N.B. : Les chiffres placés entre parenthèses (…) désignent une citation coranique, dont le premier chiffre, suivi d’un point, indique le numéro de la sourate, et le suivant, celui du verset (ex. 62.14). Lorsque le premier chiffre est précédé d’une abréviation lexicale, la citation est tirée de la Bible (ex. Jn 3.12), et lorsqu’il est précédé d’un seule lettre majuscule, il indique un article d’un des vingt six chapitres de cette série “Réponses aux musulmans” (ex. L 11).

— 1 Au temps de Jésus-Christ, Israël attendait la venue du Messie, promis par les Saintes Écritures (Gn 3.15 ; 49.10 ; Dt 18.15 ; 2 S 7.1, 8_17 ; Ps 20.7 ; Is 7.14 ; 49.6-7 ; Mi 4.14 ; 5.1-4 ; Os 2.20 ; Is 7.14), la venue de Celui par qui les promesses de Dieu s’accompliraient, par qui la Nouvelle et Éternelle Alliance serait scellée (Is 55.3 ; 61.8 ; Jr 31.31-33 ; 32.40 ; Ba 2.35 ; Ez 11.19 ; 16.60 ; 34.25 ; 36.25-27 ; 37.26 ; Os 2.20). A la différence du peuple juif qui, dans la personne de ses chefs, L’a rejeté, les chrétiens L’ont reconnu et accueilli en Jésus de Nazareth. Ils n’attendaient donc personne lorsque Mahomet est venu… sinon Jésus en gloire venant juger les vivants et les morts. C’est pourquoi, en dépit de ce que les musulmans disent, la situation des chrétiens vis-à-vis des musulmans n’est pas analogue à celle des Juifs vis-à-vis des chrétiens. La négation de la spécificité de l’Eglise à l’égard d’Israël peut-elle engendrer pour l’islam autre chose que difficultés relationnelles, troubles du comportement, sentiments de persécution, jalousies et violences ?

— 2 S’étant converti au christianisme, Mahomet Ahmed Higazi a demandé à l’Administration égyptienne que soit enregistré le changement de sa religion, laquelle doit figurer sur sa carte d’identité. La Haute Cour administrative d’Égypte a rejeté le 29 janvier 2008 sa demande au motif que : les religions monothéistes ayant été envoyées par Dieu selon un ordre chronologique, le fait de revenir de la religion la plus récente à une plus ancienne n’a pas de sens. Les musulmans veulent croire que parce que l’islam est historiquement survenu après le christianisme, il lui serait nécessairement supérieur. Cette croyance s’évanouit à la considération des vérités suivantes :

a)     Tout ce qui est chronologiquement postérieur n’est pas nécessairement supérieur ou meilleur. La preuve en est que la décadence, la déchéance, la perversion, la pourriture, viennent nécessairement après une période de perfection qu’elles corrompent.

b)     Se légitimant du fait qu’il vient après le christianisme et donc lui serait supérieur, l’islam renie cependant aussitôt ce progrès pour revenir à la situation d’avant le christianisme, sous la loi judaïque (Rm 3-13 ; Ga 4).

c)     En prétendant n’être rien d’autre que ce qu’était le christianisme originel, l’islam nie leur différence essentielle, dont pourtant l’histoire rend compte.

d)    Écrasant l’histoire, l’islam empêche la personne humaine d’accéder à l’identité, à la conscience de soi, qui ne se trouve que progressivement, dans la relation à la mémoire, et au vrai Dieu, dont la Révélation se fait nécessairement elle-aussi dans et par l’histoire.

e)     Comment les musulmans peuvent-ils penser assurer leur salut du fait que Mahomet est survenu après Jésus, alors que Jésus nous a mis en garde contre la venue de faux prophètes et autres antichrists (Mt 24.4,11,24 ; 1 Co 15.1 ; 2 Co 11.4 ; Ga 1.9, 4.28-31 ; 2 P 2.1-3 ; 1 Jn 2.22-27 ; 4.2-3 ; 2 Jn 7-11 ; Jude 18-19 ; Ap 16.13 ; 19.20 ; voir I 18), et que la Bible qui en rend témoignage date de bien avant la venue de l’islam, en sorte qu’elle ne peut être soupçonnée d’avoir été falsifiée dans le but de dénigrer l’islam ?

f)      Pendant six siècles le christianisme vivait très bien sans l’islam… preuve qu’il n’a pas besoin de l’islam pour exister. Par contre l’islam ne peut pas exister sans le christianisme, puisque sa raison d’être est précisément de délivrer le monde de la foi chrétienne (2.193). N’est-ce pas que le mensonge ne peut jamais venir qu’après la vérité ?

g)     L’islam se donne la mission de conduire l’humanité à son âge d’or, qu’aurait été la geste de Mahomet au VIIe siècle… Or, Mahomet a-t-il jamais apporté le bonheur sur terre ? Comment les musulmans peuvent-ils penser faire mieux que lui ?

h)    Suffit-il de se mettre à la remorque du dernier prophète autoproclamé pour être assuré de faire la volonté de Dieu ? Pourquoi ne pas plutôt suivre Mirza Husayn Ali, qui fonda la religion bahaï en 1863, ou Mirza Ghulan Ahmed, qui fonda l’ahmadisme en 1889, ou bien quelqu’un d’autre plus contemporain qui ne manquera pas lui aussi d’assurer être envoyé par Dieu ?

— 3 Si l’islam est la religion d’Adam (19.58), en sorte qu’Adam est le premier monothéiste, et non Abraham (2.135), comment l’islam pourrait-il être la même religion que le judaïsme et le christianisme originels… puisque ceux-ci n’ont jamais prétendu être la religion d’Adam ? Et comment Adam, Abraham, Moïse ou Jésus auraient-ils pu être musulmans puisqu’ils auraient été incapables de lire le Coran, qui est écrit en arabe, langue qui n’existait pas à leur époque ?

— 4 Les musulmans veulent croire que l’islam est la seule vraie religion, la religion originelle donnée aux hommes avant même leur création (30.30), qu’ils auraient ratifiée par un pacte éternel (7.172), en sorte que tout homme naîtrait musulman, et que les non-musulmans seraient des parjures monstrueux à éliminer.[1] Pourquoi l’histoire ne dit-elle pas comment les hommes ont pu s’engager avant même d’exister ?

— 5 Le Coran ruine lui-même la croyance islamique selon laquelle l’islam serait le rétablissement de la religion originelle (2.41,89,91,97,101 ; 3.3,58 ; 4.47 ; 5.48 ; 6.90 ; 30.30) puisqu’après avoir affirmé qu’au commencement Dieu créa un seul homme et une seule femme (4.1 ; 39.6), il institue la polygamie (4.3 ; 33.49-52,59). Puisque le Coran ne rétablit pas le régime matrimonial originel (ce qu’a fait Jésus : Mt 19.1+), comment l’islam pourrait-il être le rétablissement de la religion originelle ?

— 6 Si l’islam, venant après le christianisme, est un rappel (21.10), celui de la Révélation judéo-chrétienne, quel sens aurait eu ce rappel pour des polythéistes arabes auquel l’apologétique musulmane prétend que Mahomet s’adressait (56.46 ; Bukhari n°2888 ; Muslim n°1637) ? Pourquoi le Coran est-il rempli d’injonctions à distinguer entre les bons et les mauvais Juifs (2.70,105,111,113,120,135,137,140 ; 4.46,160 ; 5.41,64,69 ; 29.46-47…), sinon parce que l’islam était lui-même à son origine une secte du judaïsme, et non une prédication aux polythéistes de la Mecque, qui n’existait par encore (Voir Z 12,15) ?

— 7 Certes, il y a des personnages qui portent le même nom dans le Coran et dans la Bible, ce qui laisserait penser qu’il s’agit des mêmes personnages. Mais le nom de ces personnages est la seule chose qu’ils ont en commun ! En effet, si dans le Coran Abraham est le modèle parfait du bon musulman (2.135), parce qu’il s’est soumis en tout à Dieu (3.67) en accomplissant ses commandements (2.124), dans la Bible, Abraham est vénéré non pas parce qu’il a accompli les commandements qui ne furent donnés par Moïse que 400 ans plus tard, mais en raison de sa confiance en Dieu (Gn 17 ; He 11.17 ; Jc 2.23). De même, il y a méprise sur l’identité d’Hamann, ministre d’Assuérus roi des Perses (cf. le Livre d’Esther), que le Coran identifie à un ministre de Pharaon du temps de Moïse (40.38). La Mère de Jésus est confondue avec une autre Marie, qui vécut quatorze siècles plus tôt, la sœur de Moïse et d’Aaron (19.28). Jésus est dit être le Messie (4.171,172 ; 5.17,72,75 ; 9.31), mais, comme nous l’avons dit (Voir G 31), ce titre est vidé de sa signification. De fait, si un musulman croyait que Jésus est le Messie, c’est-à-dire le Sauveur universel attendu par les Juifs et reconnu par les chrétiens (Jn 6.33 ; Ac 5.31 ; 13.23-25 ; 1 Jn 2.2), ne demanderait-il pas le baptême ? De même que Issa n’est pas Jésus, le Fils de Dieu, mort et ressuscité, Allah n’est pas le Dieu des chrétiens. En sus des noms propres, les noms communs eux-mêmes ont des significations différentes. Ainsi, lorsque Mahomet appelle à la chasteté, cela signifie ne coucher qu’avec ses esclaves (70.29-30 ; 78.31-34), ou qu’avec des prostituées rémunérées (5.5), et la paix avec les non-musulmans n’est qu’une trêve. Bref, quel dialogue avec l’islam ?[2]

— 8 Combattez à mort les polythéistes sans exception, comme ils vous combattent sans exception, et sachez qu’Allah est avec les pieux (9.36). Quel besoin y aurait-il après la venue du christianisme à combattre les polythéistes ? Formaté par le judaïsme rabbinique, l’islam s’imagine au temps de la conquête de Canaan… et prend les actes de légitime défense des peuples qu’il combat pour des actes d’agression ! Alors que Jésus enseigne l’amour des ennemis (Mt 5.44), l’islam justifie ses agressions au nom de la loi du talion (2.179,194). Dans l’histoire réelle, qui combat qui ?

— 9 L’islam ne peut pas se réclamer d’une origine commune avec la religion hébraïque et le christianisme puisque lui fait notamment défaut la notion biblique centrale d’Alliance, alliance par laquelle Dieu Se révèle comme Sauveur. Allah n’est pas sauveur. Suite aux échecs de l’alliance mosaïque, les prophètes avaient annoncé le don d’une nouvelle et éternelle Alliance (Is 55.3 ; 61.8 ; Jr 31.31-33 ; 32.40 ; Ba 2.35 ; Ez 16.60 ; 34.25 ; 37.26 ; Os 2.20 ; Jn 4.38). Puisque cette Alliance a été scellée dans la Mort et la Résurrection de Jésus (Rm 3.25 ; Ep 1.7 ; 2.13) en sorte qu’elle est éternelle (Mc 10.30 ; Lc 18.30 ; Jn 3.15, 36 ; 6.40 ; 10.28 ; 17.3 ; 2 Tm 2.10 ; He 5.9 ; 9.12 ; 13.20 ; 1 P 5.10 ; 1 Jn 1.2 ; 2.25 ; 5.11,13), que peut apporter l’islam ?

— 10 Comment l’Alliance entre Dieu et l’humanité dont l’Église est le sacrement pourrait-elle être rendue plus parfaite, puisque les natures, divine et humaine, sont unies sans confusion dans l’unité vivante de l’unique et divine Personne de Jésus de Nazareth, et que l’offrande, en notre nom à tous, du Sacrifice de Sa sainte humanité, nous sanctifie une fois pour toutes (He 10.10 ; 1 P 3.18 ; Jude 3) ?

— 11 Alors que l’islam prétend être le même message que d’autres l’ayant précédé (6.92 ; 10.37 ; 12.111 ; 35.31 ; 42.13 ; 46.12,30), l’Évangile ne s’identifie à aucun d’entre eux, mais à la personne de Jésus de Nazareth (Ac 17.3 ; 5.42 ; 11.20). Pourrait-il y avoir deux Jésus ?

— 12 Le christianisme est la première religion universelle, en sorte que l’Occident où il s’est developpé, s’est dilaté pour s’offrir à tous au nom de l’Universel dont il porte la révélation. Catholique signifie universel. Alors que l’Empire du milieu tourne sur lui-même, indifférent au reste du monde, que le bouddhisme ne se répand que par accident, l’islam, venant après le christianisme et pour le remplacer, est un fléau universel, un malheur qui ne peut être qu’apocalyptique. Comment pourrait-il y avoir deux religions universelles ?

— 13 Jésus assoit sa prétention de porter à son achèvement la Révélation par le témoignage du dernier des prophètes (Jn 5.33-35), celui des Écritures hébraïques (Mc 12.35-37 ; Jn 5.39,46), Ses propres œuvres (Jn 5.36), et sur le pouvoir de Sa divinité (Jn 8.24,28,58), tandis que l’islam ne trouve rien d’autre pour asseoir sa prétention à être l’unique religion (5.3 ; 3.85 ; 24.62 ; 61.9) que l’accusation faite aux Juifs et aux chrétiens d’avoir corrompu leurs Écritures. Il prétend rétablir la religion originelle en reprenant nombre de préceptes de la religion mosaïque : les tabous alimentaires (Lv 7.27 ; 11.1 ; 19.26 ; 20.25), la polygamie (Lv 20.11), la loi du talion (Ex 21.23-24 ; Dt 19.28), la lapidation (Dt 22.22-24), etc. oubliant que ces préceptes ne sont pas universels, n’appartiennent pas aux dix commandements, n’ont été donnés qu’au peuple juif, et ont été rendus caducs par le Sacrifice de Jésus… Qui a demandé aux musulmans de se prendre pour des Juifs ?

— 14 Les saintes Écritures hébraïques annoncent la venue d’un royaume qui ne sera jamais détruit et dont la domination ne sera point abandonnée à un autre peuple (Dn 2.44). Ce royaume annoncé n’était donc pas le royaume d’Israël d’alors puisqu’il a été détruit, et si ce royaume ne doit pas passer à un autre peuple, c’est donc que celui que le Christ a fondé comme tel (Mt 4.17 ; 16.19 ; 24.35 ; Lc 17.21) n’est pas appelé à être repris par l’islam… Est-ce que l’islam n’utilise pas le refus par le peuple juif du christianisme pour cacher la cohérence de la Révélation hébréo-chrétienne et tenter de justifier ainsi sa propre existence ?

— 15 Le salut vient des Juifs (Jn 4.22) déclare Jésus qui était Lui-même juif. Dieu ne Se contredit pas ni ne renie l’Alliance qu’Il a conclue avec le peuple juif lorsque Jésus l’ouvre à toute l’humanité (Mc 14.9 ; Mt 28.19 ; Lc 24.46-49 ; Ac 2.39 ; 22.21). Si le Dieu d’Israël est le vrai Dieu, alors Il est aussi nécessairement le Dieu de tous les hommes. Qui sont les chrétiens, sinon, venus de toutes les nations, races, peuples et langues, les heureux bénéficiaires de la nouvelle et éternelle Alliance offerte à Israël (Gn 6.18 ; Jr 31.31 ; 32.40 ; Bar 2.35 ; Ez 16.60 ; 36.25-27 ; Lc 22.20 ; Mt 26.28 ; Ac 15.14-18 ; Rm 3.29 ; He 9.15) et par lui encore aujourd’hui méprisée (Mc 2.18-22 ; Ac 7.52) ?

— 16 Si le Christ a accompli et non pas aboli la religion juive (Mt 5.17), pourquoi les Juifs ne L’ont-ils donc pas accueilli ? Parce qu’enorgueillis des prérogatives du peuple élu (Lc 4.16-30) chargé de porter au monde la connaissance de l’unique et vrai Dieu et de son projet de salut pour tous les peuples (2 Ch 6.32-33 ; Jonas), ils ont refusé que les païens partageassent avec eux l’héritage d’Abraham, en lequel il n’y a plus ni juif ni païen (Ga 3.28). Ils ont refusé ce Mystère [qui] n’avait pas été communiqué aux hommes des temps passés […] : les païens sont admis au même héritage, membres du même Corps, bénéficiaires de la même Promesse, dans le Christ Jésus, par le moyen de l’Évangile (Ep 3.2-6). En effet, les Juifs espéraient un Messie qui apportât, non la délivrance de Satan et la Rédemption universelle, mais qui chassât les Romains hors de Palestine, et assurât, aux Juifs, une domination temporelle (Lc 24.21 ; Ac 1.6), qu’ils désirent toujours. En voulant s’approprier, comme leur Dieu propre et exclusif, l’unique Dieu qui s’était révélé à eux, les Juifs L’ont réduit à n’être qu’un dieu tribal (Rt 1.16), national (2 R 5.17-18 ; 2 R 17.25-27,29-30 ; 19.12), comme tous les autres dieux (1 R 20.23+). Étant le vrai Dieu, le Créateur de tous les hommes, Jésus ne pouvait pas S’intéresser au salut des seuls Juifs (Ps 89.6 ; 87.5 ; 95 ; Is 2.2-5 ; 19.21-25 ; 25.6 ; 42.4-6 ; 49.6 ; 60.3 ; 65.18-24 ; 66.19 ; Jr 4.2 ; 16.19-21 ; 23.23-24 ; Ha 2.14 ; Za 2.15 ; Ml 1.11 ; 1 Jn 2.2 ; Ap 5.9) — ce qui piqua leur orgueil nationaliste (Ba 4.3 ; Lc 4.24-30) et fut une cause importante de leur haine de ce Messie (Lc 4.25-29) doux et humble de cœur (Mt 11.29). Jésus n’est pas venu établir un royaume terrestre, voué un jour ou l’autre à disparaître, mais le Royaume même de Dieu, un Royaume donc spirituel et éternel. Au prix de Son Sang, Il nous a lavés de tous nos péchés, conféré une dignité divinement immaculée, et rendus participants de Sa nature divine (2 P 1.4). Dès lors que le pardon de l’Humanité a été acquis par le Sang de la nouvelle et éternelle Alliance (Lc 22.20 ; Jr 31.31 ; Is 53.3 ; Ez 36.27), quel autre salut aurait dû encore être attendu (Ac 10.43)[3] ?

— 17 Là où la Loi exigeait de nous des œuvres et nous reconnaissait tous coupables de ne pas les accomplir parfaitement (Ac 15.10), comme la divine Justice l’exige (Ga 3.10-14), voici que le Christ, dans la mesure où nous vivons en communion avec Lui, les accomplit Lui-même en nous et par nous (Is 26.12 ; Jn 15.5,7). Qui a mieux accompli la Loi que Jésus de Nazareth ? Est-il possible d’aller plus loin que là où Il a conduit l’Humanité en sa propre humanité ? En quoi l’Église aurait-elle failli à sa mission de faire entrer tous les peuples de la terre dans l’Alliance scellée avec Abraham (Gn 17.16 ; Ps 47.1 ; 67.4) ? En quoi le christianisme serait-il inachevé ou inaccompli que l’islam pourrait le parfaire ?

— 18 Jésus a précisément mis en garde ses disciples contre la venue de nouveaux messies : Prenez garde que nul ne vous séduise. Car plusieurs viendront sous Mon Nom [Cf. 61.6], disant : C’est moi le Christ [le Sauveur, l’Envoyé de Dieu] ; et ils en séduiront un grand nombre (Mc 13.6) ; Alors si quelqu’un vous dit : Le Christ est ici, ou : Il est là [vous disant par exemple : Le Christ n’est pas mort ou : Il n’est pas Dieu.], ne le croyez point. Car il s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes et ils feront de grands prodiges et des choses extraordinaires, jusqu’à séduire, s’il se pouvait, les élus mêmes (Mt 24.24). Et à Sa suite ses Apôtres : Je m’étonne que si vite vous vous laissiez détourner de Celui qui vous a appelés par la grâce de Jésus-Christ, pour passer à un autre Évangile : non certes qu’il y en ait un autre ; il y a seulement des gens qui vous troublent et  veulent changer l’Évangile du Christ. Mais quand nous-mêmes, quand un ange venu du Ciel vous annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit maudit ! Nous venons de le dire et je le répète, si quelqu’un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit maudit ! (Ga 1.6-9) ; Je vous rappelle, frères, l’Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu et dans lequel vous demeurez fermes, par lequel aussi vous vous sauvez, si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé ; sinon, vous auriez cru en vain. (1 Co 15.1-2) ; Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui est déjà posé, savoir Jésus-Christ. (1 Co 3.11) ; Car plusieurs séducteurs ont paru dans le monde ; ils ne confessent pas Jésus-Christ venu dans la chair : c’est là le séducteur, l’Antichrist. (2 Jn 7) ; La foi a été transmise aux saints une fois pour toutes. (Jude 3 ; Ep 2.7 ; 2 P 2.1-3 ; 3.3…). Depuis ses origines l’Église a annoncé le message sacré et incorruptible du salut éternel à toutes les nations (Mt 28.19-20 ; 24.14), ― on ne voit pas ce qui devrait interrompre cette mission. Jésus a toujours été prêché comme le seul Sauveur (Jn 14.6 ; Ac 4.12, 1 Tm 2.5 ; Coran 3.55). Lorsqu’Il annonçait qu’après la prédication de l’Évangile engendrant des fils de Dieu, viendrait le Diable semer la zizanie et se donner une progéniture maudite (Mt 13.24-30,36-43), pensant rendre un culte à Dieu en tuant les chrétiens (Jn 16.2 ; Coran 9.30), pouvait-Il ne pas penser à l’islam ?

— 19 Sans le christianisme, l’islam n’existerait pas. L’islam n’existe que par son opposition au christianisme, au point que toute sa profession de foi se résume dans le refus de la foi chrétienne : J’atteste qu’il n’y a pas de divinité si ce n’est Allah [autrement dit : Non la Sainte Trinité, à laquelle je préfère Allah, bien que je ne le connaisse pas ! (2.255 ; 20.110)] et que Mahomet est l’envoyé d’Allah [autrement dit : Non à Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur des hommes, à qui je préfère Mahomet, parfait modèle d’une bande de malfrats !]. Cette négation de la foi chrétienne est encore plus évidente dans la primitive chahada inscrite jusque sur la coupole du Dôme du Rocher, sur l’esplanade du Temple de Jérusalem : Il n’y a aucune divinité à part Allah ! Loué soit Allah qui n’a engendré aucun fils ! L’islam, venant après le christianisme, ne peut que tenter de trouver sa légitimité dans le discrédit de ce qui l’a précédé (58.22 ; 109.1-6).[4]. L’islam n’est que haine de ce qui n’est pas lui, en particulier du christianisme, qu’il calomnie. Le seul regard positif qu’il porte est sur lui-même. Comme Satan, l’islam n’existe qu’en s’opposant. Sans kafir*, sans infidèle, il n’y a pas de musulman. Un musulman se justifie d’être musulman parce qu’au moins ainsi il n’est pas un infidèle. C’est pourquoi le conflit avec l’Occident est vital pour l’islam. Être antichrétien est un gage de légitimité islamique. Les régimes musulmans se légitiment-ils aux yeux de leurs populations en permettant la lutte contre les chrétiens. En Afghanistan, aux Moluques, au Nigéria, en Arabie saoudite, au Soudan, et ailleurs, se convertir au christianisme est sanctionné légalement par la peine de mort. La pression sur les Églises du Proche et du Moyen-Orient est telle que les chrétiens fuient leurs terres pour sauver leur vie. En Syrie, du tiers de la population qu’ils étaient à la fin du XIXe siècle, ils sont aujourd’hui moins de 4,6%. En 1932, ils formaient au Liban plus de 55% de la population, leur proportion y est à présent inférieure à 30%. En 1948 en Cisjordanie & Gaza, la proportion de chrétiens était de 23%, en 2010 ils ne sont plus que 1,6%. A ces dates, ils sont 25% en Egypte et au Soudan, puis 10 et 17%. Au cours du XXe siècle, la Turquie a fait chuter le nombre de chrétiens de 99.6% ! En Iran, leur nombre a diminué de 66%. En Irak, en une génération, les chrétiens ont diminué de 90%. Etc. N’est-il pas évident que l’islam a pour vocation de détruire et remplacer le christianisme (2.193 ; 9.30) ?

— 20 Il est couramment enseigné que judaïsme, christianisme et islam seraient trois religions issues de la foi d’Abraham. Or, s’il est facile de comprendre que par ce discours l’islam cherche à s’octroyer la divine légitimité de la tradition hébréo-chrétienne, on ne voit pas que ramenant l’humanité sous le régime de la terreur et de la barbarie, il puisse prétendre rivaliser avec la perfection humaine apportée par le Christ. Aussi, de deux choses l’une : soit la perfection des mœurs du christianisme (chasteté, amour des ennemis, indissolubilité du mariage, mépris de l’argent, etc.) témoigne de l’origine divine de celui-ci (cf. Mt 5), et alors l’islam est une vraie malédiction, soit les mœurs du christianisme ne témoignent pas d’une origine divine, et ce sont alors l’esclavage, le racket, la polygamie, la pédophilie, le meurtre des apostats, la violence, qui sont d’origine divine… Y a-t-il une autre hypothèse possible ?

— 21 L’Économie chrétienne, étant l’Alliance Nouvelle et définitive, ne passera donc jamais et aucune révélation publique n’est dès lors à attendre avant la manifestation glorieuse de notre Seigneur Jésus-Christ (CEC 66.). Si Jésus est Dieu (Lc 22.70 ; Jn 5.18 ; 8.24,51,58 ; 10.33,36 ; 11.25-26 ; 13.19 ; 14.6 ; 19.7 ; voir G), pourquoi attendre quelqu’un d’autre ?

— 22 La Bible est scellée par ces mots de l’apôtre saint Jean : Si quelqu’un y ajoute, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre ; si quelqu’un retranche des paroles de ce livre prophétique, Dieu lui retranchera sa part de l’arbre de la vie et de la cité sainte, qui sont décrits dans ce livre (Ap 22.18). L’islam n’était-il pas condamné avant même d’apparaître ?

— 23 Les musulmans imaginent possible de reproduire la relation du christianisme vis-à-vis du judaïsme, comme si le temps n’avait pas de réelle consistance, comme si le temps ne donnait pas à tout ce qui existe son caractère unique et irremplaçable. À cause de la nature irréversible du temps, il est impossible de refaire ce qui a été fait. Cela n’est pas moins vrai dans l’ordre de la Providence divine conduisant l’histoire humaine à son terme défini. Ce que Dieu a fait une fois pour toutes est fait une fois pour toutes (Jude 3 ; He 10.10 ; 1P 3.18). La sagesse ne consiste-t-elle pas à reconnaître et assumer ce qui a été fait pour nous inscrire dans son prolongement ? N’est-il pas fou celui qui scie la branche qui le porte ?

— 24 L’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, certains renieront la foi [L’islam se glorifie de rejeter la foi chrétienne] pour s’attacher à des esprits trompeurs et à des doctrines diaboliques [Cf. les enseignements de Mahomet], séduits par des menteurs hypocrites marqués au fer rouge dans leur conscience : ces gens-là interdisent le mariage [Le vrai mariage, qu’invalide l’absence de liberté de choix de l’épouse, la polygamie, le mariage des fillettes, la répudiation, l’inégalité juridique, le devoir de battre sa femme, etc.] et l’usage d’aliments [Cf. halal*] que Dieu a créés pour être pris avec action de grâces par les croyants et ceux qui ont la connaissance de la vérité (1 Tm 4.1-4). L’islam ne correspond-il pas à cette description ?

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[1] Où l’on voit que Jean-Jacques Rousseau n’a rien inventé avec son Contrat social…
[2] Comme le disait Mgr Pierre Claverie, assassiné en Algérie où il était évêque : Nous disions : ‘Voyez, nous avons des bases communes.’ C’est FAUX, complètement FAUX. Chacun met autre chose derrière les mots. Nous étions en pleine équivoque. […] Je prends acte de cette différence avant d’esquisser une rencontre. Cité in François Jourdan, Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans, Paris, L’Œuvre, 2007, p.86.
[3]Pour refuser de reconnaître en Jésus le Messie, les juifs attribuent ordinairement ce qui dans les Écritures est dit de la personne du Messie à l’ensemble du peuple juif, en sorte que le Sauveur du monde serait le peuple juif… Or, lorsqu’en Is 49.1-6 Dieu dit : Tu es mon serviteur Israël, toi en qui Je Me glorifierai, il faut voir annoncé la gloire de l’Incarnation rédemptrice, comme il est indéniable que deux versets plus loin le Messie S’y distingue d’Israël : Et maintenant le Seigneur a parlé, Lui qui M’a modelé dès le sein de Ma mère pour être Son serviteur, pour ramener vers Lui Jacob, et qu’Israël Lui soit réuni… Ce que confirme aussitôt Dieu : C’est trop peu que Tu sois pour Moi un serviteur pour relever les tribus de Jacob et ramener les survivants d’Israël, Je fais de Toi La lumière des nations pour que Mon salut atteigne aux extrémités de la terre (Is 49.6). Impossible donc de nier que l’Écriture distingue Israël et le Messie. Les Juifs ne voyant toujours pas arriver le Messie (et pour cause !) ont fini par décréter qu’Israël était lui-même le Messie… oubliant seulement qu’Israël était là avant que le Messie n’arrive !
[4] Que soit dénoncé l’Islam en raison de son opposition essentielle au christianisme ne peut être retourné contre le christianisme au motif que celui-ci rejette l’Islam, puisque non seulement le christianisme existait avant l’Islam, en sorte qu’il ne s’est nullement constitué en rejet de l’Islam, mais encore parce qu’il ne s’oppose à rien, ne faisant qu’ouvrir à l’humanité entière l’Alliance promise au peuple juif.