N.B. : Les chiffres placés entre parenthèses (…) désignent une citation coranique, dont le premier chiffre, suivi d’un point, indique le numéro de la sourate, et le suivant, celui du verset (ex. 62.14). Lorsque le premier chiffre est précédé d’une abréviation lexicale, la citation est tirée de la Bible (ex. Jn 3.12), et lorsqu’il est précédé d’un seule lettre majuscule, il indique un article d’un des vingt six chapitres de cette série “Réponses aux musulmans” (ex. L 11).

— 1 Si Jésus n’avait été envoyé qu’aux Juifs (43.59 ; 61.6), pourquoi Allah dirait-il que Jésus a été envoyé pour tous les hommes (19.21), et même, avec Sa mère pour tous les univers (21.91) ?

— 2 Si Jésus n’a été envoyé qu’aux Juifs (43.59), comment Sa mission pourrait-elle avoir été d’annoncer la venue d’un prophète arabe (61.6), chargé de donner une révélation en arabe pour les Arabes (41.3,44) ?

— 3 Si Jésus n’est qu’un prophète comme un autre (4.171 ; 5.75), pourquoi sa Mère est-elle préférée à toutes les femmes (voir T 27+) ? Est-ce sans raison, ou bien parce qu’elle est la Mère du meilleur des hommes, Dieu fait homme ?

— 4 Pour ravir au christianisme l’universalité qui découle de son statut d’unique et vraie religion, l’islam se devait de nier la divinité de Jésus en Le réduisant à n’être qu’un prophète de plus pour Israël (43.59), et, pour justifier cette affirmation, oubliant l’annonce que Jésus a faite du rassemblement de non-Juifs s’unissant aux Juifs en Son unique Église (Mt 28.19 ; Jn 10.16), les musulmans citent Jésus disant qu’Il n’a été envoyé qu’aux brebis perdues de la Maison d’Israël (Mt 15.24).[1] Or, en disant cela, Jésus n’a fait qu’exprimer les limites inhérentes à la condition humaine, qu’assumait le Prophète annoncé par Moïse (Dt 18.15), chargé de faire entrer l’ensemble des nations dans le Royaume de Dieu : C’est trop peu que tu sois pour Moi un serviteur pour relever les tribus de Jacob et ramener les survivants d’Israël. Je fais de toi la lumière des nations pour que Mon salut atteigne aux extrémités de la terre. (Is 49.6) ; Je placerai sur Lui mon Esprit et Il annoncera le Droit aux nations […] En Son nom les nations mettront leur espérance. (Is 42.1-4 ; Ps 116)… Jésus respecte les êtres et les choses, et donc leurs limites, qui les définissent. Que la Révélation chrétienne soit enracinée dans l’existence d’un peuple particulier ne fait qu’exprimer la réalité de celle-ci. Elle n’est pas un mythe, elle ! Et cet enracinement ne s’oppose pas à son universalité, puisque la foi d’Abraham, grâce à l’Église, est désormais partagée par l’humanité entière. Tandis que la Croix est fichée en un point unique de la terre, ses deux bras s’ouvrent à droite et à gauche sur le cercle infini de l’horizon pour réunir amis et ennemis en un seul et même point : le Cœur transpercé de Jésus (Za 12.10). Jésus ne fait qu’un avec ses disciples (Jn 15.4-5). A Lui la mission de réaliser pour le peuple hébreu la promesse messianique (Jr 31.31), à ses disciples celle d’en porter la bonne nouvelle à toutes les nations (Ac 10.45 ; 11.18 ; 13.46). Ainsi se réalise la prophétie : Mais Moi, Je viendrai rassembler toutes les nations et toutes les langues [Catholique signifie universel], et elles viendront voir Ma gloire. Je mettrai chez elles un signe [celui de la Croix] et J’enverrai de leurs survivants [les chrétiens missionnaires] vers les nations, vers les îles éloignées qui n’ont pas entendu parler de Moi, et qui n’ont pas vu Ma gloire (Is 66.18+). Non seulement durant Sa vie publique, Jésus n’a pas manqué d’évangéliser des païens (Mt 8.13 ; 12.14-21 ; 27.54 ; Lc 7.9 ;17.8 ; Jn 4.9), mais après Sa résurrection Il Se montre non en Judée, mais en Galilée (Mc 16.7), carrefour des nations (Is 8.23 ; Mt 4.15). A-t-Il dit qu’Il était La Lumière du monde (Jn 8.12), ou seulement d’Israël ? Il est venu non pas pour la nation seulement, mais encore afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés (Jn 11.52). Ainsi, les païens sont admis au même héritage, membres du même Corps, bénéficiaires de la même Promesse, dans le Christ Jésus, par le moyen de l’Évangile (Ep 3.5,6 ; Rm 15.8-12). Puisque Jésus est plus qu’un prophète et un roi réunis (Lc 11.29-32), comment dire qu’Il n’est qu’un prophète ? Si Jésus a prophétisé à ses compatriotes incrédules : Je vous le dis : beaucoup viendront de l’Orient et de l’Occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du Royaume des Cieux, tandis que vous serez jetés dans les ténèbres extérieures (Mt 8.11+ ; Cf. Mt 4.13-16 ; 22.8-9 ; 28.19 ; Ac 15.14-18), ne dit-Il pas la même chose aux musulmans qui, comme les Juifs, refusent Sa mission de Messie, c’est-à-dire de Sauveur du monde ?

5 Si Jésus n’est qu’un prophète envoyé à Israël, et non pas le Messie envoyé au monde entier, pourquoi prétendre que ce serait Mahomet, puisque le Coran professe que Mahomet n’est pas le Messie, mais qu’un prophète arabe, chargé de donner le Coran en arabe aux Arabes (41.44. cf. 13.7 ; 6.92 ; 10.47 ; 32.3 ; 41.3-4,44 ; 62.2) ?

— 6 Si Jésus n’est qu’un prophète (4.171 ; 5.46), pourquoi doit-Il revenir du Ciel pour le Jugement Dernier (4.159) ? A quoi pourrait bien servir ce jour-là un prophète ? A prêcher la conversion à l’islam ! répondent les musulmans. Mais Mahomet n’aura-t-il pas été le dernier des prophètes (33.40) ?

— 7 Comment les musulmans peuvent-ils dire que Jésus n’est qu’un Prophète (2.136 ; 4.171 ; 5.75), si un prophète fait des prisonniers et des massacres (8.67) ? A part des savants musulmans, qui peut croire que Jésus a fait des prisonniers et des massacres ?

— 8 Si la mission de Jésus n’avait été que de confirmer (61.6) et de pratiquer la Torah (19.31-32 ; 42.13 ; 43.59), pourquoi alors a-t-Il tant déplu aux Juifs, eux-mêmes si attachés à la pratique de la Torah qu’ils ont voulu Le tuer pour l’avoir enfreinte (4.155-158) ? Jésus n’est-Il pas un signe de contradiction aussi pour les musulmans (19.34) ?

— 9 Comment Jésus ne serait-Il qu’un prophète (2.136 ; 4.171 ; 5.75), et non pas plus qu’un prophète (Mt 12.38-32 ; Mt 5.17), si la mission d’un prophète est seulement de transmettre le message divin (16.35), alors que Jésus EST Le message divin lui-même (Jn 8.24,28 ; 6.73 ; 19.34) ?

— 10 Comment expliquer qu’à l’instar de tous les autres prophètes de l’islam, le Jésus islamique n’ait laissé aucune trace dans l’histoire ?

— 11 Bien qu’Allah ait pourtant promis le contraire (3.55), il a laissé les croyants se damner jusqu’à l’avènement de Mahomet en croyant à la mort, à la résurrection et à la divinité de Jésus (3.45). Comment les musulmans peuvent-ils respecter Jésus comme l’un des plus grands prophètes (19.21,31), puisque son message a été si vite corrompu, ses disciples ― vrais musulmans pourtant (5.111 ; 61.14) ―, si vite égarés, et que son œuvre aura finalement été de conduire tout le monde en Enfer, les chrétiens (4.48 ; 48.6) et les non-chrétiens (3.55) ?

— 12 La mission universelle de Jésus apparaît dans le titre de Fils de l’homme qu’Il Se donne avec prédilection (Mt 8.20 ; 9.6 ; 10.23 ; 11.19 ; 12.8,32,40…), tiré du livre du prophète Daniel et présent dans la littérature apocalyptique juive. Ce Fils de l’homme reçoit l’hommage de tous les peuples, nations et langues lorsque sur les nuées du Ciel il reçoit l’empire éternel de l’Ancien (Dn 7.13-14). Par cette expression qui ne fait référence à aucun particularisme ethnique ou religieux, Jésus annonce le caractère universel de Sa mission, et Son origine non pas humaine mais divine. C’est bien la réponse de saint Pierre : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! (Mt 16.13,16) à la question de Jésus : Au dire des gens, qu’est le Fils de l’homme ? Saint Pierre confesse la nature divine du Christ, de laquelle découle Sa mission universelle. La mission de Jésus ne pouvait pas plus être limitée à Israël qu’Il n’a offert son Sacrifice que pour la rédemption d’Israël (Jn 11.52 ; 1 Jn 2.2). Par Sa mort sur la Croix, Jésus a détruit la division et la haine entre Juifs et non-Juifs. Il a disqualifié la Loi comme moyen de salut, puisqu’elle L’a condamné, Lui, l’Innocent et le Saint. C’est ainsi qu’Il est notre paix, Lui qui des deux peuples [Juif et païen] n’en a fait qu’un, détruisant la barrière qui les séparait, supprimant en Sa chair la haine, cette Loi des ordonnances avec ses rigoureuses prescriptions, afin de fondre en Lui-même les deux en un seul Homme Nouveau, faire la paix, et les réconcilier avec Dieu, tous deux en un seul Corps, par la Croix : en Sa personne, Il a tué la Haine (Ep 2.14-16 ; Jn 4.8-10). De la mission universelle du Christ (Lc 4.16-30 ; Jn 6.33-35) découle celle de l’Église : Allez de toutes les nations, faites des disciples, les baptisant au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit (Mt 28.19-20 ; Lc 24.46-49). Aussi reçoit-elle à la Pentecôte l’Esprit-Saint promis (Jn 16.7-15) qui lui donne de s’exprimer en toutes les langues du monde (Ac 2.7-8) pour faire de toutes les nations l’unique Peuple de Dieu. Parce que la mission de l’Église est la même que celle du Fils de l’homme venant sur les nuées du Ciel, son autorité est celle-là même du Christ (Mt 16.18-19). Désormais, par la communion au Fils de l’homme mort et ressuscité, tout homme peut accéder à la communion avec Dieu et ses frères en Son Royaume d’où sont bannies à jamais toutes divisions, scissions et disputes. Après le Christ venu détruire le mur de la haine entre Juifs et non-Juifs (Ac 10.29 ; 15.7-9 ; Rm 3.29 ; 4.11), que vient faire l’islam, sinon détruire l’Œuvre du Christ, relever le mur de la haine dans l’humanité, la divisant entre musulmans et non-musulmans (60.4) ?

13 Les musulmans veulent croire que l’islam est l’unique religion qui aurait été celle d’Adam, d’Abraham, de Moïse, de David et de Jésus (2.101 ; 42.13), en sorte que tous ces personnages auraient été eux-mêmes musulmans… Mais l’islam a-t-il jamais existé avant le VIIe siècle ? S’il est évident que non, cette croyance est-elle autre chose qu’une grossière manipulation de l’histoire ? Pourquoi Boko Haram, les Talibans et autres musulmans, jusque dans les écoles de la République, interdisent-ils l’accès à la culture occidentale, sinon parce qu’elle est historique et scientifique ?

— 14 Si Jean-Baptiste est plus qu’un prophète (Lc 7.26), à plus forte raison l’est aussi le Messie qu’il a eu pour mission de révéler à Israël (Mc 1.7-8 ; Jn 1.26-34) ! Jésus s’est Lui-même présenté comme étant plus qu’un prophète (Lc 11.31-32), Celui que tous les Prophètes ont annoncé (Mt 13.16-17 ; Ac 10.43). En disant qu’Il est venu chercher et sauver ce qui était perdu (Lc 19.10), Il a montré que Sa mission est d’un autre ordre que celle d’un prophète (Mt 21.33-42 ; 11.25-27). Comment la rédemption du genre humain pourrait-elle relever de la mission d’un simple prophète (2.136) ? Pourquoi les juifs attendent-ils toujours le Messie si le Messie n’est qu’un prophète comme les autres, chargé d’annoncer la venue de Mahomet ? Pourquoi n’attendraient-ils pas plutôt Mahomet ?

— 15 Les chrétiens ont exprimé la Bonne Nouvelle que Jésus était le Messie (Mashiach en hébreu) en accolant Christ (Christos en grec) à Jésus, en sorte que le vocable Jésus-Christ est la plus brève profession de foi chrétienne (Ac 5.42 ; 18.28), signifiant que Jésus est le Sauveur du monde, promis à Abraham (Gn 22.18 ; Ga 3.16), annoncé par les Prophètes, et toujours attendu par les Juifs. On peut ici noter combien incompréhensible est ce passage du concile Vatican II : Ils [les musulmans] cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham. (Nostra Aetate, n°3), car si Abraham crut en Jésus (Jn 8.56), l’islam se fait gloire de rejeter cette foi (3.59-61 ; 4.171)… Pourrait-il y avoir deux Sauveurs du monde ?

— 16 En cherchant leur salut dans la pratique de la Loi de l’Ancienne Alliance, qui n’a jamais rien amené à la perfection (He 7.19), et qui est absolument incapable de sauver (He 10.4), les musulmans imitent les juifs qui se soustraient à la vie de la Grâce et demeurent sous la Colère de Dieu (Ga 5.4). Des gens désireux de faire bonne figure dans la chair, voilà ceux qui vous imposent la circoncision, à seule fin d’éviter la persécution pour la Croix du Christ. Car ceux qui se font circoncire n’observent pas eux-mêmes la Loi ; ils veulent seulement que vous soyez circoncis, pour se glorifier dans votre chair (Ga 6.12-13). Ils ont beau citer par exemple Gn 17.10-13 pour affirmer que Dieu veut la circoncision perpétuelle[2], ils oublient que Dieu avait aussi voulu que le Temple de Jérusalem subsistât à jamais (1 R 9.3 ; 2 Ch 2.4 ; Ez 43.7), ou que la descendance davidique demeurât sur le trône d’Israël (1 Ch 15.2 ; 17.10-14, 22.10, 24-27)… Ils ne comprennent pas que c’est l’Alliance qui doit être perpétuelle, et que la circoncision n’en était que le signe (Jr 9.25-26), en sorte que le Temple détruit, l’obligation de la circoncision l’a été aussi… En attendant la Nouvelle et Éternelle Alliance avec le genre humain (Jr 31.31 ; 36.25-27 ; Lc 22.20 ; He 8-13), le régime rituel de la Loi ancienne était tout entier ordonné à figurer la Passion du Christ, qui seul sauve. Le vrai peuple élu entrait dans l’Alliance avec Dieu par cette foi, avec ou sans la circoncision qui en était le signe (Dt 10.16 ; Jr 4.4 ; Ac 7.51 ; Rm 2.25-29 ; Ga 2.25-29 ; 6.12-15 ; Col 2.11-13), aussi vrai qu’Abraham fut justifié par sa foi en étant incirconcis (Rm 4.1-12). Le Christ venu, le Temple a été détruit pour être remplacé par celui de Son corps, et la circoncision dans la chair a été remplacée par le baptême, qui est le signe de la circoncision du cœur, en sorte qu’aujourd’hui la circoncision n’est rien, ni l’incirconcision, mais il s’agit d’être une créature nouvelle (Ga 6.15). Celui qui croit au Christ comprend que ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui rend impur, mais ce qui peut sortir de son cœur (Mc 7.1+). Le rite nouveau du baptême, qui, à la différence de la circoncision, est reçu aussi bien par les hommes que par les femmes, confère à tous la même dignité d’enfant de Dieu, et fonde ainsi leur égalité. Six siècles après Jésus-Christ, l’islam vient rejeter l’égalité homme/femme apportée par le christianisme. Les soumis d’Allah ont beau justifier la pratique de la dot (en hébreu mohar, en arabe mahr) par la nécessité de pourvoir l’épouse en cas de répudiation, ils ne font que rejeter l’enseignement du Christ au sujet de l’indissolubilité du mariage (Mt 19.1-9)… Sans compter qu’aujourd’hui en de nombreux pays les jeunes filles travaillent et gagnent parfois plus que leurs fiancés, bénéficient de la Sécurité Sociale (fondée par les chrétiens), et n’ont donc pas besoin que de l’argent soit versé en échange de leur possession ! De même, à la suite des dispositions vétérotestamentaires et talmudiques qui prescrivent que les filles n’héritent que si elles n’ont pas de frère, la législation coranique stipule que la fille n’hérite que de la moitié de ce que reçoit son frère (4.11). Alors pourquoi les prescriptions de la Loi de Moïse ? A cause de la dureté du cœur humain (Mt 19.3-9) ! que la connaissance de Jésus adoucit, guérit, selon la promesse divine de substituer aux cœurs de pierre des cœurs de chair (Ez 11.19 ; 36.26). Comment en effet ne pas fondre de repentir et d’amour devant Dieu crucifié à cause de nos péchés (Mc 15.39 ; He 9.15) ! L’Incarnation de Dieu a fait entrer l’humanité en possession des réalités figurées dans l’Ancienne Alliance, en sorte que celle-ci n’est pas abolie mais accomplie en ce qu’elle a d’essentiel, d’universel, d’intemporel (Mt 5.17 ; Jn 6.33-35). Aujourd’hui, Dieu nous fait miséricorde afin que, sachant tout cela, nous évitions la mort éternelle, par la conversion à Jésus en qui nos péchés sont effacés. Si les préceptes de l’Ancien Testament n’ont été donnés que pour préparer la venue du Sauveur (Jr 31.31 ; 32.40 ; Is 55.3 ; 61.8 ; Lc 1.17), comment juifs et musulmans ne seraient-ils pas jugés par cette parole de Jésus : Ne pensez pas que Je vous accuserai auprès du Père. Votre accusateur, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espoir. Car si vous croyiez Moïse, vous Me croiriez aussi, puisque c’est de Moi qu’il a écrit (Jn 5.45,46) ?

— 17 Sous l’Ancienne Alliance, de par la connaissance de la Loi, les hommes se savaient coupables, et, bien qu’aspirant à la bénédiction, étaient soumis à la malédiction. Ils ne pouvaient concilier la Colère et la Miséricorde divines, la Justice et l’Amour divins. Mais lorsque vint la plénitude des temps, Dieu a éclairé le lien entre Justice et Miséricorde en les unissant dans la Mort de Jésus-Christ. En effet, le Christ a pleinement satisfait, et à la Justice divine en expiant le péché (2 Co 5.21), et à la Miséricorde divine en nous donnant la vie éternelle. N’y a-t-il pas plus de miséricorde pour Dieu à expier Lui-même nos péchés en S’étant fait homme qu’à les remettre sans expiation ? Or, en islam, il n’y a pas d’expiation : Allah se contente de faire comme si ses serviteurs n’avaient pas péché… Mais que dirait-on d’un juge renvoyant libres les accusés au motif qu’il a décidé d’être miséricordieux, sinon qu’il est injuste ?

— 18 Rien n’est impossible à Dieu ! Quel homme pouvant payer la dette de son ami ne le ferait pas ? Dieu qui nous aime de toute éternité pourrait-Il faire moins ? Qui dira que Dieu n’aime pas les hommes ou qu’Il est incapable d’anéantir le mal qu’ils ont fait ? Dieu serait-Il incapable de transformer l’affront qu’Il a subi sans pouvoir faire tourner celui-ci à Sa plus grande gloire ? Le Mauvais devrait-il emporter dans l’éternité de son Enfer la gloire d’avoir su et pu offenser Dieu ? Non ! Dieu aura toujours le dernier mot ! Il a permis le mal sachant qu’Il en tirerait un bien encore plus grand que celui qui aurait eu lieu s’il n’y avait pas eu le mal. Ce bien encore plus grand et qui dépasse tout ce que l’homme pouvait imaginer ou désirer, c’est l’Amour infini du Fils de Dieu fait homme, offert à Dieu le Père au nom de l’humanité ! Un Amour infiniment saint, divin, que jamais la Création n’aurait pu offrir à son Créateur. Seul Dieu peut aimer Dieu comme Dieu mérite d’être aimé ! Dieu S’est aimé dans et par Son humanité et a fait éclater Sa gloire dans Son sacrifice que seul l’Amour peut expliquer ! Miséricorde que jamais nous n’aurions connue si le péché n’avait pas eu lieu ! En sorte que vraiment, tout sert au bien de ceux qui aiment Dieu (Rm 8.28), même nos péchés ! Quel plus beau chant que celui des baptisés la nuit de Pâques : Bienheureuse faute qui nous a valu un tel Rédempteur ?

— 19 Parce que le judaïsme rabbinique ne veut pas de Jésus sauveur, le Talmud a enlevé la dernière lettre du nom de Jésus, qui se dit en hébreu Yeshoua’ et signifie « Dieu sauve », pour que le Nom béni au-dessus de tout nom perde sa référence au salut et devienne Yeshou, une insulte assimilant Jésus à Ésaü, qui en hébreu se dit ‘Ishaou. Ésaü est la figure par excellence de l’imbécile capable de vendre son droit d’aînesse pour un plat de lentilles (Gn 25.29-34), ce qui lui mérite la Colère divine : J’ai aimé Jacob et haï Ésaü (Ml 1.2-3). C’est pourquoi les chrétiens sont nommés dans le Talmud : fils d’Ésaü (Zohar III, 282). Ainsi s’explique que le nom arabe de Jésus, Yasou’, n’apparaisse pas dans le Coran mais soit remplacé par Issa, un nom inconnu de la littérature arabe des huit premiers siècles (cf. P. Louis Sheikho, Le christianisme et la littérature chrétienne en Arabie avant l’Islam, Beyrouth, 1923). Ésaü, en arabe, se dit ‘Isso. ‘Isso/Issa est un mot formé de trois lettres : Y SH U, qui constituent les initiales de trois mots hébreux formant la formule de malédiction : Yimmah shmo weezikhro, qui signifie : Que son nom et sa mémoire soient effacés !… La haine talmudique à l’égard de Jésus ne signe-t-elle pas l’origine de l’islam[3] ?

— 20 Si le Coran ne pouvait pas faire comme si Jésus n’avait pas existé, tant Il était universellement connu et aimé (Voir N 12), il s’est cependant ingénié à Le défigurer et à Le rendre si méconnaissable qu’il en fait un prophète de la venue de Mahomet (61.6) ! Et s’il ne Lui retire pas Son titre de Messie, il en sape autant qu’il le peut la signification en supprimant les conditions de Sa messianité. Ainsi ne rappelle-t-il jamais son ascendance davidique (Mt 1.20-23 ; Lc 2.4), si souvent exprimée dans l’Évangile par l’expression Fils de David (Mt 1.1 ; 9.27 ; 12.23 ; 15.22 ; 20.30 ; 21.9 ; Ap 22.16), ni ne mentionne-t-il saint Joseph, par qui Jésus est entré légalement dans la lignée de David, de laquelle devait naître le Messie (Is 11.1), ni n’indique-t-il le lieu de naissance du roi David et du Messie (Mi 5.1 ; Mt 2.1-6), Bethléem, que le Coran transforme en un palmier isolé du désert (19.23), histoire de repousser hors de la Terre Sainte l’impureté que sont les chrétiens (9.28), la donnant en pâture aux Bédouins sommés de ne plus venir en pèlerinage à Jérusalem (2.142,143), mais à La Mecque (2.144), ville ignorée de tous les auteurs antiques. Le Coran détruit une autre condition de la messianité de Issa en nommant sa mère, sœur d’Aaron (19.28), lequel Aaron vécut plus de 1400 ans avant la naissance de Jésus… Si la mère de Issa est sœur d’Aaron, alors elle appartient, comme Amram le père d’Aaron (1 Ch 23.12 ; Sourate 3), à la tribu de Lévi (1 Ch 6.3), et donc Issa n’appartient pas à la tribu de Juda, de laquelle devait naître le Messie (Gn 49.8-10 ; Dt 33.7 ; Jg 1.2 ; 20.18 ; 1 Sm 17.12 ; 2 Sm 7.12-16 ; 1 Ch 5.2 ; Ps 89.3-5 ; Os 5.14)… Le Coran efface l’histoire pour la remplacer par un mythe, ce que montre par exemple le récit d’Allah s’entretenant avec Moïse de la Thora et de l’Évangile comme d’ouvrages alors connus (7.157). Pour rendre Jésus méconnaissable, ce n’est pas seulement le lien de Issa avec les personnages de l’Ancien Testament qui est gommé, mais aussi celui avec ses contemporains. Ainsi le Joseph du Coran n’est pas le père adoptif de Jésus, mais le fils du Patriarche Jacob, qui devient lui-même Jacques, le cousin de Jésus (19.6)… Pour le Coran, Jésus, Sa Mère, ses Apôtres, Son Église, Ses sacrements, n’ont pratiquement jamais existé. Les contemporains de Jésus sont noyés dans l’Ancien Testament de sorte que sept siècles après Jésus-Christ, il n’y a toujours que Moïse. Grâce à ces fictions littéraires, à ces anachronismes ahurissants, l’originalité et la centralité de la mission de Jésus de Nazareth sont complètement effacées de l’Histoire. Pour le Coran, le Jésus-Christ historique n’existe pas. Entre l’Ancien Testament et l’islam, il n’y a pas de Nouveau Testament, il n’y a que de l’Ancien Testament, ou plutôt du judaïsme talmudique. Et de même que le Coran rompt la relation de Issa avec le roi David, descendant de la tribu de Juda (2 Sm 7.12-16 ; 2 Sm 23.5), de même fait-il avec toutes les grandes figures de l’Ancien Testament, de peur qu’elles ne révèlent Jésus-Christ. Ainsi, Issa n’est pas le nouvel Adam, père d’une humanité nouvelle ; Son sacrifice nié (4.157) n’est pas annoncé par celui d’Abel, ni préfiguré par celui d’Isaac (Gn 22.1-19), en qui Abraham a entrevu le Fils de Dieu mort et ressuscité (Jn 8.56) ; Issa n’est pas le nouveau Législateur annoncé par Moïse (Dt 18.15,18), devant faire sortir le nouveau peuple de Dieu de l’esclavage du péché figuré par celui de l’Égypte (Jr 31.31-34) ; Issa n’est pas le Serviteur souffrant annoncé par Isaïe (Is 50.6-7 ; 52.13-15 ; 53.1-12 ; Dn 9.26), ni le Crucifié entrevu par Zacharie et le psalmiste (Za 12.10 ; 13.1 ; Ps 22) ; Issa n’est pas le vrai Jonas venu prêcher la conversion aux païens et resté trois jours et trois nuits dans les affres de la mort avant de resurgir bien vivant ; Issa n’est pas l’Époux (Mt.9.15 ; 25.1+ ; Lc 5.34 ; Jn 3.29) chanté par Isaïe et Salomon (Is 54.5 ; 61.10 ; 62.5 ; Ct 5.16) ; Issa n’est pas Le Pain vivant descendu du Ciel (Jn 6.51) annoncé par le don de la manne (Ex.16) ; Il n’est pas l’Agneau de Dieu dont le Sang sauve des arrêts de la Justice divine (Ex 12.13 ; Jn 1.29) ; Il n’est pas le Sauveur figuré par le serpent d’airain placé au sommet d’un mât et dont la contemplation guérissait la mortelle morsure du péché (Nb 21.9) ; saint Jean-Baptiste n’est pas le Précurseur du Sauveur (Jn 1.19-34), mais seulement d’un prophète (3.39)… En rappelant largement l’Alliance mosaïque avec les fils d’Israël (2.44,83,93,122 ; 4.154 ; 7.134,137 ; 17.104 ; 26.59 ;45.16), tout en ne contenant aucun Écrit des Prophètes, le Coran ne cherche-t-il pas, à l’instar du judaïsme rabbinique, à rejeter la Nouvelle et Éternelle Alliance (Jr 31.31 ; Is 53.3 ; Ez 36.27 ; Za 8.1) ? Comment Issa pourrait-il être un prophète comme un autre (5.75) s’il est le Messie ?

— 21 Bref, à la suite du Grand Prêtre Caïphe qui a condamné Jésus à mort pour le blasphème de S’être reconnu Fils de Dieu (Mt 26.65 ; Mc 14.61 ; Ac 4.1-18 ; 5.21-42 ; 7.51+), de sorte que le Talmud place Jésus en enfer (Gittin 57a), le but du Coran est d’éradiquer Jésus et le christianisme de l’Histoire. Cette haine du christianisme pousse même Allah à projeter l’anéantissement du Messie et de sa Mère, et si nécessaire pour cela, de l’humanité toute entière (5.17) ! Certes, devant les Koufars, les musulmans justifient ce verset comme n’étant qu’une illustration de l’absolue liberté et puissance d’Allah, mais la haine pour l’humanité ― et a fortiori pour le Messie et Sa Mère !―, n’est-elle pas directement contraire à la nature du Créateur, juste et miséricordieux ? Comment cette haine contre le Messie, renvoyant à celle du judaïsme rabbinique,[4] ne se porterait-elle pas contre les chrétiens (9.30) ?[5]

— 22 Parce que le Sacrifice de Jésus est celui de Dieu le Fils fait homme, il demeure dans l’éternité, et c’est pourquoi il est sans cesse offert dans Son Église par la Messe.* Ainsi les fidèles, à chaque nouvelle célébration, peuvent-ils, à la mesure de leur désir, de leur foi et de leur amour, se laver, se renouveler, puiser à la Source de la vraie vie, passer de ce monde au Père. Et parce que le Sacrifice de Jésus est éternel, tout autre sacrifice est caduc ou vain (He 9.12). Dès lors, comment l’islam ne haïrait-il pas la Croix par laquelle est dévoilée son imposture ?

— 23 Tous les choix humains, personnels et communautaires, des plus grands aux plus petits, ne se réduisent-ils pas in fine à cette alternative : pour ou contre Jésus (Lc 11.23 ; Mc 16.16) ?

[1] Certains se plaisent à dénoncer en ce passage la prétendue attitude raciste de Jésus utilisant l’appellation juive de chien à l’égard des païens. Or, non seulement celle-ci était traditionnelle, ― et Jésus l’adoucit en parlant de “petits chiens”―, mais encore, Il utilise cette donnée culturelle pour permettre à cette femme de manifester sa foi. Soit elle allait, comme ces lecteurs, s’en offusquer, et renoncer à Lui demander la délivrance de sa fille, soit elle serait capable de reconnaître en Lui le Sauveur envoyé, certes aux Juifs, mais aussi aux païens, le Sauveur universel. Ce qu’elle fit et qui lui valut cette sublime louange de Jésus : O femme, grande est ta foi ! (Mt 15.28).
[2] Mahomet dit : “Celui qui devient musulman qu’il se circoncise même s’il est âgé.” dans Abd-al-Salam Abd-al-Rahim Al-Sukkari, Khitan al-dhakar wa-khifad al-untha min manzur islami, Dar al-manar, Héliopolis, 1988, p.50.
[3] Voici quelques citations du Talmud au sujet de Jésus : Jésus, fils illégitime, conçu pendant les règles de sa mère. (Kallah, 1b. 18b) ; Désigné comme le fils de Pandira, un soldat romain. (Abhodah Zarah II) ; C’était un imbécile, et personne ne doit prêter attention aux imbéciles. (Schabbath, 104b) ; Séducteur, corrupteur et destructeur d’Israël. (Sanhedrin, 107b, 43 a) ; Jésus, mort comme une bête et enterré dans un tas de fiente. (Zohar III, 282) ; Il ne faut pas donner l’impression qu’on pourrait avoir du respect pour Jésus. (Orach Chaiim, 113 ; Iore des, 150, 2) ; Talmud babylonien ; Sanhédrin 43 A… Le Toldoth Jeschu, reprenant des textes de la fin du IIe siècle, n’est pas en reste : La naissance de Jésus y est des plus honteuses. Judas a pissé sur Jésus.… Cf. Mc 10.32-34 ; 14.43-65 ; Lc 11.53-54 ; Jn 8.37,59 ; 12.10 ; 15.18-26.
[4] Cf. Jn 15.25. Le 11/11/2012, le quotidien israélien ynetnews.com rapportait ces propos du rabbin Baruch Efrati, invitant à se féliciter de l’islamisation de l’Europe : Les Juifs devraient se réjouir que l’Europe chrétienne soit en train de perdre son identité, à titre de punition pour ce qu’elle nous a fait pendant des siècles quand nous y étions en exil. […] Nous ne pardonnerons jamais aux chrétiens d’Europe d’avoir égorgé des millions de nos enfants… Pas seulement lors de l’Holocauste récent, mais à travers les générations, d’une manière systématique […] À présent, a-t-il conclu, l’Europe est en train de perdre son identité au profit d’un autre peuple et d’une autre religion, et il n’y aura pas de vestiges et pas de survivants de l’impureté du christianisme, qui a versé une quantité de sang qu’il sera incapable d’expier. Si pour lui le christianisme est une idolâtrie, l’Islam est par contre une religion qui se trompe dans ses jugements sur ses prophètes, mais qui est relativement honnête. Comment mieux affirmer la parenté du judaïsme rabbinique et de l’islam ?
[5] La douzième malédiction de la Birkat ha-minim est pour les chrétiens. Trois fois par jour ― matin, midi et soir  ―, précise Épiphane, les juifs prononcent debout une malédiction contre les chrétiens (Panarion, XXIX, 9.1-3) : Que les chrétiens et les hérétiques soient détruits sur le champ ! Qu’ils soient effacés du Livre de vie et  ne soient pas inscrits avec les justes ! La Tosefta commande aux Juifs de ne rien acheter, vendre, recevoir ou lire des chrétiens, de ne pas contracter avec eux de mariages, ni de leur transmettre quelque savoir faire, non plus que de se faire soigner par eux (T. Hullin 2.20-21). Dans le Talmud de Babylone Jésus adore une brique (Sanhédrin, 107 b et B. Sota, 47a), et est condamné pour idolâtrie à bouillir en enfer dans des excréments (B. Gittin, 56 b-57a). Etc.