La fonction religieuse du pouvoir politique est l’une des indéniables données fondatrices de l’islam : le calife est non seulement le successeur du prophète fondateur de la meilleure nation (Coran 3.110,139), mais encore le lieutenant d’Allah, celui qui doit imiter le Prophète dans la conquête de la terre sainte qu’est devenue la terre entière. Une telle mission ne manque pas de susciter à chaque époque de nouvelles vocations, telle celle de sheikh Farook al-Mohammedi, responsable de l’United Mouslim Nations International, s’exprimant ainsi en 2012 : « Le christianisme doit être détruit et effacé de toute la surface de la terre. C’est un système mauvais, démoniaque et anti-christ, tous les chrétiens sont dans une ignorance totale. […] La puissance islamique est revenue sur la surface de la terre et le califat global reconstitué a jeté les yeux sur l’Occident pour débarrasser une fois pour toutes le monde du christianisme, et vous ne pourrez-vous y opposer. […] J’ai fait le serment que je ferai tout mon possible pour islamiser tout l’Occident dans un court délai. […] Personne ne résistera, vous vous soumettrez ! L’islam conquerra les cœurs de toute la chrétienté : c’est une réalité définitive. Tous les gouvernements devront se rendre au califat global reconstitué et les nations qui résisteront seront soumises à une police d’État sur leur territoire. […] Les dhimmis n’ont ni le pouvoir ni le droit de gouverner où que ce soit dans le monde. La terre nous appartient, toute la terre. »
« Combattez ceux qui ne croient ni en Allah, ni au dernier jour, ni ne considèrent interdit ce qu’Allah et son apôtre ont interdit, et ceux qui, parmi les hommes des Écritures, ne professent pas la vraie religion. Faites-leur la guerre jusqu’à ce qu’ils versent leur rançon dans l’humiliation. (Coran 9.29) » Ce verset sert de justification à l’avilissante condition de dhimmi, permettant aux juifs et aux chrétiens de conserver leur vie, moyennant rançons et humiliations destinées à assurer leur protection (Boukhari n° 3157 ; Mouslim n° 1731 ; Pacte d’Omar ; Le fiqh des écoles sunnites et du droit chiite). Mais protection contre quoi, contre qui ? Contre la haine des musulmans eux-mêmes, qui ne sauraient souffrir l’existence de ceux qui « ne sont qu’impureté (Coran 9.28) », d’une impureté pas seulement morale, mais ontologique, qui les rend plus vils que les bêtes (Coran 8.57) », « les pires des créatures (Coran 98.6) ». Contrairement à ce que certains osent le dire, l’octroi de la dhimmitude (Cf. 2 Ch 8.7-8) ne plaide pas du tout en faveur de la prétendue nature tolérante de l’islam — quel cynisme ! — car elle n’est qu’une dérogation au devoir de tuer les mécréants (Coran 2.191), et un système de surexploitation économique et de dégradation humaine pire que l’esclavage. En effet, si l’esclave peut parfois s’engager à payer le prix de sa libération, le dhimmi ne peut pas changer son statut, à moins de devenir musulman, et donc de se damner. Et même si certains d’entre eux ont occupé des postes importants dans l’administration califale, c’était toujours au service de l’islam, et sans que jamais cela ne les rende égaux aux musulmans. Dans une condition d’injustices permanentes, réduits à un état de subordination, de vulnérabilité et de dégradation extrême, toute critique de leurs oppresseurs étant blasphématoire, les dhimmis vivaient sans droits et sans histoire. La dhimmitude s’explique par le fait que les conquérants musulmans ont rapidement perçu l’intérêt qu’ils avaient à ne pas tuer tous les vaincus, mais à les exploiter pour financer la poursuite de leurs conquêtes. « La dhimmitude assura le succès de la politique d’arabisation et d’islamisation. (Bat Yé’or, Le dhimmi, Les Provinciales, 2018) » Le déclin du califat ne s’explique pas autrement que par l’épuisement total des populations soumises à la dhimmitude. Promettre, en échange de la mort au jihad, le paradis (Coran 3.169 ; 9.111 ; 61.4), sinon du butin et un statut social supérieur à celui des vaincus, peut-il ne pas susciter de ferventes vocations de musulmans ?


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