L’esclavage au Qatar


Tout commence sur une image : ces cercueils qui arrivent chaque jour à l’aéroport de Katmandou. À l’intérieur, les corps d’ouvriers népalais partis travailler dans les pays du Golfe. En 2013, 173 sont morts au Qatar, selon le gouvernement népalais, d’accidents du travail, suicides ou arrêts cardiaques mystérieux...

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Notre enquête commence dans des villages reculés du Népal, l’un des pays les plus pauvres de la planète. Ici, au moins un membre de chaque famille est parti travailler dans la péninsule arabique. À Katmandou, nous avons vu les impressionnantes files de travailleurs prêts à partir.

C’est leur histoire que nous avons voulu raconter, en prenant l’avion pour le Qatar avec un groupe d’ouvriers. Mais l’émirat, qui organisera la Coupe du monde de football en 2022, ne veut pas de mauvaise publicité : plusieurs journalistes, qui enquêtaient sur les ouvriers népalais, ont été arrêtés et expulsés. Alors à Doha, nous nous sommes faits passer pour des touristes.

Nous avons réussi à filmer des chantiers et à discuter avec des travailleurs. La nuit, nous avons visité les habitations vétustes dans lesquelles ces ouvriers vivent entassés et où, l’été, la température avoisine les 50 degrés. Beaucoup sont malades et souffrent de déshydratation. Des conditions de vie déplorables dans l’un des pays les plus riches du monde (en PIB par habitant).

Des sous-traitants sans vergogne

Plus révoltant encore, des travailleurs ne peuvent plus quitter le Qatar… Le code du travail qatari, le système de la kafala, donne tout pouvoir aux employeurs, qui confisquent les passeports, payent souvent les salaires en retard, voire pas du tout.

L’ex-ambassadrice du Népal à Doha a dénoncé une « prison à ciel ouvert » et dans un rapport publié en novembre 2013, Amnesty International décrit une situation proche de l’esclavage. Sous la pression de la Fédération Internationale de Football (Fifa), le gouvernement qatari a annoncé des réformes en février dernier.

Ce reportage montre aussi les autres responsables de cette situation : sous-traitants sans vergogne au Qatar et agents frauduleux au Népal, qui profitent eux aussi des petites mains népalaises. La Confédération syndicale internationale estime que si les conditions de vie et de travail ne changent pas, plus de 4 000 ouvriers pourraient mourir d’ici la Coupe du monde de 2022.

Un reportage de France 24.
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