Islam et Vérité

A la veille de la commémoration du génocide arménien, l’Azerbaïdjan démolit la cathédrale de Stepanakert

A la veille de la commémoration du génocide arménien, l’Azerbaïdjan démolit la cathédrale de Stepanakert
A la veille de la commémoration du génocide arménien, l’Azerbaïdjan démolit la cathédrale de Stepanakert

La cathédrale apostolique-arménienne de la Sainte Mère de Dieu se dressait encore le week-end dernier au centre de Stepanakert ; désormais, elle n’existe plus.

Ceux qui suivent de près le conflit entre les Arméniens et les Azerbaïdjanais autour de l’enclave jadis arménienne de l’Artsakh, dans le Caucase, ne seront pas vraiment surpris par la nouvelle. Bien plutôt par la facilité avec laquelle l’Azerbaïdjan semble s’en tirer quand le pays détruit du patrimoine arménien, juste avant la commémoration annuelle du génocide arménien.

Selon l’Azerbaïdjan et son allié la Turquie, le génocide d’au moins un million et demi d’Arméniens au début du XXe siècle n’a jamais eu lieu ; tout comme, selon eux, il n’y a historiquement jamais eu d’Arméniens au Haut-Karabakh. Bientôt, on pourra aussi prétendre qu’il n’y a jamais eu de cathédrale apostolique-arménienne au centre de la capitale Stepanakert de la région contestée.

Sur Google Maps, Stepanakert s’appelle déjà Khahendi depuis longtemps ; et sur Google Earth, vous ne trouverez plus de cathédrale au centre-ville puisqu’elle a été rasée début de la semaine dernière.



La cathédrale avait été consacrée par l’Église apostolique arménienne en 2019. 

Une résolution adoptée par le Parlement belge

Depuis longtemps, nombre d’instances avertissent que l’Azerbaïdjan doit protéger le patrimoine arménien dans l’ancienne enclave, d’où les cent mille Arméniens ont été contraints de fuir fin 2023.

L’année dernière, la Chambre des représentants de Belgique a adopté une résolution – sur proposition d’Els Van Hoof (CD&V) et de Michel De Maegd (alors MR, aujourd’hui Les Engagés) – appelant explicitement l’Azerbaïdjan à “respecter le patrimoine culturel, historique et religieux des Arméniens du Haut-Karabakh, conformément aux normes de l’Unesco et aux obligations internationales de l’Azerbaïdjan, et d’autoriser une mission de l’Unesco à se rendre dans le Haut-Karabakh et lui donner l’accès nécessaire aux sites patrimoniaux afin d’en constater l’état actuel et d’en dresser l’inventaire”.

Cette résolution et des appels similaires des parlements des pays voisins ou du Parlement européen ne servent absolument à rien : l’Azerbaïdjan s’en fout éperdument.

Gaz et pétrole

Comment l’Azerbaïdjan peut-il se permettre, à peine quelques jours avant la commémoration annuelle du génocide arménien du 24 avril, d’effacer ainsi de la carte un édifice religieux arménien emblématique ? Parce que le pays fournit massivement du gaz et du pétrole à l’Europe.

Lorsque la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est rendue à Bakou à l’été 2023 – alors même que l’Azerbaïdjan coupait l’Artsakh du reste du monde par un blocus –, elle est restée totalement silencieuse sur ce crime et a qualifié le dictateur azerbaïdjanais Ilham Aliyev de “nouveau partenaire fiable”.

Avec ses innombrables dollars, la dictature d’Aliyev achète d’ailleurs le silence de tous. Même au Vatican, des prélats de haut rang reconnaissent sans détour que beaucoup d’argent provient de Bakou – par exemple pour les musées du Vatican – et que, pour cette raison, il n’est pas évident de dénoncer les crimes du régime azerbaïdjanais.

Ajouter l’insulte à la blessure

La cathédrale Surb Astvatsamor Hovanu de Stepanakert a été consacrée en avril 2019, après douze ans de construction, par le catholicos de tous les Arméniens, Garéguine II. Lors de la guerre de 44 jours, en 2020, des habitants de la ville se sont réfugiés dans son sous-sol pour échapper aux bombardements.

Je n’oublierai jamais comment le primat d’Artsakh de l’époque, Pargev Martirosyan, juste après le cessez-le-feu de novembre 2020, se tenait recroquevillé dans un coin, en pleurs ; quelques jours plus tard, l’archevêque a dû être évacué vers les États-Unis en raison de problèmes cardiaques. On trouve en ligne des images de la dernière liturgie chrétienne dans la cathédrale, le 1er octobre 2023.

Que des troupes azerbaïdjanaises finiraient par la détruire était écrit d’avance. Mais qu’elles osent le faire à la veille de la commémoration annuelle du génocide arménien est ajouter l’insulte à la blessure.

Images satellites

Ce n’est malheureusement pas le seul élément du patrimoine religieux de l’ancienne enclave arménienne à disparaître. Caucasus Heritage Watch (CHW), un bureau de recherche spécialisé de l’Université Cornell à New York qui analyse régulièrement des images satellites, signale environ 80 opérations de destruction (de cimetières, d’églises, de monastères ou d’autres monuments arméniens) depuis que, avec le cessez-le-feu de 2020, une première série de territoires est passée sous administration azerbaïdjanaise. Avec un pic depuis l’expulsion de tous les Arméniens de la région qu’ils appelaient “Artsakh”, fin 2023.

La région est hermétiquement coupée du monde, mais de temps à autre, une petite vidéo filtre montrant des soldats azerbaïdjanais donnant des coups de pied dans des tombes chrétiennes, détruisant des crucifix ou mettant en pièces des “khatchkars” (stèles arméniennes typiques).

À terme, en Artsakh, tous les témoins de siècles de présence arménienne sont voués à disparaître.

Benoit Lannoo

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