La ploutocratie et le communisme


I. La haute finance et les révolutions

Haute banque, haute finance, grand capitalisme international, ploutocrates… Quel rapport peut-il bien exister entre ces gens-là et les révolutionnaires, en particulier les communistes ? A priori on pourrait penser à une hostilité irréductible entraînée par la nature des choses. Les premiers étant les possédants par excellence et les seconds ne songeant qu’à les dépouiller. Nous allons voir que les choses ne sont pas si simples.

Pour commencer, voici une citation tout à fait éclairante d’un ouvrage d’Edouard Demachy [1], publié en 1896, Les Rothschild Une famille de financiers juifs au XIXe s. :

Les Rothschild ont été la cheville ouvrière de tous les événements politiques et financiers du dix-neuvième siècle en Europe, Leur nom devrait se trouver à chaque page de chaque histoire de chaque pays. […] Écrire l’histoire de la Restauration et celle de Louis-Philippe sans prononcer le nom des descendants de Mayer Amschel [Rothschild], c’est écrire l’histoire du premier empire sans prononcer le nom de Napoléon Ier.
Et pourtant c’est ce qui a été fait.
Pour la France la grande source d’informations aurait été les archives du ministère des finances, mais l’incendie de la commune a tout détruit.
Les Rothschild étaient directement intéressés à l’incendie du ministère des finances.
Il est véritablement bien curieux de remarquer le respect excessif qu’ont eu les chefs de la commune, pour les propriétés de cette noble et judaïque famille. Une des principales barricades était celle qui fermait la rue Royale à sa jonction avec la place de la Concorde, la rue de Rivoli et les Tuileries. L’ancien hôtel de Talleyrand-Périgord [2], le sanctuaire actuel du baron Alphonse n’a même pas été visité, et pourtant, il faisait le coin de la rue de Rivoli et de la rue St.-Florentin, et se trouvait par conséquent en pleine barricade et plus exposé que n’importe quel autre à la convoitise et à la vengeance des révolutionnaires.

Les partisans de la commune en voulaient à tout ce qui était riche et principalement à ceux qui s’étaient engraissés des dépouilles du peuple. Et pourtant l’hôtel Rothschild est resté intact pendant qu’on brûlait d’insignifiantes maisons de la rue Royale.

Les pétroleurs et pétroleuses, quoique n’ayant pas reçu une très solide éducation ne pouvaient ignorer le nom de Rothschild qui dans le peuple a remplacé le nom de Crésus, ils savaient que les Rothschild représentaient l’intégration de la richesse, qu’ils étaient riches entre les riches, exploiteurs entre les exploiteurs et pourtant les pétroleurs et pétroleuses ont passé devant l’hôtel d’Alphonse de Rothschild leurs bidons de pétrole à la main et ils ne se sont pas arrêtés.

Les Rothschild ont des hôtels dans tout Paris ; rue Saint Florentin, rue Laffite, rue de Châteaudun, avenue Marigny, au parc Monceau, an faubourg Saint Honoré, etc., etc.

Tous ces superbes hôtels bâtis avec nos dépouilles sont restés intacts.

Les communards ont fusillé l’archevêque de Paris [3] et ont adoré la ploutocratie des Mayer Amschel.
Au ministère des finances se trouvaient les archives de l’argent du peuple ; car c’est là que se trouve la comptabilité des sommes perçues par le Trésor au moyen des impôts. L’intérêt de la commune était donc que ces papiers fussent conservés et publiés afin qu’on put connaître les noms des prévaricateurs et leur infliger le juste châtiment qu’ils avaient mérité.
De même que la première révolution publiait les archives de la Bastille et la République du 4 septembre les papiers secrets du second empire, de même la commune avait intérêt à mettre au jour les malversations et à publier les documents secrets du ministère des finances et de la cour des Comptes.
Au lieu de cela, elle les détruit, elle les brûle, elle les annihile !
« Is fecit cui prodest ».
Ce ne sont pas les gens de la Commune qui ont mis le feu au ministère des finances et à la Cour des Comptes; ce sont ceux qui avaient intérêt à faire disparaître les preuves de leurs innombrables malversations.
Quels étaient-ils ? nous le saurons peut-être un jour.
Les pétroleurs et pétroleuses étaient généralement ivres et se laissaient bénévolement conduire par des chefs inconnus qui dirigeaient leurs mains et leur indiquaient les maisons à brûler.
Les incendiaires ont presque toujours été des brutes inconscientes.
Les brutes ont été fusillées, les chefs inconnus sont rentrés dans l’ombre pour encaisser la récompense qui leur était due [4]…

Des insurgés communistes, fusilleurs de prêtres et de généraux, qui épargnent les biens des grands usuriers et qui, mieux encore, se font les exécuteurs de leurs basses œuvres ! Quel paradoxe !
Mais quel paradoxe plus grand encore que de voir des usuriers, des ploutocrates, des grands banquiers, des grands financiers internationaux favoriser, subventionner, voire inspirer, des révolutionnaires professionnels qui, aux yeux des naïfs, devraient être leurs ennemis les plus irréductibles !
En réalité, le capitalisme libéral bien loin d’être un rempart contre le socialisme ou le collectivisme, prépare au contraire leur victoire future en concentrant toutes les richesses mondiales entre les mains d’un nombre de plus en plus réduit d’individus.
Ce capitalisme libéral est tout aussi révolutionnaire et aussi destructeur que le communisme. C’est ce que le grand écrivain catholique que fut Louis Bertrand [5] – injustement oublié de nos jours, hélas – expliquait lumineusement voici déjà quatre-vingt -cinq ans :

Quels sont les deux grands ennemis de la civilisation dont nous nous glorifions d’être les tenants ? Il y en a deux, inégalement redoutables, mais causes certaines et les plus effectives du malaise mondial : la finance ou le capitalisme international d’une part, le bolchevisme ou le communisme de l’autre. Celui-ci n’est souvent que la forme brutale du premier. En tout cas ils se tiennent par les liens les plus étroits, l’un aidant l’autre et le subventionnant. Tous deux créent la panique, prélude à la terreur, par la propagation des fausses nouvelles, la suggestion d’une presse à gages, qui démoralise l’adversaire et qui décourage la résistance. Tous deux soudoient les révolutions, renversent les gouvernements, dépossèdent les souverains. Tous deux organisent la spoliation de l’épargne et de la propriété. Tous deux produisent, ou imposent, l’égalité dans la ruine et dans la misère. Poussé par des instincts de lucre ou de domination, égaré aussi par le rêve impossible de Babels humanitaires, le capitalisme international s’abat brutalement sur le pauvre monde ; il renverse, bouleverse et saccage pour l’assouvissement de la plus grossière cupidité, ou la réalisation des plus creuses chimères. Avec tous ses calculs, il agit comme une force aveugle, qui produit et qui détruit avec l’inconscience de la nature. Autant le capital est sage, réglé, conservateur, prévoyant dans son principe, autant le capitalisme international est révolutionnaire par essence, insoucieux de la mesure, de la stabilité, comme de l’avenir, ignorant du bien et du mal, amoraliste absolu. Dans quelle mesure le communisme bolcheviste peut-il se passer de cette finance destructrice, semeuse de révolutions, de guerres atroces et de ruines, c’est ce qu’il faudrait pouvoir examiner de près. Ceux qui jouent ce jeu sinistre ne se montrent pas à visage découvert [6].

Ce caractère destructeur de la haute finance internationale est tellement évident que bien d’autres auteurs l’ont dénoncé, certains depuis très longtemps. Nous n’en donnerons que deux exemples. Voici ce qu’écrivait Jacques Bainville, le 22 mai 1911 :

Il est faux de s’imaginer que l’argent vit en mauvais terme avec la république. Au contraire, la démocratie attire la ploutocratie comme le miel attire les mouches. Son instabilité, ses crises, font le bonheur de la spéculation. Songez bien qu’à chaque fois qu’une destruction quelconque, mais surtout, peut-être, une mesure attentatoire à la propriété vient à se produire, tandis que l’épargne souffre, que le travail paye pour tout le monde, le spéculateur s’enrichit. Le spéculateur vit des mouvements et des différences : il est donc friand de tous les bouleversements [7].

Et voila comment, près de soixante-dix ans plus tard, s’exprimait l’écrivain conservateur américain Gary Wills :

Le capitalisme est de par sa nature porté à entreprendre, à prendre des risques, à désirer de nouveaux marchés, de nouveaux matériaux et de nouveaux produits. Il a apporté plus de changements au monde moderne – souvent des changements absurdes – que n’importe quelle force révolutionnaire. Il renverse et écrase. Il n’a aucun sens de la tradition. Il démolit ce qui est ancien pour ne cesser de construire du nouveau en ne cessant de prendre un perpétuel pari sur demain. Nul n’est moins digne que lui du nom de conservateur [8].

Le régime capitaliste exerce aujourd’hui sa domination absolue sur la quasi-totalité du monde, y compris – le fait est révélateur – sur le dernier grand pays officiellement communiste de la planète : la Chine populaire. Le passage du communisme dictatorial au capitalisme dictatorial s’y est fait très facilement, tout aussi facilement que s’opère sous nos yeux, peu à peu, l’évolution inverse qui va du capitalisme pseudo-démocratique au communisme pseudo-démocratique.

Voici ce qu’écrivait en 1961, sous son pseudonyme littéraire de Pierre Nord, le colonel André Brouillard, éminent spécialiste du renseignement, qui fut chef des services spéciaux des 9e et 10e armées en 1939-1940 puis l’un des animateurs de l’Armée secrète sous l’Occupation :

Le trust, la concentration, le monopole d’État ou privé, préparant le communisme ? Karl Marx a dit le dernier mot de la question. Il est bien certain que l’extrême centralisation des moyens de production et de distribution rend facile le passage du capitalisme au communisme. Il suffit de remplacer le conseil d’administration par un syndic, qui n’a en face de lui que des employés, des salariés, pour qui le changement n’est pas vital. Les commissaires du peuple n’ont pas affaire à une classe moyenne nombreuse de gens combatifs, décidés à se défendre parce que leurs réserves ou leur capital ne sont pas du vol, mais du travail, le fruit de leur propre travail sacré [9].

C’est effectivement ce que Marx avait prévu, nous dit l’économiste libéral autrichien Ludwig von Mises (1881-1973). Issu d’une famille juive de Galicie, von Mises a eu une influence importante sur le mouvement libéral moderne. Il enseigna d’abord à Vienne puis à Genève et enfin à New York où il mourut. Il a consacré une Étude économique et sociologique au Socialisme, dans laquelle il écrivait :

Marx a cherché à donner un fondement économique à la thèse selon laquelle l’évolution historique conduit inévitablement au socialisme en démontrant que le capital se concentre progressivement. Le capitalisme a privé le travailleur de la propriété des moyens de production ; il a réalisé « l’expropriation des producteurs directs. » Lorsque ce processus sera parvenu à son terme, « la socialisation du travail et la transformation de la terre et des autres moyens de production en moyens de production exploités socialement et par suite collectifs revêtira une nouvelle forme et il en sera de même de l’expropriation des détenteurs de la propriété privée. Il s’agit maintenant d’exproprier, non plus des travailleurs indépendants, mais les capitalistes qui exploitent un grand nombre de travailleurs. […] »

Ce processus sera d’ailleurs infiniment « moins long, moins pénible et moins difficile » que ne l’a été le processus antérieur qui a transformé en propriété capitaliste la propriété privée fragmentée qui reposait sur le travail personnel des individus (Cf. Marx, Das Kapital, tome I, pp. 726 sq.) [10].

Nous allons retrouver cette idée de Marx chez son disciple Kautsky.

Karl Kautsky (1854-1938), homme politique allemand et théoricien marxiste, fut un dirigeant important de la social-démocratie allemande (le SPD). Né à Prague dans une famille d’artistes juifs de la classe moyenne [11], il connut personnellement Karl Marx et Friedrich Engels et devint même le secrétaire d’Engels, dont il fut un des exécuteurs testamentaires. Il écrivit de nombreux ouvrages de vulgarisation du marxisme, fut d’abord l’adversaire des socialistes réformistes, puis après 1910 évolua dans leur sens, ce qui lui valut les foudres de Lénine. Bien entendu les deux hommes poursuivaient le même objectif, mais l’un par la violence, l’autre par la subversion progressive.

Pour Kautsky, nous dit von Mises,

il est clair « que les méthodes de production capitaliste tendent à la concentration dans des mains de moins en moins nombreuses des moyens de production qui sont devenus le monopole de la classe capitaliste. L’aboutissement final de cette évolution sera la réunion entre les mains d’une seule personne ou d’une seule société par actions, qui en disposera arbitrairement, de tous les moyens de production d’une nation et même de la terre entière. Alors toute l’activité économique se trouvera concentrée dans une unique entreprise monstrueuse, où tout obéira à un maître unique, où tout lui appartiendra. La propriété privée des moyens de production aboutit dans la société capitaliste à dépouiller de toute propriété la totalité des individus à l’exception d’un seul. Et c’est ainsi qu’elle conduit à sa propre suppression, les hommes ne possédant plus rien et étant tous réduits à l’état d’esclaves. » Telle est la situation vers laquelle nous nous acheminons, « plus rapidement qu’on ne le croit en général » [12].

Par la suite, Kaustky ira jusqu’à prôner l’alliance de la classe ouvrière avec les secteurs du capital internationalisé afin de permettre l’avènement de l’ultra-impérialisme, phase de dépassement des rivalités nationales, dernière étape avant le socialisme [13]. Cette alliance fut réalisée par la Société fabienne, créée par deux anglais d’origine juive, Béatrice et Sidney Webb, qui diffusèrent cette version du marxisme chez les intellectuels du monde anglo-saxon et dans les milieux dirigeants dès la fin du XIXe siècle, notamment par l’intermédiaire de la London School of Economics [14].

Il n’est donc pas surprenant que le capitalisme libéral s’entende parfaitement avec le communisme pour confisquer les patrimoines familiaux par l’impôt progressif, qu’il s’agisse de l’impôt sur le revenu, de l’impôt sur les successions ou de l’impôt sur la fortune. Jacques Bainville l’avait annoncé dès le 24 juin 1914, à la veille du vote de la loi qui instaurait l’impôt sur le revenu [15] :

Rappelons-nous ce que disait à ce sujet le théoricien socialiste Kautsky. Kautsky a exposé la nouvelle méthode du collectivisme moderne, qui ne croit plus à la confiscation directe et brutale, qui ne croit plus à la catastrophe ni à la révolution, ni au Grand Soir, mais qui consiste à « arriver à la suppression de la propriété capitaliste par un lent processus ». Par une formule, on ne peut plus frappante, Kautsky dit même que « la forme plus raffinée de l’impôt progressif doit être préférée à la forme plus primitive de la confiscation ». Qu’est-ce à dire, sinon que l’absence de principes, d’idées et de doctrine est la cause essentielle de la décadence et de la décomposition croissante des partis conservateurs et modérés ? Ils n’ont pas su garder le pouvoir quand il a été entre leurs mains, parce qu’ils n’ont pas su l’utiliser. Et quand un mouvement de l’instinct national […] leur apporte des chances nouvelles, qu’en font-ils sinon de les gâcher en quelques mois […] [16] ?

Bainville faisait ici allusion au ministère Poincaré, mais il n’y a rien de nouveau sous le soleil : quatre-vingts ans plus tard, le rejet par les Français du socialisme aux élections de 1993 et de 1995, provoqua le succès du candidat Chirac, qui avait formellement promis de baisser les impôts ; or son premier soin après les élections fut de les augmenter !

Quant à Bainville, il pouvait prédire, le 14 juin 1914 :

Au lieu de ces brusques catastrophes dont on avait autrefois le spectacle et dont l’appréhension a si longtemps tourmenté, en France, les classes paisibles, nous n’avons plus aujourd’hui que des dégradations lentes, presque insensibles. Il est clair, il est de plus en plus clair que nous allons par paliers vers la réalisation intégrale du socialisme d’État [17].

Après la guerre, constatant l’absence à peu près totale de réaction de la part de cette bourgeoisie française qui aurait dû être la plus intéressée à la défense de son patrimoine, Bainville, titrait son article du 13 mai 1920 Le socialisme dans la rue et le socialisme dans les esprits, et se désolait :

Il y a […] des bourgeois à faible cervelle qui sont menés sans le savoir par les théoriciens socialistes. Les complaisances que rencontre l’impôt sur le capital n’ont pas d’autre cause que cette faiblesse d’esprit […]. Le socialisme et la ploutocratie internationale sont également intéressés à cette opération, le socialisme parce qu’il y voit la préface d’une confiscation générale, et la ploutocratie parce qu’elle y trouverait l’occasion d’affaires fructueuses d’une envergure insoupçonnée jusqu’ici […]. Kautsky, le théoricien de l’expropriation méthodique et légale […] le continuateur de Karl Marx, a préconisé l’impôt, de préférence à l’expropriation radicale et brutale, comme le moyen le plus sûr d’arriver à la suppression de la propriété privée [18].

On comprend que la « main cachée » qui dirige le monde [19] ait permis la destruction du rideau de fer : il n’était vraiment plus nécessaire d’interposer un écran entre la révolution capitaliste et la révolution communiste. Tout est désormais en place pour la grande synthèse du socialisme et du capitalisme qui permettra d’installer, sur les ruines des nations, le gouvernement mondial prévu par les grands initiés [20].

Ce projet de gouvernement mondial existe depuis plusieurs siècles, mais le processus de sa réalisation par synthèse de la social-démocratie et du bolchevisme est plus récent. En voici un exemple qui fut rendu public voici presque cinquante ans.

En 1970, le journal Le Monde publiait un Manifeste de trois savants soviétiques [21] qui étaient Sakharov, Metvedev et Tourichine. Ce manifeste réclamait des réformes « démocratiques » en URSS mais ces réformes étaient destinées à amorcer un mouvement beaucoup plus vaste et beaucoup plus important :

Si le régime se « transformait » ainsi, Sakharov a préparé pour la suite un plan d’équilibre mondial pour trente ans en quatre étapes. Ce plan correspond à l’universalisme de l’école de pensée du professeur Kapitza [22], le savant avec qui Sakharov signa en mars 1966 son premier manifeste anti-stalinien, le même savant qui organise des rencontres de scientifiques du monde entier sur le «seul terrain» scientifique. Que prévoit ce plan ? Dans une première étape, des réformes économiques intensives et la démocratisation en URSS ; puis la seconde étape, la convergence du socialisme occidental (ce qui suppose que le socialisme ait pris le pouvoir en Occident [23]) avec le socialisme révolutionnaire ; ensuite le désarmement simultané des États-Unis et de l’URSS, unis pour sauver le Tiers-Monde ; enfin, dernière étape, le gouvernement mondial, et l’élimination des contradictions économiques d’un hémisphère à l’autre [24].

L’élimination des contradictions économiques d’un hémisphère à l’autre, c’est tout simplement le socialisme absolu et universel ; du train où vont les choses, nous y allons tout droit.

La lente montée en puissance de la ploutocratie – qui s’est opérée dès le Moyen Age – n’a pu déboucher sur son triomphe actuel que grâce au remplacement par la violence de tous les gouvernements chrétiens qui interdisaient l’usure, par d’autres gouvernements qui la favorisaient. Nous avons là une clé de la constante activité révolutionnaire de la ploutocratie.

Jean Lombard, dans le premier volume de son célèbre ouvrage La face cachée de l’histoire moderne, rappelle les intrigues qui dès le 16e siècle ont progressivement

… permis à une oligarchie financière de renverser les dynasties légitimes et de conquérir le pouvoir réel. Non pour libérer les peuples mais pour abolir les restrictions à l’usure, au prêt à intérêt, la notion du juste prix, les entraves apportées par les règlements corporatifs, en privant les travailleurs de leurs confréries, fraternités, et compagnonnages et en les écartant de la gestion des villes pour les réduire à la condition de prolétaires exploités [25].

Et tout ceci se fit non pas au grand jour, mais sous couvert des luttes religieuses et des mouvements subversifs qui prétendaient instaurer le paradis sur terre, sous la forme d’une nouvelle Jérusalem (par exemple les « lollards » d’Angleterre, « les hussites » de Prague, « les anabaptistes » de Munster, etc.)

Un grand journaliste et économiste catholique autrichien, Karl von Vogelsang (1818-1890) n’hésitait pas à écrire :

Le capitalisme a remporté une victoire complète sur le principe d’ordre social chrétien des peuples de l’Occident… Le régime capitaliste […] est en contradiction absolue avec le corps moral du christianisme. Une coexistence ne saurait s’établir d’une manière durable entre les deux systèmes… L’ordre réputé tel dans le régime capitaliste n’est autre chose que l’œuvre du péché et de la faiblesse humaine… Ce soi-disant ordre n’est, tout bien considéré, que le désordre d’une ploutocratie anarchique, plus dangereuse que l’anarchie révolutionnaire [26].

Toutefois, cet aspect matériel – si important soit-il – n’est pas le seul. Il existe en effet une affinité idéologique entre le capitalisme libéral et le communisme en ce sens que leur but est le même : la disparition non seulement de la société chrétienne, mais de toute société qui respecterait l’ordre naturel.

 

II. Le capitalisme libéral et l’idéologie communiste

Puisque nous parlons de capitalisme libéral, il est bon de préciser le sens de ces mots. Dans le jargon des marxistes et des socialistes de tout poil, le capitalisme c’est la propriété privée des moyens de production et ils accusent cette dernière d’être responsable de tous les maux qui accablent l’humanité. Or il n’en est rien, car la propriété privée est parfaitement conforme à l’ordre naturel et la constitution d’un patrimoine familial est une des conditions nécessaires à la pérennité des familles et à leur indépendance face à l’omnipotence de l’État. L’Église l’a toujours reconnu.

Ce que nous contestons c’est une conception païenne de la propriété. Car le droit de propriété dans les sociétés authentiquement chrétienne n’est pas identique à celui des païens ; pour ces derniers, la propriété c’est le droit d’user et d’abuser ; alors que pour les chrétiens c’est le droit d’user en respectant les exigences de la justice et de la charité. Ces deux valeurs, issues du Décalogue, transcendent le droit de propriété et en limitent l’exercice. Dans une société bien ordonnée ces valeurs se traduisent par des lois qui régulent toute l’activité économique pour en empêcher les abus.

Mais depuis la Révolution, les sociétés occidentales ont rejeté le Décalogue et sont progressivement revenues au paganisme : la propriété, c’est donc le droit d’user et d’abuser sans respecter ni la justice, ni la charité, cela au nom de la liberté et de l’efficacité.

La propriété privée est légitime, le capital est légitime ; l’abus du capital est le capitalisme au sens propre, mais comme cet abus se commet au nom du libéralisme qui prône la liberté totale dans les rapports sociaux – « le renard libre dans le poulailler libre » comme l’a dit un humoriste –, il vaut mieux l’appeler capitalisme libéral pour éviter de le confondre avec la propriété privée comme le voudrait la définition marxiste du capitalisme.

Le triomphe de la ploutocratie, aussi bien que celui du communisme, signifie la suppression, soit progressive soit brutale, de la propriété privée et son transfert à une oligarchie : soit les Conseils d’administration des grands monopoles capitalistes, soit les Conseils des commissaires du peuple.

Le grand spécialiste des sociétés secrètes que fut Jacques Bordiot a démontré que des capitalistes internationaux, au début du 19e siècle, ont délibérément fondé le communisme moderne sur l’idéologie aristocratique, ploutocratique et universaliste des Illuminés de Bavière, en utilisant le concours de Karl Marx et de Friedrich Engels. Bordiot a consacré à ce sujet le chapitre XXII, intitulé « Le cynique pari », d’Une main cachée dirige, ainsi que le chapitre VI intitulé « Les origines capitalistes du marxisme » de son livre Le Pouvoir occulte fourrier du communisme [27].

Bordiot explique comment les mouvements révolutionnaires du 19e siècle dérivent des Illuminés de Bavière par l’intermédiaire des nombreuses sociétés secrètes que ces derniers avaient créées après la dissolution de leur ordre en 1785 et il constate que les meneurs de ces sociétés subversives étaient pratiquement tous des bourgeois fortunés qui subventionnaient largement les propagandistes et les agitateurs révolutionnaires.

C’est ainsi que le Manifeste du Parti communiste, paru en 1848, fut inspiré à Marx et Engels par la pensée d’un de leurs amis, un « juif socialiste et nationaliste [28] » Moses Hess (1812-1875), qui allait plus tard se brouiller avec eux et devenir un des pères du sionisme. Héritier d’une grosse fortune, lié à la « Ligue des justes [29] » qui était un avatar de l’Ordre des Illuminés, Moses Hess fut un des premiers « jeunes hégéliens » à se convertir au communisme [30]. En 1842, il avait réussi à convertir Engels au communisme en une après-midi [31]. En décembre 1844, il publia à Paris un article intitulé « Catéchisme communiste par questions et réponses » dont Engels s’ins­pira pour rédiger en 1847 des « Principes du Communisme » dont Marx utilisa la trame pour écrire le Manifeste du Parti communiste.

Mais l’action de la «Ligue des justes» ne se borna pas à une simple influence idéologique, elle fut aussi plus matériellement financière. Car non content d’être inspiré par la « Ligue des justes », Marx fut subventionné par deux de ses membres, un Français, Jean Laffite, et un Américain, Horace Greeley.

Jean Laffite, né à Saint-Domingue en 1782, était par sa mère, Zora Nadrimal, le petit-fils d’un alchimiste juif espagnol mort à Saragosse en 1760, dans les prisons de l’Inquisition. Laffite avait été avec deux de ses frères négrier, flibustier et même pirate dans le golfe du Mexique et receleur d’une base de pirates. Il avait ainsi acquis fort malhonnêtement une grosse fortune, avant de s’installer, sous le faux nom de John Lafflin comme négociant armateur à Saint-Louis (Missouri). Il fut l’un des représentants de la Ligue des Justes aux USA et il participa au 1er Congrès constitutif de la Ligue des Communistes à Londres en juin 1847.

Dans une lettre du 29 septembre 1847, écrite à son ami intime le peintre portraitiste Manoel De Franca [32], un révolutionnaire portugais, Laffite écrivait :

Je quitte Bruxelles pour Paris, puis dans trois ou quatre semaines j’irai à Amsterdam, puis en route pour l’Amérique. M. Engels viendra avec moi à Paris où je dois lui procurer, ainsi qu’à M. Marx, un financement à long terme pour l’achèvement et l’impression de leur manuscrit [33].

Effectivement, le Manifeste parut à Londres, en allemand, en février 1848, mais passa alors à peu près inaperçu en Europe. Laffite s’était embarqué pour New York sans en attendre l’impression, mais il avait emporté plusieurs copies du manuscrit qu’il s’empressa de faire diffuser dans les milieux dirigeants américains à des sympathisants parmi lesquels figurait Abraham Lincoln qui était alors sénateur de l’Illinois.

Un chercheur américain, Wickliffe B. Vennard, a commenté de façon très pertinente le fait que Karl Marx a non seulement reçu une importante aide financière de deux Illuminés américains, Clinton Roosevelt et Horace Greeley, mais que ces derniers l’ont fait connaître à l’opinion publique américaine :

Sans l’aide reçue de Clinton Roosevelt, d’Horace Greeley et des financiers qu’ils représentaient, Karl Marx serait resté un obscur obsédé révolutionnaire. Greeley a donné à Marx et à son Manifeste communiste une audience internationale. Ils ont promu leur camarade Illuminé en le nommant correspondant et analyste politique pour la New York Tribune, le journal de Greely [34].

Clinton Roosevelt (1804-1898) était un politicien américain, un économiste communiste et un membre de la secte des Illuminés, via la Ligue des Justes. C’était un lointain cousin des présidents américains Théodore et Franklin D. Roosevelt. Toute cette famille descendait d’un couple d’immigrés judéo-hollandais qui, au milieu du 17e siècle, vint s’installer à la Nouvelle-Amsterdam (aujourd’hui New York) : Claes Maartenszen van Rosenvelt, et son épouse Jannetje Samuels, fille de Thomas Samuels et de Margaret Harnel [35].

Un historien contemporain, Bruno Riondel, a retracé avec beaucoup de pertinence les activités politico-financières de cette famille :

En 1784, l’arrière-arrière-grand-père de F.D. Roosevelt, Isaac Roosevelt, s’associa avec Alexander Hamilton pour créer la première banque new-yorkaise, la Banque de New York. Sur le plan politique, Hamilton, homme des puissances financières, partisan de la création d’une Banque centrale américaine à la fin du xviiie siècle, s’opposait en cela à Thomas Jefferson qui en refusait l’idée. En 1786, Isaac Roosevelt devint président de la Banque de New York et, en 1789, Hamilton devint secrétaire d’État au Trésor. En 1930, un membre de la famille Roosevelt siégeait encore au conseil d’administration de la Banque de New York, W. Emlen Roosevelt. Il y côtoyait Cleveland Dodge qui avait été l’un des artisans de l’ascension de Woodrow Wilson à la présidence des États-Unis, en 1912. Au milieu du 19e siècle, un autre membre de la famille Roosevelt, James Roosevelt, fut un élu du Corps législatif de l’État de New York. Selon ses biographes, il aurait été un agent de liaison entre le parti démocrate et Wall Street, transmettant les directives de la Bourse aux politiciens qui en recevaient des financements, notamment de la Banque de New York, en partie propriété des Roosevelt. Théodore Roosevelt, président des États-Unis, au cours de la première décennie du xxe siècle, monta, avec l’aide de Wall Street, en 1912, un tiers parti chargé de nuire à la réélection du président Taft et de contribuer au succès de Woodrow Wilson, dont on a vu qu’il fut l’homme de main des promoteurs de la Federal Reserve. Plus curieusement, un autre parent de Franklin D. Roosevelt, Clinton Roosevelt, descendant du fondateur de la Banque de New York, fut l’auteur, en 1841, d’un manifeste de nature socialiste intitulé The Science of Government founded on Natural Law, dans lequel il imaginait la création d’un pouvoir totalitaire placé aux mains d’une élite qui serait chargée de mettre au point une législation permettant un contrôle étroit des masses. La famille Roosevelt est un bon exemple de ces familles liées à l’oligarchie mondialisée et qui agissent à l’interface des domaines financiers et politiques [36].

Clinton Roosevelt profita d’une grave crise économique et financière qui commença en 1837 [37] et dura cinq ans pour publier son livre (La science du Gouvernement fondée sur la Loi naturelle) qui reprenait le plan de Weishaupt et prônait un système économique communiste avec une mainmise du gouvernement sur l’économie et une dictature mondiale du type O.N.U. [38]. Ce livre, tout autant que celui de Moses Hess, a inspiré le Manifeste communiste.

Quant à Horace Greely (1811-1872), affilié lui aussi à la Ligue des Justes, c’était un personnage très important puisqu’il était le directeur de la New York Tribune qui fut le journal américain le plus influent des années 1840-1870. Greeley était aussi l’un des fondateurs du Parti républicain, un militant de gauche et un socialiste.

Le 25 octobre 1851, la New York Tribune d’Horace Greeley, parut avec douze pages au lieu de ses huit habituelles. Le fait était trop remarquable pour ne pas être expliqué. Donc, un éditorial spécial figurait en page 4 pour annoncer que le journal de ce jour contenait «des articles de certains contributeurs étrangers particulièrement dignes d’attention». Parmi ceux-ci, expliquait l’éditorialiste, figurait un article sur l’Allemagne écrit par « l’un des écrivains les plus clairs et les plus vigoureux que ce pays a produit, quel que soit le jugement que l’on porte sur ses opinions dans le domaine de la philosophie politique et sociale. »

En tournant les pages pour voir qui pouvait être cet Allemand clair et vigoureux, les lecteurs atteignaient, en page 6, un long article intitulé « Révolution et contre-révolution », signé Karl Marx. « Le premier acte du drame révolutionnaire sur le continent européen est clos », déclarait-t-il. Les pouvoirs qui existaient avant l’ouragan de 1848 sont de nouveau en place. Mais, annonçait-t-il, le second acte du mouvement va bientôt se produire, et l’intervalle avant la tempête est un moment favorable pour étudier l’« état social général … des nations bouleversées » qui a conduit inévitablement à de tels soulèvements.

Karl Marx, lors de son exil à Paris, avait composé, en contribution aux révolutions de 1848, son Manifeste communiste qui, dépassé par les événements, fut oublié dans la marée générale de réaction qui suivit la flambée de 1848 en Europe. Expulsé de France à son tour comme agent subversif, Marx s’était installé à Londres où il essayait sans succès de lancer un autre journal révolutionnaire et il avait désespérément besoin de l’argent de Greely.

Les semaines suivantes, Marx poursuivit dans la Tribune son étude des révolutions. Le rédacteur en chef, Dana, lui écrivit que ses articles sur les événements d’Allemagne, « sont lus avec satisfaction par un nombre considérable de personnes et sont largement reproduits ». Ensuite, Marx continua à écrire sur les événements politiques en Angleterre, en France, en Espagne, au Moyen-Orient, en Orient – dans le monde entier [39], en fait. Un article publié en 1957, dans la revue American Heritage [40] par l’écrivain William H. Hale, explique cette collaboration :

Des bulletins d’actualités, des résumés de la presse étrangère, des polémiques et des prophéties ont coulé de son bureau dans un flux continu, mélangé, parfois hebdomadaire, souvent deux fois par semaine, pour prendre le prochain bateau rapide pour New York et ainsi obtenir de Greeley cinq dollars par article. Cette collaboration singulière se poursuivit pendant plus de dix ans. Au cours de cette période, […], il a envoyé plus de 500 contributions distinctes au grand journal familial de New York consacré au soutien d’Henry Clay, de Daniel Webster [41], de la tempérance, de la réforme alimentaire, de la conquête de l’Ouest et, finalement, d’Abraham Lincoln.  Même à son faible taux de rémunération, […], ce que Marx a obtenu de la Tribune au cours de cette décennie constituait son principal moyen d’existence, avec les subventions d’Engels. L’organe des respectables Whigs américains et de leurs successeurs, le nouveau parti républicain, a soutenu Karl Marx au cours des années où il traçait son système de subversion, Das Kapital. En fait, une grande partie des matériaux qu’il a recueillis pour Greeley, en particulier sur l’appauvrissement des classes ouvrières anglaises pendant la dépression de la fin des années 1850, est allée matériellement dans Das Kapital [42].

La plus grande entreprise de subversion qu’ait connue le monde contemporain a donc été lancée comme on lance une marque de savonnette par un grand patron de presse américain. Il serait intéressant de savoir quels capitaux étaient derrière lui…

III. La ploutocratie et la révolution bolchevique

La chute de l’empire des tsars – qui semblait inébranlable – et la conquête ultérieure de la Russie par le bolchevisme furent principalement dues à l’action de la haute finance internationale. Le chef d’orchestre, l’homme qui joua le principal rôle dans cette œuvre de subversion, fut un banquier judéo-allemand, naturalisé américain : Jacob Schiff [43].

Le banquier Jacob Schiff (1847-1920)

Il était né en 1847, à Francfort-sur-le-Main – berceau de la famille Rotschild. Ses parents étaient tous les deux issus de familles de rabbins ashkénazes dont on trouve la trace à Francfort depuis 1370 [44].

Son père Moses Schiff était agent de change au service des Rothschild. Jacob commença très jeune, en 1861, à travailler comme employé dans le secteur bancaire à Francfort, puis dès l’âge de 18 ans, en 1865, il s’expatria vers les États-Unis où la guerre de Sécession venait juste de se terminer. Il travailla d’abord dans une maison de courtage à New York puis créa avec quelques partenaires la société Budge, Schiff & Co en 1867. Il fut naturalisé américain en 1870. Mais sa société fit de mauvaises affaires et fut dissoute en 1872, Schiff revint alors en Allemagne. Sa famille l’envoya travailler à Hambourg, au bureau de la Deutsche Bank.

Peu après, Schiff rencontra à Francfort Abraham Kuhn, l’un des fondateurs à New York de la banque d’investissement Kuhn, Loeb & Co. Kuhn accepta de l’aider à revenir aux États-Unis, et lui donna une introduction auprès de son associé Salomon Loeb. Schiff repartit aussitôt pour New York et fut engagé à la banque. En 1875, il devient l’associé de Salomon Loeb et épousa sa fille Theresa. Dix ans plus tard Jacob Schiff devenait le directeur de la Kuhn, Loeb & Co. D’après la Jewish Encyclopedia :

En raison de sa connexion avec le marché monétaire allemand, Schiff attira beaucoup de capitaux allemands à l’entreprise américaine, plus particulièrement dans le domaine de la finance ferroviaire. […] la firme Kuhn, Loeb & Co [est devenue] l’un des principaux acteurs dans le monde financier ferroviaire, contrôlant plus de 22 000 milles de chemins de fer et 1 321 000 000 de dollars de réserve [45].

Autrement dit, Schiff était devenu le roi du chemin de fer américain ; il était également administrateur de la Banque nationale de commerce, de la National City Bank, de la Morton Trust Company, de la Columbia Bank, de la Firth Avenue Trust Company de New York et de diverses autres sociétés à New York ainsi qu’à Philadelphie. Comme le constate Jacques Attali :

A 47 ans, Jacob, le petit émigré devenu le gendre de Salomon Loeb, est maintenant le juif le plus célèbre de New York, et l’un des hommes les plus riches du monde [46].

Il allait utiliser son immense fortune à œuvrer au profit de ses coreligionnaires [47] et à combattre férocement la Russie impériale. Dès 1894, il s’efforça d’organiser le blocus financier du Tsar [48]. Mais c’est lors de la guerre russo-japonaise que son action devint décisive. D’après la Jewish Encyclopedia :

Il souscrivit et lança les trois grands emprunts de guerre japonais en 1904 et 1905, en reconnaissance de quoi le Mikado conféra à Schiff le Second Ordre du Sacré Trésor du Japon.

Ces emprunts s’élevaient à 200 millions de dollars. Mais ce ne fut pas l’action la plus décisive : pendant cette guerre, des milliers de soldats et de marins russes furent faits prisonniers. Jacob Schiff finança l’impression de 1500 kilos de propagande marxiste qui fut envoyée aux camps de prisonniers. Des révolutionnaires russophones formés à New York furent envoyés au Japon pour distribuer les brochures parmi les prisonniers et pour leur prêcher la rébellion contre leur gouvernement. A la fin de la guerre, ces 50 000 prisonniers russes rentrèrent chez eux et jouèrent un rôle majeur en 1917 dans les mutineries militaires lors de la prise du pouvoir par les bolcheviks [49].

Nous en avons la preuve par un article du The New York Times, paru le 24 mars 1917, en pages 1 et 2. Voici une traduction des principaux passages de l’article :

Les pacifistes harcèlent le maire jusqu’à ce qu’il les traite de traîtres.

A Carnegie Hall les socialistes échouent à faire de la célébration de la Russie une réunion de paix. Désolés, nous ne pouvons pas combattre avec le peuple allemand pour renverser le Hohenzollernisme. Le rabbin Wise prêt pour la guerre.

Kennan raconte l’histoire. Il rapporte comment Jacob H. Schiff a financé la propagande révolutionnaire dans l’armée du tsar.

L’accrochage très violent entre patriotes et pacifistes qui s’est produit à New York depuis que les relations sont rompues avec l’Allemagne a marqué la célébration de la Révolution russe qui s’est tenue la nuit dernière à Carnegie Hall. Il a été précipité par le maire Mitchel [50] dont la déclaration sur l’imminence de notre entrée en guerre en faveur du même genre de démocratie que celle qui avait libéré la Russie fut accueillie avec une manifestation résolue par les pacifistes, qui s’étaient évidemment organisés au préalable, pendant un certain temps pour saboter la réunion. […]

La réunion a débuté de manière ordonnée.

Le combat centenaire des révolutionnaires russes a été présenté d’une manière brillante, assortie à l’espérance de la Russie.

[…] Une autorité en matière d’affaires russes, George Kennan, a raconté comment un mouvement émanant  de la Société des Amis de la Liberté Russe, financé par Jacob H. Schiff, avait, lors de la guerre russo-japonaise, diffusé l’évangile du révolutionnaire russe parmi 50 000 officiers et soldats russes qui étaient dans les camps de prisonniers japonais. « Et, a déclaré M. Kennan, nous savons comment l’armée a aidé la Douma dans la révolution non sanglante qui a fait la nouvelle Russie la semaine dernière. »

Les galeries étaient en grande partie remplies de socialistes ; au parterre, l’entrée avait été payante et la foule était plus calme jusqu’à ce qu’elle soit excitée par les protestations des pacifistes.

Le maire Mitchel a été présenté par Herbert Parsons, président de la Société des amis de la liberté russe, comme un homme issu d’une race qui a également lutté pour la liberté. […]

« Nous sommes réunis ici, a annoncé le maire, pour célébrer le plus grand triomphe de la démocratie depuis la chute de Bastille. […] L’Amérique se réjouit, a t-il dit. Comment pourrait-elle faire autrement quand elle voit le pouvoir en Russie transféré de quelques-uns à la multitude, et dans le pays où il semblait y avoir le moins d’espoir de triomphe pour la cause de la démocratie. […]

« Et quand l’Amérique entrera dans le conflit, a crié le maire, il s’agira de défendre certaines idées aussi fondamentales que celles sur lesquelles la République a été construite, et parmi elles, il y aura la cause de la démocratie dans le monde entier. Soyons heureux que, au lieu de se battre côte à côte avec la Russie autocratique, nous nous battrons côte à côte avec la Russie démocratique. »

C’est à ce moment-là que les galeries ont manifesté si violemment que M. Mitchel leur a dit qu’il fallait être des américains ou bien des traîtres. […]

Le maire a ensuite quitté la salle, suivi de cris de condamnation ou de louanges.

Quand le tumulte a eu cessé, le Rabbin S. S. Wise, qui œuvre pour la paix mondiale, mais n’est pas un pacifiste extrême, a été introduit.

« Je pense qu’il est de mon devoir de dire un mot à l’appui [sifflets] et en réponse au maire. J’aimerais que ce vaste public sache que je crois que le maire avait raison – [Cela a provoqué des cris de : « Non. Tu es aussi mauvais que lui. »]

« Je suis là pour parler, et je vais parler, a crié le rabbin. Si vous n’aimez pas ce que je dis, allez-vous en ; moi je reste. Le maire a raison quand il dit que nous sommes au bord de la guerre. Je prie Dieu que cela n’arrive pas, mais si cela arrive, le blâme ne devra pas porter sur nous, mais sur ce militarisme allemand, que l’on peut permettre au peuple allemand de renverser, comme les Romanoffs ont été renversés à jamais.

« Dieu sait que nous voulons la paix. Aucun homme n’a jamais combattu et défendu la paix, autant que Woodrow Wilson. [Acclamations.] Je ne crois pas que la guerre soit absolument inévitable, mais Dieu merci, je suis citoyen d’une république qui a été patiente.

« Je suis pour la paix, dis-je, mais je demande au ciel qu’il nous soit possible de nous battre côte à côte avec le peuple allemand pour renverser le Hohenzollernisme ». Alors le rabbin a loué la révolution russe mais il a rencontré de l’opposition quand il a dit :

« Au risque de subir le mécontentement de ceux d’entre vous qui ont de si amers souvenirs, j’espère que l’amnistie sera étendue au czar lui-même, que Dieu pardonne au Czar [Des cris de : « Non, jamais ! »]. Que Dieu pardonne au Monarque qui n’a jamais su ce qu’était la pitié. […]

« Je ne peux pas oublier, continua le rabbin, que je suis un membre et un enseignant d’une race dont la moitié a vécu dans le domaine du tsar et en tant que juif, je crois que de toutes les réalisations de mon peuple, aucune n’a été plus noble que cette participation des fils et des filles d’Israël au grand mouvement qui a culminé dans la Russie libre. »

Ce fut après un compte rendu de la lutte des révolutionnaires russes, dont il a été le premier écrivain américain à parler, que M. Kennan a raconté le travail des Amis de la Liberté russe dans la révolution.

Il a dit que pendant la guerre russo-japonaise, il était à Tokyo et qu’il était autorisé à faire des visites parmi les 12 000 prisonniers russes aux mains des Japonais à la fin de la première année de la guerre. Il a expliqué comment ils lui avaient demandé de leur donner quelque chose à lire, et il a conçu l’idée d’introduire une propagande révolutionnaire dans l’armée russe.

Les autorités japonaises ont favorisé la chose et lui ont donné la permission. Plus tard, il a écrit en Amérique pour avoir toute la littérature révolutionnaire russe. Il a déclaré qu’un jour, le docteur Nicholas Russell était venu le voir à Tokyo, sans préavis, et lui a déclaré qu’il avait été envoyé pour aider le travail.

« Le mouvement a été financé par un banquier new-yorkais que vous connaissez et aimez, a-t-il dit, se référant à M. Schiff, et bientôt nous avons reçu une tonne et demie de propagande révolutionnaire russe. À la fin de la guerre, 50 000 officiers et soldats russes qui sont retournés dans leur pays, étaient des révolutionnaires ardents. Les Amis de la Liberté russe avaient semé 50 000 graines de liberté dans 100 régiments russes. Je ne sais pas combien de ces officiers et soldats ont été dans la forteresse de Petrograd la semaine dernière, mais nous savons quelle part a pris l’armée dans la révolution. »

Monsieur Parsons, se leva et dit :

« Je vais maintenant lire un message de White Sulphur Springs envoyé par le monsieur à qui M. Kennan a fait référence. » Voici le message :

« Voulez-vous dire pour moi à ceux qui sont présents à la réunion de ce soir à quel point je regrette de ne pouvoir célébrer avec les Amis de la Liberté russe la récompense actuelle de ce que nous avions espéré et désiré pendant ces longues années ! Je ne pense pas un seul instant que, si les Russes ont sous leur direction actuelle une telle modération louable en ce moment de crise, ils ne donneront pas à la Russie un gouvernement approprié et une constitution qui assurera en permanence au peuple russe le bonheur et la prospérité dont une autocratie financière les a si longtemps privés. »

« Jacob H. Schiff [51]. »

Qui était donc ce Rabbin Wise qui s’enorgueillissait de la participation des fils et des filles d’Israël au grand mouvement qui avait abouti à la révolution russe ? Il s’agissait de Stephen Samuel Weisz (1874–1949) né à Budapest, fils et petit-fils de rabbins, mais émigré tout enfant aux États-Unis où il américanisa son nom. Il fit des études juives et devint lui aussi rabbin. Ce fut un ardent sioniste. En 1914, il devint le principal lieutenant de Louis Brandeis, chef du mouvement sioniste américain. Avec ses coreligionnaires Louis Brandeis et Felix Frankfurter, tous deux juges à la Cour suprême des Etats-Unis, il a créé en 1918, le Congrès juif américain dont il a été Président de 1922 à 1946. D’après la Jewish Virtual Library, il contribua à influencer le président Woodrow Wilson pour qu’il soutienne la Déclaration Balfour par laquelle le gouvernement de sa Majesté britannique promettait à Lord Rothschild la création d’un Foyer national juif en Palestine. Wise fut président du Congrès juif mondial jusqu’à sa mort en 1949. Il joua un rôle d’éminence grise très important aussi bien sous la présidence de Wilson que sous celle de Franklin D. Roosevelt. C’est donc un homme qui parlait en toute connaissance de cause.

Le rappel des faits accablants que nous venons d’exposer provoque, chez les historiens conformistes ou chez les obsédés de l’anti-complotisme (qui sont souvent les mêmes) deux types de réactions : soit une attitude de dénégation obstinée (type : ce sont des calomnies inventées par les antisémites, ce sont des hypothèses non prouvées et d’ailleurs invraisemblables) soit, quand les faits sont trop évidents, une tentative de justification du type : Jacob Schiff et le Rabbin Wise ont combattu le tsarisme uniquement pour mettre fin aux pogroms qui terrorisaient les populations juives de Russie [52].

Or, le vrai but de Schiff et de ses complices n’était pas là et la réalité est toute autre :

La chute de la Russie blanche, la nation tsariste chrétienne, a été l’œuvre d’un petit groupe minoritaire actif dans les milieux dirigeants, financé par les banquiers internationaux, prenant le contrôle d’une population insouciante. Dans son Plan directeur pour la ruine (Russie), Paul Stevens écrit : « La destruction de la Russie tsariste a été précédée d’une lutte sournoise des banquiers d’Europe occidentale pour accrocher leurs griffes à l’économie russe. Quelles que soient les fautes du régime tsariste, il faut dire qu’il avait répondu fermement au réseau Amsterdam-Francfort-Paris-Londres-Vienne des banquiers internationaux et des dynasties familiales. Au cours des années, alors que les requins internationaux de la finance avaient consolidé leur règne sur l’Europe occidentale, la Russie avait réussi à conserver une grande partie de son indépendance financière. C’était la politique fixe et longue des Romanoffs pour garder jalousement cette autonomie financière. Le Tsar Nicolas Ier avait confirmé cette politique au milieu du siècle en décrétant qu’aucune banque ne pouvait faire des affaires en Russie si elle était gérée de l’extérieur du pays. Cette politique avait été appliquée sévèrement [53]. »

Les bolcheviks avaient aussi d’autres financiers occidentaux. D’après le livre de l’universitaire anglo-américain Antony Cyril Sutton Wall Street et la révolution bolchevique [54], William Boyce Thompson fut l’un des principaux.

William Boyce Thompson (1869-1930) [55], était un ingénieur des mines américain. Avant la première guerre mondiale, il gérait le portefeuille et les opérations boursières pour les intérêts des cuivres Guggenheim. Il avait une faculté extraordinaire pour lever du capital pour des affaires minières à risques, ce qui lui valut rapidement une fortune personnelle et des rôles de direction dans de grandes sociétés américaines de cuivre (on sait que le cuivre est un matériau stratégique indispensable à la fabrication des munitions). Il dirigea le consortium Kennecott, évalué à 200 millions de dollars, qui appartenait aux Guggenheim. Il fonda une société minière : « The Newmont Mining Corporation », ouvrit plusieurs mines dans le Montana et l’Arizona et construisit des fonderies et des chemins de fer. Quand il mourut, sa société, « Newmont », était l’une des trois sociétés minières les plus importantes du monde.

De 1914 à 1919, il fut le premier directeur à temps plein de la banque de la réserve fédérale de New York, la banque la plus importante de tout le système de la réserve fédérale, et il avait été poussé à ce poste par le directeur de la Chase National Bank (future Chase Manhattan Bank) dont il était, avec les Rockefeller, un des principaux actionnaires.

Pendant la Première Guerre mondiale, il accompagna, fin 1917 et début 1918, une mission de la Croix-Rouge en Russie. Voici ce qu’écrit Antony Sutton :

La contribution de Thompson à la cause bolchévique fut enregistrée dans la presse américaine de l’époque. Le Washington Post du 2 Février 1918 contenait les paragraphes suivants :

Il donne un million aux bolcheviks

William B. Thompson qui fut à Pétrograd de Juillet à Novembre dernier, a fait une contribution personnelle d’un million de dollars aux bolchéviques avec pour but de disséminer leur doctrine en Allemagne et en Autriche.

Mr Thompson a eu une opportunité d’étudier les conditions en Russie en tant que chef de mission pour la Croix Rouge américaine, dont les dépenses furent aussi grandement couvertes par ses dons personnels. Il pense que les bolchéviques constituent la plus grande puissance contre le germanisme en Russie et que leur propagande a eu des effets néfastes sur les régimes militaires de l’empire germanique.

Mr Thompson s’élève contre la critique américaine des bolchéviques. Il pense qu’ils ont été mal représentés et il a fait cette contribution personnelle à la cause avec la croyance que cela est de l’argent bien dépensé pour le futur de la Russie aussi bien que pour celui des alliés.

La biographie d’Hermann Hagedorn « Le magnat : William Boyce Thompson et son temps (1869-1930) », reproduit un câble de JP Morgan New York à W.B. Thompson, Croix Rouge américaine, Hôtel Europe, Petrograd. Le câble est estampillé d’une date de réception – 8 Dek 1917 pour 8 Décembre 1917 et indique :

« Second câble reçu. Avons payé National City Bank un million de dollars suivant les instructions – Morgan. »

La succursale de la National City Bank de Petrograd fut exempte du décret de nationalisation des bolchéviques ; en fait, elle fut la seule banque russe ou étrangère qui fut exemptée du décret. Hagedorn dit que ce million de dollars payé sur le compte de la NCB de Thompson fut utilisé « pour des buts politiques » [56].

Plus loin, Antony Sutton ajoute :

Avant de quitter la Russie au début de Décembre 1917, Thompson légua la direction de la mission de la CR américaine en Russie à son assistant Raymond Robins. Celui-ci organisa ensuite les révolutionnaires russes afin qu’ils réalisent le plan de Thompson de divulguer la propagande bolchévique à travers l’Europe [57].

Pourquoi ce financier important de Wall Street, ce directeur de la banque de la réserve fédérale soutenait-il les révolutionnaires bolchéviques ? Sutton répond :

Thompson était un financier, un promoteur et bien qu’il n’ait pas eu auparavant d’intérêt en Russie, il finança personnellement la mission de la Croix Rouge en Russie et utilisa la mission comme un véhicule pour des manœuvres politiques. De la vision d’ensemble de l’affaire, nous pouvons déduire que les motifs de Thompson étaient essentiellement financiers et commerciaux. Spécialement, Thompson était intéressé par le marché russe, et par la façon dont ce marché pouvait-être influencé, détourné et capturé pour une exploitation après la guerre par le ou les consortiums de Wall Street. […] En bref, derrière et sous les aspects militaires, diplomatiques et politiques de la première guerre mondiale, il y avait une autre bataille qui faisait rage, à savoir, une manœuvre pour le pouvoir économique mondial par des dirigeants internationaux qui auront suffisamment de force et d’influence [58].

Lorsqu’en avril 1917, Lénine et Zinoviev, accompagnés de plusieurs socialistes et bolcheviks, étaient arrivés à Petrograd, venant de Suisse après avoir traversé l’Allemagne dans le fameux « wagon plombé », Lénine apportait quarante millions en or fournis par le gouvernement de Berlin. Cette subvention allemande est précisée par un document qui fut publié par le Gouvernement américain : une Note secrète, adressée, le 12 février 1918, par le 3e Bureau aux Commissaires du Peuple [59].

Car, explique Jacques Bordiot [60], depuis le début de la guerre, au moins, les Allemands subventionnaient, eux aussi, les révolutionnaires russes, soit directement par la Reichsbank, soit par l’intermédiaire de Max Warburg, de la banque MM. Warburg & Co., de Hambourg, frère de Paul Warburg, gendre de Loeb, de la Kuhn, Loeb & Co, mais aussi par d’autres financiers internationaux, tel le trafiquant judéo-russe multimillionnaire et franc-maçon Abram Zhivotovsky (1868-1942 ou 43) qui était l’oncle maternel de Trotsky – sa sœur, Anna ayant épousé David Leontievitch Bronstein et étant la mère de Lev Davidovitch Bronstein, dit Trotsky. Zhivotovsky était associé à de nombreux intérêts financiers, en particulier avec la Banque russo-asiatique, la plus grande institution financière de l’Empire russe [61].

Pour avoir une idée, écrit Jacques Bordiot, de l’ampleur des sommes mises à la disposition des révolutionnaires russes par la banque Kuhn, Loeb & Co. : d’une part, Jacob Schiff petit-fils du dirigeant de la banque, a reconnu, dans un article publié le 3 février 1949 par le New York Journal-American, que son grand-père avait versé au total vingt millions de dollars-or ; — d’autre part, entre 1918 et 1922, Lénine aurait remboursé environ 600 millions de roubles-or (de l’ordre de 450 millions de dollars-or) à la banque Kuhn, Loeb & Co.

Mais les révolutionnaires russes reçurent aussi des subsides d’autres financiers internationaux. Outre Olaf Aschberg, de la Nya Banken de Stocholm, le Syndicat Westphalien-Rhénan et le banquier Jivotovsky (ou Givotovsky) et, bien entendu les versements du Gouvernement impérial allemand par la Diskonto Gesellschaff ou par l’agence suisse de la Deutsche Bank, voire même directement par les ambassades et consulats, la preuve est faite que Rockefeller et J.P. Morgan avaient contribué, le dernier pour au moins un million de dollars.

Plus significative encore apparaît l’intervention de la finance britannique qui, dès 1907, avait fourni des avances à Trotsky —il y fait allusion dans son autobiographie. Or, en 1917, ce furent sir George Buchanam et Lord Alfred Milner — le fondateur de la Table Ronde — qui se chargèrent, avec l’accord de leur gouvernement, de collecter et de répartir les importantes subventions du consortium Morgan-Rothschild-Lazard, tous membres de la Table Ronde [62].

Cette mafia politico-financière a donc renversé le tzar puis soutenu la révolution bolchevique de 1917 dans le but d’établir son hégémonie sur cette immense Russie si riche de potentialités à la veille du premier conflit mondial. Cette analyse était également celle de l’excellent écrivain que fut Vladimir Volkoff :

La Russie impériale gênait les Usuriers pour plusieurs raisons, et d’abord elle dépendait d’eux beaucoup moins que les autres pays européens. En 1908, la dette publique était à l’indice 288 par habitant en France ; à 58,7 seulement en Russie. En 1914, 83 % de cette dette étaient remboursés grâce aux chemins de fer d’État. En 1912, la taxation était à l’indice 3,11 en Russie, contre 12,35 en France et 26,75 en Grande-Bretagne. La réserve d’or russe était en 1913 de 1550 millions de roubles, alors que seulement 1494 millions de roubles-papier avaient été émis. A la même époque, le franc français n’était couvert qu’à 50 % environ. Avec tout cela, la croissance de l’économie russe était telle qu’un économiste français disait en 1914 : Vers le milieu du siècle, la Russie dominera l’Europe politiquement, économiquement et financièrement. La production industrielle par habitant augmentait de 3,5 % par an, contre 2,75 % aux États-Unis et seulement 1 % en Grande-Bretagne. Vous voyez que les Usuriers avaient de quoi s’inquiéter. Ajoutez qu’en 1912 le président des États-Unis Taft remarquait que la législation sociale de l’Empire russe était plus proche de la perfection qu’aucune législation d’aucun pays démocratique. Si la preuve était faite qu’un pays attaché à une forme non démocratique de gouvernement, ce que vous appelez, je suppose, une théocratie, était capable de résoudre des problèmes devant lesquels les Usuriers étaient en train de caler, le contrôle qu’ils exercent sur l’économie était condamné.

La suite des événements n’est pas imprévue. On sait généralement que le banquier allemand Warburg a accordé des subsides importants à Lénine. Ce qu’on sait moins, c’est que ce Warburg avait un frère, fondateur du système de la Réserve fédérale américaine, lequel subventionnait aussi les révolutionnaires russes, avec l’aide des banquiers américains Kuhn, Loeb et Schiff. A la même époque Trotsky ne se gênait pas pour avouer qu’il avait reçu un prêt important d’un financier appartenant au Parti libéral britannique.

Résultat : l’Empire russe est mis hors de combat, et l’Union soviétique devient un client de l’Occident [63].

Mais encore une fois, l’argent n’était pas le seul moteur de ces procédés criminels ; il y avait, au-dessus, un projet messianique d’essence religieuse. C’est ce qu’avait très bien vu Pierre Virion à qui nous emprunterons notre conclusion tirée de sa conférence intitulée Les forces occultes dans le monde moderne :

Le communisme soviétique a été l’œuvre de très hautes sociétés secrètes. Est-ce à dire que ce régime politique constitue leur objectif dernier, l’état définitif dans lequel elles abandonneraient le monde, comme si elles bornaient là leur ambition ? Certainement pas. Malgré la menace de le voir se retourner contre elles, elles ne voient en lui qu’un instrument de désorganisation du vieux monde (et de l’Occident en particulier) pour organiser sur ses ruines leur gouvernement mondial. […] En réalité, le but ultime, « ad extra » devrait-on dire, des Hautes Sociétés Secrètes, c’est l’Imperium mundi. Depuis le fameux discours du Chevalier Ramsay qui, s’il n’a pas été prononcé a cependant été écrit, en passant par les déclarations du Convent Maçonnique International de 1847, préparant les révolutions de 1848, puis par L’Alliance démocratique universelle de Mazzini, jusqu’aux toasts si souvent répétés dans leurs banquets : « A la République universelle, fille de la Maçonnerie universelle », ce rêve a toujours hanté les loges maçonniques. En réalité cet Imperium tant recherché consisterait bien moins en une démocratie toute nominale (et à vrai dire chimérique) qu’en un pouvoir collégial occulte unissant de grandes puissances financières aux plus hautes instances initiatiques [64].

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[1]  — Adrien Edouard Demachy (1857-1927) était le fils de Charles Adolphe Demachy, gérant de la banque Demachy, Seillière et Cie, régent de la Banque de France, et de Sophie Zoé Girod de L’Ain. Il fit partie des rédacteurs de la Libre Parole, le journal d’Édouard Drumont. Spécialiste des questions économiques et financières, mais aussi biologiste, Edouard Demachy a publié, outre le tome 2 de l’ouvrage cité (sous-titré : Les Rothschild et la Presse – La branche française. Rapports secrets de la police générale concernant Salomon, Karl et James Rothschild. Les Rothschild contrebandiers. Les Rothschild francs-maçons) : Le Scandale de Panama. Les juifs allemands et le Parlement français. Le rôle de Charles de Lesseps, Paris, 1892 ; Banque de France. Caisses d’épargne. L’or et l’argent. Question sémitique. Albert Savine, Paris, 1896 ; La Société des nations au point de vue scientifique, Montpellier, 1919 ; La Grande question des colonies au Congrès de la paix. Les États-Unis en Extrême-Orient, Montpellier, 1919 ; Notes d’économie sociale. Le Capital et la main-d’œuvre, Montpellier, 1919 ; La Personnalité psychique du président W. Wilson et les conditions de la paix, Montpellier, 1919 ; Le paiement des dommages, 1ère, 2e et 3e notes, Montpellier, 1918 et 1919 ; La Liberté des mers au point de vue scientifique, Montpellier, 1919, ainsi que plusieurs livres de biologie.
[2]  — L’hôtel de Saint-Florentin (dit aussi hôtel de Talleyrand-Périgord) fut achevé en 1769. En 1812, l’hôtel fut acheté par Talleyrand, puis, en 1838, par James de Rothschild qui en fit, selon Heinrich Heine, le «Versailles de la ploutocratie parisienne ». (Note C. L.)
[3]  — Mgr Georges Darboy (1813-1871), archevêque de Paris, est mort fusillé par les Communards à la prison de la Roquette avec quatre autres prêtres, les RP Ducoudray, Allard, Clerc, l’abbé Deguerry, curé de la Madeleine et un magistrat, le président Bonjean. (Note C. L.)
[4]  — Edouard Demachy, Les Rothschild Une famille de financiers juifs au XIXe s. 1ère série, Paris, 1896, p. VII à XI. Le livre fut accueilli dans toute la presse – y compris celle d’extrême gauche – par une véritable conspiration du silence que l’auteur a exposée en détail dans son deuxième volume et qu’il explique ainsi : « Il est absolument évident qu’il y a un mot d’ordre dans le parti socialiste pour ne pas attaquer cette puissante famille de Ploutocrates, et la seule explication plausible en est l’action des loges maçonniques. La Franc-Maçonnerie, qui est l’ordre par excellence des juifs, a été assez habile pour tenir sous sa dépendance tout l’état-major du parti socialiste, sous prétexte d’anticléricalisme, afin de paralyser son action… » (Demachy, Les Rothschild…, 2e série, 1896, p. XII).
[5]  — Sur Louis Bertrand (1866-1941), qui fut de l’Académie Française, on pourra consulter l’excellente biographie de l’abbé Maugendre : La renaissance catholique au début du XXe siècle, t. VI, Louis Bertrand. Beauchesne, Paris, 1971.
[6]  — Louis Bertrand : Le livre de consolation. Fayard, Paris, 1933, p. 64 à 66. C’est un ouvrage admirable qu’il faudrait bien rééditer.
[7]  — Jacques Bainville : La France. Les Îles d’or, éditions Self, Paris, 1947, t. I, p. 17.
[8]  — Garry Wills : Confessions of a conservative. New-York, 1979. Cité par Luc Gaffié : Les idées du conservatisme américain. News Forums, Stillwater (U.S.A.), 1990, p. 12.
[9]  — Pierre Nord : Vols de vautours sur le Congo, Paris, Fayard, 1961, p. 187-188.
[10] — Ludwig von Mises, Le Socialisme – Étude économique et sociologique, Éditions M.-Th. Génin – Librairie de Médicis, Paris, 1938, 3e partie, section 2, chap. 1er.
[11] — http://www.newworldencyclopedia.org/entry/Karl_Kautsky
[12] — Ludwig von Mises, Le Socialisme…., Ibid.
[13] — http://www.wikirouge.net/Centralisation_du_capital.
[14] — Voir la thèse de doctorat d’Alduth Ontrupp, soutenue à la Sorbonne (Paris IV) en 1984 : L’instauration d’un nouvel ordre international chez Béatrice et Sidney Webb. Théorie et stratégie, publiée sous le nom de John Green, La société Fabienne – L’instauration d’un nouvel ordre international chez Béatrice et Sidney Webb, éditions Saint-Rémi, Cadillac, 2015.
[15] — La gauche, qui était au pouvoir depuis 1899 (à la suite de l’affaire Dreyfus), était dominée par le parti radical dont la politique financière se caractérisait par une augmentation considérable des dépenses (le déficit avoué qui était de 60 millions de francs-or en 1902, fut de 200 millions de francs-or en 1909) et la multiplication des monopoles d’État ; le tout devant être alimenté par l’impôt personnel et progressif. Dès 1911, puis encore en 1910 et 1914, les droits de succession furent augmentés (confisquant dans certains cas le tiers de l’héritage), quant à l’impôt sur le revenu, dont le promoteur était Joseph Caillaux, il fut présenté à la chambre dès 1907, et repoussé, puis finalement adopté par la loi du 18 juillet 1914.
[16] — Jacques Bainville : La France. Les Îles d’or, éditions Self, Paris, 1947, t. I, p. 169.
[17] — Op. cit., t. I, p. 165.
[18] — Op. cit., t. II, p. 76 à 78. Rappelons qu’avant que François Mitterrand établisse l’impôt sur le capital, dit impôt sur la fortune, Giscard d’Estaing, qui, lors de son élection en 1974 était considéré comme le rempart de la bourgeoisie contre le socialisme menaçant, avait trouvé le moyen de créer un nouvel impôt : la taxation des plus-values.
[19] — Allusion à l’ouvrage essentiel de Jacques Bordiot : Une main cachée dirige. Le système du mondialisme, Éd. Henry Coston, Paris, 1974, réédité en 1992 par les Éditions du Trident. Sa lecture est indispensable à qui veut comprendre les véritables enjeux de la politique mondiale.
[20] — Voir sur ce sujet Jacques Bordiot : Une main cachée dirige, ainsi que Jean-Baptiste Geffroy, «La Révolution européiste», dans Lecture et Tradition, n° 205-206, mars-avril 1994.
[21] — Le Monde, 11 et 12 avril 1970.
[22] — Piotr Kapitza fut l’un des pères de la bombe atomique russe.
[23] — Et pourtant, il paraissait difficile de croire en 1970, deux ans seulement après l’échec de la révolution gauchiste de 1968, que le socialisme pourrait s’installer durablement en France.
[24] — Spectacle du Monde, n° 98, mai 1970, p. 75.
[25] — Jean Lombard, La face cachée de l’histoire moderne, t. Ier : La montée parallèle du capitalisme et du collectivisme, autoédition, Madrid, 1984, p. XX.
[26] — Cité par le P. de Pascal dans Morale et économie sociale, Paris, Bloud, 1908, p. 15 et 54-55.
[27] — Jacques Bordiot, Le Pouvoir occulte fourrier du Communisme. « Vague rouge sur l’Europe », édit. de Chiré, 1976.
[28] — Jewish Encyclopedia, 1906, art. Hess, Moses (Moritz) par Isidore Singer et Max Schloessinger.
[29] — Sur la Ligue des justes (Bund der Gerechten), ancêtre de la Ligue Communiste, voir Une main cachée dirige, p. 262 et sq.
[30] — Gary North, Marx’s Religion Of Revolution – Regeneration Through Chaos, Institute for Christian Economics, Tyler, Texas, 1989, p. 240.
[31] — « In a letter Hess wrote Berthold Auerbach in October, 1842, he [Hess] told him he had been discussing questions of the day with Engels and that Engels had left him a most enthusiastic Communist. » Boris Nicolaievsky and Otto Maenchen-Helfen, Karl Marx : Man and Fighter, London, Methuen & Co., 1936, p. 91.
[32] — Manuel Joachim De Franca (1808–1865), peintre lusitano-américain, né à Porto, émigré aux USA et mort à St. Louis, Missouri.
[33] — Cité par Jacques Bordiot, Le Pouvoir occulte…, p. 130. Bordiot s’appuie sur le Journal de Laffite qui ne fut découvert et publié qu’au 20e siècle et dont l’authenticité a été contestée par certains. Mais d’une part ce genre de document, gênant pour les tenants de la version officielle et conformiste de l’histoire, est toujours systématiquement contesté, et d’autre part aucune preuve de la fausseté du Journal n’a pu être fournie, en particulier par les techniques de la critique externe. En revanche, de nombreux éléments indiscutables militent en faveur de son authenticité. Voir : Anthony Cyril Sutton, Le Complot de la Réserve Fédérale, 1995, traduit par Pierre Mazé, 2009, p. 61 à 68 (résumé des relations Marx-Laffite), <https://archive.org/details/LeComplotDeLaRserveFFderaleAnthonyCyrilSutton1995TraduitParPierreMaza2009>.

Voir aussi :  Robert L. Schaadt, «The Journal of Jean Laffite : Its History and Controversy», Journal of the Society of Georgia Archivists, Volume 16, Number 1, January 1998, http://digitalcommons.kennesaw.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1126&context=provenance. Il exis­te des preuves indirectes de l’authenticité du document ; voir : Pam Keyes, The Laffite Portrait Proves the Authenticity of the Laffite Journal <http://www.historiaobscura.com/the-laffite-portrait-proves-the-authenticity-of-the-laffite-journal/>. Aya Katz, Was the Journal of Jean Laffite an Original, a Copy or a Forgery? <http://www.historiaobscura.com/was-the-journal-of-jean-laffite-an-original-a-copy-or-a-forgery/>.
[34] — Wickliffe Vennard, The Federal Reserve Hoax-The Age of Deception, Boston, Meador Publ. Co, 1959, réédit. Omni Publications, 1980, p. 116.
[35] — Voir : https://en.wikipedia.org/wiki/Roosevelt_family. https://www.ancestry.com/genealogy /records/jannetje-samuels-thomas_284645. https://www.ancestry.com/genealogy/records/thomas-samuels _32109631. https://www.wikitree.com/wiki/Harnel-1. En hébreu, harn-el, (ˆrh) signifie le chanteur.
[36] — Bruno Riondel, Cet étrange Monsieur Monnet, éditions du Toucan/L’Artilleur, Paris, 2017, note 2 du chap. IV.
[37] — Voir : Joshua R. Greenberg, The Panic of 1837 as an Opportunity for Radical Economic Ideas. 2007, Department of History Bridgewater State College https://fr.scribd.com /document/21994013/The-Panic-of-1837.
[38] — Wickliffe Vennard : The Federal Reserve Hoax…, p. 115-116.
[39] — Voir : Karl Marx, Dispatches for the New York Tribune ; Selected Journalism of Karl Marx, edited by James Ledbetter with a foreword by Francis Wheen. Londres, Penguin Books, 2007.
[40] — American Heritage, avril 1957, vol. 8, no 3 <http://www.americanheritage.com /content/when-karl-marx-worked-horace-greeley>.
[41] — Henry Clay et Daniel Webster étaient des politiciens américains.
[42] — William Harlan Hale, «When Karl Marx Worked For Horace Greeley» in American Heritage, avril 1957, volume 8, numéro 3.
[43] — Il existe une étude très approfondie du rôle de Jacob Schiff comme financier de la révolution russe dans le chapitre Ier de l’ouvrage d’Alexandre Netchvolodow, L’Empereur Nicolas II et les juifs, Etienne Chiron éditeur, Paris, 1924, téléchargeable sur <http://www. balderexlibris.com/index.php?post/2012/07/22/Netchvolodow-A-L-Empereur-Nicolas-II-et-les-Juifs>.
[44] — Jewish Encyclopedia, vol. XI, 1905, p. 96 à 98. Pour la biographie de Schiff, nous avons utilisé principalement la notice de la Jewish Encyclopedia, ainsi que les éléments fournis par Jacques Attali, Un homme d’influence : Sir Sigmund Warburg 1902-1982, Paris, Fayard, 1985.
[45] — Jewish Encyclopedia, vol. XI, 1905, p 98.
[46] — Jacques Attali, Un homme d’influence…, p. 72.
[47] — Il fut notamment l’un des fondateurs de l’American Jewish Committee en 1906.
[48] — « Jacob Schiff, […] depuis les pogromes de 1894 s’efforce d’organiser un blocus financier du Tsar, qu’il appelle ‘‘l’ennemi de l’humanité’’ », Jacques Attali, Un homme d’influence…, p. 96.
[49] — G. Edward Griffin, The Creature from Jekyll Island : A Second Look at the Federal Reserve, p. 263-267. Chapter 13 – « Masquerade In Moscow ».
[50] — John Purroy Mitchel (1879-1918) fut maire de New York entre 1914 et 1917. Sa candidature avait été présentée par « une alliance de Républicains, de juifs et protestants réformistes » (Wikipedia, notice « John Purroy Mitchel »).
[51] — New York Times, 24 Mars 1917, p. 1-2 (traduit par nos soins). L’article est disponible en PDF sur <http://query.nytimes.com/mem/archive-free/pdf?res=9E05E4DB143AE433A25757 C2A9659C946696D6CF>.
[52] — Sur l’histoire des pogroms en Russie, sur leur vraies causes et sur leur ampleur réelle, voir Alexandre Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 1795-1995, tome 1 : Juifs et Russes avant la révolution, Fayard, Paris, 2002.
[53] — Wickliffe Vennard, The Federal Reserve Hoax…, p. 116-117.
[54] — Antony Cyril Sutton, Wall Street and the Bolshevik Revolution, Arlington House Publishers, New Rochelle, 1974. De nombreuses versions numérisées sont disponibles sur Internet, y compris une traduction partielle en français (assez médiocre malheureusement).
[55] — Pour la biographie de Thompson, nous avons suivi l’ouvrage de Sutton.
[56] — Antony C. Sutton, Wall Street and the Bolshevik Revolution, p. 82-83.
[57] — Antony C. Sutton, Wall Street and the Bolshevik Revolution, p. 90.
[58] — Antony C. Sutton, Wall Street and the Bolshevik Revolution, p. 97-98.
[59] — Documents parlementaires des États-Unis, trad. française, éd. Bossard. Cité par P. Virion — Bientôt un Gouvernement mondial ? Éd. St. Michel, Saint-Cénéré, 1967, p. 135-136. Le texte en est reproduit par Jacques Bordiot, Une main cachée dirige, p. 124.
[60] — Jacques Bordiot, Une main cachée dirige, Editions du Trident, 1992, p. 124.
[61] — Une importante étude du rôle de Zhivotovsky figure dans le remarquable ouvrage de l’universitaire américain Richard Brian Spence, professeur d’histoire à l’Université de l’Idaho et spécialisé dans le russe, l’espionnage et l’histoire militaire : Wall Street and the Russian Revolution 1905-1925, Trine Day, 2017.
[62] — Jacques Bordiot, Une main cachée dirige, p. 124.
[63] — Vladimir Volkoff, Le Montage. Julliard – L’Âge d’Homme, 1982, p. 258-259.
[64] — Pierre Virion, Les forces occultes dans le monde moderne, éd. St. Michel, Saint-Cénéré, sd (vers 1966). Réédition Téqui, 2005.

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