Monsieur l’Abb e Guy Pag es
Monsieur l’Abb e,
Je suis un spectateur r egulier des vid eos que vous postez sur votre chaî ne Youtube.
C’est pourquoi je me permets de vous contacter par ecrit a n de vous faire part
d’une interrogation a laquelle je cherche d esesp er ement la r eponse : a qui devraisje
m’adresser pour demander le bapt^eme ?
Mais avant cela, permettez-moi d’essayer de vous r esumer bri evement le cheminement
qui m’a amen e au catholicisme. J’ai 33 ans. Je suis ing enieur en informatique.
J’habite a Nantes, ville o u je suis n e. Je suis mari e et p ere de trois enfants.
Je ne suis pas baptis e.
Etant un pur produit de l’ ecole r epublicaine ath ee, plut^ot bon el eve en sciences,
je m’ etais construit une repr esentation du monde bas ee sur l’ evolution et le big
bang. J’avais toujours eu l’orgueilleuse conviction que le progr es scienti que et
humain des derniers si ecles avait prouv e par l’observation et par la raison l’ineptie
de l’existence de Dieu et de toutes les religions. C’est a l’^age adulte que je me
suis aper cu avoir et e roul e . D’une part, la th eorie de l’ evolution formule des
hypoth eses qui n’ont jamais et e v eri ees par l’observation en 150 ans de recherche,
comme celle de la macro evolution, et d’autre part ne pr etend m^eme pas expliquer
l’apparition de la vie sur Terre a partir de la mati ere morte, pas plus que la th eorie
du big bang n’explique l’apparition de la mati ere a partir du n eant.
Etant alors contraint de reconna^ tre l’existence d’un principe premier, source de
toute existence et de toute vie, je me suis interrog e sur ce que les religions en
disaient. Ignorant presque tout de la culture dont je suis pourtant issu, je me
suis int eress e a l’histoire de France et a sa religion, ainsi qu’au protestantisme
et a l’islam. J’admets maintenant le p ech e originel. Je reconnais que J esus est le
Sauveur annonc e par les proph etes de l’Ancien Testament et qu’Il s’est sacri e
pour racheter nos p ech es. Il me para^ t evident que l’unit e des chr etiens et la
transmission de la vraie Foi ne peuvent se faire sans autorit e sur Terre, et que
cette autorit e est port ee par l’ Eglise catholique, fond ee par le Christ.

A ce stade, vous devez vous demander ce qui me retient de me pr ecipiter a la
rencontre du cur e de ma paroisse et de lui demander la pr eparation au bapt^eme.
C’est l a que nous en venons plus pr ecis ement a l’objet de mon courrier.
Le moins que je puisse dire, c’est que ce n’est pas par les actions du Pape actuel
et de ses r ecents pr ed ecesseurs, ni par les pr edications des ev^eques contemporains
que je suis arriv e jusqu’ a la porte de l’ eglise catholique. Si l’on peut encore
quelques fois croiser des religieuses dans le centre ville de Nantes, je n’y
ai en revanche jamais crois e un cur e hors d’une eglise. Je pense qu’ils ne souhaitent
pas sortir des eglises en soutane. En r ealit e, le v eritable saut qualitatif
dans mon cheminement s’est op er e quand j’ai d ecid e de m’int eresser a Vatican
II, ev enement evoqu e de mani ere r ecurrente par divers conf erenciers int eressants
comme charni ere.
C’est alors que j’ai d ecouvert le combat de Mgr Lefebvre et, je crois, le v eritable
catholicisme. C’est en ecoutant ses conf erences et celles de certains pr^etres traditionalistes,
ainsi qu’en ecoutant le cat echisme de l’Abb e P. Lagu erie sur Youtube
que j’ai eu le sentiment de d ecouvrir la v eritable religion de mon pays et que j’ai
appris a aimer le catholicisme et a le tenir pour vrai. Avant cela, je ne comprenais
pas comment tout un peuple, les Fran cais, avait pu adopter et propager a travers
le monde une religion si fade, si ti ede, produisant un discours semblable a celui
de n’importe quelle association pr etendument philanthropique de notre temps,
alors que pr ecis ement les maux de notre temps proviennent comme toujours de
l’orgueil d ebrid e et de la morale pervertie, maux pour lesquels l’ Eglise poss ede
justement le rem ede.
Avec les conf erences de Mgr Lefebvre, j’ai egalement appris l’histoire des Papes
des XIXe et XXe si ecles, comme L eon XIII, Pie IX et saint Pie X. J’ai appris
dans leurs encycliques comment ils ont r ea rm e clairement l’ enonc e de la vraie
doctrine catholique par rapport a chaque erreur de notre temps : le lib eralisme, le
naturalisme, l’indi erentisme, le modernisme, le subjectivisme, etc. Ils mettaient
tr es clairement en garde toute l’ Eglise, parfois de fa con quasi-proph etique, contre
les dangers de ces erreurs et alertaient sur la perte de foi que leur adoption produit
in evitablement. Mais s’il y a bien une question que Mgr Lefebvre n’a jamais pu
trancher, c’est le statut des successeurs de Pie XII. L’occupant du Vatican estil
le v eritable Pape ? Comment est-il possible que le vicaire du Christ professe
toujours davantage les erreurs d enonc ees par ses pr ed ecesseurs ? Comment est-il
possible qu’il mette sur un pied d’ egalit e le catholicisme, l’islam, le juda sme, le
bouddhisme et bient^ot le protestantisme ?
Il me semble que votre position doit ^etre que ca n’emp^eche Fran cois d’^etre le
vrai Pape. Mais si j’en juge a vos vid eos, vous ^etes en m^eme temps critique a
l’ egard de la libert e religieuse. C’est la raison pour laquelle c’est a vous, Monsieur
l’Abb e, que j’adresse mes interrogations. Que me conseillez-vous pour le bapt^eme ?
D’entrer en contact avec le cur e de paroisse et de me placer d es ma conversion
sur la pente savonneuse du lib eralisme et de la ti edeur ayant d etruit la Foi dans
notre pays, au moment m^eme o u j’aurais le plus besoin d’un p ere spirituel et
d’exemples de saintet e ? Me conseilleriez-vous plut^ot d’entrer en contact avec un
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pr^etre traditionaliste, qui dira alors qu’il reconna^ t le Pape Fran cois mais qui le
critiquera quotidiennement jusqu’ a la limite de la d esob eissance ? S’agissant de
la FSSPX, quel int er^et aurais-je a les rejoindre au motif qu’ils conservent la vraie
Foi alors que la fraternit e fait maintenant tout pour ^etre reconnue par Rome, au
moment m^eme o u Rome fraternise le plus ouvertement avec ses ennemis ?
Restent encore les s ed evacantistes, qui d’apr es ce que je peux en juger ont le m erite
d’adopter une position coh erente. Le si ege de Pierre serait vacant depuis la mort
de Pie XII, ce qui expliquerait que ceux qui lui ont succ ed e a la t^ete du Vatican
donnent l’impression de travailler pour l’ennemi. Cette coh erence est obtenue au
tr es grand prix de reconna^ tre que Dieu nous laisse au moins temporairement sans
autorit e sur Terre, ce qui place les s ed evacantistes dans une position analogue
a celles des protestants et des musulmans o u chacun peut d esormais professer
ses propres interpr etations, comme en t emoigne leur in evitable division. Il y a
aujourd’hui autant de s ed evacantismes que de pr^etres s ed evacantistes. Serait-ce
cela la volont e de Dieu ? Laisser le saint Si ege vacant pour ch^atier l’occident qui
a reni e sa Foi et qui pr etend pouvoir vivre sans Dieu ? De plus, a notre epoque
o u les tentations sont omnipr esentes, il para^ trait que les d eles s ed evacantistes
pers ev erent mieux dans la Foi. Ne serait-ce pas l a un bon fruit auquel je devrais
reconna^ tre un bon pasteur ?
En bref, la question que je me pose est de savoir a quelle porte frapper pour
le bapt^eme, sachant que les trois options sont possibles pr es de mon domicile.
Sont en jeu, mon ob eissance future a la v eritable Eglise fond ee par le Christ et,
je pense, ma capacit e a pers ev erer une fois converti, en somme le salut de mon
^ame. Quels eclairages pourriez-vous m’apporter pour me guider ? Auriez-vous un
conseil pr ecis ou des mises en garde a me faire dans ma situation ?
Je vous remercie pour le temps que vous aurez donn e a la lecture de cette lettre.
Je vous prie d’agr eer, Monsieur l’Abb e, l’expression de mon respectueux souvenir.