L‘extrait vidéo ci-dessus a été tourné à la Grande Mosquée de Paris à l’occasion de la célébration de son centenaire. On y voit plusieurs responsables politiques venus lécher les babouches. 
Laurent Nuñez (ministre de l’Intérieur) qui s’est réjoui de ce que « Dans ce combat, nous avons des alliés, les imams d’abord, qui peuvent enseigner une religion de paix. » et parlant de « L’union éternelle de la France et de l’islam. » (Voir notre article : République et Islam, liaison dangereuses ?)
Valérie Pécresse (présidente LR d’Île-de-France) : émerveillée par le minaret qui élève vers le Ciel. Manifestement, elle ne sait plus que l’on ne va au Ciel que par Jésus.
Emmanuel Grégoire (Maire de Paris) : souhaite « d’autres grandes mosquées en France …. Ce qui serait plus à l’image du pays ».

D’autres figures comme Jean-François Copé, Ségolène Royal ou Aurore Bergé étaient également présentes.

Pendant ce temps : le journaliste français Christophe Gleizes reste emprisonné en Algérie depuis plus d’un an (arrêté en mai 2024, condamné à 7 ans en juin 2025 pour « apologie du terrorisme » liée à un reportage sur le club de Kabylie), mais cela ne dérange pas cesprétendus responsables politiques. 

Bien sûr, devant cette brochette d’idiots utiles, le recteur n’a pas manqué de faire réciter les versets les désignant d’« égarés », eux « qui encourent la colère d’Allah ».

La Grande Mosquée, sous influence algérienne est plus un outil d’influence qu’un simple lieu de culte, comme l’exprime très bien ci-dessous Florence Kuntz, députée européenne (RPF) de 1999 à 2004, pour Le Figarovox/Tribune, le 16/07/2026

La Grande Mosquée de Paris fête cette semaine le centenaire de son inauguration. Cet anniversaire devrait être celui d’un lieu de mémoire. Voulue par le maréchal Lyautey et le sultan Moulay Youssef, édifiée par des maâlems marocains au cœur du Quartier latin pour rendre hommage aux dizaines de milliers de soldats musulmans morts pour la France, la Grande Mosquée symbolisait d’abord la reconnaissance de la République envers ceux qui avaient versé leur sang pour elle. Un siècle plus tard, pourtant, ce centenaire consacre moins un siècle de vie cultuelle que l’ascension d’un acteur politique au statut singulier, dont l’influence interroge et devrait préoccuper tous ceux qui demeurent attachés aux principes républicains.

En 2020, l’ambassadeur d’Algérie en France l’affirmait sans détour : « La Grande Mosquée de Paris est d’abord algérienne et ne sera jamais rien d’autre. » Cinq ans plus tard, la tournée du recteur Chems-Eddine Hafiz à Alger semblait lui donner raison. L’image d’Hafiz reçu le 25 décembre par le président Tebboune, alors que les relations franco-algériennes traversaient l’une de leurs plus graves crises, suscitait un malaise certain. La veille, le parlement algérien avait adopté à l’unanimité une loi criminalisant la colonisation française ; l’ambassadeur Romatet était retenu à Paris depuis avril, et Alger retenait en otage un ressortissant français.

En diplomatie, le rang fait le message. Et le périple du recteur, initié au palais d’El Mouradia, avant de se poursuivre auprès de plusieurs ministres, relevait d’une tournée politique difficilement qualifiable. Le recteur franco-algérien n’est pas un représentant de l’État, ni un diplomate. Acteur cultuel à Paris, il est pourtant traité par Alger comme un interlocuteur politique à part entière. 

« Une Mosquée est un lieu de culte, pas une ambassade»… On se souvient de la mise en garde de Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur. Chems-Eddine Hafiz, ambassadeur bis ? Depuis le rappel de l’ambassadeur algérien, le recteur apparaît plus que jamais comme l’un des principaux relais d’Alger en France. Le recteur choisit ses combats ; ses indignations sont sélectives. L’Algérie demeure toujours soigneusement épargnée, au point que l’avocat de profession, héraut des valeurs humanistes et membre de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, a refusé de soutenir la résolution des eurodéputés en faveur de la libération de Boualem Sansal, et n’a jamais eu un mot pour Christophe Gleizes, seul journaliste sportif emprisonné dans le monde.

Quand le recteur dénonce «l’instrumentalisation des musulmans» par les partis politiques, ce n’est jamais pour tancer la gauche, y compris la plus radicale, qui pourtant essentialise les quartiers pour en faire des réserves électorales. Ses attaques visent explicitement le Rassemblement national — contre lequel il appelle à voter en 2024 — et plus implicitement la droite, accusée de courir derrière les thèmes qu’il juge identitaires : voile, immigration, laïcité. Il fustige successivement le rapport sénatorial sur l’entrisme islamiste, puis la proposition de loi qui en est issue, avant de dénoncer un banquet populaire au motif qu’un cochon à la broche traduirait une volonté « d’exclure symboliquement ceux qui ne ressemblent pas ».
Le recteur ne manque aucune échéance électorale : – appel à voter « massivement » pour Emmanuel Macron en 2017 puis en 2022 ; invitation de Rima Hassan avant les élections européennes, visite à David Guiraud à Roubaix au lendemain des municipales ; réception, enfin, de Ségolène Royal candidate déclarée à la primaire de la gauche. De la reconnaissance des crimes de la colonisation à la demande de restitution d’archives et de biens culturels, la désormais présidente de France-Algérie multiplie les prises de position en faveur des revendications algériennes. Aucune autre institution religieuse, en France, ne s’autoriserait – et ne se verrait autoriser – une telle activité sans susciter un débat sur les limites de son rôle.

En France, les responsables religieux observent traditionnellement une forme d’autodiscipline héritée de la laïcité et de l’esprit de 1905. Non qu’ils soient condamnés au silence : quelles que soient les confessions, ils interviennent dans le débat public. Mais ils le font généralement au nom de valeurs et de principes moraux. Même lors des débats les plus polarisés– avortement, fin de vie, mariage entre personnes du même sexe – la parole religieuse s’efforce de rester à distance des logiques partisanes : dénoncer une rupture anthropologique, oui ; désigner des adversaires politiques récurrents, non. C’est précisément cette frontière que Chems-Eddine Hafiz franchit. À l’approche de 2027, on sait désormais contre qui roule le recteur. Mais pour qui ?

Dernier registre, les affaires. Depuis juin 2023, la Grande Mosquée de Paris bénéficie d’un mandat exclusif confié par l’État algérien pour certifier halal les produits européens destinés au marché algérien. Jamais une institution religieuse française ne se sera ainsi trouvée au cœur d’un différend économique entre un État tiers et l’Union européenne. Si le recteur affirme agir dans le strict respect du droit français et du droit de l’Union, la Commission européenne en propose une lecture sensiblement différente : pour le Commissaire chargé du commerce, le dispositif entrave considérablement les échanges commerciaux avec l’UE. Exclusivité du certificateur, surcoûts pour les opérateurs européens, délais et procédures imposées unilatéralement ; la mesure interroge directement la conformité avec l’accord d’association UE-Algérie. Par crainte de blocages douaniers ou de représailles commerciales, les États membres les plus impactés refusent de monter directement au front et s’abritent derrière l’écran politique que constitue la Commission européenne. La question de la certification halal s’inscrit dans un contentieux commercial plus large. Bruxelles a engagé une procédure d’arbitrage contre Alger pour les nombreuses entraves au commerce et à l’investissement subies par les acteurs économiques européens. En attendant, la Grande Mosquée de Paris continue de prospérer sur un commerce aussi discret que lucratif. Diplomatie. Politique intérieure. Commerce … la vieille dame du Quartier latin fait preuve d’un étonnant dynamisme. Aucune autre institution religieuse, en France, ne s’autoriserait – et ne se verrait autoriser – une telle activité sans susciter un débat sur les limites de son rôle. À cent ans, la Grande Mosquée mérite incontestablement les hommages de la République. Pas tous les droits.

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Ci-dessous, Bernard Lugan, pour Breiz-info.com rappelle au sujet de cet événement : 

Le 15 juillet a été célébré le 100° anniversaire de l’inauguration de la Grande mosquée de Paris construite à l’origine pour honorer les soldats musulmans morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. La loi du 19 août 1920 avait autorisé l’État français à en financer la création. Or, comme celle du 9 décembre 1905, article 2, interdit à l’État, aux départements et aux communes un tel financement, la mosquée fut donc présentée comme l’élément d’un ensemble culturel et scientifique.

Le maréchal Lyautey joua un rôle essentiel dans l’histoire de l’édification de la mosquée. Le 19 octobre 1922, alors qu’il était Résident général de France au Maroc, il vint à Paris pour la pose de sa première pierre et il prononça à cette occasion un discours dont la teneur est résumée par la phrase suivante :

« Quand s’érigera le monument que vous allez construire, il ne montera vers le beau ciel de l’Île-de-France qu’une prière de plus dont les tours catholiques de Notre-Dame ne seront point jalouses. »

Le discours de Lyautey s’inscrivait à la fois dans sa politique de respect des traditions musulmanes telle qu’il la réalisait alors au Maroc, et dans la vision impériale de la « plus grande France ».

Charles Maurras qui, au-delà du Maroc et de l’Empire, pensait d’abord à l’avenir de la France, ne partageait pas ce sentiment que l’on pourrait qualifier d’ « œcuménique-impérial ». Le 13 juillet 1926, deux jours avant l’inauguration de la mosquée, il consacra ainsi à l’évènement sa chronique quotidienne dans l’Action française. Il y louait le sacrifice des soldats musulmans en termes élevés, évoquant ces « nobles races auxquelles nous avons dû un concours si précieux », mais tout en s’inquiétant du « réveil de l’Islam ». Dans cet article, Maurras craignait qu’en définitive, la France devienne en quelque sorte la « colonie de ses colonies » comme le dira plus tard Edouard Herriot :

(…) Nous sommes probablement en train de faire une grosse sottise. Cette mosquée en plein Paris ne me dit rien de bon. Il n’y a peut-être pas de réveil de l’Islam, auquel cas tout ce que je dis ne tient pas et tout ce que l’on fait se trouve être aussi la plus vaine des choses. Mais, s’il y a un réveil de l’Islam, et je ne crois pas que l’on en puisse douter, un trophée de la foi coranique sur cette colline Sainte-Geneviève où tous les plus grands docteurs de la chrétienté enseignèrent contre l’Islam représente plus qu’une offense à notre passé : une menace pour notre avenir. On pouvait accorder à l’Islam, chez lui, toutes les garanties et tous les respects. Bonaparte pouvait se déchausser dans la mosquée, et le maréchal Lyautey user des plus éloquentes figures pour affirmer la fraternité de tous les croyants : c’étaient choses lointaines, affaires d’Afrique ou d’Asie. Mais en France, chez les Protecteurs et chez les Vainqueurs, du simple point de vue politique, la construction officielle de la mosquée et surtout son inauguration en grande pompe républicaine exprime quelque chose qui ressemble à une pénétration de notre pays et à sa prise de possession par nos sujets ou nos protégés. Ceux-ci la tiendront immanquablement pour un obscur aveu de faiblesse. Quelqu’un me disait hier : – Qui colonise désormais ? Qui est colonisé ? Eux ou nous ? J’aperçois, de ci de là, tel sourire supérieur. J’entends, je lis telles déclarations sur l’égalité des cultes et des races. On sera sage de ne pas les laisser propager trop loin d’ici par des haut-parleurs trop puissants. Le conquérant trop attentif à la foi du conquis est un conquérant qui ne dure guère. Nous venons de transgresser les justes bornes de la tolérance, du respect et de l’amitié. Nous venons de commettre le crime d’excès. Fasse le Ciel que nous n’ayons pas à le payer avant peu et que les nobles races auxquelles nous avons dû un concours si précieux ne soient jamais grisées par leur sentiment de notre faiblesse. » (Charles Maurras, L’Action française, 13 juillet 1926).

L’inauguration se fit donc le 15 juillet 1926 en présence de Gaston Doumergue, président de la République française, de Moulay Youssef, sultan du Maroc, et d’Aristide Briand, ministre des Affaires étrangères. Le maréchal Lyautey qui n’était plus Résident au Maroc depuis 1924, n’assista pas à l’inauguration car il était alors en convalescence après une lourde prostatectomie subie au printemps 1926. En revanche, le sultan Moulay Youssef lui rendit visite deux jours plus tard, le 18 juillet 1926, dans sa propriété de Thorey.

En 2026, un siècle après l’inauguration de cette première mosquée, selon le Ministère de l’Intérieur et le CFCM, il y a en France métropolitaine environ 2 600 lieux de culte musulmans (mosquées et salles de prière).

Bernard Lugan