Consacrés par la Vérité ! Homélie pour le Septième dimanche de Pâques (B)


(Ac 1.15-17,20a,c,20c-26 ; Ps 102 ; 1Jn 4.11-16 ; Jn 17.11b-19)

Loué soit Jésus-Christ !

Pour eux Je Me consacre Moi-même afin qu’ils soient consacrés par La Vérité. » Qu’est-ce que cela veut dire, sinon que Jésus, qui est La vérité, achève ce qu’Il avait commencé en S’incarnant ? C’est-à-dire : assumer jusqu’à la mort l’humanité pour que tous ceux qui s’unissent à Lui, puissent, par Lui, avec Lui et en Lui, glorifier Dieu, qui est Amour ?

Désormais, tout homme uni au Christ pourra bénéficier de ce creuset qu’est la mort et la résurrection, en lequel Jésus est passé en premier de cordée, pour être transformé en une « hostie vivante, sainte, agréable à Dieu (Rm 12.1) ». Tout ce qui n’est pas donné à Dieu est perdu, mais tout ce qui est offert à Dieu « par Jésus, avec Jésus et en Jésus », est lavé dans Son sang, sanctifié, divinisé ! Les chrétiens deviennent membres du Corps du Christ par le baptême ― et nous pensons aux enfants qui vont le devenir à l’issue de cette messe ―, mais  grâce à leur communion eucharistique reçue en vérité (Jn 6.53 ; 1 Co 11.32), ils s’unissant à Lui avant qu’Il meure (« Ceci est Mon sang qui VA être versé »), pour mourir d’amour avec Lui, par Lui et en Lui, et consommer ainsi dans la perfection leur union au Christ. Morts à eux-mêmes, ils peuvent dire alors avec saint Paul : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. (Ga 2.19-20) ». C’est ainsi que quittant la célébration, ils continuent jusqu’à leur mort à s’offrir « à Dieu comme des vivants revenus de la mort, faisant de leurs membres des armes de justice au service de Dieu (Rm 6.13) », du salut et de la sanctification de leur prochain. « Mes bien-aimés, puisque Dieu nous a tant aimés, nous devons nous aimer les uns les autres (1 Jn 4.11) ». « Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu : c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre. (Rm 12.1) » 

 width=Ce souci de la consécration des chrétiens à Dieu, qui est Vérité, et pour laquelle Jésus a prié, a conduit le pape Jean-Paul II à écrire la magnifique encyclique Veritatis splendor, La splendeur de la vérité. Le Pape y dénonçait « dans la communauté chrétienne, la diffusion de nombreux doutes et de nombreuses objections (…) au sujet des enseignements moraux de l’Église ». Cela parce que des « courants de pensée en viennent à séparer la liberté humaine de sa relation nécessaire et constitutive à la vérité. Ainsi, on repousse la doctrine traditionnelle de la loi naturelle, de l’universalité et de la validité permanente de ses préceptes ; certains enseignements moraux de l’Église sont purement et simplement déclarés inacceptables ; on estime que le Magistère lui-même ne peut intervenir en matière morale que pour « exhorter les consciences » et « proposer les valeurs », dont chacun ensuite s’inspirera de manière autonome ». On croirait entendre une critique du discours d’Emmanuel Macron aux Bernardins… Aujourd’hui, c’est dans toute l’Église que l’on doute que les commandements de Dieu, inscrits dans le cœur de l’homme et dans l’Alliance, ont réellement la capacité d’éclairer les choix quotidiens de chaque personne et des sociétés… C’est ainsi, par exemple, que même des prélats souhaitent, en fidélité, disent-ils, à l’enseignement du Pape François, que l’Eglise donne la communion à des personnes non-catholiques, ou bénisse la fornication homosexuelle… Se souvenant de ce qui arriva à Sodome et Gomorrhe,  certains catholiques, à l’issue d’un colloque tenu à Rome le 7 avril dernier, ont publié une Déclaration dans laquelle nous lisons : “En raison des interprétations contradictoires de l’exhortation apostolique Amoris lætitia, la confusion et le désarroi vont croissant parmi les fidèles du monde entier. (…) C’est pourquoi, nous témoignons et confessons selon l’authentique tradition de l’Église que : 1) Le mariage ratifié et consommé entre deux baptisés ne peut être dissous que par la mort. 2) Ainsi, les chrétiens qui, unis par un mariage valide, s’unissent à une autre personne alors que leur conjoint est encore en vie, commettent le grave péché d’adultère. 3) Nous sommes convaincus qu’il existe des commandements moraux absolus, qui obligent toujours et sans exception. 4) Nous sommes également convaincus qu’aucun jugement subjectif de conscience ne peut rendre bonne et licite une action intrinsèquement mauvaise. 5) Nous sommes convaincus que le jugement sur la possibilité d’administrer ou non l’absolution sacramentelle ne repose pas sur la question de l’imputabilité du péché commis, mais sur le propos du pénitent d’abandonner un mode de vie contraire au commandement divin. 6) Nous sommes enfin convaincus que les divorcés « remariés » civilement, qui ne sont pas disposés à vivre dans la continence, se trouvant dans une situation objectivement opposée à la loi de Dieu, ne peuvent donc accéder à la communion eucharistique. Notre Seigneur Jésus-Christ a dit : « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, vous connaîtrez la Vérité et la Vérité vous libérera (Jn 8.31-32) ». Voilà un bel exemple d’amour de la Vérité. Garder la saine doctrine sanctifie l’âme, tandis que la mépriser conduit en Enfer. Une preuve de l’importance de la doctrine est le fait que Jésus ajoute ici : « Ta parole est vérité ». De même qu’Il dira à Pilate : « Je ne suis né et Je ne suis venu en ce monde que pour ceci : rendre témoignage à la Vérité. Quiconque est de la Vérité écoute Ma voix (Jn 18.37) ». Il ne dit pas :  « Je suis venu rendre témoignage au vivre ensemble », mais « à la Vérité »

La première lecture nous a montré le premier Pape cherchant à reconstituer le Collège apostolique en choisissant, pour remplacer Judas, non pas un théologien, ni un homme influent, mais un témoin, un témoin de la vie et de la mort de Jésus ressuscité. Les Apôtres n’avaient donc pas l’intention d’inventer une histoire, un mythe, à l’instar des fondateurs de sectes et autres pseudo-religions, mais de témoigner de la Vérité. 

 width=Aussi saint Jean écrit-il : « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie ; – car la Vie s’est manifestée : nous l’avons vue, nous en rendons témoignage et nous vous annonçons cette Vie éternelle, qui était tournée vers le Père et qui nous est apparue (1 Jn 1.1-3) ». Or, ce témoignage nous révèle aujourd’hui le sort de Judas. Mais voilà que le délitement de la fidélité à la Vérité constaté dans la vie morale fait aussi son œuvre dans la vie théologale, de sorte que beaucoup de chrétiens, depuis la moitié du XXe siècle, ne croient plus que Judas est damné. Tous les Pères et docteurs de l’Église, ainsi que je le rappelle dans mon dernier livre « Judas est-il en Enfer ? », ont cru que Judas était damné. Mais aujourd’hui presque plus personne ne le croit… Serait-ce un signe du Retour de Jésus, lorsqu’Il ne trouvera peut-être pas même une âme ayant encore la foi (Lc 18.8) ? Trompés par cette fausse charité qui envahit tout, rembourse le meurtre des enfants à naître, bientôt celui des vieillards et des handicapés, accueille l’islam, célèbre la perversion sexuelle, et se glorifie de tant d’autres abominations, les chrétiens s’imaginent charitables de nier la damnation de Judas, et de renier ainsi la Parole du Christ qui l’appelle « le fils de perdition », lui qu’il eût mieux valu qu’il ne naquît pas (Mt 26.24)… Pourquoi Jésus a-t-Il voulu nous révéler la damnation de Judas, sinon pour en faire le verrou qui empêche de passer de l’espérance du salut du plus grand nombre possible d’âmes à la croyance en un enfer peut-être vide, comme si tous les hommes mourraient en état de grâce ! Pensez donc : si même Judas n’est pas damné, qui le sera ! C’est ainsi que plus rien n’a réellement d’importance : de toute façon, on ira tous au Paradis ! Dès lors, pourquoi cesser de pécher ? Et pourquoi évangéliser ? Que vous ne soyez pas catholique, quelle importance ? Dieu vous aime et c’est l’essentiel ! Mais pourquoi Jésus a-t-Il rappelé que nul ne connaît le jour ni l’heure de sa mort, et commandé en conséquence de demeurer vigilant (Mc 13.33,35,37 ; Lc 21.36) ? Pourquoi saint Paul a-t-il enjoint de faire son salut avec crainte et tremblements (Ph 2.12) ? Qui veut encore faire son salut ? Et pourquoi faudrait-il le faire avec crainte et tremblements ?  width=En ce mois de mai où nous honorons la Vierge Marie, comment oublier qu’elle est venue à Fatima y montrer « l’Enfer où vont les pauvres pécheurs parce qu’il n’y a personne qui prie et se sacrifie pour eux » ? Pourquoi l’a-t-elle fait, sinon parce qu’elle savait que le rappel de ce dogme allait nous être nécessaire ? Et ce d’autant plus que nous nous trouvons face aux musulmans qui eux, en fin de compte, sont musulmans parce qu’ils ne veulent pas aller en Enfer ! 

Bref, si le monde a de la haine contre ceux qui gardent la parole de Jésus, préparons-nous à souffrir, comme nous y invitait Benoît XVI lorsqu’il disait : « L’action de l’Église n’est crédible et efficace que si ceux qui en font partie sont disposés à payer de leur personne leur fidélité au Christ, dans chaque situation. Là où cette disponibilité fait défaut, manque l’argument décisif de la Vérité dont dépend l’Église elle-même (Homélie, Saint-Paul-Hors-les-murs, 28 juin 2007). Et il ajoutait : « Dans un monde où le mensonge est puissant, la Vérité se paye par la souffrance. Celui qui veut éviter la souffrance, la garder loin de lui, garde loin de lui la vie elle-même et sa grandeur ; il ne peut pas être un serviteur de la Vérité et donc un serviteur de la Foi. Il n’y a pas d’amour sans souffrance — sans la souffrance du renoncement à soi-même, de la transformation et de la purification du moi pour la véritable liberté. Là où il n’y a rien qui vaille la peine de souffrir, la vie elle-même perd sa valeur (28 juin 2008).

Que Dieu ait encore pitié de nous ! Amen !

 

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