Un livre non conformiste, unique en son genre et dérangeant.

Ce livre brise un tabou: en matière de droits de l’homme, l’ONU inquiète. Elle est en train d’enterrer la conception réaliste des droits de l’homme: celle des déclarations de 1789 et de 1948, selon lesquelles tous les hommes naissent avec les mêmes droits – droit à la vie, à la liberté, à l’association, etc.

Créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avec la mission de promouvoir ces droits et de les faire respecter, l’ONU s’éloigne de plus en plus de sa référence fondatrice, qui l’appelait à édifier de nouvelles relations internationales. Fortement influencée par la pensée anglo-saxonne, l’ONU tend désormais à considérer les droits de l’homme comme le produit de conventions qui, une fois ratifiées, acquièrent force de loi. Ici, la recherche de la vérité n’a pas sa place. Le mot consensus est le nouveau talisman, la source du droit; c’est lui qui définit le “politiquement correct”.

La globalisation selon l’ONU implique «une concentration du pouvoir aux relents totalitaires» qui «menace gravement l’Eglise». C’est ce qu’a affirmé le 29 novembre Mgr Michel Schooyans, professeur à l’Université belge de Louvain et auteur d’une vingtaine d’ouvrages, dont le dernier s’intitule «La face cachée de l’ONU». Membre de l’Académie pontificale des Sciences sociales et consulteur du Conseil pontifical pour la famille, il est intervenu dans le cadre du Congrès sur «la globalisation, l’économie et la famille», organisé au Vatican par le Conseil pontifical pour la famille, du 27 au 29 novembre.

En décrivant «la globalisation selon l’ONU», Mgr Michel Schooyans a souligné que l’expression se réfère à «une tendance de l’Organisation des Nations Unies à considérer que le monde dans sa globalité a plus de valeur que la personne». «Pour l’ONU, l’homme n’a de réalité que par son inhérence dans la matière, aux exigences de laquelle il doit se plier», a-t-il expliqué. «Il y a là une influence du New Age selon laquelle l’anthropocentrisme chrétien, renforcé par la Renaissance, doit être abandonné et rejeté au profit de l’exaltation du culte néo-païen de la terre-mère». Mgr Schooyans avait déjà annoncé le culte de la Pachamama…

D’après Mgr Schooyans, ces principes vont clairement apparaître prochainement dans une «Charte de la terre» actuellement en préparation à l’ONU, visant à présenter l’humanité comme «une partie d’un vaste univers en évolution», marquée à l’heure actuelle par «une augmentation sans précédent de la population qui surcharge les systèmes économiques et sociaux». «La philosophie de cette charte présente les religions – et en particulier la religion catholique – comme des obstacles à sa réalisation, a encore souligné Mgr Schooyans. Le projet de l’ONU est de les neutraliser pour en arriver à la création d’une nouvelle et unique religion mondiale». «C’est face à ce projet que s’est élevée la Congrégation pour la Doctrine de la foi en publiant sa déclaration ’Dominus Iesus’», a-t-il affirmé.

Vers un «supergouvernement mondial»

Pour Mgr Schooyans, l’ONU vise à créer un ordre du monde fondé sur un «pacte social» qui permettra l’installation progressive d’un «supergouvernement mondial». Celui-ci supprimera les corps intermédiaires en intronisant un système de pensée unique par «un contrôle de plus en plus centralisé de l’information, du savoir, de la technique, de la vie humaine, de la santé, du commerce, de la politique et du droit», a-t-il ajouté.

Les principes de ce nouvel ordre mondial vont remplacer peu à peu ceux de la Déclaration des droits de l’homme de 1948 qui visait à fonder la paix sur des vérités fondamentales supérieures reconnues par tous, a encore souligné Mgr Schooyans. «Désormais, les nouveaux droits de l’homme seront uniquement les résultats de processus consensuels, et n’importe quoi pourra être présenté comme juste si c’est l’objet d’un consensus, et être imposé aux Etats sous la forme de conventions internationales».

«L’Eglise, a conclu Mgr Schooyans, ne peut que s’insurger contre une telle globalisation qui implique une concentration du pouvoir aux relents totalitaires». «C’est au nom de ce système qu’un Etat ne légalisant pas l’avortement par exemple, pourra être condamné par la communauté internationale, a-t-il expliqué, et que des groupes opposés à l’avortement ou à l’euthanasie pourront être appelés devant le tribunal international». Pour Mgr Schooyans, il s’agit donc «d’une des menaces les plus graves qui pèsent sur l’Eglise en tant que société humaine». (apic/imed/bb)

Ainsi, en utilisant le droit international positif, l’ONU procède à une concentration pyramidale du pouvoir. Rognant la juste souveraineté des nations, elle se pose de plus en plus en super-État mondial. Elle exerce un contrôle de plus en plus centralisé sur l’information, la santé et les populations, les ressources du sol et du sous-sol, le commerce mondial et les organisations syndicales, enfin – et surtout – sur le droit et la politique. Exaltant le culte néo-païen de la Terre-mère, elle prive l’homme de la place centrale que lui reconnaissent les grandes traditions philosophiques, juridiques et religieuses.

Face à cette globalisation pleine d’ambiguïtés, il est temps que les États se ressaisissent, car s’ils se laissent dissoudre, les hommes seront sans défense devant une bureaucratie supra-nationale qui se sera arrogé le monopole de définir le vrai et le faux, le bien et le mal, le juste et l’injuste.

L’auteur analyse cette dérive de l’ONU, tout en montrant qu’elle n’a rien de fatal: elle appelle cependant la réaffirmation vigoureuse et urgente du rôle de la société civile et de ce capital prodigieux qu’est la personne humaine.

Michel Schooyans,  La face cachée de L’ONU,  Éditions Le Sarment Fayard

On peut lire le livre ici.

La face cachée de l’ONU et les mouvements anti-vie.