Lorsque nous avons dit aux anges : “Prosternez-vous devant Adam”, ils se sont prosternés, à l’exception d’Iblis qui refusa, s’enfla et fut au nombre des mécréants. (Coran 2.34) Dans ce verset Allah demande aux anges de se prosterner devant Adam, c’est-à-dire devant une créature… Comment un musulman, pour qui l’islam est la religion du monothéisme pur, sans associationnisme, peut-il croire que Dieu demande d’adorer quelqu’un d’autre ? Un musulman peut-il ne pas louer ici le Démon d’avoir refusé l’adoration d’une créature, et condamner Allah d’être un associateur  ? Ce verset est en fait la reprise, déformée, de la tradition orale hébréo-chrétienne relative à la raison de la chute de Lucifer (Is 14.12-17 ; Ez 28.11-19 ; Ap 12.7-12). Selon cette tradition, les anges ayant été créés avant les hommes (Cf. Gn 1), dans l’instant où ils eurent à se recevoir librement de Dieu, virent aussi le remède que Dieu préparait au péché des hommes par l’Incarnation du Verbe de Dieu, et certains le refusèrent. Lucifer, le plus élevé d’entre eux, refusa d’adorer Dieu en la nature humaine parce qu’inférieure à la sienne. Déchu, il nourrit alors le fol espoir de prendre sa revanche sur Dieu incarné grâce à la supériorité de la nature angélique sur la nature humaine (1 Co 2.8 ; He 1). Est-ce que l’islam demande autre chose que d’imiter Satan refusant d’adorer le Verbe incarné ? (Extrait de “Interroger l’islam, 1501 questions à poser aux musulmans“)