4e Dimanche du Carême,
forme extraordinaire : Galates 4.22-31 ; Jean 6.1-15
Après ce grand miracle de la multiplication des pains, Jésus S’enfuit sur la montagne, pour y être seul, comme déjà Il S’était retiré, seul, au désert durant quarante jours pour S’y préparer à Sa vie publique, par Sa victoire sur le Démon … Le Démon Lui avait alors offert, s’Il l’adorait, tous les royaumes de la terre, parce qu’ils lui appartiennent – comme la mise en ligne des courriels de Jeffrey Epstein le montre bien – et voilà qu’à nouveau, ici, le Démon propose au Christ, par l’enthousiasme des Juifs, de devenir leur roi … ce qu’Il est, comme l’écriteau de sa condamnation en croix l’a exposé. En attendant, Son Royaume étant celui de Dieu, ne peut être confondu avec celui des hommes, fussent-ils Juifs, eux qui ne l’ont toujours pas compris, et qui, à cause de cela, s’apprêtent à déclencher l’Apocalypse. Le Royaume de Dieu s’établit dans le cœur, l’esprit, l’âme, la vie de qui croit à l’Amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ, de sorte que sa vie change, et que de proche en proche, s’étend, à son contact, cette nouvelle façon de voir la réalité, d’en connaître la raison, et de pouvoir enfin adorer Dieu en esprit et en vérité. Joie du Ciel sur la terre ! Que nous donne l’Eucharistie !
La divine Providence, qui savait que je venais cette après-midi vous parler de l’islam, me donne, par la première lecture, de vous en dire dès maintenant un mot à partir de la mention des deux fils d’Abraham que sont Ismaël et Isaac.
Voici donc qu’Abraham ayant atteint l’âge de cent ans (Gn 21.5), et sa femme Sarah, stérile (Gn 11.30), celui de quatre-vingt-dix ans, leur espoir de survie était désespéré. Car à l’époque, la foi en la Résurrection n’existait pas encore, aussi la victoire sur la mort consistait-elle à se perpétuer par la génération. C’est pourquoi la promesse que leur fit Dieu d’une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et les grains de sable au bord de la mer (Gn 12.2 ; 15.5 ; 17.4 ; 22.17 ; 26.4), leur parut-elle aussi merveilleuse que naturellement incroyable … de sorte qu’Abraham, qui crut à cette promesse, permit non seulement qu’elle se réalisât, mais acquit aux yeux de Dieu le mérite de la Foi (Gn 15.6), qui fit de lui le « père des croyants (Gn 17.5) ». Mais avant cela, comme le temps passait — et pressait —, parce que Sarah ne tombait toujours pas enceinte, celle-ci crut bien faire que d’inviter son mari à se donner une postérité avec leur esclave Agar … Et c’est ainsi qu’Ismaël fut conçu, non de l’union d’Abraham et de Sarah, mais de leur doute au sujet de la promesse divine (Gn 12.2 ; 15.2-6 ; 16.2) … Et oui, l’histoire se passe bien en ce monde pécheur depuis la chute d’Adam et Eve … Et même si l’union avec son esclave était acceptée à l’époque, Ismaël n’a donc pas été conçu dans la sainteté du mariage monogame, seul donné par Dieu à l’origine de l’humanité (Gn 16.2 ; Mt 19.1-9). Il représente en cela la descendance charnelle d’Abraham, marquée par le péché. Mais voilà que Dieu, qui tient toujours parole, donna à Sarah d’être enceinte, d’Isaac (Gn 21.1-3). La conception miraculeuse d’Isaac inaugurait donc la descendance promise à Abraham. Or, si Isaac et Ismaël partageaient la même humanité, pécheresse, privée de la vie éternelle, la conception miraculeuse d’Isaac ne l’empêcherait pas d’être lui-aussi pécheur, ainsi que le peuple hébreu qui allait naître de lui et continuerait à se perpétuer selon la chair. Sa conception extraordinaire annonçait cependant la conception d’une descendance vraiment miraculeuse, divine, celle du Christ (Lc 1.26-38), et en elle, celle des chrétiens, qui ne naissent pas, eux non plus, de la chair et du sang (Jn 1.13), mais de l’eau et de l’Esprit-Saint (Jn 3.5-8), et vivent ainsi de la vie même de Dieu fait homme, en sorte qu’ils sont la vraie descendance d’Abraham. C’est ce qui fut annoncé à Abraham et qui l’a réjoui (Gn 18.18 ; Jn 8.56 ; Ga 4.21-31). Toutes les nations allaient être bénies en partageant toutes la foi d’Abraham, qui transcende toute limitation humaine, en sorte que tous ses enfants font tous partie de la même Église, catholique, c’est-à-dire universelle (Gn 22.18), aussi nombreux que les grains de sable au bord de la mer, et que les étoiles dans le ciel.
Aussi, lorsque pour s’arroger la légitimité et l’autorité de la Révélation divine, l’islam prétend que la promesse faite à Abraham ne concernait pas Isaac, mais Ismaël, il ne se rend pas compte que sa rivalité mimétique avec le judaïsme le prive de l’héritage des vrais enfants d’Abraham, qui le sont non par conception charnelle (Jn 1.12-13 ; 3.5), comme le montrent les Juifs qui, tout en étant généalogiquement descendants d’Isaac, rejettent pourtant la vie éternelle donnée par la communion au Christ Jésus, seul mort pour expier nos péchés, et seul ressuscité pour nous ouvrir les portes de la vie éternelle. La vraie descendance est issue de la foi et non de la fécondité naturelle du couple de Sarah et d’Abraham, laquelle était précisément nulle … C’est pour cela que l’islam, représenté par Ismaël, est rayé de la descendance d’Abraham, et par Allah lui-même (Coran 6.84 ; 19.49), en écho à l’Écriture Sainte disant : « Chasse l’esclave et son fils, car le fils de l’esclave ne saurait hériter avec le fils de la femme libre. (Gn 21.10 ; Ga 4.30) » Le destin de l’islam, est donc celui des perdants, des vaincus (Jg 8.24 ; Ps 83.2,6), des damnés (Mt 13.24-43 ; Jn 16.2). C’est pourquoi encore Dieu ne reconnaissait point d’autre fils à Abraham qu’Isaac : « Prends ton fils, ton unique, que tu chéris, Isaac. (Gn 22.2,12,16 ; Jos 24.3-4) » et que « le salut vient des Juifs (Jn 4.22) », comme l’a affirmé Jésus. Dès lors, comment l’islam voulant s’identifier au peuple arabe comme le judaïsme prétend s’identifier à la descendance d’Isaac, peut-il prétendre succéder à Moïse, à David, aux Prophètes, à Jésus (Coran 4.163 ; 61.6 ; 27.167-171), tous descendants de la lignée d’Isaac, alors que lui-même se trouve séparé de cette généalogie par sa descendance, revendiquée, d’Ismaël ? Sans compter que le père d’Abraham était chaldéen (Gn 11.28,31) et sa mère égyptienne (Gn 16.1), et donc n’étaient pas arabes, comme des Ismaélites existaient bien avant la naissance d’Ismaël, loin de la péninsule arabique (Gn 37.25 ; Jg 8.24 ; Ps 83.6), et que les Ismaélites ou Ismaéliens se rattachent au 6ème imam chiite, Ja’far al-Sadiq (702-765) … Pourquoi les noms d’Abraham, d’Ismaël ou d’Agar n’ont-ils jamais été portés par les Arabes avant la venue de l’islam, sinon parce que leur ascendance en Abraham a été construite par l’islam ? En effet, « II n’existe aucune trace de l’utilisation de ces noms bibliques avant l’islam dans l’onomastique. Par voie de conséquence, on peut en déduire que la société arabe n’avait, avant la prédication islamique, aucune conscience d’un rattachement quelconque à Abraham par Ismaël, relève René Dagorn. (La geste d’Ismaël d’après l’onomastique et la tradition arabes, Genève, Droz, 1981, p.44 & 49) » Le Coran n’établit pas l’ascendance des Arabes en Ismaël ; ce sont les Sira qui l’ont fait, quelques deux cents ans après la date présumée de la mort de Mahomet. Mais quand bien même les Arabes seraient-ils descendants d’Ismaël, que cette filiation devrait les embarrasser, car si le judaïsme se contente d’être de la descendance charnelle d’Abraham (oubliant au passage que ni l’ascendance de Moïse (Ex 2.22) ni celle de David (Rt 1+) ne sont juives), l’islam ne peut que voir sa prétention à l’universalité être contredite par cette identification à une race … Cette généalogie pointe en fait une origine non arabe de l’islam, mais judaïque.
Les musulmans prétendent encore trouver l’annonce de l’islam dans la promesse que Dieu a faite à Ismaël d’être « une grande nation (Gn 21.18) ». Or, cette promesse était d’ordre purement temporel. Elle relève de la générosité de Dieu qui, ayant comblé l’espérance d’Abraham par une descendance miraculeuse, héritière de la vie éternelle, lui donne aussi des biens naturels par surcroît, comme Il le fait pour tous ceux qui cherchent le Royaume des Cieux et Sa justice (Mt 6.33). Mais vouloir être « une grande nation » ici-bas, qu’est-ce d’autre, sinon partager l’ambition des potentats et malfrats de ce monde ? Jésus dit explicitement à Pilate : « Mon royaume n’est pas de ce monde (Jn 18.36) », montrant par là qu’Il n’est pas venu donner des biens de ce monde. Mais l’islam, lui, assimile richesses terrestres et bénédictions divines (Coran 2.191 ; 4.89,91 ; 8.39 ; 6.45 ; 9.5,30,33,36,73,111,123 ; 33.60-62 ; 47.4 ; 66.9), aussi ces mots de saint Jacques leur sont-ils tout spécialement adressés : « Si vous avez au cœur une amère jalousie et un esprit de chicane [Cf. Coran 2.193 ; 9.28-31 ; 60.4], ne vous vantez pas, ne mentez pas contre la vérité. Pareille sagesse ne vient pas de Dieu : elle est terrestre, animale, démoniaque. Car, où il y a jalousie et chicane, il y a désordre et toutes sortes de mauvaises actions. Tandis que la sagesse d’en haut est tout d’abord pure, puis pacifique, indulgente, bienveillante, pleine de pitié et de bons fruits, sans partialité, sans hypocrisie. Un fruit de justice est semé dans la paix pour ceux qui produisent la paix. (Jc 3.14-18) »
Bref, à quoi cela sert-il, disait encore Jésus, de gagner même le monde entier, si c’est au prix de son âme ? (Lc 9.25) En disant cela, Jésus ne disait pas qu’il ne nous faut pas gagner le monde entier à Son cœur — puisqu’Il nous demande de prier pour que le Règne de Dieu vienne, et que Sa volonté soit faite sur terre comme au Ciel —, mais ce qu’Il ne veut pas, jusqu’à préférer fuir et être crucifié, c’est régner sur un peuple d’abrutis, ne Lui demandant que du pain et des jeux, à qui Dieu et Sa justice ne suffisent pas. « Chassons donc l’esclave et son fils, car le fils de l’esclave ne saurait hériter avec celui de la femme libre. (Ga 4.30) » Et tenons bon dans notre fidélité à la Parole de Dieu, sans nous remettre sous le joug de l’esclavage de la chair et du sang, comme tous les antichrists le veulent ! C’est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés !


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