Loué soit Jésus-Christ !

Sa grâce et Sa paix soient avec vous !

Dans cette vidéo, je vais commenter la réponse que le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine donne à la question du salut des non-catholiques.

  • Cher Père, c’est bien de vouloir parler de tout votre cœur, mais la réponse à cette question ne dépend pas de votre cœur, mais de la foi de l’Église. C’est d’elle dont il vous faut témoigner.
  • C’est dommage de laisser entendre que des catholiques puissent être un clan comme un autre. Catholique signifie universel. Aussi, être catholique, ce n’est pas appartenir à un clan parmi d’autres, mais au seul auquel tous peuvent appartenir. De même que Jésus était un homme, mais pas une personne humaine, étant une personne divine, de même l’Église catholique est une institution parmi d’autres, mais elle est aussi, et elle seule, la nouvelle Arche de Noé que Jésus bâtit avec le bois de Sa croix pour le salut de tous.
  • Être responsable du monde est une chose, et être responsable de son salut en est une autre. Or le Grand Rabin Safrane, en tant que tel, ne veut justement pas du salut du monde, puisqu’il ne veut pas de Jésus, le seul Sauveur du monde. Dès lors pourquoi aller chercher auprès de lui la sagesse qu’il refuse ?  
  • C’est curieux que vous ne donniez comme destination au sortir de ce monde que le Ciel. La Foi enseigne qu’il y a deux, ou plutôt trois destinations possibles : le Ciel, le Purgatoire, qui est le Ciel assuré mais encore en attente, et l’Enfer. Et que peut-il y avoir de grandiose à s’inquiéter pour ceux qui vont au Ciel ? S’il faut s’inquiéter pour eux, que faut-il faire pour ceux qui se damnent ? Je ne comprends pas. Quelque chose me semble ne pas tourner rond.
  • Oh ! Terrible ! La peur ! Qui veut en effet être dérangé dans sa tranquillité ? Mais cher Père, avoir peur de se damner est tout à fait louable. Même les plus grands saints ont eu peur de se damner. Réaliser que l’on court le risque de se damner inquiète nécessairement, et heureusement, du moins quelqu’un de sensé. Notre Seigneur ne demande-t-Il pas, justement, de craindre d’aller en Enfer, et pour lui échapper de ne pas craindre même la mort ? « Je vous le dis à vous, mes amis : Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps et après cela ne peuvent rien faire de plus. Je vais vous montrer qui vous devez craindre : craignez Celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter en Enfer ; oui, Je vous le dis, Celui-là, craignez-Le ! (Lc 12.4-5) ». Jésus parle très souvent de l’Enfer dans les Évangiles (Mt 3.12 ; 5.22,29,30 ; 7.23 ; 8.12 ; 10.28 ; 18.8-9 ; 22.13 ; 23.15,33 ; 25.32,41-46 ; Marc 9.44,46,47 ; Luc 12.4-5 ; 16.23-26 ; Jn 3.36 ; 5.29 ; Ap 14.11 ; 17.8 ; 20.10 ;14-15 ; 21.8). La peur irraisonnée de l’Enfer est un argument utilisé par les ennemis de l’Église pour l’empêcher d’en parler. Comment se plaindre que les gens ne pensent plus à leur salut et regretter que jadis ils le fissent avec la peur de se damner ? Que vaut-il mieux : assumer la crainte de pouvoir se damner et en conséquence faire ce qu’il faut pour que cela n’arrive pas, ou bien négliger cette éventualité et faire à coup sûr ce qu’il faut pour que cela arrive ? Mais puisque aujourd’hui les prédicateurs n’invitent plus à craindre l’Enfer, comment les gens pourraient-ils encore « se soucier d’accomplir leur salut avec crainte et tremblement comme le demandent les Apôtres (Ph 2.12 ; 1 P 1.17) » ? Avec crainte et tremblement
  • Vous ne croyez pas que Dieu étant un bon père puisse enfermer avec les démons des êtres humains ? Cela n’a rien d’étonnant : presque plus personne aujourd’hui n’y croit. Il s’agit en effet d’un des quatre dogmes les plus difficiles à croire, avec ceux de la sainte Trinité, de l’Incarnation rédemptrice et de l’Eucharistie. Mais c’est gravement déformer la vérité que de laisser croire que Dieu punirait des innocents. Si Dieu condamne des âmes à l’Enfer, c’est parce qu’elles mêmes s’y sont déjà condamnées ne fut ce que par un seul péché mortel, qui les a rendues incapables, indignes, de s’unir à Dieu. C’est ce qu’enseigne le Catéchisme de l’Église Catholique : « Mourir en état de péché mortel, c’est à dire sans s’en être repenti et sans accueillir l’amour miséricordieux de Dieu, signifie demeurer séparé de Dieu pour toujours par notre propre choix libre. Et c’est cet état d’auto-exclusion définitive de la communion avec Dieu et avec les bienheureux qu’on désigne par le mot “Enfer” (n°1033) ». Une fois mort, en effet, on ne peut plus rien. Chacun se retrouve pour l’éternité tel que la mort l’a trouvé. Or nul ne connaît ni le jour ni l’heure de sa mort. C’est pourquoi Jésus demande de veiller et de prier sans cesse afin d’être toujours prêt à paraître devant Lui « sans tache ni reproche (Ep 5.27 ; Col 1.22 ; 1 Tm 6.14 ; 2 P 3.14) », mais « purs et immaculés (Ph 2.15) ». Vous ne croyez pas que l’Enfer existe, mais l’Église y croit, et elle y croit parce que le Christ l’a révélé. C’est Lui qui lors du Jugement dernier jettera dans « le feu éternel préparé pour le diable et ses anges (Mt 25.41,45) », dans « les ténèbres sont les pleurs et les grincements de dents », tous les maudits (Mt 13.41-42,49-50 ; 25.1-30). Saint Paul à plusieurs reprises rappelle : « Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront pas du Royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas ! Ni impudiques, ni idolâtres, ni adultères, ni dépravés, ni gens de mœurs infâmes (c’est à dire en particulier les homosexuels), ni voleurs, ni cupides, pas plus qu’ivrognes, insulteurs ou cupides, n’hériteront du Royaume de Dieu (1 Co 6.9-10) ». Celui qui ne croit pas à l’Enfer où les âmes tombent « comme des flocons de neige en hiver »[1] selon la petite Thérèse de l’Enfant Jésus, n’est pas chrétien.

    Sainte Thérèse d’Avila, par Le Bernin

  • C’est pourtant inévitable, comme le montre l’état de perversion toujours plus affirmé de la société depuis que l’Enfer n’y est plus prêché. Et ce triste constat est corroboré a contrario par le témoignage, par exemple, d’une sainte Thérèse d’Avila affirmant que la vision qu’elle eut de l’Enfer a été pour elle non seulement la cause de sa conversion, mais encore celle de son inépuisable zèle au service de Dieu. Je la cite : « Cette vision a fait naître en moi une indicible douleur à la vue de tant d’âmes qui se perdent […]. Elle m’a donné en outre les plus ardents désirs de travailler à leur salut : pour arracher une âme à de si horribles supplices, je le sens, je serais prête à immoler mille fois ma vie ».[2]  Je pourrais multiplier les témoignages de conversion et de vertus que donne la foi en l’Enfer. N’est-il pas éloquent que sainte Faustine, revenant elle-aussi d’une visite mystique en Enfer, ait dit : « Une chose que j’ai remarquée est qu’il y avait là beaucoup d’âmes qui doutaient que l’Enfer existât…». Autrement dit : Moins vous croyez que l’Enfer existe et plus vous avez de risques de vous y retrouver.
  • Certes, Jésus est la Miséricorde incarnée, mais ce n’est pas au dernier jour, au Jour du Jugement, qu’il faut espérer voir Jésus exercer Sa miséricorde, c’est maintenant (2 Co 6.2) ! C’est maintenant le temps de la pitié. Alors ce sera celui de la Justice. Car Jésus n’est pas seulement la Miséricorde incarnée, Il est aussi le juste Juge (Mt 25 ; Jn 5.22 ; 2 Tm 4.8 ; Jc 5.9 ; Ap 19.11). C’est maintenant ou jamais, que Dieu nous sauve moyennant notre libre coopération à Sa grâce, quelles que soient les épreuves, que seul l’amour de Sa Croix permet de surmonter, raison pour laquelle Jésus nous demande d’embrasser Sa croix et de porter la notre (Mt 16.24). « En effet, large et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il en est beaucoup qui s’y engagent ; mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent (Mt 7.13-14) ». Seule la communion à l’Esprit-Saint qui nous montre comment dans notre vie personnelle s’actualise, ou non, la victoire du Christ (Rm 8.28), peut nous permettre de vivre de la vie nouvelle d’enfant de Dieu, reçue au baptême (Mc 16.16 ; Jn 3.5). Étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent
  • Cette petite histoire en dit long sur quoi ? Sur l’esprit borné des catholiques qui s’imagineraient être seuls sauvés ? Mais cher Père, au Paradis tous sont devenus catholiques puisque tous les élus ne font qu’un avec Dieu et entre eux… Au Paradis il y a des catholiques ou il n’y a personne (Jn 17.20-26).

    Vous semblez avoir oublié que le Magistère de l’Église a toujours condamné l’indifférentisme. Le Pape Grégoire XVI déplore à ce sujet « une cause, hélas ! trop féconde des maux déplorables qui affligent à présent l’Église. Nous voulons dire l’indifférentisme, ou cette opinion funeste répandue partout par la fourbe des méchants, qu’on peut, par une profession de foi quelconque, obtenir le salut éternel de l’âme, pourvu qu’on ait des mœurs conformes à la justice et à la probité. L’Apôtre nous a pourtant avertit : ‘‘Il n’y a qu’un Dieu, qu’une foi, qu’un baptême (Ep 4.5)’’. Qu’ils tremblent donc ceux qui s’imaginent que toute religion conduit par une voie facile au port de la félicité ! Qu’ils réfléchissent sérieusement sur le témoignage du Sauveur affirmant que celui qui n’est pas avec Lui est contre Lui (Lc 11.23), et que par conséquent ils périront éternellement. […] Ah ! ‘Quelle mort plus funeste pour les âmes, que la liberté de l’erreur !’ (Mirari vos) »…

Pareillement, saint Pie X enseigne : « Nous affirmons qu’une grande partie de ceux qui sont condamnés aux supplices éternels subissent ce châtiment sans fin à cause de leur ignorance des mystères qu’il est nécessaire de savoir et de croire pour être placés parmi les élus (Lettre encyclique Acerbo nimis, 15 avril 1905) ».

  • S’il est vrai que tout homme à l’heure de sa mort verra le Christ et comprendra ce qu’il Lui doit, ce n’est pas pour autant que cette rencontre sera salvatrice, elle pourra tout aussi bien être accusatrice. Ce sera l’heure de ce que l’Église nomme le jugement particulier. Le jugement… C’est parce que tous au sortir de cette vie se retrouvent face au Christ pour recevoir de Lui leur récompense ou leur châtiment que certains vont au Père en passant par Jésus (Jn 14.6), mais non pas tous. Car s’Il est le Chemin qui va au Paradis (Jn 14.6), encore faut-il Le suivre, et jusqu’au bout ! Jésus est le seul médiateur entre Dieu et les hommes (Ac 4.12 ; 1 Tm 2.5 ; He 9.15 ; 12.24), le seul qui unit en Son unique personne divine la nature divine et la nature humaine, le seul à être mort pour nous laver de nos péchés et ressuscité pour nous ouvrir les portes de la vie éternelle. Mais nul n’est sauvé contre son gré, comme nul péché n’entre au Paradis. C’est donc une hérésie et un grave péché d’enseigner que les hommes seront sauvés au dernier moment de leur vie comme par enchantement. Saint Paul maudit celui qui ose enseigner un autre Évangile que celui que nous avons reçu (Ga 1.8-9). Pie IX a condamné lui-aussi cette hérésie, en disant, je cite :

    Bx Pie IX

    « Nous devons blâmer la très grave erreur dans laquelle malheureusement se trouvent certains catholiques qui pensent que des hommes vivant dans l’erreur et loin de la vraie foi et de l’unité catholique peuvent parvenir à la vie éternelle. Or cela est contraire au plus haut point à la doctrine catholique (Pie IX, Lettre encyclique Quanto conficiamur moerore, 10 août 1863) ». Contraire au plus haut point à la doctrine catholique… Certes, poursuit-il, « Ceux qui souffrent d’une ignorance invincible concernant notre très sainte religion, mais observent la loi naturelle et ses préceptes, gravés par Dieu dans le cœur de tous, et sont disposés à obéir à Dieu en menant une vie honnête et droite, peuvent, avec l’aide de la lumière et de la grâce divines, acquérir la vie éternelle. Car Dieu […] ne permet pas que quelqu’un soit puni des supplices éternels sans être coupable de quelque faute volontaire (Pie IX, Quanto conficiamur moerore, 1863) ». Mais est coupable d’une faute volontaire celui qui ne cherche pas la vérité, comme c’est de son devoir de créature raisonnable de le faire, ainsi que l’enseigne le concile Vatican II, pour qui : « tous les hommes sont tenus de chercher la vérité, surtout en ce qui concerne Dieu et son Église ; et, quand ils l’ont connue, de l’embrasser et de lui être fidèles (Dignitatis Humanae, n°1 ». Aucun bouddhiste donc, pas plus qu’aucun autre non-catholique, ne peut entrer au Ciel sans au minimum avoir d’abord rejeté les erreurs de sa religion, et montré ainsi à Dieu son désir sincère de connaître la vérité.

Sainte Julienne de Norwich

 Je conclus en vous invitant, cher spectateur, à lire mon ouvrage Judas est-il en Enfer ? Vous y trouverez un état des lieux des questions relatives à ce dogme si rejeté. Je ne doute pas qu’au sortir de sa lecture, nombre de vous aient acquis une foi purifiée et fortifiée, et une vie en conséquence renouvelée et plus fervente que jamais. Je conclus avec ces mots de sainte Julienne de Norwich : « La Foi nous enseigne que beaucoup d’âmes seront damnées, comme le furent les anges qui, par orgueil, tombèrent du Ciel et sont maintenant des démons. Beaucoup d’hommes sur la terre meurent en dehors du giron de l’Église, c’est-à-dire en païens, et beaucoup aussi, parmi les baptisés, ne vivent pas en chrétiens et ne meurent pas en union avec Dieu. Tous ceux-là sont condamnés au feu éternel, comme la sainte Église enseigne à le croire. (Georges Huber, Le cours des événements, hasard ou providence, Téqui, 2001, p.181) ».

[1] Œuvres Complètes, Lettre à Céline du 14 juillet 1889, Cerf, 1992, p.396.

[2] Sainte Thérèse d’Avila, Autobiographie, § 32.

La vidéo du père Michel-Marie Zanotti Sorkine à partir de laquelle j’ai réalisé celle-ci se trouve ici : https://www.youtube.com/watch?v=s94dz943Nhc&t=10s

Voir aussi : N’y aura-t-il que peu de monde à être sauvé ?