C’est la Semaine Sainte, le temps où Dieu est rejeté, tué, et qui ressuscite, pour la joie éternelle des fidèles et la perte non moins éternelle des mauvais. Sa croix signe le jugement du monde. Car c’est elle qui manifeste l’Amour. Et c’est maintenant que chacun se juge en portant ou non sa croix … Jésus et sa croix ne font qu’un. Impossible de L’aimer Lui, sans l’aimer, elle. À islam-et-verite.com nous proclamons la Croix victorieuse, « un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens (1 Co 1.23) », et nous déplorons que la Croix, si haïe par les musulmans, ne fasse pas davantage la fierté des chrétiens. En vérité, nous n’avons besoin ici-bas de rien d’autre que de l’amour parfait de la Croix de Jésus.

Mais maintenant que l’islam est solidement implanté en Europe, moins que jamais l’Église ne se sent la force de lancer une grande croisade d’évangélisation des musulmans, de crainte de susciter l’ire de cet antichrist caractérisé, de crainte de froisser la susceptibilité de ses émissaires patentés du Dialogue islamo-chrétien, de crainte de ne plus être comptée au rang des respectables membres de la société relativiste et maçonnique, à laquelle elle apporte sa contribution de défense de la prétendue liberté religieuse, au titre non plus seulement d’un droit civil, mais du droit naturel lui-même, depuis que le concile Vatican II en a fait l’expression majeure de la dignité humaine. Or, comment de fausses religions auraient-elles les mêmes droits que l’unique vraie religion par laquelle Dieu donne le salut au monde ? Dieu Se contredirait-Il en sorte que les âmes pourraient se sauver dans n’importe quelle religion ? Une chose est le droit civil établissant la tolérance momentanée de l’erreur, et autre chose le droit de la Vérité à être connue et défendue. Les chrétiens sont morts pour affirmer qu’il n’y a de salut qu’en Jésus-Christ, et qu’en conséquence tout autre chemin conduit à la perdition éternelle.

Le refus d’évangélisation les musulmans est justifié par cette fausse charité qui prétend épargner aux chrétiens le déversement de haine promis par Allah à qui rejette l’islam ou s’oppose à l’islamisation (Coran 5.33). Le dialogue qui lui est substitué ne sert, in fine, qu’à donner respectabilité et légitimité au loup qui devrait être démasqué et chassé. Mgr Aveline, alors archevêque de Marseille, le reconnaissait : « Le dialogue, ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité : sinon, c’est la guerre. (Le Pèlerin, 2 juin 2021) » Mais le dialogue n’empêche pas que la guerre soit déjà là ! « Entre nous et vous, c’est l’inimitié et la haine à jamais jusqu’à ce que vous soyez musulmans ! (Coran 60.4) » Le Pape Pie II, lui, dans sa lettre au Sultan turc Mehmet II, ne se payait pas de mots : « La concorde ne sera donc que dans les mots ; sur le fond, c’est la guerre. (Enea Silvio Piccolomini, Lettre à Mahomet II, Payot & Rivages, 2002, p.48) » Seuls les aveugles volontaires ne voient pas cette guerre qui s’engraisse de leur pusillanimité, tandis qu’ils prétendent conduire d’autres aveugles sur les chemins de cette paix criminelle.1

C’est ainsi qu’au lieu d’être armés pour résister à leur islamisation et capables d’évangéliser les musulmans (2 Co 10.5-6), les chrétiens sont conduits à accueillir l’islam, non seulement dans la société, mais dans leur propre vie … L’Église ne s’est-elle pas fourvoyée en prêchant cette fausse paix, fruit nécessairement d’un faux Évangile, ainsi exprimé par le « vénéré prédécesseur » de Léon XIV : « Le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains.2», en sorte que : « Toutes les religions sont un chemin vers Dieu (13.09.2024) » ? Le Christ a-t-Il décliné Sa mission sous le registre de la paix ou de la division (Lc 12.51) ? Ne sommes-nous pas entrés dans « l’épreuve finale devant ébranler la foi de nombreux croyants, dans cette imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité (Catéchisme de l’Église catholique, n°675) » ? Le désir de ne pas déplaire au monde n’a-t-il pas trop souvent transformé le Magistère de l’Église en servile relais du mondialisme, en des domaines tels non seulement que l’immigration, mais la politique dite sanitaire contre le covid, la condamnation de la peine de mort au nom de l’évolution de la société, la reconnaissance officielle des paires d’invertis … Aussi l’Église apparaît-elle aux yeux des populations occidentales prenant conscience des malheurs dont l’Enfer les accable sous le masque d’un irénisme toujours plus pervers, liberticide et criminel, comme un puissant ennemi, qui ne peut être que vouée à la malédiction du Christ (Lc 6.26 ; Ga 1.8-10) … Et l’augmentation des baptêmes d’adultes ne doit pas faire oublier les départs de l’Église, dont la moitié des néophytes la quittent eux-mêmes cinq ans après leur baptême, d’où la réflexion lancée par la province ecclésiastique de Paris sur leur accueil et leur fidélisation. En effet, selon les rapports statistiques de 2025 et 2026, la tendance est marquée par une baisse des effectifs officiels, une chute de la pratique régulière et une crise des vocations. Ainsi, sur les cinq dernières années, en Europe, l’Église a perdu environ 17 millions de fidèles … Le christianisme représentait 66,1 % de la population de l’UE en 2021, contre 72 % en 2012, mais les projections pour 2026 confirment ce déclin continu, avec une part de catholiques tombée à environ 39,5 % de la population européenne totale … Pendant ce temps, au Nigéria où sévit le génocide des chrétiens demandé par Allah (Coran 9.30), l’Église reçoit plus de candidats au sacerdoce qu’elle ne peut en former !

Comment l’immigration islamique en Occident ne réaliserait-elle pas cette prophétie : « Les mille ans écoulés [c’est-à-dire le temps que dura la chrétienté : du IVe siècle à l’avènement des 3 R (Renaissance, Réforme, Révolution], Satan, relâché de sa prison, s’en ira séduire les nations des quatre coins de la terre, Gog et Magog, et les rassembler pour la guerre, aussi nombreux que le sable de la mer ; ils montèrent sur toute l’étendue du pays, puis ils investirent le camp des saints, la Cité bien-aimée. (Ap 20.7-9) » Et si l’Ennemi, le Diable, agit, c’est grâce au fait que les serviteurs du Christ dorment (Mt 13.24-43) … L’exclusion des non-musulmans partout où l’islam est devenu majoritaire, jusque dans les quartiers islamisés d’Europe, conformément à la volonté d’Allah (Coran 2.193 ; 9.33), pointe l’inaction de l’Église, devenue le chantre enthousiaste de l’immigration, et donc de l’islamisation de l’Occident … Quelle responsabilité pour les membres de sa hiérarchie ayant laissé le champ du Maître être empoisonné, de sorte que le salut et souvent la vie même des “Fils du Royaume” sont menacés par la proximité des “Fils du Mauvais” … Le peuple de Dieu a été trompé par nombre de ses chefs ayant falsifié la Parole de Dieu (2 Co 2.17) jusqu’à faire de l’accueil de l’étranger un devoir évangélique, confondant envahisseur et hôte de passage 3 tout en ignorant superbement le commandement de ne pas accueillir quiconque rejette l’Évangile, et donc, en particulier, tout musulman digne de ce nom (2 Jn 1.10-11) !

Alors que le Pape François lançait le synode sur la Famille,4 nous proposions l’ouverture d’un synode universel sur le défi lancé par l’islam, mais un synode où l’on ne se croirait pas obligés d’inviter des autorités musulmanes chargées de valider les considérants de la réflexion, et, partant, les décisions ! Quel état-major, en effet, demande à l’état-major ennemi de lui envoyer des conseillers pour élaborer sa stratégie ? Notre proposition ne rencontra, bien sûr, et hélas, qu’indifférence et mépris … tout comme le cri d’alarme de quelques évêques aux prises quotidiennes avec l’islam, tel celui de Mgr Beylouni, archevêque d’Alep, lors du Synode sur l’Europe en 1999 :

« Depuis l’apparition de l’Islam au VIIe siècle, les musulmans n’ont jamais accepté l’intégration dans une culture autre que la leur. Ils ont leur propre loi, la Charia, qui règle tout : la vie religieuse, sociale et politique. Pour eux, le monde est divisé en deux : la “Maison de l’Islam” (Dar al-Islam) et la “Maison de la Guerre” (Dar al-Harb). Tout ce qui n’est pas musulman doit le devenir, soit par la persuasion, soit par la force. En Europe, les musulmans jouissent de toutes les libertés : liberté de culte, liberté d’expression, liberté de construire des mosquées, de créer des écoles. On leur donne tout au nom de la démocratie et des Droits de l’Homme. Mais dans nos pays d’Orient, nous, chrétiens, nous n’avons rien de tout cela. Nous sommes des citoyens de seconde zone. Nous ne pouvons pas construire d’églises sans des permis impossibles à obtenir. Nous ne pouvons pas évangéliser. Si un musulman devient chrétien, il risque la mort ou l’exclusion sociale. Le dialogue ne peut pas être un monologue. L’Église et l’Europe doivent exiger la réciprocité. On ne peut pas accepter que les droits soient tous d’un côté et les devoirs de l’autre. Si l’Europe continue à ouvrir ses portes sans rien demander en échange pour les minorités chrétiennes en terre d’Islam, elle se prépare un avenir difficile. Les musulmans utilisent vos libertés pour implanter leur système, mais ils n’accepteront jamais votre laïcité s’ils deviennent majoritaires. L’Europe doit retrouver ses racines chrétiennes. Si elle reste un vide spirituel, elle sera absorbée. Le dialogue doit être un dialogue de vérité, et non une simple politesse diplomatique qui ignore la souffrance de nos fidèles. »,

ou celui de Mgr Amel Nona, archevêque chaldéen de Mossoul (Irak), en août 2014 :

« Notre souffrance actuelle est un prélude à celle que vous, Européens et chrétiens occidentaux, souffrirez dans un futur proche. J’ai perdu mon diocèse. Le siège de mon archevêché a été occupé par des radicaux islamistes qui veulent que nous nous convertissions ou que nous mourions. Mais ma communauté est toujours vivante. S’il vous plaît, essayez de nous comprendre. Vos principes libéraux et démocratiques n’ont aucune valeur ici. Vous devez reconsidérer la réalité de l’Islam, car vous accueillez un nombre croissant de musulmans en vos pays. Vous aussi, vous êtes ainsi en danger. Vous devez prendre des décisions courageuses et éclairées, au risque de contredire vos principes. Vous croyez que tous les hommes sont égaux, mais ce n’est pas une chose certaine. L’Islam ne dit pas que tous les hommes sont égaux. Vos valeurs ne sont pas leurs valeurs. Si vous ne comprenez pas cela assez vite, vous deviendrez les victimes d’un ennemi que vous aurez accueilli dans votre propre maison. »

Nous le redisons, même si le « vénéré prédécesseur » de Léon XIV a enseigné que « Dieu nous aime tous et nous sauvera tous (15.09.2021) » : « Les lâches n’hériteront pas du Royaume des Cieux ! (Ap 21.8) »

Abbé Guy Pagès

 

 

  1. Nous pourrions citer ici nombre de cas de chrétiens persécutés parce que chrétiens, par des musulmans parce que musulmans, jusqu’à devoir fuir à l’étranger pour sauver leur vie.  []
  2. Document sur la Fraternité Humaine pour la Paix Mondiale et la Coexistence Commune (sic), Abou Dhabi, 03.02.2019   []
  3. Pendant que des chrétiens, véritablement persécutés dans leur pays d’origine, ne sont pas accueillis par les services d’immigration européens — les structures de pouvoir étant suffisamment noyautées désormais pour cela.  []
  4. Comme si la mise en œuvre de Familiaris Consortio ne suffisait pas à répondre aux problèmes posés à la pastorale familiale, et que l’on eût besoin des « avancées » de Amoris Laetitia ! []