Réalité de la transsubstantiation

A ceux qui affirment que la transsubstantiation est une croyance absurde, que la présence réelle de Jésus dans du pain et du vin est impossible, il est possible de répondre par une série d’arguments rationnels et très clairs. Par exemple :

  • Être cartésien signifie être rationnel : or Descartes lui-même était convaincu de la présence réelle du Christ dans l’eucharistie. Il tenta même de l’expliquer à Christine de Suède.
  • Le dogme de la présence réelle dans l’eucharistie n’est nullement arbitraire : il manifeste que tous les hommes de chaque époque sont réellement contemporains de Jésus ; celui-ci n’est pas auprès d’eux symboliquement, mais réellement. De même que l’amour peut être réellement présent entre deux personnes sans qu’il soit matériellement préhensible comme une chose; et cette présence réelle mais invisible conditionne bien davantage la réalité de ces deux êtres… qu’une chaise ou un pot de fleur matériellement présents dans la pièce. Une présence peut donc être réelle sans être directement matérielle, et son efficience incomparablement plus déterminante que la matérialité organique.
  • Avec la transsubstantiation, nous sommes encore en présence de la signature divine depuis le buisson ardent et la virginité de Marie : Dieu se manifeste précisément au monde sans consumer le support physique qu’il investit, car il n’est pas soumis à la règle de la mort et de la dégradation organique. Si Dieu est effectivement Dieu, nous sommes en pleine cohérence : le feu brûle mais ne consume pas les feuilles, la génération de Jésus ne consume pas la virginité de Marie, le corps du Christ ne consume pas les espèces du pain et du vin. Mais si Jésus n’est qu’un homme, la transsubstantiation est rigoureusement impossible.
  • Nos corps humains sont précisément constitués par ce que nous mangeons et buvons, le pain, le vin. Par l’eucharistie, Dieu se manifeste inversement : c’est son corps à Lui qui constitue le pain et le vin, la nourriture de notre vie. Ceci logiquement, puisque Dieu est au principe, à l’origine de toute création.
  • La présence réelle du Christ dans l’hostie est logique pour une autre raison : ce n’est pas seulement le corps de Jésus AVANT sa mort qui se trouve dans le pain et le vin consacrés, mais aussi Son corps ressuscité … car “Jésus-Christ est le Même hier, aujourd’hui, et éternellement (He 13.8)“. Un corps réel, mais déjà au-delà de la mort et des règles physico-chimiques communes.

A l’appui de ces vérités, nous pouvons aussi mentionner le père de l’Eglise Ambroise, ainsi que le grand docteur médiéval Thomas d’Aquin:

« Tu dis peut-être: c’est mon pain ordinaire. Mais ce pain est du pain avant les paroles sacramentelles: dès que survient la consécration, le pain se change en la chair du Christ. Prouvons donc ceci… Par quels mots se fait donc la consécration et de qui sont ces paroles? Du seigneur Jésus. (…) Dès qu’on en vient à produire le vénérable sacrement, le prêtre ne se sert plus de ses propres paroles, mais il se sert des paroles du Christ. C’est donc la parole du Christ qui produit ce sacrement.(…) Quelle est cette parole du Christ? Eh bien, c’est celle par laquelle tout a été fait. Le seigneur a ordonné, la terre a été faite… Le seigneur a ordonné, toute créature a été engendrée. Tu vois donc comme est efficace la parole du Christ. (…) Si donc il y a dans la parole du Seigneur Jésus une si grande force que ce qui n’était pas commençait à être, combien est-elle plus efficace pour faire que ce qui était existe et soit changé en autre chose… La parole du Christ change, quand il le veut, les lois de la nature.»  (Saint Ambroise, cité dans Margerie, Introduction à l’histoire de l’exégèse, t.2, p127-128)

« Or le pouvoir divin peut produire les effets de toutes les causes secondes sans ces causes secondes elles-mêmes: il a pu par exemple former un homme sans semence, et guérir une fièvre sans intervention de la nature. (…) Et c’est de cette manière que, dans le sacrement dont nous parlons, l’accident est conservé dans l’être une fois disparue la substance qui le conservait. » (Saint Thomas d’Aquin, Somme contre les gentils, IV-65)

Il y a quatre conditions pour la validité du sacrement de l’Eucharistie :

1. la matière,
2. la forme,
3. le prêtre validement ordonné.
4. l’expression de « l’intention ».

Pour que l’intention de faire ce que fait l’Eglise soit respectée, il suffit que le rite soit correctement utilisé. En effet, l’intention de l’Eglise se manifeste par l’usage du rite lui-même. Et du moment que le ministre ne manifeste pas extérieurement une intention contraire, le sacrement doit être présumé valide.
Léon XIII : « De l’intention, en tant que, par soi, elle est quelque chose d’intérieur, l’Eglise ne juge pas. Mais en tant qu’elle se manifeste extérieurement, elle doit en juger. Lorsque donc quelqu’un a employé sérieusement et régulièrement la matière et la forme exigées pour produire et conférer le sacrement, du fait même il est considéré avoir eu l’intention de faire certainement ce que l’Eglise fait. » (Apostolicae curae, 13 septembre 1896)

Le ministre (de l’Eglise) doit avoir l’intention (de l’Eglise). Et c’est le rite (de l’Eglise) qui spécifie l’intention (de l’Eglise). La garantie de la validité des sacrements réside dans l’utilisation du rite de l’Église (réalité objective) qui assure (sauf simulation) la réalité du sacrement et de son effet. Même si le ministre est dans l’erreur quant à la nature ou à l’effet du sacrement, même s’il est ignorant, incroyant, etc.
L’exemple du baptême est parlant : même un infidèle qui ne croit pas baptise validement, pourvu qu’il ait l’intention de faire ce que fait l’Eglise en utilisant le rite du baptême.

Tout en croyant fermement en la transsubstantiation, si on modifie substantiellement le rite, on n’obtiendra pas cet effet car cette modification porte atteinte à l’intention de faire ce que fait l’Eglise.

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De Benoît XVI :

La manière dont nous traitons l’Eucharistie ne peut que provoquer de la préoccupation. Le concile Vatican II été à juste titre centré sur la volonté de remettre ce sacrement de la présence du Corps et du Sang du Christ, de la présence de sa Personne, de sa Passion, de sa Mort et de sa Résurrection, au centre de la vie chrétienne et de l’existence même de l’Eglise. En partie, cela a effectivement été réalisé, et nous devons en être reconnaissants au Seigneur du fond du cœur.

Et pourtant, c’est une attitude assez différente qui prévaut. Ce qui prédomine n’est pas une nouvelle révérence envers la présence de la mort et de la résurrection du Christ, mais une manière de Le traiter qui détruit la grandeur du mystère. Le déclin de la participation à la célébration dominicale de l’Eucharistie montre combien nous autres chrétiens d’aujourd’hui sommes devenus peu capables d’apprécier la grandeur du don que constitue sa Présence Réelle. L’Eucharistie a été dévaluée pour devenir un simple geste cérémoniel, lorsqu’on prend pour acquis que la courtoisie exige qu’elle soit offerte lors des célébrations familiales ou des occasions comme les mariages et les enterrements à tous les invités, pour des raisons familiales.

La manière dont les personnes présentes reçoivent facilement en maints endroits le Saint-Sacrement; comme si cela allait de soi, montre que beaucoup ne voient plus dans la communion qu’un geste purement cérémoniel. Donc, lorsque nous pensons à l’action qui serait nécessaire avant tout, il devient évident que nous n’avons pas besoin d’une nouvelle Eglise de notre invention. Au contraire, ce qui faut d’abord et avant tout, c’est bien davantage le renouveau de la foi en la présence de Jésus-Christ qui nous est donné dans le Saint-Sacrement. (Source)”

Un petit panoramique de la dévotion au Saint-Sacrement… qui montre qu’elle n’est pas allé en augmentant ces dernières années !

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LA MESSE BÂCLÉE (IIe partie) Écrit par Saint Alphonse-Marie de Liguori

COMMENT LE MANQUE D’OBSERVANCE DES RUBRIQUES SCANDALISE 

Ces cérémonies, lorsqu’elles sont exécutées avec négligence et précipitation, loin d’inspirer, font perdre aux laïcs toute vénération pour un mystère si saint. Les messes célébrées avec peu de respect incitent le peuple à négliger le Très Saint Sacrement. Comme le dit Pierre de Blois : « Le désordre et l’indiscipline des nombreux prêtres désordonnés conduisent aujourd’hui à mépriser le vénérable Sacrement de notre rédemption. »

C’est pourquoi le Concile de Tours, tenu en l’an 1583, ordonna que les prêtres soient bien formés aux cérémonies de la messe, en donnant cette raison notable : « De peur qu’ils ne détournent le peuple, auquel ils sont confiés, de la dévotion, au lieu de l’amener à la vénération des mystères. »

Comment alors les prêtres, par des célébrations aussi indévotes, espèrent-ils obtenir le pardon de leurs péchés et les grâces de Dieu, s’ils offensent ce dernier au moment même de lui offrir le sacrifice, causant plus de déshonneur que d’honneur ?

« Par la célébration du sacrifice, dit le pape Saint Jules, les péchés sont effacés ; mais que pourra-t-on offrir au Seigneur en expiation des péchés commis jusqu’au moment même de l’offrande du sacrifice ? »

Offenserait Dieu le prêtre qui ne croirait pas au sacrement de l’Eucharistie, mais l’offense encore plus celui qui, croyant en lui, ne lui rend pas le respect dû, causant ainsi chez ceux qui le voient célébrer avec si peu de révérence la perte du respect qu’ils conserveraient autrement.

Les Juifs respectèrent Jésus-Christ au début de sa prédication, mais lorsqu’ils virent comment les prêtres le méprisaient, ils perdirent la bonne opinion qu’ils avaient de lui et finirent par crier avec les prêtres eux-mêmes : « Ôte-le ! Ôte-le ! Crucifie-le ! »

De la même manière aujourd’hui, les laïcs, voyant le mépris et la légèreté avec lesquels les prêtres célèbrent la messe, en perdent le respect et la vénération.