Conférence de Frère Pierre-Marie, o.p., donnée lors du Forum Jésus-le-Messie, à Paris, le 4 Octobre 2025.
La distinction est le premier principe de la logique, le remède premier contre la confusion, la condition sine qua non pour disposer d’une pensée claire et d’un raisonnement valide. Ainsi faut-il distinguer :
I. Vérités naturelles et vérités surnaturelles. Les vérités naturelles sont celles auxquelles l’intelligence humaine peut parvenir par ses propres forces, en remontant des effets aux causes, par exemple : de l’existence du monde à celle de Dieu (Cf. Rm 1.20). Les vérités surnaturelles sont celles auxquelles l’intelligence humaine ne peut pas parvenir par ses propres forces, mais seulement en accueillant avec confiance, avec foi, ce que Dieu, qui ne peut ni Se tromper ni nous tromper, nous révèle de ce qu’Il est seul à connaître, comme Sa vie intime, faite de connaissance et d’amour, le projet de la Création, celui de notre salut, etc. « Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. (Mt 11.27 ; Ep 3.9) »
II. Le mystère de la Sainte Trinité de celui de l’Incarnation, l’un est éternel, l’autre est temporel, accidentel. Jésus est éternel en Sa nature divine de Parole de Dieu, non en Sa nature humaine reçue de la Vierge Marie.
III. Les notions de nature et de personne. Il y a en Dieu une nature divine et trois personnes divines, et en Jésus une personne divine et deux natures, divine et humaine (Jn 10.3,7).
IV. Absolu et relatif. L’essence divine est absolue (unicité), les relations subsistantes que sont les personnes divines, sont relatives (entre elles).
V. Don naturel et don surnaturel. Le péché originel n’a pas fait perdre les dons naturels, mais bien le don surnaturel de l’amitié avec Dieu.
VI. La dette de peine et la dette d’amour. Par le péché, l’homme se détourne de Dieu pour se tourner vers la créature. Il doit donc détournant de la créature (dette de peine) pour se retourner vers Dieu (dette d’amour).
VII. La Rédemption n’est pas l’injuste punition par Dieu d’un seul au profit de tous, mais la libre acceptation, par Jésus, de la peine du péché, en témoignage d’amour et de solidarité avec nous, et offerte en réparation de nos fautes (Jn 10.17).
VIII. Victime et prêtre. Jésus n’est pas seulement la victime lors de la Passion, mais Il en est aussi le prêtre, car Il S’offre librement, ce qu’Il manifeste de façon évidente par l’institution de la Messe : « Ma vie nul ne la prend, c’est Moi qui la donne. (Jn 10.8) »
IX. Miracles au sens fort et miracles au sens faible. Dieu seul peut faire les premiers, comme ressusciter un mort, tandis que les seconds sont au pouvoir d’une créature.
X. Culte d’adoration (de latrie, ordonné à Dieu), et culte de vénération (de dulie, ordonné aux créatures saintes, et d’hyperdulie, réservé exclusivement à la Vierge Marie). Les musulmans prient vers La Mecque, et vénèrent la Pierre noire.
XI. Pouvoir temporel et pouvoir spirituel. L’Islam, privé de communion avec Dieu, confond religion et politique.
XII. Modification essentielle et modification accidentelle. Une erreur de copiste ne modifie pas la substance de la Bible d’un texte et n’est donc pas une falsification. Cette distinction des notions de substance et d’accident permet d’entrer dans le mystère de la transsubstantiation où s’opère miraculeusement le remplacement de la seule substance du pain par celle du Corps du Christ sans que ne changent les accidents du pain.
XIII. Résurrection de Jésus et résurrection à la vie terrestre. Jésus ressuscité est entré dans la vie éternelle, Lazare est ressuscité à cette vie temporelle pour y mourir à nouveau.


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