Si quelqu’un veut venir à Ma suite, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. (Mt 16.24)”

De Ste Thérèse d’Avila, Relations n° 36.

Notre Seigneur me dit un jour : « Penses-tu ma fille, que le mérite consiste à jouir ? Non, mais à agir, à souffrir et à aimer. Tu n’as pas entendu dire que St Paul ait goûté plus d’une fois les joies célestes, tandis qu’il a eu très souvent à souffrir. Regarde aussi ma vie, toute remplie de souffrances ; tu n’y trouves d’autre jouissance que celle du Thabor. Quand tu vois ma Mère me tenant dans ses bras, ne t’imagines pas que ses joies furent exemptes d’un cruel tourment : dès qu’elle eut entendu les paroles de Siméon, mon Père, par une vive lumière, l’éclaira sur ce que J’aurai à souffrir. Ces grands Saints qui passaient leur vie dans le désert pratiquaient sous l’inspiration de Dieu  de très rudes pénitences ; en outre, il soutenaient de grands combats contre le démon et contre eux-mêmes, et restaient fort longtemps sans aucune consolation spirituelle. Crois-le, ma fille, ceux-là reçoivent de mon Père de plus grandes souffrances qui sont le plus aimés de Lui, et ces souffrances sont la mesure de Son amour. En quoi puis-je mieux te montrer le Mien, qu’en choisissant pour toi ce que J’ai choisi pour Moi-même ? Regarde ces plaies, tes douleurs n’iront jamais jusque là. C’est là le chemin de la Vérité. Quand tu l’auras compris, tu m’aideras à pleurer la perte des gens du monde, dont tous les désirs, tous les soins, toutes les pensées tendent vers un but opposé. » 

 Lettre de  Ste Rose de Lima (1586 – 1617) au médecin Castillo (Liturgie des Heures, t.3, p. 1259)

Le Seigneur notre Sauveur éleva la voix et dit, avec une incomparable majesté : « Tous doivent savoir qu’après l’épreuve vient la grâce ; tous doivent connaître que, sans le poids des afflictions, on ne peut parvenir au sommet de la grâce ; tous doivent comprendre que la mesure des charismes augmente avec l’accroissement des peines. Les hommes doivent se garder d’errer ou de se tromper. C’est la seule véritable échelle du Paradis, et hors de la Croix on ne trouve pas d’échelle pour monter au Ciel»

Lorsque j’entendis ces paroles, un élan très fort m’emporta, comme pour me faire venir au milieu de la rue, afin que je dise, avec de grands cris, à tous les gens de tout âge, sexe et condition : « Ecoutez, peuples ; écoutez, tout le monde. Sur l’ordre du Christ, en employant les paroles sorties de Sa bouche, je vous en avertis : nous ne pouvons acquérir la grâce si nous ne souffrons pas d’afflictions ; il faut que les peines s’accumulent les unes sur les autres pour obtenir de participer intimement à la nature divine, à la gloire des fils de Dieu, à la parfaite félicité de l’âme. »

Le même aiguillon me poussait à prêcher la beauté de la grâce divine ; j’en étais prise d’angoisse et cela me faisait transpirer et haleter. Il me semblait que mon âme ne pouvait plus rester enfermée dans la prison du corps, mais qu’elle devait, après avoir rompu ses liens, s’en aller dans le monde entier, avec une agilité sans entrave, parfaite et toujours plus grande, en disant : « Si les mortels pouvaient connaître l’importance de la grâce divine, combien elle est belle, noble et précieuse ; combien de richesses elle recèle, combien de trésors, d’allégresse et de délices ! Sans aucun doute ils s’appliqueraient, de toute leur activité et de tous leurs soins, à se procurer peines et afflictions ! Tous, à travers le monde, rechercheraient, au lieu de richesses, ennuis, maladies et tourments, pour acquérir l’inestimable trésor de la grâce. C’est là le butin et le profit ultime de la patience. Personne ne se plaindrait de la Croix ni des peines qui pourraient advenir, si l’on connaissait la balance où elles sont pesées pour la rétribution des hommes ».

De Maria Valtorta, « Les cahiers de 1944 », Editions du Parvis, 1ère édition, p. 533.

 « Je sais, Seigneur, que les jours où Tu me fais le plus pleurer sont ceux qui m’apportent le plus de profit.
Merci donc de me faire pleurer.

Je sais, Seigneur, que les jours où Tu me fais le plus souffrir sont ceux où Tu me donnes d’alléger le plus les souffrances des autres.
Merci donc de me faire souffrir.

Je sais, Seigneur, que les jours où Tu me mets le plus au supplice en Te cachant sont ceux où Tu vas vers l’un de mes pauvres frères qui s’est perdu. Merci donc de cette agonie.

Je sais, Seigneur, que les jours où Tu laisses passer sur moi la vague amère de la désolation, qui a déjà le goût du désespoir, sont ceux où je Te 

rends à un frère désespéré. Merci donc de cette vague amère.

Je sais, Seigneur, que les ténèbres qui me rendent aveugle, que la faim qui m’affaiblit, que la soif qui me fait mourir, pour Toi, de Toi, servent à Te donner –Toi qui es Lumière, Source et Nourriture- à ceux qui meurent de toutes les morts.
Merci donc de mes ténèbres, de ma faim, de ma soif.

Je sais, Seigneur, que mes morts spirituelles sur Ta croix sont autant de résurrections à des morts à Ta croix.
Merci donc de me faire mourir.

Car je crois, Seigneur, que tout ce que Tu me fais est pour mon bien, dans un but de bien, pour la Gloire de Dieu, le Bien suprême ;

car je crois que je retrouverai tout cela quand le simple fait de Te voir me fera oublier toutes les souffrances endurées ;

car je crois que chaque souffrance fera grandir ma joie ;

car je crois que celle-ci s’ornera des noms de ceux que j’aurais sauvés par ma souffrance ;

car je crois que, pour les « victimes », il n’est pas de justice, mais seulement de l’amour ;

car je crois que notre rencontre ne sera qu’un sourire, un baiser, Ton baiser ; mon Jésus-Amour, qui essuiera toute trace de larmes.

Parce que je crois tout cela, je te remercie de mes épines innombrables et je T’aime d’un amour encore plus grand.

Tu ne m’as pas attribué la part de Marie, la meilleure, mais la Tienne même, la part parfaite : la souffrance.

Merci Jésus. »