Mgr Johan Bonny, évêque d’Anvers (Belgique), a récemment annoncé son intention d’ordonner prêtres des hommes mariés d’ici 2028. Selon lui, « la question n’est plus de savoir si l’Église peut ordonner prêtres des hommes mariés, mais quand elle va le faire et comment », le consensus sur le sujet étant « quasi-total » depuis des années. Dans un entretien du Herder Korrespondenz d’octobre 2026, il s’est dit confiant de voir son projet être approuvé d’ici la fin du synode sur la synodalité (automne 2028). Il a averti qu’en cas contraire, « un coup fatal » serait porté « à la crédibilité et à la mise en œuvre » de celui-ci. Sachant que le droit canon de l’Église latine empêche les hommes mariés de recevoir les ordres (canon 1042), sauf pour le diaconat permanent, il place sa confiance dans Léon XIV, qu’il décrit « comme un bon père », à qui il entend faire valoir que des prêtres mariés existent déjà dans les Églises catholiques orientales et que, selon lui, personne ne peut plus expliquer pourquoi cela serait impossible pour des vocations « natives » en Occident.

Eh bien — et comme je l’ai déjà expliqué —, je vais dire pourquoi.

Tout d’abord, je rappelle qu’il y a dix ans j’avais déjà porté plainte contre Mgr Bonny devant le Préfet de la Congrégation pour les Évêques, en raison de sa demande pour que « la relationnalité (sic) de nombreux couples bi- et homosexuels reçoive une reconnaissance formelle de la part de l’Église ». Mon interpellation était restée lettre morte.

Parmi les différentes conditions requises pour que soit ordonné un homme marié, il en est une qui est également laissée pour compte : il s’agit de la continence perpétuelle, qui seule explique qu’un homme marié puisse devenir prêtre alors qu’un prêtre ne peut pas se marier, mais encore qu’il soit demandé à l’ordinand marié de ne pas se remarier s’il devient veuf, la procréation étant une des fins essentielles du mariage. Il m’est arrivé de demander tant à un évêque qu’à un ordinant de m’expliquer pourquoi l’un demandait à l’autre de faire cette promesse, et ni l’un ni l’autre n’ont jamais été capables de donner la raison de cette demande … Pour plus d’informations, j’invite à lire l’article que j’ai écrit sur cette question, qui révèle la perte du sens de la Tradition, et partant celle de la nature du sacerdoce.

Reste que les nominations faites par Léon XIV de personnalités demandant tant
– la reconnaissance officielle par l’Eglise des paires homosexuelles (José Antonio Satué, nommé évêque de Málaga (Espagne) le 27 juin 2025 ; Thomas Hennen, nommé évêque de Baker (Oregon, États-Unis) le 10 juillet 2025 ; James Checchio, nommé archevêque coadjuteur de La Nouvelle-Orléans le 24 septembre 2025 ; Christian Würtz, nommé évêque d’Eichstätt (Allemagne) en juillet 2026 ; Ramón Bejarano, nommé évêque de Monterey (Californie) le 17 décembre 2025 ; Carlo Roberto Maria Redaelli, nommé secrétaire du Dicastère pour le Clergé en janvier 2026 …) ;
– l’ordination sacerdotale des hommes mariés (Josef Grünwidl, nommé archevêque de Vienne en octobre 2025) ;
– que celle des femmes (encore Josef Grünwidl ; Beat Grögli, confirmé évêque de Saint-Gall (Suisse) en mai 2025 ; Shane Mackinlay, nommé archevêque de Brisbane (Australie) en juin 2025 ; Sœur Mary Teresa Barron, nommée secrétaire adjointe du Dicastère pour l’Évangélisation et présidente des Œuvres pontificales missionnaires en octobre 2026 …),
laissent craindre que finissent de se perdre
Tradition et vocations.

Abbé Guy Pagès