Claude Bourguignon, né en 1951, est un ingénieur agronome français, reconnu pour ses travaux et expériences sur la microbiologie des sols. Docteur es-sciences et fondateur du LAMS : Laboratoire d’Analyse Microbiologique des Sols, il travaille en France, mais également en Europe, en Amérique et en Afrique.

Il est parmi les premiers, dans les années 1970, a avoir alerté sur la dégradation rapide de la biomasse et de la richesse des sols en micro-organismes et en champignons microscopiques, mais aussi sur la perte d’humus et de capacité de productivité des sols agricoles européens, ou des sols auxquels on appliquait les mêmes méthodes en climat tropical ou subtropical. Il a contribué à développer des techniques alternatives qui se sont avérées particulièrement efficaces, mais qui demandent une bonne technicité et connaissance du fonctionnement écologique des sols.

Biographie

Claude Bourguignon est un ingénieur agronome constitué à l’Institut national agronomique Paris-Grignon (INA P-G), comme René Dumont. Il a en premier lieu travaillé à l’INRA (Chaire d’agronomie) où ses travaux (méthode de mesure de l’activité biologique des sols) ont suscité peu d’intérêt, ou alors le rejet. Voyant par ses relevés d’activité biologique que les sols cultivés en labour avec des apports d’engrais chimiques et de pesticides perdaient leurs populations microbiennes et fongiques, et mouraient en perdant aussi leurs nutriments et en s’érodant de manière accélérée, il est devenu un des promoteurs, développeurs et spécialiste des techniques de restauration et préservation des sols agricoles par des techniques respectueuses de la vie du sol et de son fonctionnement comme agro-écodispositif complexe.

Claude Bourguignon est d’autre part conférencier et formateur, membre de la Société d’écologie, de la Société américaine de microbiologie, enseignant à la première chaire française de pédologie et de microbiologie du sol (Beaujeu). Il déplore l’absence de chaire officielle de microbiologie des sols à l’INRA ou en France (depuis que le secteur microbiologie des sols de l’Institut Pasteur a été fermé), ce qui s’est traduit par le manque de formation en microbiologie chez les pédologues et agronomes.

Dans les années 1980, il met au point une méthode de mesure de l’activité micro-biologique des sols et constate qu’en Europe, 90% de l’activité micro-biologique des sols a été détruite.

Il est aussi (avec sa femme Lydia Gabucci-Bourguignon, ingénieur IUT) directeur et fondateur du LAMS (Laboratoire d’analyse microbiologique des sols) qui produit des analyses chimiques, écologiques et biologiques des sols agricoles (ou autres, golfs par exemple), afin d’aider les agriculteurs ou leurs gestionnaires à obtenir de meilleurs rendements, par une meilleure connaissance et prise en compte du fonctionnement des sols.

Il est pour la petite histoire le frère de l’actrice Anémone, de son vrai nom Anne Bourguignon

Théorie et recommandations

Les outils et concepts qu’il a développé sont toujours utilisés par les agriculteurs biologiques ou biodynamiques qui ont des sols bien plus actifs et riches en organismes vivants et en biodiversité que ceux de l’agriculture dite «conventionnelle» où quelquefois on ne trouve presque plus trace de vie.

Le labour et les techniques d’agriculture intensive continuent néanmoins à être utilisés. Claude Bourguignon estime qu’on perd actuellement sur un sol agricole d’agriculture conventionnelle en moyenne «10 tonnes de sol par hectare et par an» (occasionnellemen, on atteint 100 tonnes par an et par ha dans les zones où le sol est plus fragile (ex : [1] bassin de la Canche dans le Pas-de-Calais, au nord de la France) ).

Il estime que l’agriculture européenne va obligatoirement devoir changer car elle n’est plus compétitive (92% des agriculteurs ont disparu en 50 ans), ne survit que grâce aux subventions, et génère des produits de mauvaise qualité.

Il souhaite que les pratiques agricoles changent et qu’on apprenne à cultiver un sol sans l’éroder. Il conteste le dogme qui consiste à croire que le sol est un support inerte qui nécessite qu’on y ajoute de l’engrais (rendant ainsi les plantes malades et obligeant à utiliser des pesticides pour les soigner). Il indique que le sol, loin d’être inerte, contient 80% de la biomasse de la Terre et ne nécessite aucun engrais et par conséquent aucun pesticide. Il recommande aussi de changer les habitudes relatives aux espèces cultivées en remplaçant par exemple la culture du maïs (trop consommatrice d’eau et peu adapté au climat européen) par celle du sorgho.

Il prône le retour aux haies ainsi qu’à une agriculture agro-sylvo-pastorale et explique que l’unique moyen de faire renaître un sol mort est l’utilisation massive du bois raméal fragmenté.

« L’agriculture est devenue une activité mortifère, cette révolution verte nous emmène vers une immense famine qui détruira cette civilisation. (Claude Bourguignon, ingénieur agronome) » 

« Tous les indicateurs environnementaux sont au rouge et clignotent violemment, de même que les indicateurs sociaux, économiques et politiques. Mais rien ne bouge, rien ne change. Notre civilisation s’effondre alors qu’elle semble au faîte de sa gloire puisqu’elle est mondiale. C’est en cela que sa chute est passionnante, elle nous concerne tous et ce ne sont pas seulement, nous les hommes, qui sommes directement concernés par cette chute, mais aussi tous les êtres vivants, les plantes, les animaux et même certains microbes. Lydia & Claude Bourguignon tentent d’apporter des réponses à ce phénomène. » 

Le couple engagé publie leur premier texte en 2008, Le sol, la Terre et les Champs, pour retrouver une agriculture saine, paru aux éditions Sang de la Terre, avant Manifeste pour une agriculture durable, édité chez Actes Sud en 2017.

Publications

Le Sol, la terre et les champs (Ed. La Manufacture/Sang de la Terre. 1989 – (ISBN 9782869851498) ), expert du sol auprès de la CEE. Le passage constant du terrain au laboratoire, de la politique au essentiel, lui permet d’avoir une approche globale du sol.

Leur dernier titre, Pourquoi ne faisons-nous rien pendant que la maison brûle ?, est paru le 5 mai de cette année aux éditions d’En Bas. Ci-dessous, grâce à la gentillesse de l’éditeur, l’introduction du pamphlet en avant-première.