Plusieurs posent la question de savoir si le baptême est vraiment nécessaire au salut. Est-il indispensable d’être baptisé pour être sauvé ? La réponse est oui… et voici pourquoi.

RAPPEL : « Célébrés dignement dans la foi, les sacrements confèrent la grâce qu’ils signifient. » (cf. Cc. Trente : DS 1605 et 1606). Ils sont efficaces parce qu’en eux le Christ lui-même est à l’œuvre : c’est Lui qui baptise, c’est Lui qui agit dans ses sacrements afin de communiquer la grâce que le sacrement signifie”. (CEC 1127)

  1. LA NÉCESSITÉ DU BAPTÊME :

« Le Seigneur lui-même affirme que le Baptême est nécessaire pour le salut (Jn 3.5). Aussi a-t-Il commandé à ses disciples d’annoncer l’Évangile et de baptiser toutes les nations (Mt 28.20). Le Baptême est nécessaire au salut pour ceux auxquels l’Évangile a été annoncé et qui ont eu la possibilité de demander ce sacrement. L’Église ne connaît pas d’autre moyen que le baptême pour assurer l’entrée dans la béatitude éternelle ; c’est pourquoi elle se garde de négliger la mission qu’elle a reçue du Seigneur de faire « renaître de l’eau et de l’Esprit » tous ceux qui peuvent être baptisés. Dieu a lié le salut au sacrement du Baptême, mais il n’est pas lui-même lié à ses sacrements. » (CEC n°1257)

Depuis toujours, l’Église garde la ferme conviction que ceux qui subissent la mort en raison de la foi, sans avoir reçu le Baptême, sont baptisés par leur mort pour et avec le Christ. Ce Baptême du sang, comme le désir du Baptême, porte les fruits du Baptême, sans être sacrement. (CEC n°1258) Pour les catéchumènes qui meurent avant leur Baptême, leur désir explicite de le recevoir uni à la repentance de leurs péchés et à la charité, leur assure le salut qu’ils n’ont pas pu recevoir par le sacrement. (CEC n°1259)

« Puisque le Christ est mort pour tous, et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associé(s) au mystère pascal » (GS 22). Tout homme qui, ignorant l’Évangile du Christ et son Église, cherche la vérité et fait la volonté de Dieu selon qu’il la connaît, peut être sauvé. On peut supposer que de telles personnes auraient désiré explicitement le Baptême si elles en avaient connu la nécessité. (CEC n°1260)

« L’Église affirme donc que pour les croyants les sacrements de la Nouvelle Alliance sont nécessaires au salut » (CEC n°1129). Si donc Dieu a lié le salut au sacrement du baptême, cela ne veut pas dire qu’Il soit Lui-même lié à ses sacrements. (CEC 1257)

  1. LA GRACE DU BAPTÊME

Le Dieu trinitaire vient gratuitement Se donner à l’homme. La promesse devient don et le signe sacramentel est la caution de ce don. La priorité dans ce sacrement appartient à l’acte de Dieu ; l’acte du croyant ne sera qu’une réponse. Le baptême est un acte du Christ, sacrement de Dieu qui agit dans la puissance de son Esprit. « Le Baptême remet le péché originel, tous les péchés personnels et les peines dues au péché. Il fait participer à la vie divine trinitaire par la grâce sanctifiante, par la grâce de la justification qui incorpore au Christ et à son Église. Il donne part au sacerdoce du Christ et il constitue le fondement de la communion avec tous les chrétiens. Il dispense les vertus théologales et les dons de l’Esprit Saint. Le baptisé appartient pour toujours au Christ : il est marqué du sceau indélébile du Christ. » (Compendium 263).

  • La grâce propre de ce sacrement est donc le pardon des péchés : « Je crois en un seul baptême pour la rémission des péchés ». Le baptême est le premier sacrement de la réconciliation.
  • Le baptême est le sacrement de notre divinisation: « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle. Car si c’est un même être avec le Christ que nous sommes devenus par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable […] considérez que vous êtes morts au péché et vivants à Dieu dans le Christ Jésus ». (Rm 6.4-11).
  • Le baptême fait de nous des membres du Corps du Christ : « aussi bien est-ce en un seul Esprit que nous avons été baptisés pour ne former qu’un seul corps» (1Co 12)
  • Le baptême est l’empreinte de Dieu, le sceau du Christ (Jn 6.25) et de l’Esprit Saint (2 Co 1.22), une marque spirituelle ineffaçable et irréversible. Le baptême « donne la grâce sanctifiante par les vertus théologales, les dons de l’Esprit Saint et permet de croître dans le bien par les vertus morales » (CEC 1266).
  1. LA REPONSE ET L’ENGAGEMENT DU CROYANT

A l’engagement de Dieu et du Christ, au don de l’Esprit le baptisé répond par l’engagement de sa propre foi : d’une part la foi est un préalable à la réception du baptême et d’autre part le baptême donne la foi : « Que demandez-vous à l’Église de Dieu ? La foi. ». Le baptême est le sacrement du don de la foi : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé. » (Mc 16.16). Il est la célébration ecclésiale de la justification par la foi : « Comment sommes-nous chrétiens ? Par la foi, tout le monde le dira. Mais de quelle manière sommes nous sauvés ? Parce que nous sommes re-nés d’en haut, évidemment par la grâce du baptême. Si le baptême est pour moi principe de vie et si le premier des jours est celui de la régénération, il est clair que la parole la plus précieuse sera aussi celle-là qui fut prononcée quand j’ai reçu la grâce de l’adoption filiale… Pour moi je demande dans ma prière de partir avec cette profession chez le Seigneur. » (St Basile de Césarée) En même temps qu’il proclame sa foi, le baptisé accepte de témoigner publiquement, la mission de sanctifier le monde par la parole et l’action.