Comme en témoignent l’acharnement de la prétendue Libre Pensée à détruire les croix et autres monuments témoins de la Foi catholique, ou l’exclusion systématique des élèves issus des établissements hors-contrat (majoritairement catholiques) des lycées militaires (cf. affaire du Prytanée national militaire de La Flèche (Sarthe), révélée début juillet 2026), la haine du Christ et de son Église est inscrite en France jusque sur les plaques explicatives des monuments historiques, à force de sempiternelles calomnies. C’est ainsi que des amis en vacances dans les Alpes de Haute Provence ont eu la peine de découvrir à la chapelle Notre Dame de Beauvoir, du charmant village de Moustiers Sainte Marie, une plaque explicative affirmant que l’Église « vendait des indulgences ».

Or, l’Église n’a jamais vendu des indulgences ou autorisé un tel commerce ! Au contraire, elle a toujours combattu le péché de simonie, qui reste un délit grave dans le droit de l’Église. Il ne faut pas confondre l’indulgence, qui est la rémission de la peine temporelle due pour des péchés déjà pardonnés quant à la faute, rémission obtenue par l’action de l’Église (trésor des mérites du Christ et des saints) et les dispositions intérieures du pénitent manifestées par des œuvres de piété/charité/pénitence, et les abus commis par certains clercs ayant présenté l’aumône comme un « achat » d’indulgence. L’Église n’a jamais fait de la vente d’indulgences une doctrine ni une pratique officielle autorisée. Les aumônes pour de justes causes (construction d’églises, œuvres de charité) ont pu être indulgenciées, mais cela n’équivaut pas à une vente de grâces.

Le Décret sur les indulgences du Concile de Trente (Session XXV, 4 décembre 1563) établit : « Le pouvoir de conférer des indulgences ayant été accordé par le Christ à l’Église, et celle-ci ayant usé de ce pouvoir qui lui avait été divinement communiqué même dans les temps les plus anciens, le saint concile enseigne et ordonne que l’usage des indulgences, très salutaire pour le peuple chrétien et approuvé par l’autorité des saints conciles, soit conservé dans l’Église ; et il frappe d’anathème aussi bien ceux qui affirment qu’elles sont inutiles que ceux qui nient qu’il y ait dans l’Église le pouvoir de les accorder. Cependant, il désire qu’on fasse preuve de mesure en les accordant […] pour éviter que la discipline ecclésiastique ne soit affaiblie par une trop grande facilité. Désirant amender et corriger les abus qui s’y sont glissés, et à l’occasion desquels ce beau nom d’indulgences est blasphémé par les hérétiques, par le présent décret le saint concile statue d’une manière générale que doivent être absolument abolis tous les déplorables trafics d’argent en vue de les obtenir [omnis turpis quaestus pro eis consequendis], source très abondante d’abus parmi le peuple chrétien. »

Le pape saint Pie V (1567) a annulé toutes les concessions d’indulgences qui impliquaient des frais, des taxes ou des transactions financières, et a interdit la quête sous prétexte d’indulgences (sauf exception très stricte et contrôlée). C’est la mesure disciplinaire qui a mis fin de façon durable aux abus monétaires.

Et encore en 1967, le Paul VI, par la Constitution apostolique Indulgentiarum doctrina, après avoir rappelé explicitement l’enseignement de Trente, reformule la doctrine et les normes pour l’obtention des indulgences (confession, communion, prière pour le pape, détachement du péché, œuvres de piété/charité/pénitence), sans aucune référence à un paiement.

J’ai donc demandé, à qui de droit, que soit supprimé, là et ailleurs, cette calomnie.

Abbé Guy Pagès