« Si je devais choisir un seul mot pour dire le mal de notre temps, je dirais « islam ». Aucun phénomène n’a autant transformé le monde, ne l’a autant bouleversé, défiguré, perverti, terrifié », écrit Boualem Sansal, lauréat 2018 du prix international de la laïcité, dans une Tribune publiée ce 16 août en ligne par l’hebdomadaire L’Express.

« A une exception près ou deux, les pays musulmans vivent tous dans un état d’arriération extrême, sous des régimes despotiques, corrompus, criminels, qui instrumentalisent l’islam dans leurs politiques intérieure et extérieure. » constate l’écrivain algérien.

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Sansal dénonce la « démarche communautariste, séparatiste, indépendantiste, isolationniste, entièrement vouée aux trafics et à la violence des gangs » de l’islam dans les pays non musulmans submergés par une immigration musulmane devenue, dans le cadre du Protocole de Barcelone, proprement incontrôlable :

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Il cite l’exemple des pays scandinaves « qui étaient des terres d’accueil mirifiques pour les musulmans qui fuyaient la violence et la pauvreté de leur pays (…) [Les autorités de ces pays] prennent aujourd’hui dans la panique des mesures d’urgence pour enrayer le mal. Dans tous les pays, et les voyageurs porteurs d’un passeport de pays musulmans, et c’est mon cas, le constatent, ils sont reçus froidement alors même qu’ils ont un visa valide et disposent des ressources nécessaires à leur séjour. (…) Comme on ne peut arrêter ou chasser une religion, on repousse ses fidèles. Peine perdue. Trop tard, l’islam est partout chez lui, maître jaloux en ses possessions. »

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Sansal ne fait aucune différence entre islam et islamisme :

« On ne dit pas islam, c’est trop peu, trop mesquin, il faut ajouter, avec la déférence due au roi des rois, que l’islam est religion de paix et de tolérance, qu’il est une religion d’amour parfait, qu’il n’a rien à voir avec l’islamisme, qu’il ne faut pas faire des amalgames dangereux et des essentialisations idiotes, que les islamistes ne sont pas des musulmans, que les musulmans vivent leur islam dans le strict respect des autres croyances même si elles sont fausses et si l’islam les a déjà condamnées. » ironise-t-il.

« Dans ce monde de paix, d’amour et de tolérance, le nombre de personnes vivant sous protection policière parce que menacées au nom de l’islam connaît des progressions vertigineuses. » constate Sansal, lui-même menacé de mort pour ses écrits et prises de position, et vivant en France sous protection policière.

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Sansal ne croit pas au réveil des musulmans « modérés », qui viendraient « par miracle » terrasser l’ « islamisme » au nom du véritable « islam » :

« De quoi demain sera-t-il fait ? A coup sûr le mal sera plus grand. A moins que les musulmans réveillés par miracle ne se mobilisent pour sauver leur religion des griffes des islamistes et de celles des régimes musulmans corrompus qui les instrumentalisent à distance via leurs imams détachés, leurs mosquées bastions, leurs consuls membres assermentés de la confrérie des agents secrets, leurs missionnaires du soir. (…) Il n’y aura bientôt plus sur cette terre ravagée par les guerres et la misère morale que l’islam, religion de paix, d’amour et de tolérance »

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Sansal conclut, avec l’ironie mordante qui est l’un des marqueurs de son style :

« Je suggère à mes amis musulmans de lire Les Versets sataniques de Salman Rushdie, ils verront par eux-mêmes qu’il n’y a rien de blasphématoire dans ses pages, il décrit une réalité qu’ils verraient de leurs yeux si on les débarrassait des œillères du conditionnement. Je leur suggère aussi d’écrire à Salman Rushdie pour l’assurer de leur affection, pour lui souhaiter le plus prompt des rétablissements et de l’encourager à continuer d’écrire de belles choses dans la continuation des Versets sataniques. »

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Dans son troisième roman, Dis-moi le paradis, publié en France en 2003, Sansal se montre très critique à l’encontre le pouvoir algérien. Il raille Ahmed Boumediene, figure historique du FLN, ancien président de la République algérienne démocratique et populaire (RADP…). Il y dénonce la corruption à tous les niveaux de l’industrie et de la politique, l’incapacité du FLN à gérer le chaos qui a suivi l’indépendance de 1962. Sansal y attaque également vigoureusement le Front islamiste du Salut (FIS). On lui doit cette formule-choc : « Le FLN est le père du FIS ». Le pouvoir algérien le limoge du poste qu’il occupait au ministère de l’Industrie. Il quitte définitivement l’Algérie où il sait sa vie menacée. Boualem Sansal, désormais libre, s’adonne à l’écriture. Il est l’auteur d’une œuvre abondante – romans, nouvelles, essais… – récompensée par de nombreux prix littéraires.

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Henri Dubost

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