En ces temps hérités de la Révolution, laquelle a voulu détacher la société de l’autorité seule impartiale de Dieu comme de Son amour sauveur manifesté dans le Christ, Jésus n’en règne pas moins, mais d’un règne que le monde ne connaît ni ne peut connaître (Jn 14.17), tant il est intérieur, vrai, pur et saint. A tous ceux que la Révolution égare, pervertit et damne avec elle, Jésus continue à dire : « Venez à Moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et Moi Je vous soulagerai. Adoptez ma règle de vie et mettez-vous à mon école, car Je suis doux et humble de cœur. (Mt 11.28-29) ». Le Christ continue à supporter la folie des hommes qui Le rejettent et se préparent ainsi à eux-mêmes un châtiment éternel, tandis qu’Il encourage ses amis mériter, comme Lui, par leur patience, l’amour dont Il les couronnera dans Son Paradis.

Malgré les apparences offertes aux incrédules, le Christ n’est pas indifférent à notre sort, mais, comme Il est l’Amour, Il ne peut agir sans notre consentement. Aussi a-t-Il besoin de notre bonne volonté et de notre foi pour agir en notre faveur, et s’opposer à la tyrannie du Prince de ce monde, qui est d’autant plus monstrueuse qu’elle se prétend libérale. 

Jésus est Roi, LE Roi des rois et le Seigneur des seigneurs (Ap 19.16), et cela à plusieurs titres, qui découlent tous de l’union de Sa Nature divine avec la nature humaine dans l’unité de Sa personne divine, en sorte que les anges et les hommes ne doivent pas seulement L’adorer en tant qu’Il est Dieu, mais encore Lui être soumis en tant qu’Il est Homme… Et bien que le Christ soit Roi parce que Dieu, à Qui tout honneur et toute gloire sont dus (Ap 4.11), Jésus a encore voulu acquérir humainement le titre de Roi, et ce de quatre façons pour fonder Sa royauté aussi solidement que les quatre branches de Sa croix ont signé la profondeur, la hauteur, la largeur et la longueur de Son amour :

Jésus est Roi par nature, Sa nature divine étant Source et Providence de tout ce qui existe, tout ce qui existe Lui est donc nécessairement soumis. Tout ce qui existe, existe par Lui et pour Lui… (Jn.1.1).

Jésus est Roi par hérédité, étant de la descendance du roi David à qui Dieu a promis un royaume qui ne passera pas (2 Sm 7.11-16 ; 23.5 ; Is 55.3 ; Dn 2.44).

Jésus est Roi par élection, en raison de la dignité de Sa nature humaine qui, unie à Sa nature divine, en a reçu, évidemment, une noblesse incomparable… royale ! Mais encore Il l’est par élection en raison de la sainteté incomparable de Sa vie, qui a fait de Lui LE modèle achevé de toutes les vertus, LA Justice vivante, LA Règle même et donc LE Roi, tant il est vrai que le roi est le représentant et le garant de la Justice, ce que dit l’étymologie de ces deux mots « règle » et « roi ». Après avoir parfaitement accompli la Volonté de Dieu, au moment de Son ascension au Ciel, c’est en tant qu’Homme que Jésus est LE Tout-Puissant : « Tout pouvoir, affirme t-Il, M’a été donné au ciel et sur la terre (Mt 28.18) ».

Jésus est enfin Roi par droit de conquête, parce qu’au prix de Son sacrifice, par lequel Il a « détruit les œuvres du Diable (1 Jn 3.8) » qui règne ici-bas grâce au mensonge et à l’ignorance, et donné ainsi à l’humanité le pouvoir de le vaincre à son tour. Jésus n’attend plus désormais que de « mettre tous ses ennemis sous pieds avant de Se mettre Lui-même sous le pouvoir du Père », lorsque la Rédemption aura atteint ses limites (1 Co 15.25-27 ; Ep 1.22 ; He 2.8 ; 10.13). La Royauté du Christ est celle de la Vérité : Jésus règne par la seule force de conviction qu’exerce la Vérité sur les intelligences et les cœurs… 

Comme tout roi, Jésus exerce
les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.

Le pouvoir législatif. En tant que Dieu, Jésus est l’Auteur de la Loi naturelle qui régit l’univers entier, Loi éternelle connue par la raison humaine, source de toutes les lois humaines, qui n’ont de légitimité que dans la mesure où elles concourent à la réalisation des desseins conçus par le Créateur. Et en tant qu’Homme, Jésus a exercé le pouvoir législatif en Se soumettant Lui-même à la Loi, qu’Il a ainsi confirmée. Il a encore exercé Son pouvoir législatif en redressant l’interprétation que les légistes de son époque donnaient de la Volonté divine exprimée par la Loi, mais aussi en promulguant de nouveaux commandements, tels celui de célébrer l’Eucharistie « Faites cela en mémoire de Moi. (1 Co 11.24) », ou encore ceux de nous aimer les uns les autres comme Il nous a aimés (Jn 15.12) et d’évangéliser (Mt 5.14 ; 28.19). Jésus est donc  législateur dans l’ordre naturel par la loi naturelle et dans l’ordre surnaturel par le don du Décalogue et de la Loi Nouvelle et éternelle de l’Évangile : « Si vous M’aimez, vous garderez Mes commandements (Jn 14.15) ». Parce que les hommes ne dépendent pas moins de Dieu individuellement que collectivement, les sociétés politiques ne peuvent pas sans crime faire comme si Dieu n’existait pas, ou se choisir une religion au mépris de celle qu’Il a instituée (Cf. Léon XIII, Immortale Dei). Aussi le Pape Pie XII pouvait dire le 1er juin 1941 :  « De la forme donnée à la société, en harmonie ou non avec les lois divines, dépend et découle le bien ou le mal des âmes, c’est-à-dire, si les hommes, appelés tous à être vivifiés par la grâce du Christ, respirent dans les contingences terrestres du cours de leur vie, l’air sain et vivifiant de la vérité et des vertus morales, ou le microbe morbide et souvent mortel de l’erreur et de la dépravation. Devant de telles considérations et prévisions, comment pourrait-il être permis à l’Église, Mère si aimante et si soucieuse du bien de ses fils, de rester indifférente à la vue de leurs dangers, de se taire, ou de faire comme si elle ne voyait pas et ne comprenait pas des conditions sociales qui, volontairement ou non, rendent ardue ou pratiquement impossible une conduite chrétienne, conforme aux commandements du Souverain Législateur ? »

Le pouvoir judiciaire. Nous confessons dans le Credo que Jésus reviendra pour juger les vivants et les morts. Le Père, qui est juste, a voulu que nous, hommes, soyons jugés par un homme (Jn 5.22), un homme véritable, ayant connu comme tout homme les difficultés de cette vie. Et si le pouvoir judiciaire du Christ doit s’exercer en plénitude lors du Jugement dernier, le Christ n’en possède pas moins le pouvoir de récompenser et de châtier les hommes dès cette vie (Pie XI, encyclique Quas primas). L’Eglise condamne l’enseignement de certains osant dire que la bonté du Christ ne saurait Lui permettre de châtier ses sujets, pas même ici-bas. Or, si le Christ ne châtie pas (Ap 3.19), pourquoi Lui demander alors de nous récompenser un jour ou d’exaucer nos prières ? Notre Dame du Rosaire, sainte Jeanne d’Arc ou sainte Marguerite-Marie Alacoque sont là pour nous rappeler que le Christ ne Se désintéresse pas de la marche de l’humanité ! L’hérésie qui prétend séparer le domaine temporel du domaine spirituel et empêcher ainsi le Christ de régner sur terre comme au Ciel, s’appelle le laïcisme, et c’est pour lutter contre ce malheur que  le pape Pie IX a institué la fête du Christ-Roi (encyclique Quas primas)… 

Le pouvoir exécutif. Jésus exerce enfin Son pouvoir exécutif dans l’ordre surnaturel, par le don de Sa grâce, les sacrements, et l’exécution des sentences judiciaires qu’émet Son Église : « Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié au Ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié au Ciel. (Mt 18.18) » ; et Il l’exerce dans l’ordre naturel par Sa divine Providence dont la sollicitude embrasse aussi bien les plus grands événements de l’Histoire que les plus infimes détails de nos vies personnelles (cf. Mt 10.30 ; Rm 8.28)…

La royauté du Christ est donc universelle et ne connaît aucune limitation de temps, de lieu ou de personne… Si Jésus répond à Pilate que Sa royauté n’est pas de ce monde (Jn 18.36), cela signifie que Sa royauté est d’origine divine, mais cela ne signifie pas que Jésus n’exerce pas Sa royauté en ce monde… Et si le Royaume du Christ est éternel, en sorte que personne ne peut le Lui ravir, pour régner ici-bas, le Christ attend cependant que nos intelligences s’ouvrent au témoignage qu’Il est venu rendre à la Vérité. C’est pourquoi Il dit à Pilate au moment de son procès : « Je ne suis né et Je ne suis venu dans le monde que pour ceci : rendre témoignage à la Vérité. Quiconque est de la Vérité écoute Ma voix. (Jn 18.37) ».

Daigne Notre Dame de France nous obtenir de régner en Jésus et par Lui, comme Lui en nous et par nous !