Mariage des prêtres


Pour remédier à la pénurie de prêtres, certains aujourd’hui, et même des évêques, croient bien faire que de proposer l’ordination d’hommes mariés, et de s’autoriser pour cela de l’exemple des Eglises d’Orient. Mais ce faisant, ils semblent oublier que la discipline du sacrement de l’ a toujours impliqué la continence…

En effet, comme cela est encore visible aujourd’hui dans les Eglises d’Orient ne suivant pas le rite latin où, s’il est possible d’ordonner prêtres des hommes mariés, il est par contre impossible qu’un prêtre se marie… Et pourquoi est-il impossible qu’un prêtre se marie ? Parce que la réception du sacrement de l’Ordre l’a voué de façon définitive à la continence absolue, expression du don total de soi au Seigneur et au service de son Eglise… Un autre reliquat de la discipline originelle du célibat en ces Eglises d’Orient est que peuvent accéder à l’épiscopat seuls des prêtres célibataires … Soit dit entre parenthèses : c’est parce que ces Eglises ont perdu la communion avec Rome, même si aujourd’hui plusieurs l’ont retrouvée, qu’elles ont aussi perdu le moyen de se garder parfaitement dans la Volonté du Seigneur…

Mais chez nous aussi, nous trouvons trace de la tradition originelle de la continence attachée au sacrement de l’Ordre, non seulement dans la règle du célibat toujours en vigueur, mais encore en ce que lorsqu’un homme marié est ordonné diacre, obligation lui est imposée de ne pas se remarier s’il devient veuf… S’est-on jamais demandé pourquoi un diacre devenu veuf ne peut pas se remarier ? Eh bien, là encore, parce que la consécration au service de l’autel le voue à la continence perpétuelle… Mais où voit-on aujourd’hui signifiée aux futurs diacres mariés la raison de la promesse qu’il leur est demandé de faire de ne pas se remarier si jamais ils deviennent veufs ? Il apparaît ainsi que même dans l’Eglise latine la sainte Tradition – et donc l’intelligence authentique – de ce qu’est le service du Seigneur, se perd…

Lorsque le jésuite Petitjean arriva en 1862 au Japon après trois siècles d’atroces persécutions ayant décimé du XVIème au XIXème siècle l’Eglise fondée par St François-Xavier, la faisant passer de deux millions de membres à plus rien officiellement, il découvrit quelques survivants qui, pour s’assurer de sa légitimité de prêtre, savaient devoir lui poser trois questions : Etes-vous sous la direction du Pape de Rome ? Avez-vous une dévotion spéciale pour la Mère du Christ ? Et enfin : Etes-vous célibataire ? Célibataire ! Voilà un des critères qui manifestait à leurs yeux la nature divine de l’Eglise à laquelle ces Saints voulaient toujours appartenir !

La continence volontaire n’est pas à mesure humaine : «Tous ne comprennent pas ce langage» dit Jésus, mais elle est un don de Dieu (Mt 19.11). Un don de Dieu qui manifeste que Dieu existe et qu’Il est Amour et que nous sommes appelés à une vie nouvelle, évangélique.

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