Le Coran est pour les musulmans le miracle qui prouve l’origine divine de l’islam, un texte tel que : «Si les hommes et les Anges s’unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne produiraient rien qui lui ressemble, même s’ils s’aidaient mutuellement.» (17.88).

Et pour donner aux musulmans la preuve de l’origine divine du Coran, Allah met au défi les non-musulmans de produire un texte semblable: «Diront-ils : ‘C’est Mahomet qui a forgé cela.’ ? Dis-leur : ‘Apportez donc dix sourates forgées par vous et semblables à ceci !’ (…) ‘S’ils ne vous répondent pas, alors sachez qu’en vérité le Coran est descendu du ciel avec la Science de Dieu.» (11.13-14). Allah est si sûr de pouvoir donner aux musulmans la preuve de l’origine divine du Coran dans le fait qu’il serait inimitable, qu’il lance à maintes reprises le défi de présenter un texte semblable, ainsi en 2.23 ; 10.38 ; 52.34. Il faut bien comprendre que toute la légitimité de l’islam repose donc sur cette preuve de l’origine divine
du Coran, qui est, pour les musulmans, la Parole de Dieu faite livre, à l’instar du Christ, qui est la Parole de Dieu faite Homme…

Or, si nous réfléchissons un instant à cette preuve présentée par Allah, nous devons constater qu’elle n’en est pas une. Pourquoi ? Pour trois raisons.

La première raison est qu’un texte littéraire est nécessairement inimitable en soi du fait qu’il est toujours l’œuvre d’un auteur singulier… ayant une sensibilité, une culture, et des dons naturels propres. Deux génies ne se ressemblent pas, et toute imitation de leur œuvre ne peut être qu’un plagiat. C’est pourquoi on ne saurait établir une hiérarchie entre eux sans faire appel à l’arbitraire de la subjectivité.

De ceci découle la deuxième raison, qui est qu’Allah se garde bien de donner les critères permettant de juger si une œuvre est semblable ou non au Coran… Cela ne servirait donc à rien de présenter une œuvre susceptible de rivaliser avec la qualité littéraire ou spirituelle du Coran puisqu’il n’y aurait pas les moyens de juger de sa ressemblance présumée. En effet, s’il n’y a pas de critères, autrement dit de règle, le jugement ne peut être prononcé.

La troisième raison est que si les règles du jugement ne sont pas données, le juge n’est pas non plus désigné… Sachant que ce juge ne saurait être un musulman, puisque l’on ne peut être à la fois juge et partie, quel juge les musulmans sont-ils prêts à accepter pour déterminer si le défi lancé par Allah aura été ou non relevé ?

Si donc Allah lance un défi sans donner les moyens de le relever, qu’est-ce à dire, sinon que l’islam repose sur un bluff, derrière lequel les musulmans se rassurent donc à bon compte, une apparence de vérité, bonne seulement à perdre ceux qui se laissent impressionner ?

Finalement, en lançant un défi qui n’a ni sens, ni règle, ni juge, pour être validé, que reste-il de la fameuse preuve et de toute la légitimité de l’islam bâtie dessus ?