pour épouser la foi musulmane.

L’amalgame entre le Dieu chrétien et Allah se retrouve évidemment au niveau de leurs révélations : « Dites: ‹Nous croyons en Allah [Quel Allah ?] et en ce qu’on a fait descendre vers Abraham et Ismaël et Isaac et Jacob et les Tribus, et en ce qui a été donné à Moïse et à Jésus (…) nous ne faisons aucune distinction entre eux. Et à Lui nous sommes Soumis›. (…) ‹Nous suivons la religion d’Allah! Et qui est meilleur qu’Allah en Sa religion? C’est Lui que nous adorons›. (…) Ou bien direz-vous qu’Abraham, Ismaël, Isaac et Jacob et les tribus étaient Juifs ou Chrétiens ? Êtes-vous plus savants qu’Allah?›[culpabilisation, manipulation] (2.136-140) » C’est ainsi qu’après s’être converti au christianisme, Mahomet Ahmed Higazi ayant demandé à l’Administration égyptienne que soit enregistré son changement de religion —laquelle doit figurer sur sa carte d’identité —, la Haute Cour administrative d’Égypte a rejeté (le 29 janvier 2008) sa demande au motif (tenez-vous bien) que : « les religions monothéistes ayant été envoyées par Dieu selon un ordre chronologique, le fait de revenir de la religion la plus récente à une plus ancienne n’a pas de sens. »

L’idée est donc que l’islam supplante le christianisme, comme celui-ci l’aurait fait du judaïsme (Coran 2.89,91,101 ; 3.3,65,81 ; 4.47 ; 5.48 ; 42.13). Or, au temps de Jésus de Nazareth, Israël attendait, promis par les Saintes Écritures, le Messie (Gn 3.15 ; 49.10 ; Dt 18.15 ; 2 S 7.1, 8_17 ; Ps 20.7 ; Is 7.14 ; 49.6-7 ; Mi 4.14 ; 5.1-4 ; Os 2.20), par qui les promesses de Dieu s’accompliraient, et la Nouvelle et Éternelle Alliance serait scellée dans Son Sang au bénéfice de tous les peuples (Is 55.3 ; 61.8 ; Jr 31.31-33 ; 32.40 ; Ba 2.35 ; Ez 11.19 ; 16.60 ; 34.25 ; 36.25-27 ; 37.26 ; Os 2.20). A la différence d’Israël qui, dans la personne de ses chefs L’a rejeté, les chrétiens ont accueilli le Messie en Jésus de Nazareth. Ils n’attendaient donc personne lorsque vint Mahomet, sinon le Retour de Jésus glorieux … C’est pourquoi, en dépit de ce que les musulmans imaginent, la situation des chrétiens vis-à-vis des musulmans n’est pas analogue à celle des Juifs vis-à-vis des chrétiens.
Les musulmans ont beau s’appuyer sur le fait que l’islam est historiquement survenu après le christianisme pour penser qu’il lui serait nécessairement supérieur, qu’ils ne peuvent éviter ces contradictions qui discréditent leur propos, à savoir :

a) Tout ce qui est chronologiquement postérieur n’est pas nécessairement supérieur ou meilleur. La preuve en est que la décadence, la déchéance, la perversion, la pourriture, viennent nécessairement après une période de perfection qu’elles corrompent.
b) Se légitimant du fait de venir après le christianisme, l’islam renie cependant aussitôt ce progrès pour revenir sous la loi judaïque (Rm 3-13 ; Ga 4).
c) Pendant six siècles le christianisme a très bien vécu sans l’islam… preuve qu’il n’a pas besoin de l’islam pour exister. Par contre l’islam ne peut pas exister sans le christianisme, puisque sa raison d’être est précisément de délivrer le monde de la foi chrétienne (Coran 2.193). Le mensonge ne peut jamais venir qu’après la vérité.
d) Les prophètes ont eu pour mission d’annoncer la venue du Sauveur (Mt 13.16-17). Après Sa venue, quel serait le sens de la venue d’un nouveau prophète ?
e) Si Mahomet est un prophète comme un autre (Coran 2.136 ; 3.144), on ne voit pas pourquoi la liste des prophètes devrait s’arrêter avec lui…
f) Mais en le prétendant, l’islam s’approprie le rôle du Christ, et dévoile ainsi sa nature d’Antichrist. Suffit-il de se mettre à la remorque du dernier prophète autoproclamé pour faire la volonté de Dieu ? Pourquoi ne pas plutôt suivre Mirza Husayn Ali, qui fonda la religion bahaïe en 1863, ou Mirza Ghulan Ahmed, qui fonda l’ahmadisme en 1889, ou bien quelqu’un d’autre plus récent encore qui ne manquera pas lui aussi d’assurer être envoyé par Dieu ?

Seule une vision superficielle, anhistorique, idéologique, peut faire croire que toutes les religions se valent. Le Christ est venu accomplir la promesse portée par les prophètes d’Israël de la venue du Messie, le Sauveur, ouvrant l’Alliance scellée entre Dieu et Abraham, puis avec le peuple hébreu, à l’ensemble de l’humanité (Mt 13.16-17), expiant par Sa mort nos péchés et par Sa résurrection nous ouvrant les portes de la vie éternelle. Qu’est-ce que l’islam pourrait apporter de plus ? Si « l’économie chrétienne, du fait qu’elle est l’Alliance nouvelle et définitive, ne passera jamais [en sorte qu’] il n’y a plus à attendre de nouvelle révélation officielle avant l’apparition en Gloire de Notre Seigneur Jésus-Christ (Concile Vatican II, Dei Verbum, n°4) », un chrétien peut-il affirmer que « Dieu […] sanctifie par la voie de l’islam (Christian de Chergé, L’Invincible espérance, Paris, Bayard/Centurion, 1997, p.187) » ?

La confusion du semblable — sujet de mon intervention —, est à son comble lorsque elle est enseignée même en notre Eglise. Les musulmans savent alors s’en servir pour se conforter dans leur égarement et tenter de disqualifier les évangélistes catholiques … C’est ce que fit récemment Marwan Muhammad, l’ex-porte-parole du Collectif Contre l’islamophobie en France, qui m’a opposé les textes du concile Vatican II, tel celui-ci : « Le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui, professant avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique [Non le même Dieu unique], miséricordieux, juge des hommes au dernier jour. (Concile Vatican II, Lumen Gentium, 16) » Je lui ai alors montré que :

a) Ce texte ne parle pas de l’islam, mais des musulmans — Nuance !
b) Que le dessein de salut enveloppe aussi les musulmans ne dit rien d’autre que Dieu voulant le salut de tous les hommes, veut aussi celui des musulmans. Ce qui implique nécessairement leur conversion au christianianisme (Jn 3.5 ; Mc 16.16) ;
c) Une chose est de “professer avoir la foi d’Abraham”, et autre chose est de l’avoir !
d) Que Le Dieu unique qu’ils adorent avec nous n’étant pas ici défini par la révélation coranique, il faut comprendre qu’ils peuvent L’adorer indépendamment de la fausseté de leur religion, à l’instar des Athéniens à qui saint Paul dit : « Ce que vous adorez sans le connaître, je viens, moi, vous l’annoncer (Ac 17.23) »

Si donc « l’Église regarde avec estime les musulmans qui adorent le Dieu un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes (Nostra Aetate, n°3) », elle ne le fait que dans l’imitation de Jésus reconnaissant le bien qu’il peut y avoir même chez des hérétiques (Lc 10.30-37), ce qui ne doit pas nous empêcher de leur dire avec Lui : « Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons. (Jn 4.22) »