1966. Suite à une opération chirurgicale ratée, le petit Bruce Reimer, âgé de neuf mois, a le pénis irrémédiablement endommagé.

Ses parents, ne sachant que faire, finissent par se tourner vers le Pr. John Money qui avait acquis une certaine notoriété grâce à son travail sur les enfants «intersexes» au sein du centre universitaire John Hopkins de Baltimore.

Le Pr. Money pensait que l’identité sexuelle des enfants, garçon ou fille, était suffisamment plastique, durant les premières années de la vie, pour permettre de réassigner un nouveau genre à un enfant grâce à un suivi médical (pris d’hormone), psychologique (une thérapie) et culturel (rôle de l’environnement et des parents).

Il finit donc par convaincre les parents du petit Bruce qu’il était tout à fait possible de changer le sexe/genre de leur enfant et que celui-ci serait plus heureux, du fait de son infirmité au pénis, en petite fille.

C’est ainsi qu’il entreprit de transformer le petit Bruce, âgé alors de 22 mois, en «Brenda».

Après opération, il suivit en thérapie la «nouvelle» petite fille durant plusieurs années pour la convaincre de sa nouvelle identité, mais aussi pour l’étudier.

Le Pr. Money souhaitait, grâce à cette expérience, apporter la preuve de la validité de ses thèses sur la «flexibilité de la division sexe/genre». Il publia dès 1972 un livre pour vanter les résultats de son expérience.

Une expérience qui sert de caution à la «théorie du genre»

C’est à partir de ce simple cas que la «théorie du genre» s’est développée en prétendant que«ce que nous appelons communément le «sexe biologique» renvoie bien davantage aux rôles et comportements sexuels qu’à un processus biologique de sexuation. Les motivations de Money montrent que ce que nous appelons le «sexe», biologique, stable, évident, comporte toujours un surplus par rapport à la sexuation des corps. Ce que nous appelons alors le «sexe des individus», c’est-à-dire la bicatégorisation sexuelle des individus en «mâles» et «femelles» serait davantage le fait de facteur exogène que d’une détermination endogène. Cela ne remet pas seulement en question la causalité «naturelle» du sexe (mâle et femelle) sur le genre (homme et femme) et la sexualité (hétérosexualité), prônée par la majorité des écrits médicaux du XIXème siècle, mais bien notre définition même du sexe biologique»[1]

Dès 1972, Ann Oakley, une sociologue britannique, s’est appuyée sur les travaux de Money pour imposer la distinction entre sexe et genre et la populariser au sein des milieux féministes grâce à son livre«Sex, gender et Society».

«Les recherches sur les individus «intersexes» ainsi que sur les phénomènes de transsexualité, démontrent que ni le désir sexuel, ni le comportement sexuel, ni l’identité de genre ne sont dépendants des structures anatomiques, des chromosomes ou des hormones. D’où l’arbitraire des rôles sexuels.»affirme, de façon péremptoire, Ilana Lôwy, dans les Cahiers du genre.[2]

Quant à Elsa Dorlin, professeur de philosophie à l’Université Paris 8, elle poursuit:«A partir de cette première élaboration, le concept de genre a été utilisé en sciences sociales pour définir les identités, les rôles (tâches et fonctions), les valeurs, les représentations ou les attributs symboliques, féminins ou masculins, comme les produits d’une sociabilisation des individus et non comme les effets d’une «nature».»[3]

Une expérience qui finit comme un drame

Les avocats de la théorie de genre, qui aujourd’hui encore s’appuient sur l’expérience de Money pour légitimer leurs thèses, oublient toujours de préciser ce qui est arrivé à la petite Brenda. La transformation a-t-elle été aussi réussie qu’ils le prétendent?
La réalité est malheureusement beaucoup plus tragique.

Malgré les traitements hormonaux et la thérapie, Bruce devenue Brenda n’a jamais réussi à se sentir bien dans sa peau. À 13 ans, il ou elle manifesta des tendances suicidaires et refusa de continuer à voir le Pr. Money.

Face à la détresse de leur enfant, les parents de «Brenda» furent amenés à lui révéler la vérité sur sa réassignation de genre et «Brenda» entrepris une nouvelle transformation pour redevenir un garçon et demanda à ce que désormais on l’appelle «David». En 1997, David se soumit à un traitement pour inverser la réassignation, avec injections de testostérone, une double mastectomie et deux opérations de phalloplastie.

Cette malheureuse expérience marqua profondément David Reimer qui décida de rendre public son histoire. Il publia, en 1997,un livre dans lequel il témoigna des conséquences néfastes de ces thérapiesafin d’éviter que d’autres enfants subissent les mêmes traitements. En 2004, David Reimer, toujours fragile, finit par se suicider.

Voilà comment finit la vie tragique de Bruce/Brenda/David Reimer.

Malheureusement, ce drame n’a pas empêché ceux qui voyaient en lui un simple cobaye au service de leur «théorie» de continuer à se référer à cette expérience comme si elle avait été une réussite.

La mort tragique de David Reimer aurait dû servir de leçon aux apprentis sorciers de la théorie du genre. Malheureusement, ils ont préféré oublier ce triste épilogue et continuent, aujourd’hui encore, à le cacher pour ne pas discréditer leur théorie.

 

[1]Elsa Dorlin, Sexe, genre et sexualité, PUF, 2008, pp.36-37

[2]Cité par Elsa Dorlin, ibid, p.39

[3]ibid, p.39

Un théoricien du genre avoue : « J’ai tout inventé »

Voilà un témoigne qui entame sérieusement la crédibilité des études de genre… L’historien canadien Christopher Dummitt a avoué dans le journal en ligne australien « Quillette » avoir falsifié les conclusions de ses recherches, au service de la théorie du genre.

« Je passais de nombreuses soirées à débattre du genre et de l’identité avec d’autres étudiants – voire avec n’importe qui avait la malchance de se trouver en ma compagnie. Je ne cessais de le répéter : « Le sexe n’existe pas. » Je le savais, un point c’est tout. Parce que j’étais historien du genre », rappelle-t-il en guise de préambule à ses aveux.

« À l’époque, pas mal de gens n’étaient pas de mon avis. Toute personne – c’est-à-dire pratiquement tout le monde – n’ayant pas été exposée à ces théories à l’université avait bien du mal à croire que le sexe n’était globalement qu’une construction sociale, tant cela allait à l’encontre du sens commun. Mais, aujourd’hui, ma grande idée est partout », poursuit-il.

« Aujourd’hui, j’aimerais faire mon mea culpa », annonce-t-il. « Mais je ne me contenterai pas d’être désolé pour le rôle que j’ai pu jouer dans ce mouvement. Je veux détailler les raisons qui me faisaient faire fausse route à l’époque, et celles qui expliquent les errements des socio-constructionnistes radicaux contemporains. J’ai avancé les mêmes arguments qu’eux et je sais qu’ils sont faux. »

Après avoir détaillé ses travaux universitaires et ses méthodes, M. Dummitt reconnaît que son travail était celui d’un militant, et non d’un historien : « J’avais tort. Ou, pour être un peu plus précis : j’avais partiellement raison. Et pour le reste, j’ai globalement tout inventé de A à Z. Je n’étais pas le seul. »

Sa conclusion est une bombe pour ces collègues : « Les erreurs de mon propre raisonnement n’ont jamais été dénoncées – et n’ont en réalité qu’été confirmées par mes pairs. »

Antoine Béllion (Source)